‹ Les poissons des eaux douces de la FranceChapitre 86 sur 132 · GI · texte numérisé non relu

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LE GENRE TRUITE (tritta, yiUson)

V Qui fera comparaison des Truilles avec des Saumons, qui regardera aussi Icurs parties tant du dedans que du dehors, leurs meurs é façon de viure, il verra clerement queTruittes sont Saumons de riuièreé de lac. » Ainsi disait encore, en 1558, Rondelet dans son Histoire entière des Poissons, auec leurs pourtraits au naïf.

Après ce qui a été e.vprimé relativement aux caractères génériques des Saumons, on peut voir combien étaient justes les remarques faites par notre vieil ichthyologistc, il y a plus de trois siècles.

Les Truites en effet, dont la bouche est aussi puissamment armée que celle des Saumons, ont la pièce principale du vomer garnie d'une ou deux longues fdes de dents, qui persistent pour la plupart chez les vieux individus; mais ce caractère a bien peu de valeur, carie Saumon commun dans son jeune ûge a sur le vomer des dents di.sposées comme chez les Truites. II faut remarquer chez ces dernières l opercule qui est dépourvu de stries cl cou|)é droit en arrière.

Les Truites se trouvent à peu près partout où il y a des eaux limpides, et, selon les localités, selon l'Age des individus, ces animaux présentent des différences frappantes ; on a été porté ainsi à croire à l’existence, d’espèces très-nombreuses dans ce-genre. Les études récentes de plusieurs naturalistes ont conduit à faire reconnaître beaucoup de ces espèces iwur de simples variéltis.

L’observation a amené la connaissance d’un fait impor-

TRL'ITKS.

tant pour l’histoire des Truites. Il a été constaté, que des individus placés dans certaines conditions, encore iinparfaitenaent déterniiuées, demeurent stériles. Ces individus stériles diffèrent assez par leur aspect des individus féconds, pour avoir été considérés comme appartenant à des espèces distinctes.

LA THLITK DKS LACS

(TRCTT.V I-ACCSTBIS ')

Dans plusieurs des grands lacs de l'Europe, vit une belle espèce de Truite qui acquiert souvent une forte taille, une Truite réputée excellente entre toutes ses congénères. On l’appelle en France, en Suisse, comme en Allemagne, la Truite des lacs, et sur les marchés de Paris et de Lyon, on la désigne d’après sa provenance ordinaire, sous le nom de Truite du lac de Genève,

Le corps de la Truite des lacs, plus long projiortionnellement que chez la Truite commune, est d’une épaisseur remarquable et parait de la sorte presque cylindrique. Toujours d’une couleur assez claire chez cette espèce, le dos a une teinte gris de perle plus ou moins foncée, passant légèrement au bleuâtre ou au verdâtre; les côtés sont d’une nuance grise fort [)âle, et

> Salmo lacmtris, l.inné, Syslema nalura, t. I,p. 510 ; 1766. — Jurinc, Uisl. des Puissoiis du lac Léman, p. 158, pL IV ; 1825. — Salmo Trutta et Salmo lemanus, Agassiz, Poissons de l'Europe centrale, pl. Vil, Vil* et VIII.

— Fario lemanus, Valenciennes, llist. nal. des Poissons, I. .XXI, p. 300 ; 1848. — Fai io Marsiylii, Heckel et Kner, Die SüssuMsser fiscUe , etc., p. 267 ; 1858. — Individus stériles. Salmo Schiffermùlleri, Bluch, pari. III, p. 157, pl. 103. — Salar Selufferaiiilleri, Valenciennes, p. 344.

— Salar Schiffermiilleri et Salar larustris, Heckel et Kner, p. 261 et 265.

— Individus féconds el individus stériles. Trulla lacus(nt,Siebold, Sûsswasserfisclie, p. 301 ; 1863.

Dianciurd.

1«6 HISTOIRE PAHTICI I.IÈRE DES POISSONS, loute.s les parties inférieures d’un blanc d’argent. De petites taches noires, tantôt rondes, tantôt anguleuses, sont disséminées sur l’opercule et sur les côtés dans toute la longueur de l’animal. C’est seulement chez de jeunes individus, qu’on aperçoit de rares taches éparses d’un jaune orange. La nageoire dorsale d’une hauteur médiocre est grisûtre et ornée de trèspetites marques noirâtres.

Les écailles de la Truite des lacs, plus longues que celles de la Truite commune, ont leurs stries concentriques plus rapprochées et plus régulières. La tête, chez cette es]>èce, qui est à la longueur du corps comme 1 est à 4, S, a le museau court et obtus, une petite fossette à la mâchoire supérieure dans laquelle s’engage le tubercule de la mâchoire inférieure, qui, même chez les mâles, n’offre jamais une courbe bien prononcée. La disposition des dents vomériennes fournit un des caractères les plus certains pour reconnaître la Truite des

Fig, 120. — DenU vomériennes de la Truite des lacs i.

lacs, malgré quelques variations individuelles. Sur la pièce antérieure, il y a quatre dents formant une rangée transversale. Sur la pièce principale, les dents sont disposées sur une seule

' Le vemer, formant la voûte du palais, est représenté garni de ses dents, tel qu'il se montre lorsqu’on ouvre la bouche de l’animal.

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