ODAXOTHRISSA LOSERA
BouLenG. Ann. Mus. Congo, Zool., I, p. 64, pl XXXI, fig. 1 (1890).
La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 3 1/2 fois dans la longueur totale. Le profil supérieur de la tête est presque droit et horizontal ; le museau, arrondi, mesure le tiers de la longueur de la tête; le menton le dépasse fortement; l’œil, dont la paupière adipeuse est très développée, mesure le tiers de la longueur de la tête et excède d’un quart la largeur interoculaire; le maxillaire est trois fois aussi long que large et s’étend en arrière jusqu’au-dessous du centre de l’œil; les branchiospines sont beaucoup plus courtes que les filaments branchiaux, au nombre de18 à labranche inférieure du premier arceau. La nageoire dorsale, à 16 ou 17 rayons, dont deux rudimentaires, est 4 fois plus haute en avant qu'en arrière et commence immédiatement derrière la base de la ventrale, à égale distance du bout du museau et de la caudale, tandis que l'extrémité de ses rayons tombe au-dessus de l’origine de l’anale. Celle-ci comprend 21 où 22 rayons, dont 2 rudimentaires, et est 2 1/2 fois aussi haute en avant qu’en arrière. La pectorale mesure les 2/3 de la longueur de la tête et n’atteint pas la ventrale; celle-ci mesure la moitié de la longueur de la tête, sa base est à égale distance de la base de la pectorale et de l’origine de l’anale. La nageoire caudale est profondément fourchue, à lobes pointus. Le pédicule caudal est un peu plus long que haut. 44 à 46 écailles en série longitudinale, 14 en série transversale; la grande écaille à la base de la ventrale mesure le tiers de la longueur de celle-ci; la serrature ventrale comprend 11 écailles en avant des ventrales, 9 entre celles-ci et l'anale.
Une aquarelle de Delhez représente ce poisson comme brun-olive en dessus, blanc en dessous ; dessous de la tête teinté de rose ; quelques petites taches vertes sur les côtés du corps; nageoires olivâtres; iris argenté.
Longueur totale : 16 centimètres.
Ce poisson a été découvert à Coquilhatville par Delhez.
Nom indigène : Losera.
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Sous-Ordre II. OSTARIOPHYSI.
Les quatre vertèbres antérieures fortement modifiées, souvent coossifiées, accompagnées de petits éléments spéciaux, osselets de Weber, par lesquels la vessie natatoire est mise en rapport avec l'oreille, en même temps qu'elle communique le plus souvent avec le canal intestinal par un conduit pneumatique. Os pariétaux séparant les frontaux du sus-occipital, ou fusionnés avec ce dernier. Opercule bien développé; ceinture pectorale suspendue au crâne ; mésocoracoïde présent. Nageoires ventrales abdominales, sans épines proprement dites; les autres nageoires également formées uniquement de rayons mous, articulés, ou le premier de la pectorale et l’un des premiers de la dorsale s'ossifiant par articles en épines plus ou moins développées.
C’est à Sagemehl (1) que nous devons le groupement, sous le nom de Ostariophysi, de quatre familles dont les rapports avaient été saisis, jusqu’à un certain point, longtemps avant, par Cope, mais absolument méconnus de la plupart de ses prédécesseurs : les Characinidæ, les Cyprinidæ, les Siluridæ et les Gymnotidæ. Cette dernière, qui comprend, outre le Gymnote ou Anguille électrique de l'Amérique du Sud, les Sternopyges de la même partie du monde, fait seule défaut à la faune du Congo. Ce sous-ordre correspond aux Plectospondyli, Nematognathi et Glanencheli de Cope (2), le premier comprenant les Characins, les Cyprins et les Sternopyges, le second les Silures et groupes voisins, le troisième le Gymnote. Les auteurs américains qui ont publié plus récemment sur la classification (Gill, Jordan et Evermann) sont d'accord pour réunir les Glanencheli aux Plectospondy li, en un groupe qu'ils opposent aux Nematognathi.
Le caractère essentiel de ce sous-ordre réside dans la présence des osselets de Weber, ainsi nommés d’après l’anatomiste qui en a donné
(1) Morphol. Jahrb. X. 1885, p. 22.
(2) Trans. Amer. Philos. Soc. XIV, 1871, p. 452, Amer. Nat. XXII, 1800, p. 857, et Origin of the Fittest, p. 329 (1887).
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la première description (1). Il a fallu longtemps pour que la véritable importance de ce caractère fut reconnue et l'homologie des pièces de cet appareil a été souvent contestée. C'est ainsi que Valenciennes, parlant des Characinides (2), fait observer que « nous retrouvons bien aussi des caractères de Cyprinoïdes dans la réunion des premières vertèbres et dans l'appareil curieux des osselets de Weber; osselets qui n'ont que de l’analogie avec ceux des Carpes, mais dont on ne peut dire sans une extension trop grande, ou qu’à la suite d’un examen trop rapide, que ces ossicula auditoria sont réunis avec le labyrinthe membraneux et semblables à ceux des Silures ou des Cyprins : c’est une organisation analogue, mais complètement différente, dans les trois familles que nous rappelons ici. » Sagemehl a montré, au contraire, qu'il y a homologie complète entre les pièces de cet appareil chez les poissons en question, homologie qui ne peut s'expliquer que par une descendance commune des quatre familles qui le possèdent. « Ce sont constamment les quatre premières vertèbres qui prennent part à la formation de l'appareil. La première de ces vertèbres est très réduite; l’arcade supérieure lui manque totalement et sa place est prise par l’osselet nommé claustrum et par l'étrier, qui remplissent l’espace entre l’exoccipital et l’arcade supérieure de la seconde vertébre. La pièce principale de l'appareil, le marteau, quoique variant beaucoup de forme, est pourtant toujours en rapport avec la troisième vertèbre, de la côte de laquelle elle doit sans doute être considérée comme une adaptation à une fonction particulière. Un ligament fibreux s'étend constamment de l'extrémité antérieure du marteau à l'étrier, et dans ce ligament est fixée l'enclume (3). Il y a aussi accord complet entre les nerfs spinaux qui trouvent passage entre ces pièces. » Ajoutons que l'étude des otolithes vient confirmer ces conclusions (4). |
Dans la définition des Ostariophysi, j'ai eu soin de faire une restriction quant à la communication entre la vessie natatoire et le canal
(Gi) E. H. Weber, De aure et auditu hominis et animalium, Leipzic, 1820.
(2) Hist. Poiss. XIX, p. 497.
(3) Pour ne pas préjuger des homologies de ces pièces avec les osselets de l'oreille des mammifères, homologies très contestables d’ailleurs, les termes « marteau », « enclume » et « étrier », usités par Weber et les auteurs subséquents, ont été changés en ceux de tripus,intercalarium et scaphium par Bridge et Haddon, Proc, Roy. Soc. Lond. XLVI, 1889, p. 310. Selon Sürensen, Danske Vidensk. Selsk. Skr. VI, 2, 1890, p. 105, l'« étrier » représente l'arc neural de la première vertèbre, l'« enclume » l'arc neural de la deuxième vertèbre, et le « marteau » la côte de la troisième vertèbre, en partie du moins. — Voir aussi L. Bloch, Iena. Zeitschr. XLIV, 1900, p. 12.
(4) Koken, Sizb. Ges. Naturf. Fr. Berl 1891, p. 26.
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intestinal. Les exceptions que j'ai en vue se rencontrent chez un certain nombre de Silurides et Loricariides à vessie natatoire réduite et entourée d’une capsule osseuse (1) et, parmi les Cyprinides, chez les Homaloptera et la plupart des Loches (Cobitis et genres voisins) dont la vessie natatoire ressemble beaucoup à celle de ces Silures. Comme l’a fait observer M. Jacquet (2), qui s’est livré à un examen microscopique du prétendu canal pneumatophore des Loches d'Europe, ce canal, s’il a existé autrefois, peut être aujourd’hui complètement modifié dans sa structure et ne plus mériter le nom par lequel on le désigne ; le terme « physostome » ne peut donc toujours s'appliquer à ces poissons.
Synopsis des familles représentées dans le bassin du Congo.
Os pariétaux distincts du sus-occipital ; bouche souvent dentée,
Jamais protractile; os pharyngiens à dents petites, coniques
ou en velours ras ; symplectique présent ; vertèbres thora-
ciques sans apophyses transverses; côtes principales sessiles ;
des écailles sur le corps; souvent une nageoire dorsale
DR He rule de To Characiiie Os pariétaux distincts du sus-occipital; bouche édentée, plus
ou moins protractile; os pharyngiens falciformes, parallèles
aux arcs branchiaux, à dents généralement grandes ; symplec-
tique présent; vertèbres thoraciques sans apophyses trans-
verses; côtes principales sessiles; peau nue ou couverte
d'écailles ; pas de nageoire adipeuse. . . . . . . . . ». Cyprinidæ. Os pariétaux fusionnés avec le sus-occipital en une pièce
impaire; bouche le plus souvent dentée, non protractile;
symplectique absent; côtes attachées à des apophyses
transvérsés; peau nue où couverte d'écussons osseux; sou-
vent une nageoire dorsale adipeuse et des barbillons . . . 3. Siluridæ.
Ces familles semblent représenter trois stades dans l’évolution des Téléostéens, les Cyprinides et les Silurides dérivant apparemment d’un ancêtre commun fort voisin des Characinides, ces derniers se rattachant par les Erythrins aux Ganoïdes Holostéens.
(1) Bridge et Haddon, 1, c., p. 327.
(2) Revue Suisse Zool. IT, 1894, p. 431. — L'’exactitude des observations de cet anatomiste a été mise en doute tout récemment par L. Bloch, Iena, Zeitschr. XLIV, 1900, p. 1. Il n'en est pas moins vrai que les conclusions de M. Jacquet restent debout, car la communication entre la vessie natatoire et le canal intestinal, si
elle n’a pas tout à fait disparu chez Cobitis, manque certes absolument chez Homaloptera,
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