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LE GARDON CO.MML'N

(l.ErCISCCS RUTILLS ')

Le Gardon commun, habitant des lacs aussi bien que des rivières, est un des Poissons les plus répandus dans les eaux de la

‘ * CyprinusrutiluSf Linné, SystemanaturoPy édit. XII, 1. 1, p. o3î) ; /.^ucisctis rutilas y Yarrell , Bt itish I. I, p. 399; 1836, — Valen-

ciennes, Jlist, naturelle des PoistonSy t. XVII, p. 130; 1844. — Hcckcl et Kner, Die Sussivasserfisrhe der ôslreichiscUen J/oiiarc/ne, p. 169; 18l;8. — Sicbold, Die Susswasser/ische von Afitteleuropoy p. 184; 1863.

GAHDONS.

plus grande partie de l’Europe. Très-variable tout à la fois sous le rapport des formes et des couleurs, plusieurs naturalistes ont considéré ses principales variétés comme autant d’espèces distinctes.

L'examen minutieux et comparatif d’un nombre très-considérable d’individus de tous les âges, provenant de toutes les régions de la France et plusieurs de différentes parties de l’Allemagne nous a conduit à acquérir la conviction que des espèces nominales décrites par les ichthyologistes modernes, étaient en réalité de l’espèce du Gardon commun. Déjà M. de Sicbold, l’auteur de V Histoire des Poissons de l’Europe centrale, était arrivé à un résultat semblable qui d’abord m’avait surpris, mais l’étude approfondie du sujet a dû bientôt faire considérer ce résultat comme l’expression de la vérité.-

Le nom de Gardon ou de Gardon blanc, est très en usage parmi nos pécheurs ; cependant les noms de Roche, de Rosse ou de Rousse et de Rossette pour les jeunes individus, appliqués également à la Rotengle, sont aussi d’un emploi vulgaire trèsh.ibituel, pour désigner le Gardon commun ; en Alsace, c’est le Rottel.

Ce Poisson dans sa forme la plus ordinaire a le dos assez fortement élevé et d’une courbe à peu près régulière. Considéré de profil, il est en ovale plus ou moins allongé, car, suivant l’àge, suivant le sexe et le développement des laitances ou des ovaires, la hauteur totale du corps varie d’une manière très-notable.

Les couleurs du Gardon sont souvent très-vives. En général, le dos est d’un vert foncé, à reflets dorés ou irisés, quelquefois d’un bleu magnifique, les côtés sont argentés avec des reflets bleuâtres et souvent des taches brunes à la base des écailles et des [loints de la même couleur disséminés en plus ou moins

38» HISTOIHK PA U TIC fLI ÈR E UES POISSONS, grand nombre, le ventre d'un blanc d’argent, l’iris d’un rouge doré, les nageoires dorsale et caudale d’une teinte sombre, parfois lavée de rougeâtre, les pectorales pâles, les ventrales et l’anale d’un rouge plus ou moins éclatant, suivant les époques de l’année, suivant les conditions d’existence. Des individus de la Seine, d’une teinte générale bleue assez claire, sont désignés par nos pêcheurs sous le nom de Gardons bhus.

Chez ce Poisson, la tête est assez forte, avec lemuseau arrondi, la bouche assez petite, relativement au volume de l'animal, la lèvre supérieure un peu saillante sur l’inférieure, l’œil grand, mais néanmoins un peu variable dans ses proportions.

Les écailles sont bien caractéristiques. Assez courtes, traversées par quelques canalicules disposés en éventail, elles ont leur bord libre festonné, leurs stries concentriques assez écartées

— I^cailledu Gardon commun.

les unes des autres sur la portion découverte, décrivant les mêmes festons que le contour extérieur et se montrant d’espace en espace plus larges et plus serrées. La ligne latérale assez brusquement descendante à son origine, suit la courbe ventrale en se dirigeant vers l’extrémité du corps. Elle offre quarante-deux à quarante-cinq écailles dans sa longueur. On compte huit ran-

(JARDONS.

gées (l'écailles au-dessus de la ligne latérale et quatre au-dessous. *

La nageoire dorsale s'élève exactement au-dessus des ventrales, ayant, d'une manière presque constante, trois rayons simples et dix rayons rameux, rarement onze.

Les dents pharyngiennes du Gardon sont presque toujours au nombre de cinq de chaque côté, mais il n’est pas très-rare de rencontrer des individus qui en ont cinq d’un côté et six de l’autre.

Le Gardon, l’un de nos poisson-i blancs les plus communs dans les lacs et les rivières, l’un aussi des moins estimés pour U table, à cause du goût fade de sa chair, n’atteint pas d’ordinaire plus de 23 à 30 centimètres de longueur. 11 se nourrit principalement de substances végétales, ce qui ne l’empéche pas de consommer beaucoup encore, de vers, d’insectes et sans doute de petits poissons. Il fraye dès le mois d’avril et pendant tout le mois de mai. La durée de l’incubation des cbuIs déposés sur les rives pierreuses, est de dix à quatorze jours.

Les Gardons nagent souvent par troupes, surtout à l’époque du frai, dans des eaux peu profondes, dont le courant n’est pas très-rapide.

LES VARIÉTÉS DV GARDOS COMMVS.

Les principales variétés du Gardon commun ayant été décrites par plusieurs naturalistes comme autant d’espèces distinctes, nous croyons devoir faire une mention spéciale de chacune d’elles. Ces variétés sont : le Gardon rutiloTde {Leuciscus rutilmdes, Sélys-Longehamps), qui a les nageoires inférieures jaunûtres et auquel on a cru voir la tête un peu plus petite que chez le Gardon commun.;

Blancharo.

186 HISTOIUK PAKTIf.l I.IÈKE PICS POISSONS.

’ L(! (î.uiimN JESSE [Leuciscus jeses, Séljs-Longchamps* ) pres-

que semblable au précédent et décrit d’après des individus pécbés dans la Meuse ;

Le Ve.nceron (Z,e«eisci« prastnus, Agassiz),dontle dos est peu élevé et toutes les parties supérieures du corps d’un beau vert pomme, variété observée dans les lacs de la Suisse et de la Savoie ;

Le Gardon de Sélys {Leuciscus Selysii, Heckel), remarquable par la belle couleur bleue des parties supérieures du corps, variété que l'on trouve fréquemment dans nos rivières de l’Est, la Meuse, la Meurthe, la Moselle, l’Ill, le Rbin.

A cette liste de variétés du Gardon commun, il faudra certainement en ajouter d’autres encore, signalées en Italie et en ■Allemagne (notamment les Leuciscus decipiens, Agass. ; Leuciscus Pausingeri, Heckel et Kner).

l.E GARDON PALE

(LECr.lSCCS CAU-ESS)

Gettc espèce, voisine du Ganlon commun, s'en distingue aisément par plusieurs caractères.

Considérée de profil, sa forme est plus oblonguc, même que chez les individus de la variété Selysii, le dos étant très-peu élevé à partir de la nuque. La considération des écailles suffirait à empêcher toute confusion entre ce Poissonetle précédent. Chez le Gardon pâle, les écailles, proportionnellement plus grandes que celles du Gardon commun et au nombre de quarante-deux

■ Rapporté A tort au Cyprinui jesti, de l.inné et de Bl(^b, qui est le même que le Cypnnut iJus [Idus melanotus).

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