‹ Les poissons des eaux douces de la FranceChapitre 6 sur 132 · HISTOIRE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

HISTOIRE GÉNÉRALE

S 1 . — L'abondance des Poissons dans les eaux de la France.

La France, arrosée par de grands fleuves, par de nombreuses rivières, les unes rapides, les autres lentes dans leur cours, devait autrefois être merveilleusement peuplée de Poissons. De nos jours, les eaux douces en fournissent encore îi la consomination des quantités appréciables, mais les fleuves, les rivières, les laçs, les étangs, tendent à se dépeupler, et la dépopulation semble même marcher assez rapidement pour que de vieux pècheui-s se rappellent un temps où leurs filets rapportaient de plus lourdes charges, ou le travail donnait plus (l'aisance à la famille.

A cette époque où commence l'histoire de notre patrie, lors- (pie les légions de César envahissaient la Gaule, alors que le sol était couvert de forêts qui s’étendaient jusqu’aux rives des fleuves, les animaux aquatitiues abondaient certainement dans les grands cours d’eau, comme ils abondent encore aujourd'hui

Bianciurd. I -

2 IIISTOIIU; (;É.\ÉUA1.E DES PAISSONS.

dans quelques misérablos ruisseaux échappés à raltention des

hommes.

11 n’y a\ai( point de bateaux à vapeur sillonnant les rivières et envoyant l'eau frap|>er les berges, de manière à èparijiller et à faire périr les aiufs des Poissons cachés parmi les herbes. 11 n’y avait pas de ces villes immenses dont les égouts viennent charger l’eau d'un fleuve de matières infectes. 11 n’y avait j>oint d’usines versant dans les rivières, des déjections qui tuent tous les êtres vivants. 11 n’y avait point d’ingénieurs des ponts et, chaussées, qui, sous le prétexte de curage, faisaient enlever toutes les lierhes, détruire toute la végétation aquatique servant de refuge ou de nourriture à une foule d’animaux. 11 n’v avait pas, enfin, de ces vastes cités qui attirent à elles et consomment une grande partie de ce qui est provluit au loin.

Les Poissons des eaux douces devaient constituer une trèsgrande ressource alimentaire pour nos ancètrt>s d'il y a dix-huit ou vingt siècles. Les impulaticms établies dans le voisinage des fleuves et des rivières, ou groupées autour des lacs ; celles des pays couverts d’étangs et de marais, étaient habituées sans doute à voir des pêches qui de nos jours ])araltraient des plus miraculeuses.

Dans les contrées où la civilisation n’a point pénétré, ou s’est peu étendue, les hommes vivent presque exclusivement des productions naturelles de leur sol. Ils tirent leur subsistance en grande partie des végétaux qui croissent spontanément dans la contrée, et d’animaux dont il suffit de s’emparer. Dans les temps primitifs, il en fut ainsi dans les régions du monde qui éblouissent aujourd’hui par tes merveilles de l'indiistrie de leurs habitants. Partout où rhonune n’a d'autre ressource pixvpre à assurer sa vie matérielle, que les animaux de

AIÎONDA.VCE DES POISSONS.

ses furets, de la mer qui baigne ses côtes, des lacs qui s’étendêiit sur ses terres, ou des fleuves qui les jiareoureut, il resjiecte Jes biens dont la nature l'a eiitoun'. Le sauvage ne fait tomber l'oiseau sous sa flf^-he qu'au moment où la faim l'y oblige. Son iiitôrôt liii conseille de ne jias dt truirc, de ne rien sacriûer quand la nécessité ne le commande pas.

Nous ne ]iouvons, à la vérité, juger d’une manière absolument cerbiine ><]e l’aboudance des Poissons dans l'ancienne Gaule ; mais connaissant d’ailleurs la multiplicité des êtres Vi\ants dans les eaux qui ont été épargnées par les hommes; considérant les heureuses conditions naturelles de la plu|)arl de nos fleuves et de nos rivières, on demeure convaincu qu’avec le développement de l’industrie et du commerce, une des ressources alimentaires du pays a été presque tarie.

Dans les premiers temps de la domination romaine, il commença sans doute à s’effectuer bien des changements dans nos cours d’eau. Lorsque la navigation s’étendit sur les fleuves et les rivières, les animaux aquatiques durent nécessairement en souffrir. Pour rendre facile le passage des bateaux, on ne manque jamais d'arracher les herlves autant qu'il est possible ; alors la subsistance des Poissons herbivores est anéantie, et, avec elle, la multitude des mollusques et des insectes servant de pAturc aux Poissons carnassiers, qui sont les plus nombreux et eu général les plus estimés. D’un autre côté, les armées conquérantes regardent peu ù ravager le pays conquis, et les invasions des Domains, des Francs, des Bourguignons, n’ont [las été probablement sans faire quelque tort aux giboyeuses forêts, aux |Kiissonneuses rivières de la Gaidc. Mais, à cet éganl, ou serait embarrassé s’il s’agissait do préciser des faits; l’iiistoirc ne garde pas le smivenir de ces détails.

i IIISTOIHE liÉNliUAI.E DES POISSONS.

Vint line époque en Fr.nncc où les Poissons des eaq,\ douces l'iirent en grande estime. On chercliait h les mnlliplier; on les proti-geait sur beaucoup de pwnts du territoire. .Vu moyen Age, parmi les maisons religieuses, les abbayes qui s’élevaient si nombreuses; les unes étaient situées à peu de distance des rivières, les autres étaient entourées d'étangs qui devaient fournir une partie de la subsistance de la communauté. L’intendant des eaux, le frère Aquarius ', que l’on voyait à certains jours, monté sur une barque, jetant ses filets, s’efforçait certainement, avec toute la sagesse imaginable, d’entretenir dans les meilleures conditions les sources d’un précieux revenu.

Dans les premiers siècles de la monarchie française, alors que la plupart des âmes étaient pleines de la foi chré'tienne, alors que chacun, jwur ainsi dire, se soumettait sans hésitation à toute prescription de l'Église, les Poissons étaient bien nécessaires pour les jours de l'année où il éhiit interdit de. faire usage de la viande. Les habitants des côtes avaient la mer pour nourrice, mais les produits de la mer ne pouvaient être portés loin, dans ces temps où l'idée seule de coramimications rai>ides n’entrait dans l'esprit de [versonne. L’agricnlture encore restreinte, les rivières durent être mises à contribution d'une manière excessive, et ainsi se dépeupler dans des proportions notables. Le braconnage ne [Kiuvait manquer d’être une industrie lucrative, que ne réussirent guère à arrêter les édits, les ordonhances, les [leines mémo les plus sévères. Les étangs et les marais étaient nombreux en France, et plusieurs esi>èces de Poissons

* r/est sous cc nom, que l'on désignait dans les communautés de dif- Férrnts ordres, le moine spécialement chargé do rentrotioo des eaux cl en particulier de la pèche. — Voir : Ducange, Glossariuni; D Arbois do Jubainx ille, ïUivhs sur Citât iul^ùur des Abboyes cistereiennei et pritietpalemrnt de CiairrnuSj aux douzième et treisième dècleif etc.

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AKO.NDANCE DES POISSONS.

s’y tromaient en grande quanlité. C'était une immense rcs- Süurco pour certaines provinces. Les étangs de la üresse et de la Bombes contribuaient, dans une assez large mesure, à nourrir les habitants de la ville de Lyon. L’extension des cultuhes, rappauvrfssement des eaux, le besoin d’assainissement dans les contrées marécageuses, ont poussé les communes et les propriétaires à opérer le dessèchement d'une inflnité

d'étangs. Une des sources de l’alimentation pidiliquo s’est LcaÛptm amohulrie delà sorte, sans, peut-être, avoir toujours ei^ càhiiiensation.

Ce sbntm des faits d'une incontestable certitude dans leur généralité, nïak il est impossible de savoir d’une manière gpproxiinative pour quelle part les Poissons des eaux douces entraient dans l’alimentation publique aux dilTércntes époques, par conséquent de préciser l'importance du dépeuplement des eaux de la France, dépeuplement qui n’a jamais pu s'effectuer d’une fdçon assez rapide pour attirer aussitôt l’attention. Aucune espèce ne semble avoir disparu, mais chaque espèce est devenue 'ilioins abondante qu’elle n’éUiit antérieurement.

de nos jours, l’attention est éveillée. On a gémi sur la disparition des Poissons les plus estimés de nos fleuves et de nos rivières. On a songé à. faire renaître l’abondance qui n’existe plus depuis longtemps. Il faut apidaudir aux efforts dont le but est d’augmenter le bien-être général, et l’idée de rejieuplcr les fleuves, les" rivières, les lacs, devenus presque déserts, est troj)

sage pour qu’on ne s’y attache jwint avec énergie. Seulement, l’expérience parait l’avoir déjà démontré, pour obtenir d’heureux résultats, il ne suffit pas, dans la plupart des circonstances, de jeter en quantité de jeunes Saumons et de jeunes Truites dans les rivières. Ces Poissons ont besoin, pour grandir

.IIISTÜIHK (iKNKRAl.K I>KS l'OISSUNS.

i‘t se multiplier, de conditions sans lesquelles on ne saurait con- ’ cevoir l'esperance de les conserver longtemps. C’est* là une question importante que nous aurons à examiner ailleurs.

§ 2. — De quelle manière les PoissonB ont été observés dans l'antiquité et au moyen &ge.

Les Poissons ont été nécessairement, à toutes les éjKjques, l’objet de (pielques observations. *

Sur les rivages de la mer, les popinations,&-onu'nlii leur portée une nourriture abondante. Là surtout où manque l’in- . '> dustrie, \iventdes peuples fiécheurs, des pcuplesirlithyijjtliages. Dans l’intérieur des terres, les fleuves, les rivières, les ruisseaux même, les étangs, ont leurs Poissons, qui n’ont jamais suffi, sans doute, à l’alimentation des habitants, mais qui, néanmoins, ont pu compter parfois pour une part notable dan^ leur consommation alimentaire.

Pour la chasse, l’adresse, l’agilité sont indispensables; il faut tendre des pièges, avoir des engins assez compliqués. Pour la pèche, tout est fiicile relativement; quelques hameçons attachés au boutd'un fil, une nasse, l’engin le plus simple, en'un mot, permet de se procurer de quoi faire un bon repas. On a un ali- •ment sain, agréable, obtenu avec peu de peine. * ^

Vers le cours inférieur des fleuves, comme sur les cotes maritimes, la péelie n’a plus servi seulement à des besoins journaliers, elle s’est élevée à la hauteur d’une industrie. Différentes espèces de Poissons qui habitent la mer viennent frayer dans les eaux douces. .\ certaines saisons de l’année, ces animaux remontent les fleuves en colonnes serrées. Ils sont attendus; les pécheurs ont leurs embarcations et leurs vastes filets préparés. D'immenses quantités de poissons sont bientôt prises ; elles ne

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ANÏIULITK et moyen AGE. 7

peuvent ôtrc consommées de suite ; les Poissons seront séchés

• ou salés, et formeront des provisions iiour les temps improductifs, ils serviront môme h un commerce. Ces pèches ont été pra-

• tiquées annuellement vers rembouchurc des fleuves à toutes les éjioques, comme elles le sont encore aujourd’hui dans l’ancien et le nouveau monde. Les hardis aventuriers de l’Amérique du Nord, qui les premiers s’avancèrent dans le far-ivest, trouvèrent par delà les montagnes Rocheuses les Indiens des rives du Columbia et de l’Orégon, occupés à la jièche des Saumons de l'océan Pacifique, qui viennent au printemps déposer

^ icurs œufs dans les eaux courantes des rivières.

Certaines observations ont été ainsi faites partout dès l’origine, sur les habitudes de quelques Poissons. Parmi ces animaux, tous n’ayant pas la môme valeur comme aliment, ils ont «dft nécessjiirement être l’objet de remarques sur les parlicidarités pouvant conduire à distinguer au moins les espèces les ^ plus vulgaires.

On ÿ Irompe/ait cependant, si l’on pensait que les Poissons si utiles à l'homme, lui arrivant comme une manne pour sidij;enir à sa subsistance, ont été de bonne heure bien observés, si l’on s’ÿnaginait que leurs espèces, sans cesse sous les yeux de tous, cfht dû être parfaitement distinguées. Il n’en est rien. Les hommes, en général, ne s’inquiètent guère d’acquérir des connaissances, lorsqu’ils n’aperçoivent pas, dans la possession de ces connaissances, un avantage direct et immédiat.

Les lumières de l’antiquité touchant l’histoire naturelle des Poissons no furent donc pas très-étendues.

Les Hébreux ne nous ont rien transmis. La pèche, du reste, ne pouvait avoir une importance considérable dans la Judée, pays éloigné de la mer, arrosé par un seul fleuve assez mé-

•8 • II1ST0IHK TiÉNÉIl.U.E DES POISSONS.

(liocre, et n'ajaiit que deux petits lacs d'eau douce. Néanmoins les eaux poissonneuses du Jourdain et du lac de Tibériade i)ornicttaieut encore, à certains jours, de faii-e de belles captures.

Lorsqu’on jette un resard sur l’Égypte, parsemée de lacs et traversée par son immense fleuve, il \ient n la pensée qu’au sein de l'antique civilisation de ce pays, les l'oissons ont dû être beaucoup recherchés et assez bien observés. Ge[>endant, sur cette terre, où s’élevaient les plus vastes monuments du monde, les prêtres s’étaient attachés à inspirer à la nation une sorte d’horreur pour la mer, et l’usage de se nourrir de Poissons avait été proscrit. Les peuples ichthyophages, comme il s’en trouvaiU sur les côtes de la mer Ilouge et de la mer des Indes, ne possC^ dant aucune autre industrie que celle de la pèche, étaient réimtés les plus grossiers parmi les hommes. L’idée de défendre aux Égyptiens de manger du poisson, avaitété conçue sans doute dans le but de les forcer à s’adonner davantage à l’agriculture. Mais comment obliger une nation h repousser des biens qu’il est facile de se procurer. L’interdiction n’était évidemment jtas destinée à avoir un effet général. Aussi v6it-c)n les Kgyj)tiens se livrer activement ù la pêche, et en consommer le produit sous toutes les formes. Des peintures en ont retracé des scèqes, où les espèces de Poissons se trouvent représentées d’uné façon assez exacte pour qu’on puisse les reconnaître '.

Les adorateurs de tous les animaux ne ixjuvaient guère manquer de tenir en haute considération certains Poissons, et Strabon apprend, en effet, qu’une grande espèce de Cyiirinidcs

' Descriplion de rÉgypte. — AtitiquUée, I. II, pl. I.XX.XVI1. — Cuillaud, Voyage ai< Miroé, Paris, I.S23, I. Il, pl. I.XXV.

* On donne le nom de Cyprinides à une ramillc de Poissons dont la Earpe peut être considérée comme le type.

AN'riüLlTÉ ET MOYEN A(tE. ' le Lépidote ou Binny, et l'Oxyrrhynqiic, sorte de Brochet du Nil, étaient révérés par toute l'Égypte. En Outre, dans plusicure régions, dans différentes \illes, une espèce particulière était spéoialement en honneur. Des momies conservées de ces animaux sont encore aujourd'hui les témoins de ce culte étrange.

L'habitude de voir et de contempler les espèces sacrées, la nécessité de les ouvrir après leur mort jxtur les embaumer, avaient dû iiu'vitablemcnt conduire à constater des particularités relatives à leur organisation, ceux qui avaient mission de s’occuper de CCS animaux. Bien de ce qui nous est parvenu de l’histoire des Egyptiens n’autoHscà aller au delà de cette supposition.

L'Ichlhyologie, ainsi qu’on appellera plus tard la science ayant |K)ur objet les Poissons, ne commence que chez les Grecs à prendre le caractère d’un ensemble de connaissances. Cet ensemble se trouve à peu près tout entier dans les écrits du grand naturaliste de l’antiquité.

C’est Aristote, en effet, qui semble résumer en lui presque tout le savoir sur l’bisteirc naturelle des animaux, non-sculement [niur les anciens, mais Çiicore pour toute la longue période du moyen ûge. ^

Les Grecs se sont nioins occupés des Poissons d'eau douce que des espèces marines, et on le conçoit : les rivières de leur, pays étant le plus souvent à sec, jicndant la* saison chaude, ^ la mer, avec scs hôtes innombrables, étant partout à leur ])ortèc. Chez cette nation, les Poissons frais ou salés étaient de grande' importance comme denrée alimentaire. Bvzancc et Sinopc trouvèrent dans ce commerce lucratif une prospérité qui eut la durée' de plusieurs siècles.^

Dans la patrie d’Homère , certains personnages avaient pour le poisson un goût assez prononcé et assez connu de leurs com->

10 hiStoiiik oénéhale des POISSO.\f!

[latriolps, pour les axoirexposi's aux plaisanlories et aux sarcasmes (les portes. Ce qui, au rc^sle, dénote le mieux des obsenations poussées assez loin et des distinctions fort nombreuses entre les diiïérentes espèces de Poissons, de la part des Grecs, c’est la grande (piantité de noms attribués dans leur langue à 'res animaux, ainsi que lîufTon et Cuxier en ont fait la remarque. Athénée, d’ailleui-s, cite une foule d’oux rages sur ce sujet, dont

11 ne nous est rien parvenu.

Aristote nous apjiarait , seul entre tous ses compatriotes, comme le véritable savant. Nbns ne devons, ni rappeler les ser-

•vices immenses que ce grand homme a rendus à l’histoire naturelle, ni retracer l’étendue de sa science, ni faire n'ssortir la hante portée de ses v nés générales, mais constater simplement cc'qu’il fit pour richthyok^ie. Le fondatenf de l’écéle péripatéticienne précise avec une admirable netteté les caractères comniiuis à tous les Poissons, ainsi ([ue les particularités les plus essentielles de leur organisation qui les séparent des autres animaux : il «signale avec k mémo justesse les prineipah's modifications de leurs organes, la variété do leurs inlitruments de locomotkn, de leunigenre de vie, de leurs habitudes. On va jusqu’à s’étonner

de l’exactitude d’une foule d’observations dues à un homme dont

■^a vie s’est trouvé^partagée entre tant de sujets divers.

' .\ la vérités touf n’est pas absfîlument exemi)t d’erreurs on de suppositions mal fondées, et les animaux dont parle l’auteur sont souvent désignés d’une manière bien vague. Il a nommé cent dix-sejit Poissons, et, en présence de cette longue ndmenclature,les naturalistes modernes ont vu leurs efforts échouer en maintes circonstances quand ils .se soi^ efforcés de reconnaître un grand nombre d’espèces signalées par le philosophe de Stagire.

ANTlyl lTÉ I:T .MOVK.N Af.K. ■ Il

L’impiilsion'donnéo mix i’tiKlos d'histoire naturelle jwr Aristote s^aildit après sa jnort, sans cependant s’èteindre de suite.

11 nous serait permis de citer de ses disciples, des observations relatifs il notre sujet , et en particulier celles de Théophraste. Mais l'intérêt de ces obsersations eü médiocre; nous ne Jugeons pas ni cessairc de nous y arrêter.

La science , on le sait , n’est pour rien*dans La grandeur de

Rome, n fut une épiMpie où, parmi les principaux personnage»

^ If •

de l’antique capitale' du monde, on s’occupa priKligieiiseraent des Poissons; mais, dans cette occufiatiim, [lersonnc ne songea à acquérir des notions exactes sur les êtres reeheicli^comme oiijets d’amusement ou de gourrnandise. C’est l’apiourde tous - les genres de spectacle, c’est la passion du luxe, qui poussèrent les riolies à se livrer aux plus folles dépenses ]iour faire constmire des viviers etv entretenir une multitude de Poissons. Ix>s piscines d’eim douce étaient déjà fort ré-pandnes au ^emps de . Ci'sar et d’Auguste,' comme l’apprennent Varon et Columelle.

On ne devait pas s’en contenter. Des viviers établis près de la* côte et souvent construits dans des proportions immenses.-, Jt;j’cnfaliraentés par l’eau de la mer. Luculliis dépassa tons^^Kitresdansses fastueifses dépenses; aux environs de Naples, Wit. creuser une nîbntagne dans ^Veul but de faire arriver l’eau de la lyer dans l’un de ses bassins. * < ,

• Dans les habita!ïons somptueuses, des.^|ples étaient ménagées pour alimenter des réservoirs "dans léSiJtiels nageaient des Mulles; on se plifisait%^voir le spectacle des changement? de couleur, des dégradât i^lIlPde nuance, que présentent ces maux sur le point d’expirec. *

C’était peu encore pour les Romains d’a\oir les esp^cs de leurs côtes. On allait en pêcher au delà des colonnes d’Hercule, '

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