SYNODONTIS
Cuvier, Règne Animal, II, p. 203 (1817); VarLLanT, N. Arch. Mus. VII, 1805, p. 233, et VIII, 1896, p. 87.
Corps court ou modérément allongé, plus ou moins comprimé. Nageoire dorsale courte, composée d’une forte épine et de 6 ou 7 rayons mous; une dorsale adipeuse plus ou moins grande ; anale courte. Nageoires pectorales et ventrales bien développées, les premières armées d’une forte épine, les secondes formées de 7 rayons et insérées en arrière de la dorsale. Un bouclier céphalo-nuchal, uni aux pièces scapulaires ; 3 paires de barbillons : une aux maxillaires, deux à la lèvre inférieure, ces derniers branchus; narines largement séparées. les antérieures un peu tubuleuses; yeux à bords libres, latéraux ou supérolatéraux. Bouche petite, à lèvres plus ou moins développées; une bande ou une série de dents prémaxillaires petites et coniques ; de petites dents coniques parfois présentes sur la mâchoire inférieure ; des dents mandibulaires mobiles, grêles ou sétiformes, plus ou moins courbées ou crochues, implantées dans la lèvre inférieure (1); pas de dents au palais. Membranes des ouïes interrompues sous la gorge, séparées par un isthme gulaire plus ou moins large. Vessie natatoire grande, libre.
Genre propre à l'Afrique tropicale et au Nil.
Le casque osseux commun à toutes les espèces de ce genre est formé par l'union du crâne avec le bouclier nuchal, produit par l’expansion des trois premiers os interneuraux ou interépineux, et avec les os de la ceinture pectorale, dont le claviculaire se fait remarquer par son prolongement postérieur désigné communément sous le nom de processus huméral. Une fontanelle plus ou moins grande occupe le milieu du crâne, bordée par l'ethmoïde en avant et les frontaux sur les côtés : chez les très jeunes 1l y a une seconde fontanelle, plus petite, entre les pariétaux; les préfrontaux et les postfrontaux sont grands; outre le complexe pariéto-occipital, dont il a été fait mention plus haut, p. 238,
(1) L'étude de ces dents a été faite avec un soin tout particulier par Vaillant, lc.
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on distingue, à la partie postérieure du crâne, les éléments pairs suivants : squamosal, sur-temporal, post-temporal et sur-claviculaire; ces trois derniers sont souvent fusionnés en une pièce unique. Le prémaxillaire est très petit et le maxillaire rudimentaire, supportant la base du barbillon ; le palatin est un os allongé, en forme de bätonnet qui touche au prémaxillaire et est séparé du ptérygoïdien (entoptérygoïde -L ectoptérygoïde) par un espace assez considérable; le préorbitaire et les sous-orbitaires forment une chaîne d'os très grêles. Les rayons branchiostèges sont au nombre de 7.
Les claviculaires et les coracoïdes sont extrêmement grands et massifs etceux-cise relèvent verticalement en arrière pour former une cloison ou diaphragme osseux qui ne laisse qu une assez petite ouverture triangulaire pour le passage de l’œsophage. Le mésocoracoïde se fait remarquer par son excessive gracilité. Le sur-claviculaire émet une très massive apophyse interne quis’unit par suture au basioccipital.
Les 6 ou 7 premières vertèbres sont unies entre elles, au crâne, et aux premiers interneuraux; on distingue dans ce complexe quatre ou cinq apophyses transverses, dont la dernière ou les deux dernières portent des côtes. La première de ces apophyses est modifiée pour former un appareil particulier, décrit comme « ressorts » par J. Müller (1) et qui consiste en une espèce de palette s'appliquent sur la face antérieure de la vessie natatoire tandis qu’un processus antérieur vient buter contre l’exoccipital. Derrière les vertèbres dont il vient d’être question, on distingue 8 à 10 vertèbres précaudales, munies de côtes, et 22 à 28 caudales ; les côtes sont attachées à la face inférieure de longues parapophyses, tout près de leur extrémité; les 5 dernières paires de parapophyses forment un canal hémal, leurs branches étant réunies par un pont osseux; vers le milieu du corps, les neurapophyses atteignent une hauteur considérable, puis décroissent graduellement.
Les mœurs des Schals, comme on nomme en Égypte les poissons de ce genre, sont encore peu connues. Les observateurs sont d'accord pour leur attribuer la faculté d'émettre des sons, produits par l’action des muscles qui entourent la vessie natatoire (2), compressible à volonté
(1) Abh. Akad. Berl. 1843, p. 147. pl. III. figs. 1-4.
(2) D’après les observations de Sôrensen sur les Silurides de l'Amérique du Sud (C. R. Ac. Sci. LXXXVIII, 1870, p. 1042, et Lydorganer hos Fiske, Copenh. 1884, 80), la partie antérieure de la vessie natatoire est alternativement tirée en avant et en arrière par la contraction et le relâchement des muscles ; pendant ces mouvements, l'air, en passant à travers les cloisons transversales incomplètes met celles-ci en vibration, et le son se produit. La hauteur ou plutôt la profondeur du son est en proportion directe de la vitesse des vibrations des ressorts décrits par J. Müller A ces sons viennent se joindre ceux produits simultanément par les mouvements qu'exécute l'épine de la nageoire pectorale dans la cavité glénoïde, tel qu'un frein appliqué à la roue d’un véhicule.
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grâce à l’appareil à ressorts décrit par J. Müller, renforcée par le grincement des épines dorsale et pectorales contre les poulies sur lesquelles elles jouent. On les dit se nourrir en grande partie de graines (l'intestin est très allongé et fait de nombreux replis), régime que Valenciennes a pu vérifier à l’autopsie; mais ils mangent aussi des poissons, ainsi que j'ai pu m'en assurer. Les anciens Égyptiens avaient observé que ces Silures, dans le Nil, nagent souvent sur le dos ; Geoffroy Saint-Hilaire et Rifaud ont été témoins du fait. Dans cette position, si anormale qu’elle paraisse pour un poisson, les Schals se dirigent librement en avant et de côté; mais lorsque quelque danger se montre, ils reprennent, pour s’enfuir, la position ordinaire. D’après Geoffroy, la chair de ces Schals est fade et les pauvres seuls ne la dédaignent pas.
Le genre Synodontis est voisin des Doras de l'Amérique du sud, dont il diffère surtout par l’absence de boucliers osseux sur les côtés du corps.
La distinction des nombreuses espèces de ce genre présente encore de grandes difhcultés, malgré le travail de révision publié récemment par L. Vaillant. Sur environ trente-cinq espèces admises aujourd’hui, je crois pouvoir en bien définir seize du bassin du Congo, y compris le Tanganika, déterminables à l'aide du synopsis suivant, établi sur un nombre assez considérable d'individus. Je me suis abstenu de faire intervenir la présence ou l'absence de petites dents mandibulaires postérieures dans la définition des espèces, convaincu que ce caractère ne peut qu'induire en erreur vu la difficulté qu’on éprouve souvent à se convaincre de la présence de ces dents, insérées sur l’os de la mâchoire inférieure, souvent cachées par la muqueuse. D'accord avec Vaillant (1) et G. Pfeffer (2), j’attache grande importance au nombre et à la grandeur des dents mandibulaires antérieures grêles et mobiles, ne tenant compte, pour la longueur, que de la partie émergeant de la lèvre; mais je ne saurais suivre ce dernier auteur en négligeant, comme caractères spécifiques de l'adulte, la présence ou l’absence de villosités sur le corps et la longueur relative de la nageoire dorsale
adipeuse, caractères considérés à tort par lui comme dimorphisme sexuel (3).
(1) Loc. cit.
(2) Fische Ost-Afrikas, p. 34 (1806).
(3) Il est nécessaire d'observer que le nombre des dents ou barbes aux épines dorsale et pectorale augmente avec l'âge et que l'adulte peut en posséder plus de deux fois autant que le jeune. Il ne peut donc être fait appel à ces différences, pour
la distinction des espèces, qu’à condition de comparer des individus de même taille.
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Synopsis des espèces du bassin du Congo (1).