IIISTOIIU; GÉMiH.VU: I»KS l'OISSONS
ft iin amiral, 0|itatus Elipcrlius, cüinmandaiit de la flotte sous l’empereur Claude, fut employé à répandre dans lo mer depuis Osfic jusqu’aux rives de la Campanie, le Scare, qui ne se trouvait que dans la mer de Grèce.
Toutcsces magnificences qui procuraient tant de sujets dignes d’étude, étaient condamnées à demeurer stériles. 11 n’y avait lias à Rome d'.\ristote jiour faire profiler l’esprit humain de la présence de ces nombreuses richesses de la nature. Pline s’est contenté de puiser dans l’auteur grec, de recueiinr quelques assertions, et il parait surtout avoir pris plaisir à faire le récit des folles dépenses auxquelles sc livraient les vainqueurs du monde pour déployer un faste inouï.
Les naturalistes, poussés par le désir de retrouver toutes les lumières de l’antiquité, ont fouillé et commenté les écrits des Latins postérieurs à Pline, lorsqu’il y avait etpérancc de saisir un fait conèernant l’histoire des animaux. On ne peut dire que leurs recherches aient été fécondes; elles ont montré néanmoins qu'à *ré])oque de la décadence romaine, beaucoup de notions vagues ou incomplètes existaient sur une infinité de sujets.
Un poète qui vivait au commencement du troisième siècle, .Oppien, l’auteur des Halieutigues, semblé s’ôtre efforcé de recueillir tolis les fiûts connus avant lui. Dans son poème sur la {lèche, il necite ptas moins de cent vingt-cinq Poissons, parmi lesquels ou en compte environ le cinquième dont il n'est fait aucune mention dans les écrits précédents.
.\thénée, siqiposant dans une assemblée* d'érudits assis au même festin une cqnversation'sur'les mets *, a donné aussi l’occasioti de rechercher des traces des connaissances en his-
' Deipnusophifta.
A.NTiyt ITÉ KT MOYEN ACE.
toirc ntiturclle que possédaient le^ anciens. Le profil de ces rticlierches a ôté très-faible. Voici encore Claude Elien, quf a laissé un ouvrage en dix-sept livres sur les propriétés dôs animaux. On s'attendrait à rencontrer dans un traité, des renseignements ne figurant pas ailleurs ; mais le goût et le talent de l'observation manquaient à peu près universellement. L'œuvnv d’Élienest une misérable compilation.
Cependant, au quatrième siècle, survient un poète qui est eu même temps un véritable naturaliste, un obsenaleur parlant de ce qu'il a vu lui-méme. C'est .Ausone ', un Gallo-Uoniain né il BordeauXj précepteur de l'empereur Gratien, puis consid, et enfin, auteur d’un poème de la Moselle. Il décrit d'une manière reconnaissable quatorze espèces de Poissons qui étaient demeurées, pour le plus grand nombre, inconnues des Grecs et des Romains. Pour la première fois, il est question des Truites et du Barbeau.
Les écrivains posfi’ricurs sont pour nous absolument dénués d intérét. Les connaissances de l'antiquiU'; étaient perdues pour la plupart. L'esprit humain était endormi pour la durée d’une suite de siècles.
D’après une comparaison attentive des ouvrages des Grecs et des Romains, Cuvier a compté que les anciens avaient distingué environ cent cinquante espèces de Poissons. Ils les avaient nommées sans jamais cherclier h en fixer les caractères; aussi bien des fois, suivant toute probabilité, des noms différents s’appli- ([ucnt-ils à la désignation de la même espèce. L'organisation do ces animaux n'avait été, depuis .Aristote, l’objet d'aucune étude.
' Dccius .Ma^nus Ausoinufs, mort en 3DI.
14 ^ IIISTOIUK CÉNÉI1AI.I-; DES DOISSONS.
Au treizième siècle, lorsque le désir de re?niiquérir le savoiide raiitiquité coininence à se manifester, de nobles asiiirations s’élèvent. Albert le Grand conçoit un larpc plan pour un traité sur les animaux; mais l'œuxre était immense, les matériaux étaient rares, les copies ou les traductions des vieux auteurs étaient fautives. Il devenait difficile, dans de semblables conditions, de bien remplir un aussi vaste programme.
Néanmoins, Albert le Grand, dans son livre consacré aux Poissons, cite plnsijnirs espèces d'après ses observations particulières. ^
Les mêmes remarques s'appliquent aux travaux d'un autre fîère prèclieiir de la même éjaïque, Vincent do Beauvais, qui a également écrit sur les Poissons, avec jilus d'étendue qu’.Mbert le Grand, d'après des textes plus corrects et aussi d'après (piel- ([ues investigations personnelles. Hion,ailleui’s, de cette longue période du moyen fige ne mérite d'être mentionné. Nous comprenons il peine aujourd'hui jusqu'il qiK'l point on a pu demeurer ignorant des choses les plus vulgaires.
Mais ré|ioque de la Renaissance arrive , les œuvres de l'antiquité SC répandent, le goût des lettres, la passion des découvertes, l'amour des recherches scientifiques se propagent, et bientôt les êtres animés seront le sujet des études les jilus sérieuses.
§3. — Des études sur les Poissons, depuis le commencement , de la Renaissance Jusqu'à, la fin dn dix-huitieme siede.
.Avec le seizième siècle s'ouv re cette grande période, magnifique pour les sciences naturelles. L’Ichthyologie ne tarde pas à recevoir les avantages du nouveau mouvement intellectuel dont toutes les branches dos connaissances humaines vont ]irofiter. Avant de s’engager dans l’étude directe de la création, on paraît
Dir .l'ioqk
DE I.A HENAISSANEE Al XVIII' SfftEI.E.
sentir qu’un ixjint de départ est nécessaire; ce point de départ sera fourni pur les écrivains de l'aiitiquité. Il s’agit d’abord de les bien entendre, d’étre fixé sur la nature des ôtres dont ils ont parlé. Alors on voit Paul Jove l'historien illustre, s’adonnant à la rwhcrchc des noms attribués aux Poissons par les anciens ^niains ; Massaria^, commentant de la môme manière le neii- * vième livre tlg Pline; Gilles, interprétant Élienet comparant les noms latins et français des Poissons de Marseille d’autres encore s’engageant dans les mômes voies.
certains moments, des questions auxquelles personne n’axait songé, des besoins que nul n’avait reconnus, viennent tout ù coup, comme par une sorte d’enchantement, occuper à la fois l'esprit de plusieurs hommes qui s’imaginent chacun être seul en [Kissession de son idée.
Le seizième siècle axait accompli la moitié de son cours, et il n’était venu dans la pensée d’aitciui savant de rassembler les espèces d’animaux de l’une ou l’autre des princij)ales formes zoologiques, et d’en donner des descriptions et dos figures propres à faire connaître leurs caractères les plus remarquables, leurs particularités les plus curieuses. Voilà que presque en inômc temps, de loo3 à lii'i'J , paraissent des travaux sur les Poissons conçus d'après ces vues, par trois naturalistes dont les noms sont restés dans la science en grand bonneur.
• Paulo Gio%io, né à Côme en 14^3, morl à Florence en loü2. — De romanis fjisribus Libelius ad Ludovictun Dorbonium cardinahm. — HoinC) fol. 1324. — 8®, 1327,
• Francisci Mas»arii ht nomnn Plinii de Nalurali Ilistoria librum Casli-
galiones et aiinotationes, — nAlo, 1337, et 1342. — I.e neuvième