MALOPTERURUS ELECTRICUS (PI. XVI, fig
Silurus electricus, GMELIN, Syst. Nat. I, p. 1354 (1789).
Malapterurus electricus, LacÉPèDE, Hist. Poiss. V, p. 91 (1803); I. GEorFRroy, Descr. Egypte, Poiss. p. 291, pl. XII 1829); Joannis, Mag. Zool. 1835, Poiss. pl. 1; Cuv. et Var. Hist. Poiss. XV, p. 518, pl. CCCCLV (1840); GünTH. Cat. Fish. V, p. 219 (1864); Peters, Mon. Berl. Ac, 1868, p. 121. et Reise n. Mossamb. IV, p.41 (1868); G. Frirsc, Elektr. Fische, I (1887).
Malapterurus beninensis. AND. Murray, Edinb. New Philos. Journ. (2; Il, 1835, p. 49, pl IT; GüNTH. t. c. p. 220; LoENNB8ERG, Ofv. Vet. Ak. Forh. Stockholm, 18953, P- 187.
Malapterurus affinis, GüNTH. t. c. p. 220.
Malapterurus electricus, var. ogoensis, Sauvace, Bull. Soc Philom. (7) I, 1878, p. 99, et N. Arch. Mus. (2) III, 1880, p. 45, pl I, fig. 3-
La hauteur du corps est comprise 4 à 5 1/2 fois dans la longueur totale, la longueur de la tête 4 à 5 fois; le dos est aplati, parfois creusé d'un faible sillon Le museau est arrondi, parfois un peu dépassé par la mâchoire inférieure ; l’œil est très petit, tout à fait latéral, un peu plus rapproché de la fente operculaire que du bout du museau, son diamètre compris 6 à o fois chez les jeunes (de 10 à 20 centimètres de longueur totale), 13 à 15 fois chez les adultes (65 à 85 centimètres) dans la longueur de la tête; le barbillon maxillaire mesure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tête chez les jeunes, à peu près le tiers chez les adultes; les barbillons mandibulaires sont plus longs, l’externe atteignant souvent, ou même dépassant un peu, la base de la nageoire pectorale. Celle-ci, de même grandeur que la ventrale, ou un peu plus longue, mesure à peu près la moitié de la longueur de la tête. La nageoire anale est composée de 9 à 13 rayons, dont 7 à 10 branchus. La dorsale adipeuse, très basse, est aussi longue ou un peu plus longue que l’anale et s'étend un peu plus en arrière, n'étant séparée de la caudale que par un espace égal à 1/5 ou 1/6 de la longueur de la tête. La caudale est arrondie.
Le corps est gris, brunâtre ou bleuâtre en dessus, uniforme ou ponctué ou tacheté de noir, blanc en dessous; souvent, chez les jeunes, une bande claire autour de la queue et à travers l’adipeuse; parfois des taches noires sur les nageoires; la caudale est bordée de rouge; les pectorales et les ventrales sont rougeâtres.
Le plus grand spécimen du Congo qu’il m'a été permis d'examiner mesure 85 centimètres.
Cette espèce, qui habite l’Afrique depuis le Nil et le Sénégal jusqu'au Zambèse et au Congo, varie passablement par la forme du corps et par le nombre des rayons à la nageoire anale, ce qui a fait établir quelques
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espèces ou formes locales qui ne me semblent pas reposer sur des caractères assez constants pour être admises. Je partage, en ceci, l'opinion émise par Peters en 1868. Les Maloptérures du Nil semblent avoir constamment 12 où 13 rayons à l'anale et des taches noires irrégulières plus ou moins nombreuses sur le corps. Le M. beninensis de l'Afrique occidentale, où il se rencontre parfois avec la forme type, n'a que 9 ou 10 rayons à l’anale et les taches noires sont très petites, peu nombreuses, ou absentes. Les individus du Congo et du lac Tanganika que j'ai pu observer ont de 10 à 13 rayons à l’anale et le corps est généralement semé de points noirs;'un individu de Isangila est couvert de grosses macules noires, comme chez ceux du Nil; la bordure rouge à la nageoïire caudale est bien marquée.
Ce poisson, dont la chair est estimée, fuit la lumière et est lent dans ses mouvements, lenteur qui est compensée par l'appareil défensif dont il est armé et dont l’effet se fait sentir aussitôt qu'il est touché. Déjà au XIIe siècle, un médecin arabe, Abd-Allatif, décrivait ainsi les effets de cet appareil : « Nous ne devons pas omettre parmi les animaux propres à l'Egypte le poisson connu sous le nom de radda, parce que l'on ne peut le toucher, quand il est vivant, sans éprouver un tremblement auquel il est impossible de résister ; c’est un tremblement accompagné de froid, d’une torpeur excessive, d’une formication dans les membres, et d'une pesanteur telle, que l’on ne peut ni le retenir, ni tenir quoi que soit. L’engourdissement se communique au bras, puis à l'épaule, puis gagne tout le côté, pour peu qu'on touche ce poisson, si léger et si court que soit l’attouchement. Un pêcheur, qui avait pêché le raâda, m'a assuré que, quand ce poisson était dans le filet, ce même effet se faisait sentir au pêcheur, sans que sa main touchât le poisson et même à une distance de plus d’un empan. Quand le raâda est mort, il perd cette vertu » (1). M. F. Demeuse se trouvant sur les rives du lac Léopold IT, raconte M. Wilverth, eut un jour l’occasion de capturer dans un filet un Maloptérure de belle taille; ses hommes, voulant jouer un mauvais tour au cuisinier, lui apportèrent le poisson pour le dépecer. Le « chef » congolais se mit en devoir d’écorcher le silure, mais à peine son couteau en eut-il entamé la peau que la batterie électrique se déchargea subitement, envoyant une commotion terrible au pauvre homme qui, poussant un hurlement de douleur, tomba à la renverse et resta quelque temps étendu par terre.
Placé dans un aquarium, même spacieux, avec d’autres poissons, fussent-ils de même espèce, le Maloptérure tue généralement ses com-
(1) Traduction de Sylvestre de Sacy, citée par Ballowitz.
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pagnons, ainsi qu'il a été constaté en Angleterre et en Allemagne, où un assez grand nombre d'individus ont pu être conservés vivants (1).
Il a été obervé par Stirling, sur un individu qui partageait la captivité d’un Clarias dans un aquarium, que les chocs que recevait celui-ci au contact de son compagnon avaient pour effet de lui faire vomir sa nourriture, consistant en vers de terre, qui était alors appropriée par le Maloptérure, auquel on ne pouvait faire accepter directement les vers. Comme | indique l'allongement du canal intestinal, ce poisson vit d’un régime mixte et recherche probablement les matières animales et végétales en putréfaction.
La mode de reproduction de ce curieux poisson est encore entouré de mystère. On sait que les œufs prêts à être pondus mesurent jusqu'à 2 millimètres de diamètre chez des sujets d'assez petite taille. Au rapport des pêcheurs du Nil, ce poisson donnerait asile à ses alevins dans la bouche.
Le Malopterurus electricus est sans doute répandu dans tout le bassin du Congo. J’en ai examiné des exemplaires de Banana, d'Isangila, de Nouvelle-Anvers (Wilverth et Wagenaar), de Monsembé (Weeks) et du lac Tanganika (J. E. S. Moore et Hecq). D'après M. Weeks le nom indigène à Monsembé est Nina.
Principales publications à consulter relativement à l'anatomie et a la physiologie de Malopterurus :
GEOFFROY SAINT-HILAIRE, E. Mémoire sur l’anatomie comparée des organes électriques de la Raie Torpille, du Gymnotus engourdissant et du Silure trembleur. Ann. Mus. H. N. I, 1802, pp. 392- 407, pl. XXVI.
RUDOLPHI, C. A. Ueber die elektrischen Fische. Abh. Berl. Ac. 1820-21, pp. 223-232, 3 pls.
PETERS, W. Ueber den Bau des elektrischen Organes bei dem Zitterwels, Malapterurus electricus, Lacép. Arch. f. Anat Physiol. 1849 DD: 570-977 4ple LIT
MARCUSEN, J. Mittheilung über das elektrische Organ des Zitterwelses. Bull. Ac. Saint-Pétersb. XII, 1854. pp. 203-20).
RANZI, —. Sul Siluro del Nilo. Nuovo Cimento, I, 1855, p. 297, et IT, 1856, pp. 447-449.
Du Bois REYMOND, E. Ueber lebend nach Berlin gelangte Zitterwelse. Mon. Berl. Ac. 1857, pp. 424-420, et 1858, pp. 84-111.
(1) Du Bois Reymond, Mon. Berl Ac. 1857, p. 424, et 1858, p. 84; À B. Stirling Journ. of Anat, & Physiol. XIIT, 1870, p. 350; H. O. Forbes, Bull. Liverpool Mus. I, 1807, p. 25.
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SCHULTZE, M. Zur Kenntniss der elektrischen Organe der Fische. I. Malapterurus, Gymnotus. Abh. Nat. Ges. Halle, IV, 1858, PP: 297-331, 2 pls
CLELAND, J. On the Skeleton, Muscles and Viscera of Malapterurus beninensis. Edinb. New Philos. Journ. (2) III, 1858, pp. 17-- 102 pale
DU BOIS REYMOND, E. Zur Geschichte der Entdeckungen am Zitterwelse (Malapterurus electricus). Arch. f. Anat. Physiol. 1850, PP. 209-212.
BILHARZ, J. Das Electrische Organ des Zitterwelses Leipzig, 1857, 4°, 52 pp, 4 pls.
BABUCHIN, A. Ueber den Bau der elektrischen Organe beim Zetterwels. Centralbl. f. Medic. Wiss. 1875, n° 0, 10, 11.
FRITSCH, G. Die äussere Haut und die Seitenorgane des Zitterwelses . (Malopterurus electricus). Sitzber. Ac. Berl. 1886, pp. 415- 436, figs.
— Uebersicht der Ergebnisse einer anatomischen Untersuchung über den Zitterwels (Malopterurus electricus). T. c. pp. 1137-
— Die Elektrischen Fische. 1. Malopterurus electricus. Leipzig, 1887, 4°, 90 pp. 12 pls.
GOTSCH, F. & BURCH, G.J. The Electromotive Properties of the Electrical Organ of Malapterurus electricus. Philos. Tr. R. Soc. CLXXX VII, B, 1897, pp 347-407, 3 pls.
BALLOWITZ, E. Das elektrische Organ des Afrikanischen Zitterwelses (Malopterurus electricus, Lacépède). Jena, 1809, 4°, 96 PP: 7 PIS.