‹ Les poissons et les animaux à fourrures au Canada [microforme]Chapitre 12 sur 15 · KO OX · texte numérisé non relu

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La valeur commerciaie de la production du hareng s'élève en moyenne à treize millions de francs par année. Cette somme ne

comprend pas les quantités prises pour la

consommation locale, ou employées comme appât pour la pêche à la morue, ou charroyées sur les terres, comme engrais, dans bon nombre de localités.

Or, cette somme pourrait être aisément quadruplée.

Les pêcheries de hareng, en Europe, ne sont pas aussi productives que celles du Canada. Les Américains viennent à grands frais cueillir une moisson abondante dans les eaux de ce dernier pays.

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Au printemps, dès que les glaces ont laissé les rivages du golfe Saint-Laurent, le hareng fait son apparition. Toutefois, le hareng du printemps n’est pas d’aussi bonne qualité, n’a pas autant de saveur que celui qui est pris du mois d'août au mois de décembre. Le meilleur hareng est celui du Labrador; il est bien connu sur les marchés du monde entier.

On expédie annuellement environ 500,000 barils de hareng saumuré, 1,000,000 de boîtes de hareng fumé et 17,000,000 de livres de hareng frais.

Tout le hareng frais et fumé est expédié aux Etats-Unis. La plus grande partie du même poisson, saumuré, est envoyée sur les

marchés de l'Angleterre, des Etats-Unis et des Antilles.

On appelle le hareng le poisson du pauvre, à cause de son bon marché, du peu de frais que nécessite sa capture et de ses qualités éminemment nutritives.

Ajoutons, avant de terminer, que le hareng est le type du poisson migrateur, d’après les anciens naturalistes. Aujourd’hui, cette théorie est discutée et l’on assure que les harengs se bornent, lorsqu’ils disparaissent, à s’enfoncer dans les profondeurs de leur élément, à la surface duquel ils apparaissent régulièrement vers l’époque du frai, et pendant la durée que leur a assignée la nature. Enfin, pour ne rien omettre, disons que le hareng est l’image frappante du politicien. Vivant, il est d’un vert glauque sur le dos, blanc sur les côtes et le ventre; mort, le vert du dos se change en bleu.

Aussi, est-il dévoré également par tous les partis.

Le Maquereau

Voici un petit poisson, de dix à quinze pouces de long, auquel son courage et sa chair fort appréciée des gourmets font par-

donner son effrayante voracité. Le maquereau s'attaque souvent à des poissons bien plus forts que lui, et même à l’homme.

Les petites espèces de sa classe, ses plus proches parents, par conséquent, sont en danger de mort dans son voisinage.

Corps lisse, allongé, recouvert d’écailles excessivement petites; le dos d’un beau bleu métallique et rayé de noir, le dessus de la tête bleu et tacheté également de noir, le reste du corps d’un blanc argenté ou nacré, qui ne reconnaît à ce signalement un poisson qu’il est extrêmement agréable d’apprêter et encore plus agréable de manger, à n'importe quelle sauce ?

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On trouve les maquereaux dans presque toutes les mers, en quantités innombrables, allant par bandes. Ils passent l’hiver dans les mers de l’extrême nord, la tête enfoncée dans la vase et les plantes sous-marines.

Vers le printemps, ils descendent le long des côtes du Labrador et envahissent celles de la Nouvelle-Ecosse, la baie de Fundy et le golfe Saint-Laurent tout entier, se répandant surtout autour de l’Ile-du-Prince- Edouard dans la baie Des Chaleurs et aux Iles-de-la-Madeleine.

Les pêcheurs de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick, deux des provinces maritimes de la Confédération canadienne, font la pêche au maquereau sur une grande échelle et en retirent de beaux profits. Longtemps, les entreprenants pêcheurs des Etats- Unis avaient eu le monopole exclusif de la pêche au maquereau dans les eaux canadiennes. Aujourd’hui, les pêcheurs canadiens peuvent montrer avec orgueil une flotte de fines goélettes qui, par la symétrie de leurs lignes et leurs qualités nautiques, soutiennent avantageusement la comparaison avec les goélettes américaines réputées les meilleures du monde entier. Non seulement possèdent-ils ces goélettes équipées avec le plus grand soin, mais ils ont aussi adopté les engins de pêche les plus modernes et les plus améliorés, et ils exploitent cette industrie avec tout le tact et toute l’intelligence nécessaires au succès d’une entreprise aussi précaire et incertaine que l’est celle de la pêche au maquereau.

Les goélettes à maquereau ont ordinairement une capacité de soixante à cent tonneaux et sont montées par dix à quinze hommes. Elles ont peu de profondeur, mais, par contre, sont très larges et très élancées

à la poupe et à la proue; ce qui leur donne un pont spacieux où peuvent se faire facilement les opérations du caquage et de la salaison,

Les produits de la pêche au maquereau sont encaqués en saumure pour la plus grande partie. On en exporte aussi à l’état frais ou conservé en boîtes, de la même manière que le homard. Les meilleurs marchés pour Ja vente sont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et les Antilles. La vente de ce poisson rapporte environ sept millions de francs par année; mais elle est bien loin encore de donner tout ce qu’elle pourrait, l’exploitation du maquereau, comme celle du hareng, n’étant guère encore que dans l’enfance, comparativement à ce qu’elle sera un jour, quand des capitaux considérables y auront été engagés.

Le Homard

I1 n’y a guère plus d’un quart de siècle, le homard pullulait dans les eaux des provinces maritimes, dans la Baie des Chaleurs et dans bon nombre des rivières qui sillonnent le Labrador canadien. On pouvait, dans ce temps-là, se procurer sur place des homards de moyenne dimension pour cinq centimes la pièce.

Vers 1870, un homme arriva du Nouveau- Brunswick à l'Ile du Prince-Edouard et y fonda une fabrique de conserves de homard.

Cette entreprise réussit dès la première année. Aussi bientôt, d’autres personnes, attirées par le succès, mirent des capitaux dans cette industrie qui progressa, dès lors, avec une étonnante rapidité.

Dans l'Ile du Prince-Edouard, on ne comptait en 1871 que 6,711 boîtes de homard; quatre ans plus tard, on en comptait déjà 151,248, et en 1882, le nombre de boîtes s'était accru jusqu’à 6,300,000.

Cette même province, qui ne comptait qu’une homarderie en 1871, en possédait, dix ans après, cent vingt en pleine activité.

La même progression ascendante s’est manifestée au Nouveau-Brunswick et à la Nouvelle-Ecosse.

En 1870, le propriétaire de la seule homarderie existant alors au Nouveau-Brunswick mit sur le marché environ 20,000 boîtes de homard. Douze ans après, en 1882, au delà de six millions de boîtes partaient du Nouveau-Brunswick pour les Etats-Unis et l'Europe.

La Nouvelle-Ecosse, qui ne pouvait offrir en 1870 que 30,000 boîtes, en expédiait cinq millions en 1888.

On compte aujourd’hui 740 homarderies dans les provinces maritimes et dans celle de Québec. Sur une production totale de homard, dont la valeur s’est élevée en 1897 à dix-sept millions et demi de francs, cette dernière province comptait pour un peu plus d’un million seulement.

L'industrie du homard employait, suivant les dernières statistiques, 15,165 personnes, dont 1,870 dans la province de Québec.

La valeur du homard mis en boîtes était de 11,130,000 francs, ce qui représente une moyenne de 15,000,000 de livres, contenues dans 11,130,554 boîtes.

Sur les côtes de la Grande-Bretagne tout entière on ne prend qu'environ trois millions de homards par année.

L’Angleterre est le meilleur marché pour le homard canadien. Elle achète les trois quarts du homard mis en boîtes; le dernier quart est dirigé en France, en Allemagne,

au Brésil et aux Antilles. En outre, des quantités énormes de ce poisson sont expédiées à l’état naturel sur les marchés de l’intérieur et des Etats-Unis.

Huîtres et Loups-Marins

Nous ne mentionnons que pour mémoire la pêche aux huîtres et aux phoques, ceux-ci appelés loups-marins dans la province de Québec.

Les huîtres canadiennes, qui portent les noms respectifs de Malpèques, Bouctouches et Caraquettes, sont incontestablement les meilleures du monde entier. Klles ont une saveur et un goût exquis; cependant, on ne les connaît pas encore à l’étranger parce que, au Canada, l’on n’a pas encore pratiqué ce qu’on appelle la culture huîtrière, devenue si rémunératrice en quelques années aux Etats-Unis.

Le Canada n’exporte donc pas encore ses huîtres à l’étranger; il en a à peine suffsamment pour la consommation locale, laquelle, néanmoins, est très considérable.

Quant à la pêche au loup-marin, qui se fait avec des filets, en novembre et en dé-

cembre, lors de l’arrivée de ce pinnipède dans le golfe Saint-Laurent, elle est assez peu de chose comparativement aux produits que donne la chasse qui lui est faite au printemps, sur les glaces. La saison, en novembre et en décembre, est trop avancée et, par suite, trop rigoureuse pour permettre une pêche régulière et profitable.

Les loups-marins que l’on prend dans des filets, gelés quelques minutes après avoir été retirés de la mer, sont placés dans de grands hangars; ils y demeurent jusqu’à ce que le soleil du printemps les ait assez amollis pour qu’on puisse les couper par morceaux et faire fondre leur graisse.

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