PHRACTURA SCAPHIRHYNCHURA
Doumea scaphirhynchura, VaizLanT, Rev Scientif, XXII, 11, 1886, p. 18. Peltura scaphirhynchura, PELLEGRIN, Bull. Mus. Paris, 1900, p. 6. Phractura scaphirhynchura, BouLexGer, Ann. & Mag. N. H.{(7) VI, 1000, p. 528.
La hauteur du corps, un peu inférieure à sa largeur, est comprise
9 fois dans la longueur totale, la longueur de la tête 5 fois. La tête est 1 1/2 fois aussi longue que large; le crâne, un peu rugueux, est couvert d’une peau très mince; le museau est pointu, mesure le double de la région postoculaire de la tête, et dépasse un peu la bouche; l’espace entre les narines est à égale distance du bout du museau et de l'œil; celui-ci est supère et son diamètre est compris 7 fois dans la longueur de la la tête, 1 1/2 fois dans la largeur interorbitaire; la bouche est petite; les barbillons courts et verruqueux; le barbillon maxillaire mesure le quart de la longueur de la tête, ou le tiers ce la distance qui sépare sà racine de la fente operculaire; les barb:Ilons mandibulaires sont encore plus courts. Le processus occipi'al est 2 1/2 fois aussi long que large et atteint le bouclier interneura!, sans toutefois former de suture avec lui. La nageoïre dorsale a 7 rayons, dont 6 branchus; le rayon simple, rigide à la base seulemeit, est le plus long et égale la longueur de la tête. La seconde dorsale est très petite. L’anale a 8 rayons. La pectorale a 1 > rayons, le premier simple, épais, rigide à la base, égale la longueur de la tête. La ventrale est aussi longue que la pectorale et dépasse un peu l'origine de l’anale. Le pédicule caudal est déprimé et mesure le tiers de la longueur totale. 22 scutelles dorsales et 18 ventrales de chaque côté.
La coloration de l'individu unique et assez mal conservé est brunâtre, les nageoires barrées de noir et de blanc.
Longueur totale : 12 centimètres.
Le type de cette espèce, très voisine de la précédente, fait partie des collections rapportées au Muséum de Paris par la Mission de l'Ouest Africain (M. de Brazza). Il provient de Diélé sur l’Alima, affluent de la rive droite du Congo. : N
Le museau plus long, l'œil plus grand, le processus occipital atteignant le bouclier interneural, sont les principaux caractéres qui distinguent P. scaphirhynchura de P. Bovei.
336 SILURIDÆ
15, MALOPTERURUS.
Lacérène, Hist. Poiss. V, p. 90 (1803) (1); Günra. Cat. Fish. V, p. 219 (1864).
Corps médiocrement allongé, cylindrique ou un peu déprimé. Pas de nageoire dorsale rayonnée ; une dorsale adipeuse. Nageoïre anale courte. Nageoires pectorales sans rayon épineux. Nageoires ventrales à 6 rayons, insérées un peu en arrière du milieu du corps. 3 paires de barbillons : une aux maxillaires, deux au menton; narines largement séparées ; yeux supéro-latéraux, à bords libres. Mâchoires armées chacune d’une bande de dents en velours; pas de dents au palais. Membrane des ouïes libre sur les côtés seulement. Vessie natatoire très grande, libre, s'étendant jusqu’à l'origine de la région caudale, divisée en deux par un étranglement vers le premier tiers de sa longueur. Un organe électrique s'étendant sur tout le corps.
Le crâne, très aplati, est remarquable par l'extrême étroitesse, en avant, du frontal, unique et non pair comme chez la plupart des genres; en arrière, ce frontal s élargit brusquement et s'articule aux postfrontaux, aux sur-téemporaux et au pariéto-occipital, qui est relativement petit et surmonté d’une crête très basse. Une fontanelle étroite, disparaissant chez l'adulte, est bordée par l’ethmoïde et le frontal. Il n’y a pas de squamosaux distincts. Le postfrontal est prolongé en une apophyse grêle qui se continue en un ligament bordant l'orbite en dessous ; celle-ci est complétée par une arcade ligamenteuse reliée au palatin par une longue branche, dont les ossifications représentent les sous-orbitaires et le préorbitaire. Le maxillaire est assez petit et bifide; il supporte la base du barbillon. Le palatin est un os étroit, allongé, qui repose sur le ptérygoïde et s'étend en avant jusqu’au prémaxillaire (2).
(1) Lacépède écrivait Malapterurus. Mais il faut rectifier cette orthographe, puisque le nom est formé de paie, mou, rripév, nageoire, et oip4, queue; donc : Malopterurus où Malacopterurus, non pas Malapterurus.
(2) D'après J. Cleland (Edinb. New Philos. Journ. [2] III. 1858, p. 180, pl. I, fig. 1), Malopterurus posséderait, exemple unique parmi les Silurides, un symplectique bien développé. Je n'ai pu constater la présence de cet élément sur les squelettes que j'ai examinés, tant du Nil que de l'Afrique occidentale,
MALOPTERURUS 33
Les rayons branchiostèges sont au nombre de 8.
Les vertèbres varient de 41 à 44 selon les individus (20 à 22 précaudales et 21 ou 22 caudales) Les cinq premières sont coossifiées et portent trois fortes apophyses transverses, dont la première, très développée et fourchue à la base, se termine en un disque ou une palette qui s'applique à la face antérieure de la vessie natatoire : c’est l'appareil à ressort décrit par J. Müller, et auquel il a été fait allusion à propos des Synodontis, appareil qui se meut d'arrière en avant, grâce à un muscle spécial, une apophyse à son bord antérieur venant buter contre une facette correspondante fournie par le sur-claviculaire. Les apophyses transverses des vertèbres suivantes décroissent graduellement et portent les côtes, minces, attachées à leur face inférieure, Par suite de la forme du corps, les apophyses épineuses sont basses sur la région précaudale et, comme il n’y a pas de nagcoire dorsale, les interépineux manquent. Hyrtl, pourtant (1), a découvert un interépineux rudimentaire, reposant sur la première neurapophyse.
La ceinture scapulaire est moins solidement attachée au crâne que chez les autres Silurides. Le sur-scapulaire est susceptible d’un certain mouvement sur le sur-temporal et le post-temporal, et son apophyse interne n'est reliée au basioccipital que par un ligament. A la face ventrale, les clavicules se rencontrent à peine à la symphyse, qui est formée par les coracoïdes ; ceux-ci ne se relèvent pas en arrière pour former un diaphragme. Le premier rayon de la nageoire pectorale s'articule à la clavicule par un condyle simple.
Les Maloptérures, dont je ne puis reconnaître qu'une seule espèce, sont célèbres par l'organe électrique dont ils sont pourvus et dont les effets sont bien connus des habitants de l'Afrique tropicale et de la région du Nil. Aussi les Arabes désignent-ils ces poissons par un nom qui signifie fonnerre. L'organe qui produit la décharge diffère absolument de celui de tous les autres poissons électriques, dépendant du système tégumentaire au lieu d’être dérivé du système musculaire, Il est unique, entourant tout le corps comme d’une épaisse couche de graisse, consistant en une substance gélatineuse dont on ne distingue les éléments (au nombre de plus de deux millions, selon Fritsch) qu’à l'aide d’un fort grossissement; la peau qui le recouvre a un aspect velouté ou feutré, produit par une multitude de papilles villeuses très serrées. Il est actionné par un seul nerf de chaque côté, à sa face interne, ramifié et partant d’une cellule ganglionnaire unique, bien qu’'excessivement développée, à l'extrémité antérieure de la moelle épinière. À l'inverse de ce qui se produit chez les autres poissons, le courant électrique se dirige de la tête vers la queue.
(1) Denkschr. Ak. Wien, XVI, 18509, p. 11.