‹ Les poissons du basin du CongoChapitre 133 sur 463 · CHARACINIDÆ · texte numérisé non relu

CHARACINIDÆ

Bouche non protractile, bordée le plus souvent par les prémaxillaires et les maxillaires, rarement par les prémaxillaires seuls, généralement pourvue de dents. Os pariétaux formant une suture sagittale ou séparés par une fontanelle, le sus-occipital étant toujours séparé des frontaux; os operculaires au complet ; symplectique présent. Os pharyngiens normaux, à dents petites, coniques ou en velours ras. Côtes principales sessiles, pas d'apophyses transverses dans la région thoracique; épipleuraux et épineuraux libres, flottants. Nageoires pectorales insérées très bas, se repliant comme les ventrales. Corps couvert d'écailles. Souvent une nageoire dorsale adipeuse.

Voici une famille des plus naturelles et dont l’organisation interne révèle une grande afhnité vis-à-vis des Cyprinides, mais dont l’aspect extérieur, par suite de l’adaptation à des genres de vie très différents, varie tellement selon les genres que le naturaliste novice en ichthyologie africaine croit reconnaître tour à tour en ses divers représentants de proches voisins de nos Salmonides, de nos Brochets et de nos Gardons d'Europe. Aussi est-il impossible d'indiquer en peu de mots ce qui caractérise à première vue les membres de cette famille, comparés aux autres poissons à nageoires abdominales et à rayons mous autres que les Silures, les Mormyres et les Notoptères. La présence d’une nageoire dorsale adipeuse, ou dépourvue de rayons, située en arrière de la dorsale proprement dite ou rayonnée, bien que faisant défaut à certains genres étrangers au Congo, est un trait commun aux espèces de cette faune qui ne se retrouve que chez les Silurides, si différents par leur peau privée d’écailles et leur bouche entourée de barbillons; car les Salmonides, qui possèdent également cette nageoire adipeuse, quoique appartenant par l’ensemble de leur organisation à la même grande division que les Clupéides, qui en sont dépourvus, sont étrangers à l'Afrique en dehors de l'Atlas.

Un des caractères auxquels il a été fait appel en première ligne pour séparer les Characinides des familles qui en sont le plus voisines, réside dans la conformation de la bouche, décrite comme bordée par les prémaxillaires au milieu et par les maxillaires sur les côtés ; tandis que, chez les Cyprinides et les Silurides, la mâchoire supé-

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rieure serait bordée uniquement par les prémaxillaires. Si cette définition s'applique effectivement à la majorité des représentants de ces familles, il ne faut pas oublier que, comme l’a si bien fait observer Sagemehl, il y a de part et d'autre de nombreuses exceptions qu'il ne nous est pas permis d’ignorer et qui viennent infirmer la valeur diagnostique du caractère en question. Ainsi le maxillaire est si réduit chez Serrasalmo, Citharinus, Eugnathichthys, Phago, rejeté sur les côtés et couvrant l’angle de la bouche, qu’on peut se demander si cet os prend réellement part au bord buccal, et tout récemment j'ai pu constater qu'il enestabsolumentexclu chez Zchthyoborus et Neoborus. Par contre, parmi les Silurides, Callichthys a les prémaxillaires très réduits et la bouche bordée latéralement par les maxillaires, Chaca a un très grand maxillaire bordant largement la bouche, Diplomystes et Eutropiichthys ont le maxillaire denté, et, parmi les Cyprinides, Catostomus nous montre les prémaxillaires et les maxillaires concourant ensemble à la bordure de la bouche. Il y a d’ailleurs de très grandes différences dans la structure des mâchoires chez les poissons qu'on réunit à juste titre en une famille des Characinides; ainsi les prémaxillaires, quoique jamais protractiles, peuvent être mobiles dans le sens vertical (Zchthyoborinæ) ; les maxillaires sont ou bien ankylosés aux prémaxillaires, ou mobiles sur ceux-ci, et chez la plupart des genres ils ne s’articulent pas directement au crâne, la seule exception, parmi les formes africaines, se rencontrant chez Sarcodaces.

Le caractère indiqué par d’autres auteurs pour distinguer les Characinides des Cyprinides, tiré de la non-prolongation entre les orbites de la boîte cérébrale chez les premiers, n’est pas plus constant, car chez Citharinus et Xenocharax, par exemple, celle-ci s'étend en avant jusqu'à la région nasale, et il y a tous les degrés entre cette disposition et celle, plus fréquente, à laquelle est empruntée la définition que je critique en tant que diagnostique. L’orbitosphénoïde, impair, souvent membraneux, forme un grand septum interorbitaire en avant de la cavité cérébrale ou en dessous de sa partie antérieure. Il y a là un caractère important, bien qu'il ne soit pas absolument constant, une spécialisation, dans cette réduction de la partie antérieure de la boîte crânienne et son remplacement par une mince cloison interorbitaire.

La présence de dents aux mâchoires ne distingue les Characinides des Cyprinides que pour autant qu'on n'envisage que les formes africaines, car plusieurs genres américains sont caractérisés par leur absence. Ces dents varient énormément par la forme et fournissent des caractères précieux pour la définition des genres si nombreux de cette famille; elles sont confinées aux prémaxillaires et à la mâchoire infé-

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rieure, ou bien elles sont présentes aussi sur les maxillaires. IT n'y en a que rarement sur les os du palais, et les genres africains n’en offrent aucun exemple.

Les rayons branchiostèges sont au nombre de 3 à 5 seulement. Il y a 4 arcs branchiaux. Les pseudobranchies manquent ou sont rudimentaires, glanduleuses. Les coracoïdes forment le plus souvent une carène ventrale. Les scapulaires, les épicoracoïdes et les postclaviculaires sont distincts. Le nombre de rayons aux nageoires ventrales est de 10 à 13. Les premiers rayons des nageoires pectorales, dorsale et anale ne sont que rarement ossifiés et ne constituent jamais des épines formidables, comme chez les Silurides.

La colonne vertébrale peut se diviser en-trois régions : 1° la région thoracique, à côtes sessiles et sans apophyses transverses; 2° une région lombaire, à paraphophyses dirigées ventralement et supportant des côtes; 3° la région caudale, à parapophyses réunies en arcs hémaux et dépourvues de côtes. La délimitation entre les deux premières régions n'étant pas toujours très nette, je me contente de diviser les vertèbres en précaudales et en caudales dans le tableau suivant de leur nombre chez les espèces africaines dont il m'a été permis d'examiner le squelette.

Sarcodaces\odoë M LIN ES EEE "44 Hydrocyon Forskalii . . . 32 + 17 ou 18 — 49 ou 50 Bryconæthiops microstoma . 19 + 19 — 38 Alestes dentex. 1 Nas 0b2ou23 + 2000 21 —72 00 44 » Kotschyinli re eitie$ 23 48 » longipinnis\. 1}. WE" ax7 É20—=37 ) nurse . Eure 23 + 16 — 39 ) macrolepidotus. . . 26 + 16 — 42 Petersius Leopoldianus. . . 17 + 19 = 36 » ETileendon ee dir 0 =%6 Phago Boulengeri . . :. . 20 + 24 — 44 Neoborus ornatus 24 + 19 = 43 Dishchodus \niloncus Le MmS3EEu8—51 » fasciolatus + . 27 + 17 — 44 Nannœæthiops unitæniatus. . 20 + 13 — 33 Nannocharax elongatus . . 21 + 22 = 43 Xenocharax Spilurus . . . 23 + 16 — 39 Citharinus Geoffroyi . . ,. 25 - 19 = 44

La quatrième vertèbre porte un arc ventral(suspensorium, Sôrensen), formé par les côtes de cette vertébre.

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Les écailles, grandes ou petites, présentent, chez certains genres, cette particularité, rare chez les Physostomes, d’avoir le bord cilié; comme dit Valenciennes, au sujet de Distichodus, c’est une véritable écaille de cténoïde par la portion libre et de cycloïde pour tout le reste. La tête est toujours dépourvue d’écailles et, chose exceptionnélle chez les poissons, l'organe de la ligne latérale est représenté sur l’opercule par une branche du canal sous-orbitaire.

La vessie natatoire est constamment divisée en deux par un étranglement, la partie antérieure beaucoup plus petite que la postérieure (1). Chez certains Alestes, la vessie natatoire peut se prolonger dans la région caudale, contre les hémapophyses et les interneuraux du côté droit, aussi loin que l'extrémité postérieure de la nageoire anale (2).

Il y a généralement de 10 à 25 cæcumsà l'estomac, et ce nombre peut s'élever à 35 ou 40 (Hydrocyon, Citharinus). L’intestin est court et ne fait qu'une circonvolution chez les genres carnivores; il est par contre excessivement long et fait de nombreuses circonvolutions chez les types herbivores.

En parcourant cette revue des caractères de la famille des Characins, on constatera qu'il n'en existe aucun qui suffise, pris isolément et en tenant compte des exceptions, à justifier sa séparation de celle des Cyprinides. Cela peut paraître surprenant en raison des définitions si tranchées que l’on lit dans la plupart des ouvrages ichthyologiques. Mais pour peu qu’on s'applique à la critique de ces définitions et qu’on s'efforce de remplacer les données erronées, ou trop généralisées, par l'expression de l’état réel des choses, selon nos connaissances actuelles, on trouve beaucoup à effacer et bien peu à ajouter; on peut dire avec Saint Jérôme : « Major styli pars quæ delet quam quæ scribit. » Nous sommes forcés de nous contenter d’une combinaison de caractères, chacun desquels, pris en particulier, peut faire défaut ; nous nous consolerons de cet échec, didactique, en songeant que nous avons ici affaire à un groupe des plus généralisés et que cet échec luimême nous sert à mieux sentir le rapprochement de deux familles dont les affinités réciproques ont été souvent méconnues. Parer à ces diffi-

(1) Valenciennes (Hist. Poiss. XXII, p 53) croyait avoir constaté une exception chez Parodon. J'ai examiné un individu de P. affinis, Stdr., mesurant 65 millim., et je trouve cet organe divisé comme de coutume; la partie antérieure mesure 5 millim., la postérieure 15.

(2) Cette disposition asymétrique n’est pas unique parmi les poissons, car on la retrouve chez une forme voisine des Scombrides, Lactarius delicatulus, C. et V. D'après Valenciennes, ce serait du côté gauche que la vessie se prolonge chez cette espèce, tandis que je l’ai trouvée à droite chez le spécimen que j'ai examiné.

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cultés taxonomiques en décomposant le groupe des Characins en plusieurs familles ne me paraît pas un remède recommandable ; mais je me suis efforcé de faire ressortir les rapports qui relient entre eux les genres assez nombreux en le subdivisant en sous-familles, définies dans le synopsis suivant des genres propres au bassin du Congo. Notons que tous les genres connus d’Afrique y sont représentés, -à l'exception de Zchthyoborus, Gthr.,du Nil, proche voisin de Neoborus, et de Monostichodus, Vaill., de l'Ogowé.

La famille des Characinidæ habite les eaux douces de l’Afrique et de l'Amérique centrale et méridionale. Ses types sont encore plus variés et ses espèces beaucoup plus nombreuses dans le nouveau monde.

Synopsis des genres représentés dans le bassin du Congo.

I. HyprocvoniN#. Exclusivement ou partiellement carnivores. Dentition puissante ; prémaxillaires immobiles ou à peine mobiles. Maxillaires bien développés, bordant la bouche; ouïes largement ouvertes, la membrane branchiostège libre ou très étroitement soudée à l’isthme; écailles non ciliées; ligne latérale plus rapprochée du ventre que du dos.

A. Dents unicuspides.

Dents très nombreuses, inégales, coniques, en deux séries; nageoire dorsale bien en arrière des ven-

CEA EST NE ET CS tsar Codaces a GtNrs Dents peu nombreuses, comprimées, en une série ; dorsale au-dessus des ventrales. . . . . . . 2. Hydrocyon, Cuv.

B. Dents pluricuspides, en deux ou trois séries à la mâchoire supérieure, en une seule à l’inférieure.

1. Une paire de dents coniques derrière les dents pluricuspides de la mâchoire inférieure.

Trois séries de dents à la mâchoire supérieure, les

internes à couronne biseautée portant de petits

tubercules; nageoire dorsale commençant en avant

des VONtRAlES se MA ME UNE CUS NE a Br Con RIOps, CUT: Deux séries de dents à la mâchoire supérieure, les

internes à couronne biseautée portant de petits

tubercules ; dorsale commencant au-dessus ou en

APNÉPEMdES Ventrales ui. 200 SU COR NN a NA estes "Muller Mrosen: Deux séries de dents simplement comprimées à la

mâchoire supérieure; dorsale commençant au-

dessus /oufen arrière des ventralesc" 0m 0 PMicralestes, Bler:

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