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Ces lacs sont une source incalculable de richesse, tout autant, proportions gardées, que le sont le golfe et le fleuve Saint-Laurent, avec leurs prolifiques tribus de poissons qui pourraient peupler tous les océans du globe, si rien n’entravait leur reproduction presque illimitée.
Celui des poissons d’eau douce qui donne le plus de profits est probablement le poisson blanc, dont la production atteint jusqu’au chiffre de 25 millions de livres, évaluées à près de 8 millions de francs.
En outre, le saumon, la truite, le brochet, le doré, le bar, l’achigan, l’esturgeon, le maskinongé et la truite mouchetée abondent dans la plupart des rivières et des lacs.
Dans les provinces maritimes et sur la côte du Labrador canadien on peut, à vrai
dire, pêcher le saumon à discrétion, ainsi
que la truite mouchetée. Vers l’ouest, et particulièrement dans la province d’Ontario, l’achigan et le maskinongé offrent une pêche des plus attrayantes et des plus lucratives.
La grande truite de la rivière et du lac Népigon, au nord du lac Supérieur, a tout aussi brillante réputation que le huananiche, saumon d’eau douce particulier au lac Saint-Jean, l’un des lacs les plus étendus de la province de Québec.
Les principales rivières à saumon des provinces de Québec et du Nouveau-Brunswick, telles que la célèbre Ristigouche, la Miramichi, la Saint-Jean, la Nipissiquit, la Cascapédia et le Saguenay, sont pour la plupart louées par des clubs ou par des particuliers, en grande partie des Américains, gens précieux qui font de la pêche un divertissement d’après des règles et des lois, pour qui les simples plaisirs du “sport ” sont bien inférieurs à l’art de conserver et de multiplier les espèces, qui ont fait des dépenses d'installation considérables, ont ouvert des chemins et accompli une foule de travaux dont profite toute la région environnante.
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Il y a longtemps que ia province de Québec est reconnue comme le paradis des Nemrods amateurs, comme le pays par excellence pour les chasseurs et les pêcheurs de profession, Il y a longtemps que le superbe orignal, le plus grand des fauves du continent américain, haut de sept à huit pieds, quadrupède géant des forêts, qui porte luimême une forêt sur sa tête, dont l’encolure est celle du lion, la force et la rapidité égales, les jambes comme des flèches rasant le sol et le sabot aussi dur, aussi meurtrier qu’un boulet de canon, est l’objet des exploits cynégétiques des “sportsmen” les plus audacieux des deux mondes. Il y a longtemps que le noble caribou, ce dandy des montagnes, svelte, élégant, gracieux, qui court dans les clairières des bois, le long des lacs et des précipices, avec le souci de l’art et la correction du gymnaste, qui ne se laisse jamais prendre qu'avec des précautions infinies et une astuce raffinée, qui, lorsqu'il est blessé, se défend avec fureur, et dont l’ouïe est si délicate que les coureurs de bois sont obligés, pour arriver jusqu’à lui, de se traîner à plat ventre sur la neige, partage avec l’orignal la gloire d’être la plus magnifique victime, marquée d’avance aux
coups des chasseurs infatigables et convoitée par-dessus toutes les autres. A un degré moindre, le grand cerf ou wapiti, le chevreuil, l'ours, le loup, la loutre, le carcajou, le lynx et enfin le castor, celui-ci modèle vivant de l’industrie et de la sagacité, le plus précieux des quadrupèdes pour les trappeurs dans leurs longues courses d’hiver, à travers les forêts, lorsqu'ils sont menacés d’inanition ; et, toujours en diminuant dans l’échelle des proportions, mais non de l’utilité, la martre, le renard, le putois, le vison, l’hermine, l’écureuil gris font et feront longtemps l’objet des plus estimables convoitises, et livreront, avec leur luxueuse fourrure, un élément indispensable de bien-être, de confort et d'élégance.
Le plus vaste et le plus important de tous les territoires de chasse de l'Amérique britannique est incontestablement le Labrador canadien, communément appelé le Grand- Nord, qui embrasse une immense superficie, s'étendant entre le 57e et le 61e degrés de longitude ouest, sur le littoral du golfe Saint-Laurent, et, dans l’intérieur, jusqu’à la limite même des forêts.
Sur toute la longueur du littoral la côte est perpétuellement découpée, pénétrée, échancrée par des anses et des baies étroites, longues, souvent très profondes, qui ont fait de temps immémorial, de cette partie du Dominion, le lieu d'élection des oiseaux de mer, des crustacés, des poissons mixtes et des pinnipèdes et carnassiers terrestres.