‹ Les poissons du basin du CongoChapitre 220 sur 463 · TRE · texte numérisé non relu

TRE

# Car Ê — ri ++

LE

vis

CHA 1j

pecteur attaché à la mission scientifique du Katanga, a bien voulu me communiquer les observations suivantes qu'ila pu faire sur ce poisson. Le M'Biriki est un nageur de premier ordre, franchissant des rapides, comme un saumon, à contre-courant et s’élançant au-dessus de chutes de 1,50 à 2 mètres de hauteur. A l'époque de la ponte, de janvier à mai, il remonte en grand nombre le Lu-Fuko, rivière à cours torrentueux très rapide et semée sur son parcours de cataractes et de chutes ; il y séjourne pendant plusieurs mois, alors qu'il est pour ainsi dire inconnu dans les autres rivières de l’ouest du Tanganika. La pêche du M'Biriki constitue l'occupation principale de deux ou trois petits villages des environs de M’Pala. La méthode employée pour cette pêche est des plus intéressante : des barrages sont établis en difiérents points au moyen de pieux et de branchages et ne laissant qu'une ouverture de 2 ou 3 mètres derrière laquelle vient se placer la nasse, espèce de grand panier conique de 4 à 5 mètres de long sur 2",50 de haut et de large; une seule ouverture est aménagée, au centre de la base du cône. La nasse une fois solidement fixée reste dans l’eau pendant 48 heures; au bout de ce temps, les pêcheurs s'assurent au moyen d’un roseau de la présence de prisonniers, ce qui n'est pas toujours nécessaire, les nouveaux venus, pleins de vigueur. ce livrant dans la nasse à des bonds désespérés pour se libérer. La nasse est alors détachée, et son ouverture une fois bouchée, elle est traînée par dix à douze indigènes le long de la berge en eau moins profonde A ce moment, le spectacle devient intéressant. Les pauvres bêtes, effrayées, se tiennent en rangs serrés, le nez contre le grillage de la nasse traînée contre courant. Un indigène, armé d’un court morceau de bois, entre alors dans la nasse et soulevant légèrement les poissons hors de l’eau, leur assène l’un après l'autre un coup de massue sur la nuque. Un coup suffit s’il est bien porté; sinon le M'Biriki se livre à des bonds désordonnés, sautant souvent par-dessus son bourreau et essayant de grimper, pour ainsi dire, le long des parois de la cage. Au fur et à mesure qu'ils ont subi leur sort, les poissons sont déposés sur l'herbe. Cette pêche doit être fort lucrative pour les indigènes qui s’y livrent; le jour où M. Questiaux y a assisté pour la première fois, la nasse contenait 46 poissons, la seconde fois elle en contenait 62, soit 600 kilogrammes D’après les renseignements obtenus chez les Péres Blancs, la pêche s'élève quelquefois à 70 poissons par nasse et par barrage, hécatombes qui ne semblent diminuer en rien l'abondance du M'Biriki. On ne le pêche pas dans lelac.

230 CYPRINIDÆ

Page 1