TETRODONTIDÆ
Une poche ventrale aérophore, permettant au poisson de se gonfler en boule Vessie natatoire présente. Symplectique présent. Interoperculaire très grêle, caché sous le préoperculaire, très éloigné de l'opercule. Pas de côtes. Arcs neuraux des vertèbres thoraciques formant un canal complètement clos, surmontés d’apophyses latérales s’insérant verticalement, très éloignées l'une de l'autre et simulant une sorte de spina bifida. Orifices nasaux remplacés par des appendices tentaculiformes, perforés ou imperforés, dans lesquels vient aboutir la terminaison des nerfs olfactifs (2. Arcs branchiaux au nombre de trois.
Le squelette est bien ossifié. Le crâne est massif, à sutures peu distinctes, ou plus ou moins oblitérées chez l'adulte; pas de sousorbitaires ; 6 rayons branchiostèges, l’externe excessivement grand. La colonne vertébrale est composée de 17 à 29 vertèbres, dont 8 à 12,
(1) Ce nom est souvent employé pour désigner une sous-classe de poissons fossiles du Silurien et du Dévonien, mais en dépit de la loi de priorité en nomenclature, Ostracodermi ayant été d’abord proposé en 1872 par Gill (Smithson. Coll. XT, n° 247, p. XLIII) pour les Poissons-coffres du sous-ordre des Pléctognathes. Aussi Cope (Amer. Nat. XXV, 1891, p. 646) a-t-il avec raison décidé de changer en Ostracophor: la dénomination qu'il avait proposée pour la sous-classe en question.
(2) Wiedersheim, Festschr. A. v. Kôlliker, 1887, p. 75.
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dépourvues d’arc hémal, peuvent être considérées comme précaudales. La postclavicule (os furculaire de Geoffroy) est grande, en forme de baguette dirigée en bas. Les rayons de la nageoire pectorale sont soutenus par quatre ptérygiaux grands et en forme de sablier. Pas de pelvis. Les mâchoires sont garnies de lames à bord tranchant, constituées par l’agglomération d’un grand nombre de lamelles dentaires (1), et rappelant par l'aspect le bec d’un perroquet.
La vessie natatoire est grande, épaisse, bilobée (2).
Ces poissons peuvent se gonfler comme des ballons en avalant de l'air dont ils remplissent, comme l’a décrit Cuvier, « une sorte de jabot très mince et très extensible, qui occupe toute la longueur de l'abdomen en adhérant très intimement au péritoine. Lorsqu'ils sont ainsi gonflés, ils culbutent, leur ventre prend le dessus, et ils flottent à la surface sans pouvoir se diriger : mais c’est pour eux un moyen de défense, parce que les épines qui garnissent leur peau se relèvent alors de toutes parts. » Par suite d'un mécanisme qui n’est pas encore expliqué, ils ne semblent pas avoir la faculté de se dégonfler hors de l’eau. Ainsi M. Masui m'a informé avoir vu de jeunes indigènes de l’Ubangi jouer au ballon avec le Tetrodon mbu, qui, rejeté à l'eau, s’empressait de vider son sac à air pour disparaître au plus vite.
La famille des Tetrodontidæ renferme un assez grand nombre d'espèces, presque toutes marines, rapportées à huit genres : Tetrodon, L., Xenopterus, Bibr., Diodon, L., Chilomycterus, Bibr., Dicotylichthys, Kaup, Atopomycterus, Blkr., Trichodiodon, Blkr., et Zrichocyclus, Gthr.
La chair de la plupart de ces poissons est très vénéneuse (3). D’après M. Wilverth, l'espèce du Congo, bien que rejetée par les Upoto et les Bangala, serait mangée par les indigènes de l’Ubangi; préparée comme l'esturgeon elle est, dit-il, très mangeable pour l'Européen, quoi qu’elle ait l'inconvénient de provoquer la diarrhée.