‹ Les poissons des eaux douces de la FranceChapitre 68 sur 132 · I.A BRÊME ROSSE · texte numérisé non relu

I.A BRÊME ROSSE

(ABBAMIS ABRAMO- armes ’)

Cette espèce a été pour la première fois décrite en 1836 par Holandre, qui l’avait observée dans la Moselle. Les pêcheurs de Metz la désignent sous [e nom de Brème rossé, voulant indiquer un mélange des caractères de la Brême commune et de la Rosse ou Gardon.

La Brême rosse représente dans la division des espèces du genre à deux rangées de dents pharyngiennes, la Brême de Buggenhagen de la division des espèces à une seule rangée de dents. Comme chez cette dernière, sa nageoire anale est assez courte, et composée seulement outre les trois premiers rayons

' Abramit abramu-rutiha, Holandre, Paune du dépnrtemenl de la Moselle, p. 240; I83ti. — Abramis Buggeuhagii, Sélys Longehamps, Faune belge, p. 2lfi; 1812. — Bliccopsis atromo-ru/i/m, Siebuld, Die SOssivasser/isAe von Mitteleuropa, p. 142 ; 1S63.

M. de Siebold a établi avec celte espèce le genre Bliccopsis, en se fondant pour le distinguer du genre Blicea, sur la présence d’écailles sur les carénés dorsale et ventrale.

362 HISTOIKE PARTIClMJftnK DES POISSONS, simples, de quatorze à seize rayons rameux, les carènes dorsale et anale sont entièrement couvertes d’écailles.

Le corps est comprimé latéralement, d’une hauteur médiocre, d’une forme générale assez semblable à celle du Gardon. Tout le dos, qui est élevé, a une couleur vert olivâtre et quelquefois bleuâtre ; les côtés ont des reflets cuivreux ; les parties inférieures sont d’un blancd'argent ; les nageoires dorsale, pectorales et anale d’un rouge orangé, au moins â leur base.

La tête est très-courte, avec le museau fort épais, comme gonflé, saillant au-dessus de la bouche, l’œil assez grand.

Les écailles, dont on compte huit rangées au-de.ssus delà ligne latérale et quatre au-dessous, sont de dimension médiocre, avec leur bord libre, bien arrondi. Il y en a de quarante-deux à quarante-six sur la ligne latérale.

La nageoire dorsale ne pré'sente pas ordinairement plus de huit rayons rameux et l’anale de quatorze à seize.

La Brême rosse ne parait pas dépasser la taille de à 0“,18; elle semble être fort rare en France, où l'on sait qu’elle existe non-seulement dans la Moselle, mais encore dans la Meuse et dans le Rhin. En Allemagne, où elle a été pêchée dans la plupart des grands cours d’eau, on no la voit aussi que très-rarement. Ce Poisson fraye pendant les mois d’avril et de mai.

LE GENRE ARLETTE (albiihni's, Hondele!)

Un corps long et mince, des écailles éclatantes comme l'argent, d’une remarquable délicatesse ; une nageoire dorsale

ABI.ETTES.

courte, s’élevant fort en arrière de l’insertion des ventrales, une nageoire anale très-longue, naissant au-dessous ou en arrière de l’extrémité de la dorsale; une mâchoire inférieure saillante, sont les caractères extérieurs qui distinguent les Ablettes des autres Cyprinides.

A ces caractères, il faut ajouter que les os pharyngiens sont longs et assez grêles, les dents pharyngiennes sur deux rangs ;

Fig. 77. — Denis pharjngiennes de l' Ablette commune.

une rangée interne formée de deux très-petites dents, une rangée externe composée de cinq dents plus ou moins crochues à l’extrémité et plus ou moins finement denticulées sur leur bord postérieur.

Les Ablettes sont des Poissons de petite taille qui abondent dans toutes les eaux de l’Europe. Jusqu'ici, nous n’en avons rencontré que cinq espèces en France, mais on en connaît quelques autres {Albumm mento, Agassiz; Albunius arbo-' relia), qui habitent les lacs et les rivières de l'Italie, de la Bavière, de l’Autriche, de la Turquie *.

* Plosieun genres de Cyprinides voisins des Ablettes qui existent en Europe n’ont pas été trouvés en France : le genre Pelecuj, ayant une seule espèce connue, le Rasoir {Pelecus cullralus, Lin.), habite le Danube et les eaux de la Prusse orientale; le genre Aspiui, établi sur

HISTOIRE PARTICm.lÈRE DES POISSONS.

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