AUCHENOGLANIS BISCUTATUS
Pimelodus biscutatus, 1. Georrroy, Descr. Egypte, Poiss. p. 301, pl. XIV, fig. 1 (1829); Cuvier et VALENCIENNES, Hist. Poiss. XV, p. 197 (1840).
Pimelodus occidentalis, Cuv. et VAL. t. c. p. 203.
Auchenaspis biscutatus, BLeex. Nederl. Tijdschr. Dierk. 1, 1863, p. 101; Günrxer, Cat. Fish. V, p. 137 (1864); STEINDACHNER, Sitzb. Akad. Wien, LX, 1, 1870, p. 993, pl. VI, fig. 3 et4; BouLenc. Tr. Zool. Soc. XV, 1898, p. 24.
Oxyglanis Sacchii, VinciGuerrA, Ann. Mus. Genova (2) XIX, 1898, p. 250.
La hauteur du corps est comprise 4 à 4 1/3 fois dans la longueur totale, la longueur de la tête 3 à 3 1/3 fois. La tête est 1 2/3 à 2 fois aussi longue que large, le museau y entre pour la moitié ou près des 3/5 ; le diamètre de l’œil est compris 9 ou 10 fois dans la longueur de la tête, 3 1/2 ou 3 2/3 fois dans la largeur interoculaire ; le museau est très atténué en avant, la largeur de la bouche ne mesurant que la moitié de celle de la tête; le dessus de la tête, ainsi que l'os operculaire, est couvert d’aspérités en forme de granules en séries rayonnant du centre des pièces osseuses ; la fontanelle frontale est étroite, 4 fois aussi longue que large; la narine postérieure, beaucoup plus rapprochée du bout du museau que de l’œil, apparaît comme une fente longitudinale dans un renflement ovalaire. Les lèvres, dont la supérieure porte les narines antérieures, sont épaisses et très papilleuses ; les dents prémaxillaires, grêles et très aiguës, forment deux petites plaques ovales très rapprochées, à grand axe longitudinal; les dents mandibulaires sont réduites à deux petits groupes à peine sensibles. Les barbillons sont épais à la base, minces à l’extrémité; le maxillaire mesure les 2/5 ou un peu moins de la moitié de la longueur de la tête; le mandibulaire postérieur, situé au niveau des narines postérieures, est plus long et atteint presque la base de l’épine pectorale ; le mandibulaire antérieur, sur la lèvre, mesure le quart de la tête. Le repli operculaire forme, sous la tête, un angle obtus. Le prolongement occipital, deux fois aussi large que long et tronqué en arrière, est séparé, par un espace étroit, de la plaque interneurale, laquelle est grande, deux fois aussi large que longue, et couverte de gros granules osseux comme sur l’arrière de la tête. Le prolongement huméral est petit et couvert de granules. La nageoire dorsale a 7 rayons branchus ; l’épine, garnie de fortes granulations, mesure les 2/5 de la tête. La dorsale adipeuse est très élevée en arrière, 2 1/2 à 3 fois aussi longue que haute; la distance qui la sépare de la dorsale rayonnée égale 1/5 ou à peu près 1/4 de sa base. La nageoire pectorale est courte; son épine n'est guère plus longue que celle de la dorsale et elle est dépourvue de denticulations. L'anale a 11 rayons, dont 7 branchus.
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Les ventrales n’atteignent pas l’origine de l’anale. La caudale est arrondie, à bord un peu oblique, avec ou sans une échancrure médiane très peu profonde. Le pédicule caudal est aussi long que haut.
Ces caractères sont relevés sur deux individus adultes, de Boma, l’un mesurant 80 centimètres, l’autre 68 centimètres.
Comme toujours chez les poissons, les proportions sont très différentes chez les jeunes et la coloration, loin d’être uniforme comme chez les adultes, est très variée. Les notes suivantes sont prises sur plusieurs individus, mesurant de 4 à 57 centimètres, du Congo (Ibali, Bikoro) et du Tanganika.
Hauteur du corps 3 2/3 à 4 1/3 fois dans la longueur totale, largeur de la tête 3 à 3 3/4 fois; diamètre de l’œil 5 à 7 fois dans la longueur de la tête, 2 à 3 fois dans la largeur interoculaire. La longueur du barbillon maxillaire peut excéder la moitié de la longueur de la tête. La dorsale adipeuse est 3 à 4 fois aussi longue que haute et l'espace entre elle et la dorsale rayonnée égale 1/6 à 1/4 de sa longueur. Jaunâtre, brunûtre clair ou olive, tacheté de noirâtre; ces taches sont souvent grandes et si étroitement séparées les unes des autres que la teinte claire du fond apparaît comme un réseau à larges mailles; ventre blanc jaunâtre Iris violet, avec un cercle doré autour de la pupille.
Ce Silure, qui atteint plus d’un mètre de longueur (1), habite le Nil, le lac Rodolphe, le lac Tanganika et les fleuves du versant Atlantique, depuis le Sénégal jusqu’au Congo. J'en ai examiné des spécimens de Boma (Wilverth et Wagenaar, Delhez), du lac Léopold IT et du lac Tumba (Delhez), de Monsembé | Weeks), du lac Moero (Sharpe).
Noms indigènes: Lukombo à Boma, Boka ou Mpoka chez les Bangalas, ainsi qu’au lac Léopold II, Mokira à Bikoro, Bwa lopembé (chien à cornes) au lac Moero, Porocco à Moliro, comme me l’apprennent les aquarelles dues aux excellents pinceaux de MM. Dardenne et Questiaux, attachés à la mission Lemaire pour l'exploration du Katanga.
Poisson très vorace, se nourrissant de poissons et de crustacés, sans doute aussi de matières végétales, comme semble l'indiquer la longueur du canal intestinal.
Grâce à l’obligeance de M le Dr Gestro, directeur-adjoint du Musée civique de Gênes, qui a bien voulu m'envoyer en communication le type (une peau) de Oxyglanis Sacchii, provenant du lac Rodolphe, j'ai pu réduire cette forme, décrite à tort comme genre nouveau voisin de Synodontis, à l’état de synonyme de Auchenoglanis biscutatus.
(1) La photographie d'un individu très grand, pris à l'Equateur par le lieutenant Lemaire, a été reproduite dans l’article populaire de M. J. Cornet, dans le « Congo illustré », III, 1894, p. 70, sous le nom de « Silure ».
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