‹ Les poissons des eaux douces de la FranceChapitre 69 sur 132 · I, ABLETTE COMMUNE · texte numérisé non relu

I, ABLETTE COMMUNE

(ALBfBNTS I.Ur.lDlS >)

L’Ablette est bien l’un des Poissons les plus vulgaires et les mieux connus dans toute l’Europe centrale. Parfaitement dédaignée des gastronomes à cause du goût fade de sa chair,

Fig. 18. — L'Ablelle commune.

l’Ablette devient une consolation pour le pêcheur à la ligne auquel la fortune n’a point souri pendant de longues heures, et puis, elle séduit les regards par l’éclat métallique de ses écailles, plus encore que par sa forme élégante. Le magnifique vêtement d’argent qui est sa parure a si bien attiré l’attention qu’il a pris un rôle dans l’industrie.

une grande espèce de l’Allemagne méridionale e( orientale {Atpivt rapax, Agassiz ; Cyprintu atpius. Lin.]; le genre Leucafpius (Heckcl et Kner], comprenant une petite espèce de l'Europe orientale et méridionale {L. delinealia, HecIc.; Ltuciscui slymphalinn, Valenciennes).

' Cyprinus alburmu, Linné, Sy>lema notura; édit. XII, t. I,p.531 ; 1766.

— Yarrell, Hislory of British Fishes, t. I, p. 308; 1836. — Leueitcus at- Aurniu, Valenciennes, Bùloire naturelle detPoùsoni, t.XVII, p. 272; 1844.

— Albumus lucidus, Hcckel et Kner, Die SHasuiasserfiiche der ôttreiehischeu Monarchie, p. 131 ; 1838. — Siebold, Die Sùstumterfiiche von JHlte/europa, p. 134 ; 1863.

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ABLETTES

L’Ablette, appelée en Bourgogne Abbe, Blanchet ou Blanchaille, dans diverses localités; Lauge ou Lauch, en ,\1sace ; Nablo, dans le département de Vaucluse, dépasse rarement la longueur de 0“,15 ; la plupart des individus n’en ont guère au delà de 12 à 14.

Le corps de ce petit Poisson très-variable dans sa forme, est en général assez efOlé, comprimé latéralement, avec la ligne dorsale presque droite chez les mftles, très-légèremeut arquée chez les femelles, et le ventre plus ou moins arrondi. Une couleur verte métallique passant quelquefois au bleu d’acier s’étend sur toute la région dorsale, s’affaiblit graduellement sur les côtés pour se confondre avec le blanc d’argent qui domine chez l’animal. L’iris est également argenté. Les nageoires du dos et de la queue ont une teinte grisâtre ; les autres sont entièrement diaphanes ; quelquefois, avec la base des ventrales et de l’anale un peu lavée de jaune orangé.

Tout le corps est couvert d’écailles fort minces, de moyenne dimension, se détachant avec In plus grande facilité et n’of-

Fig. 19. — Ecaille de la ligne latérale de l'Ablette commune.

frant pas dans leur disposition la parfaite régularité qui est ordinaire dans les écailles de la plupart des Cyprinides. Les écailles suffiraient à faire reconnaître l’Ablette ; leur texture est

(les plus délicates et leur contour des plus caractéristiques. C’est une forme ovalaire dans le sens de la largeur.

Le bord basilaire se montre légèrement bilobé ; le bord libre offre de larges festons, limités par des sillons qui convergent vers le centre ; les stries circulaires sont assez espacées sur presque toute la surface de l’écaille ; elles ne se trouvent trèsrapprochées que sur la portion basilaire. Les écailles de la ligne latérale, au nombre de vingt-huit à vingt-neuf, ont le conduit de la mucosité cylindrique et échancré en dessus.

La bouche est grande relativement à la dimension de la tète, avec la mâchoire inférieure plus ou moins ascendante.

La nageoire dorsale, située beaucoup en arrière des ventrales, a, d'une manière presque constante, huit rayons branchus à la suite des trois rayons simples, et l’anale en a de dix-sept à vingtdeux, le plus souvent de dix-huit à vingt.

L’.\blette communevarie assez dans les proportions pour qu’on ait pu croire à l’existence dans notre [pays de plusieurs espèces voisines, comme l’.âblette alburnoïde {f^euciscus albwnoïdes, Sélys-Longch., Valcnc.),jdont le corps est plus long que chez les Ablettes ordinaires, comme les Ablettesjdu département de laSarthe signalées par M. Anjubault [Soc. de la Sarthe, 1860).

L’.Ablctle commune abonde dans la plupart des rivières de Franco, mais il nous a paru qu’elle devenait plus rare dans les départements méridionaux ; du reste, elle existe presque partout en Europe. Ce Poisson, quijvit souvent en grandes troupes, nageant près do la surface de l’eau, est fort dédaigné pourla table, mais les jiécheurs l’emploient volontiers comme appât pour le Brochet, les grosses Truites, etc. L’Ablette est très-vorace et se nourrit plus encore de petits animaux que dé substances végétales; elle fraye pendant le mois de mai.

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