TRUITES
série en avant, et sur deux séries plus ou moins confuses en arrière.
L’opercule, qui est assez large, a son bord postérieur coupé presque droit. La nageoire caudale est profondément divisée chez les jeunes individus ; mais plus tôt, a-t-on remarqué, que chez la Truite commune, la division disparatt et la queue est alors terminée carrément.
Chez la Truite des lacs, les individus stériles diffèrent beaucoup des individus féconds; ils ont le corps plus comprimé latéralement, le museau plus effilé, la bouche plus largement fendue, les couleurs de leur dos sont plus pâles, les taches en général moins nombreuses et d’une teinte moins foncée.
Les dimensions de la Truite des lacs sont souvent considérables ; on en prend quelquefois, dans le lac Léman, du poids de IS à 18 kilogrammes. Mais ce sont des cas assez rares. Au moment de mes excursions sur le lac en 1862, il en fut pris une qu’on me déclara, constatation faite, être du poids de 22 kilogrammes. Jurine en avait vu deux individus péchés à des époques différentes, l’un pesant 17“‘,622 et l’autre 1S‘",663. Si l’on pouvait s’en rajiporter à des récits anciens, on aurait eu autrefois des Truites de 50 à 60 livres (24“', 475 à 29“', 370). Les individus stériles n'atteignent jîimais, à beaucoup près, la taille des individus féconds. O'iand s’approche le temps de frayer, les Truites qui ont déjà acquis un cerhiin volume abandonnent les eaux des lacs et s’eng^igent dans les rivières, qu’elles paraissent remonter souvent jusqu’à de très-grandes distances. C’est à partir de la ün de septembre que commence leur migration. Dans les derniers jours de septembre et au commencement d’octobre j’ai vu pécher des Truites des lacs en assez grand nombre dans la Draisse, petite rivière qui se décharge dans le
468 HISTOIRE PARTICEUftHE DES POISSO.NS.
Li'raan, près de Thoiion. A Genève, où des nasses sont tendues à la sortie du Rhône, on observe aisément le moment des passages qui sont connus sous les noms de descente et de remonte. A l'époque du frai, les Truites des lacs se parent de vives couleurs, et ces couleurs se modifient selon les cours d’eau dans lesquels pénètrent ces Poissons, selon les hauteurs auxquelles ils parviennent dans les rivières des montagnes. A leur retour dans les lacs, ils sont décolorés et amaigris ; mais ils reviennent bientôt à une meilleure condition, dans les eaux où ils trouvent une nourriture abondante.