Tétras à queue ourcliue, ou petit Coq de bruyere
sourcils ; corps
massif; ailes courtes. Cette famille comprend
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trois genres: les Coqs de bruyère [Tétras), les Gelinottes, les Lagopèdes.
Les Coqs de bruyère, ou Tétras, habitent les forêts de pins et de bouleaux des hautes montagnes. Certaines espèces se tiennent de préférence dans les plaines couvertes de bruyères. Ils se nourrissent un peu de tout : fruits, baies, bourgeons de sapins et de bouleaux, insectes, vermisseaux leur sont également bons. Ce sont des oiseaux au port fier et belliqueux, aux formes robustes, au plumage noir, taché de blanc, avec des reflets bleuâtres. Ils sont polygames et vivent par familles. Ils se réfugient volontiers sur les arbres, soit pour dormir, soit pour se soustraire à leurs ennemis, lorsqu’ils sont poursuivis.
C’est de là qu’aux premières effluves du printemps, les mâles jettent à tous les échos leurs notes discordantes, pour appeler les femelles. Chaque matin et chaque soir, pendant un mois ou deux, ils font entendre, pendant une heure, une horrible cacophonie, qui retentit jusqu’à une lieue aux alentours.
Les femelles se retirent dans d’épais taillis, pour faire leur ponte et vaquer aux soins de l’incubation et de l’éducation des petits, qui leur incombent entièrement. Elles déposent de huit à seize œufs, sur un lit d’herbes et de feuilles, quelquefois sur la terre nue. Les petits courent en sortant de l’œuf et restent plusieurs mois avec leur mère, qui les entoure, en toutes occasions, de la plus tendre sollicitude.
La chair des coqs de .bruyère est très-estimée, autant à cause de sa succulence que de sa rareté, car ces oiseaux ne se laissent approcher qu’à l’époque des amours. On en connaît plusieurs espèces, dont deux habitent l’Europe; ce sont le grand Coq de bruyère ou Tétras de plaine (fig. 271), dont la taille est celle du dindon, et le petit Coq de bruyère ou Tétras à queue fourchue (fig. 27 2), de la grosseur du faisan, reconnaissable à sa queue divisée en deux parties contournées. Mentionnons encore les Tétras Cupidon, qui habitent le nord de l’Amérique.
La Gélinotte, ou Poule des coudriers ( fig. 273), a les mêmes mœurs et habite les mêmes régions que les tétras. Comme eux, elle est défiante et craintive, et se cache à la moindre apparence de danger, au sein des massifs d’arbres verts. Elle vole lourdement, mais court très-vite. Sa chair, délicate et savoureuse, est
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cotée dans les marchés à un très-haut prix. Beaucoup moins rare en France que le coq de bruyère, on la rencontre assez communément dans les Vosges et les Ardennes. Elle a la taille
Fig. 273. Tétras gelinotte.
de la perdrix. Son plumage, où dominent le roux et le blanc, est varié de gris et de brun ; le mâle porte une large plaque noire sous la gorge.
Les Lagopèdes (fig. 274) ont quelque chose du lièvre dans la patte : de là leur nom, qui signifie pied de lièvre (/aywç, lièvre, pes , pedis pied). Ces oiseaux ne se contentent pas, en effet, d’avoir les tarses emplumés ; il leur faut de la fourrure sur les doigts, nous pourrions dire aussi sous les doigts, et jusqu à la naissance des ongles, absolument comme le lièvre.
Les régions glaciales des deux continents et les cimes des hautes montagnes sont leurs domaines; la neige est leur élément. Ils s’y roulent avec volupté;, ils y pratiquent, avec leuis pieds, des trous, dans lesquels ils passent la nuit et s abritent
contre les ouragans. . ,
La couleur des lagopèdes est parfaitement assortie a ce e des solitudes qu’ils habitent. Leur plumage est d’une éclatante blancheur, sauf un trait noir sur la face, et quelques pennes ce
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même couleur. C’est là leur costume d’hiver. En été, lorsque la neige a disparu sous les feux brûlants du soleil, ils revêtent un habit grisâtre, parsemé de taches brunes et rousses.
Comme les coqs de bruyère et les gélinottes, ils sont sociables
Fig. 274. Tétras Lagopède.
et supportent mal la servitude. Réduits en captivité, ils s’étiolent et succombent bientôt au mal du pays.
La chair de ces oiseaux est excellente et très-recherchée. Ils abondent sur nos marchés; l’Ecosse, la Norwége et la Laponie en expédient, chaque année, des quantités considérables en France et en Angleterre. Les deux espèces principales sont le Lagopède Ptarmigan ou Perdrix des neiges , commun dans les Alpes , les Pyrénées, le nord de l’Europe et de l’Amérique; le Lagopède rouge ou Grau s , qui ne se trouve que dans l’Ecosse.
Famille des Perdicidés. — Les traits distinctifs des oiseaux qui composent cette famille sont: le bec court, la tête petite, le corps arrondi et massif, la queue courte, les tarses nus, munis d’éperons plus ou moins développés , le pouce médiocre. Les ailes sont obtuses ou aiguës, suivant les genres. Cette famille comprend les genres Ganga , Syrrhapte , Caille , Perdrix , Colin , Francolin , Turnix.
Les Gangas sont essentiellement voyageurs et pourvus, à cet effet, d’ailes longues et aiguës; mais leurs excursions sont peu considérables. Par leur vol élevé, rapide et soutenu, ils se rap-
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prochent des pigeons. Ils habitent les plaines arides de l’Europe méridionale , de l’Asie et de l’Afrique.
Le Ganga unibande apparaît annuellement en Espagne et dans
Fig. 275. Ganga Cata.
le midi de la France ; il est indigène des steppes de la Russie méridionale et du nord de l’Afrique ; il se reproduit dans les Pyrénées.
Les Syrrhaptes , ou Hétéroclites , sont caractérisés par l’absence complète du pouce. Une étroite parenté les unit aux gangas; comme eux ils ont l’aile pointue et l’amour des voyages, mais leur vol est moins soutenu , car ils prennent terre très-fréquemment. Us habitent les steppes de la Tartarie et s’aventurent rarement dans nos contrées.
Les Cailles ont le bec menu , le pouce court, ou inséré haut, les tarses pourvus d’un rudiment d’éperon , sous forme de tubercule corné, le corps épais, les ailes médiocres et aiguës, la queue presque nulle. Un en connaît plusieurs espèces, dont une seule habite l'Europe.
La Caille vulgaire (fig. 276) est célèbre par ses migrations. Chaque année, elle part, en troupes innombrables, des régions les plus reculées de l’Afrique, traverse la Méditerranée, et vers les premiers jours de mai se répand dans toute l’Europe. Elle
Fig. 276. Cailles et Cailleteaux,
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reprend au mois de septembre le même chemin, et refait en sens contraire ce voyage immense. L’instinct qui la pousse à se déplacei ainsi est tellement puissant, qu’il se manifeste même chez les cailles nées en captivité. Aux époques des passages, on voit les cailles prisonnières s’agiter, aller et venir dans leur cage, et se précipiter contre les barreaux avec une telle force qu’elles retombent tout étourdies et se brisent quelquefois la tête. Si l’on considère, de plus, que les cailles ont le vol très-lourd, et qu’elles n’acccomplissent ces traversées qu’au prix des plus grandes fatigues, on restera convaincu que, dans la cause de leurs voyages, outre la nécessité de se soustraire aux rigueurs de l’hiver ou de pourvoir à leur alimentation , il y a une sorte de besoin naturel, aussi impérieux que celui de la faim, et auquel ces oiseaux obéissent d’une manière irrésistible.
La fécondité des cailles est extraordinaire , ce qui est heureux pour les chasseurs qui vouent leur espèce à l’extermination, en raison de leur vol embarrassé, et de leur incroyable accumulation sur certains points, aux époques des passages. L’évêque de l’ile Capri, située dans le golfe de Naples, se fait un revenu annuel de 40 000 francs, avec la dîme qu’il perçoit sur le commerce des cailles abattues dans l’île, et que l’on va vendre au marché de Naples. Aussi a-t-il reçu le nom d 'évêque aux cailles.
Sur les rives du Bosphore, en Morée et dans quelques îles de l’Archipel, les cailles arrivent en masses tellement compactes , qu’il n’y a, suivant une locution populaire, qu’à se baisser pour en prendre. Elles tombent d’épuisement sur le rivage, et l’on assiste alors à une véritable pluie de ces oiseaux. Les habitants, qüi les attendent depuis plusieurs jours, les ramassent, les salent, les empilent dans des barils, et les expédient en divers pays.
Les cailles voyagent le soir et pendant la nuit. Elles s’élèvent assez haut, mais ne volent jamais contre le vent. Elles se font, au contraire, pousser par la brise, pour traverser la Méditerranée. C’est ainsi que les vents du sud nous les amènent, et que ceux du nord les reportent en Afrique. Si quelque tempête survient le long de la route , elles n’ont pas la force d’y résister, et tombent par milliers dans les flots.
Les cailles se tiennent dans les plaines couvertes de moissons et dans les pâturages fertiles. Elles se roulent avec délices dans la poussière, et ne perchent jamais. Leur nourriture se compose
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de graines et d’insectes. Elles sont peu sociables : les sexes ne se rapprochent que dans la saison des amours, et se séparent aussitôt que les soins de la mère ne sont plus nécessaires aux cailleteaux. Ce terme est rapidement atteint, car les petits se développent très-vite.
Les femelles font deux pontes par an, l’une en Europe, l’autre en Afrique, qui se composent chacune de dix à quatorze œufs.
La caille court avec vitesse, et elle emploie fréquemment ce mode de locomotion, pour échapper aux poursuites du chasseur. Ce n’est qu’en cas de péril imminent qu’elle a recours au vol. Elle part alors en ligne droite et en rasant la terre. Elle possède à fond l’art d’entremêler les voies et de dépister les chiens. Cachée dans les touffes de luzerne, elle se rit des chasseurs novices; mais la persévérance en a toujours raison.
Elle est moins grosse que la perdrix. Tuée en bon temps, c’est-à-dire lorsqu’elle est reposée des fatigues du voyage, elle apparaît bardée d’une couche de graisse, qui n’a d’égale chez aucun autre oiseau. Sa chair, suave et délicate, exhale un fumet exquis et fait les délices des gourmets. Elle se classe immédiatement, comme gibier, après la bécasse et la bécassine.
On chassait autrefois la caille de plusieurs façons. On la prenait, soit au filet, soit au piège, en se servant d’appeaux vivants ou artificiels, soit enfin au fusil, avec un chien d’arrêt (fig. 277). Cette dernière manière est la seule tolérée aujourd’hui en France. Grâce à cette restriction, on détruit maintenant la caille sur une moins grande échelle que par le passé, et cette espèce ne seia pas un mythe pour les générations futures.
Les Perdrix ont le bec fortement recourbé, les formes trapues, les ailes obtuses, la queue courte et pendante. Les tarses sont ,
chez les mâles, pourvus ou dénués de tubercules, suivant les
espèces.
Les perdrix vivent constamment sur le sol, ne perchant que lorsqu’elles y sont absolument forcées. Elles ont 1 instinct pulvérateur , comme les cailles, et courent avec une légèreté et une vitesse remarquables. Leur vol est aussi très-rapide, mais bas et peu soutenu. Aussi usent-elles plus fréquemment de leuis jambes que de leurs ailes, pour se transporter d’un point à un .autre.
Fig. 277. Chasse aux Cailles.
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Éminemment sociables, elles vivent, durant la plus grande partie de l’année, par troupes, ou compagnies , composées de parents et de jeunes de la dernière couvée. Elles sont sédentaires et se cantonnent, c’est-à-dire qu’elles adoptent une certaine étendue de pays, où s’écoule leur existence, et dont elles ne s’écartent qu’accidentellement. Elles choisissent aussi dans cette zone un endroit particulier où elles viennent constamment chercher un abri lorsqu’elles sont poursuivies : ces lieux de refuge sont ce que le chasseur appelle des remises.
Les perdrix sont monogames ; leur union, contractée au printemps, ne cesse qu’au printemps suivant.
Dans certaines espèces, comme la perdrix rouge, où les femelles sont moins nombreuses que les mâles, un plus ou moins grand nombre de mâles restent en disponibilité. De là des luttes entre les mariés et les célibataires ; car ces derniers ne se résignent pas facilement à leur isolement, et s’efforcent d’entrer en ménage aux dépens du voisin. Cependant ces combats prennent fin, la stabilité se fait dans les couples, et les déshérités, qui ne peuvent se décider à vivre en ermites, se rapprochent et forment entre eux des compagnies, uniquement composées de mâles.
Rien n’est comparable à l’attachement du mâle pour sa femelle.
Au moment de la ponte, la femelle creuse d’abord un trou en terre; elle le garnit d’herbes et de feuilles, et y dépose ses œufs, au nombre de douze ou quinze, quelquefois même de vingt et plus. Puis vient le moment de l’incubation, qui ne dure pas moins de vingt jours. Pendant ce temps, le mâle veille sur sa compagne, et la prévient au moindre danger. Bientôt les Perdreaux brisent leur coquille. L’amour de l’époux, devenu père, se transforme alors, et se reporte en partie sur ses enfants. Il accompagne leurs premiers pas, leur apprend à saisir les vermisseaux, recherche pour eux les œufs de fourmis, et se montre aussi ingénieux que la mère pour les soustraire aux attaques de leurs ennemis. A l’apparition du chasseur ou de son chien, un cri d’alarme est poussé, qui avertit les perdreaux et les invite à se cacher. Puis le mâle s’envole ostensiblement, traînant 1 aile, afin d’attirer le chasseur sur ses traces.' En même temps la femelle part dans une autre direction ; elle s’abat à une grande distance, revient en courant auprès de sa famille, la
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rassemble et l’emmène en un lieu sûr, où le mâle les rejoindra plus tard. C’est par ces ruses ingénieuses que la jeune couvée est défendue des attaques des chasseurs.
Quelques semaines après leur éclosion , les perdreaux sont en état de voler et de pourvoir eux-mêmes à leurs besoins. Nous avons dit plus haut qu’ils ne quittent pas pour cela leurs parents : ils continuent à vivre avec eux, dans la plus étroite intimité, jusqu’en février ou mars , époque à laquelle ils s’en séparent pour s’apparier. Ce moment marque aussi le terme de l’union des père et mère, qui convolent vers d’autres amours.
Les perdrix sont d’un naturel timide et craintif , qui se manifeste en maintes circonstances : elles voient des ennemis partout. Cette défiance ne paraîtra pas exagérée si l’on songe que, sans parler de l’homme, le renard et les oiseaux de proie leur font une guerre à outrance. Ces derniers, c’est-à-dire les oiseaux rapaces, leur inspirent une frayeur extraordinaire. A leur vue elles s’arrêtent, comme frappées de stupeur, se pelotonnent et se dissimulent de leur mieux, et se condamnent à une immobilité absolue ; ce n’est que lorsque le tyran des airs s’est éloigné, qu’elles sortent de leur torpeur.
Quand l’oiseau de proie fond sur l’une d’elles, la pauvrette cherche à lui échapper, en se précipitant vers le buisson le plus proche. Si elle y parvient, nulle puissance humaine n’est capable de lui faire abandonner sa retraite : on peut alors s’en emparer sans qu’elle oppose la moindre résistance. On en a vu se laisser enfumer dans des broussailles, plutôt que de s’exposer encore une fois à la serre du milan ou du vautour.
La connaissance de ces faits a suggéré un moyen très-simple et très-efficace pour détruire de grandes quantités de perdrix, et qui est surtout usité en Angleterre. Ce procédé consiste à les effrayer, à l’aide d’un oiseau de proie artificiel, attaché à la ficelle d’un cerf-volant, et qui semble ainsi planer à une certaine hauteur au-dessus du sol. Pendant que les perdrix, clouées à terre par l’épouvante, s’efforcent d’échapper aux regards du taux rapace , les chasseurs s’approchent , les font lever et les tirent presque à bout portant.
Malgré leur naturel sauvage, les perdrix sont susceptibles d’éducation ; avec beaucoup de soins et de douceur on peut les rendre très-familières. Girardin rapporte qu'une perdrix grise, élevée
Fig» 27d. C liasse à la perdrix rou^
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par un chartreux, était si bien apprivoisée qu’elle suivait son père nourricier comme un chien.
Willoughby affirme qu’un habitant du comté de Sussex avait réussi à apprivoiser une couvée de perdrix, qu’il menait devant lui comme un troupeau d’oies.
Tournefort raconte qu’on élevait autrefois, dans l’ile de Chio, des compagnies de perdrix rouges qui se laissaient conduire absolument de la même façon. Enfin, Sonini parle de deux bartavelles qu’un habitant d’Aboukir avait su rendre très-familières. Tous ces faits démontrent suffisamment qu’avec de la patience il serait possible d’élever la perdrix à la dignité d’oiseau de basse-cour.
Les perdrix sont fort estimées des gourmets-, elles font aussi la joie des chasseurs, parce qu’elles offrent une proie facile à leur fureur cynégétique. On pourrait dire de la perdrix qu’elle est le gibier officiel de l’empire français, tant elle y est abondante, surtout la perdrix grise. C’est en tirant la perdrix que se forme le chasseur novice. C’est de la même manière que le chien acquiert les qualités qui en feront plus tard l’auxiliaire intelligent du disciple de saint Hubert.
Passons à l’examen rapide des différentes espèces de perdrix. La Perdrix grise est l’espèce la plus commune du genre; elle est très-répandue dans toute l’Europe centrale. Le nord de la France, la Belgique, la Hollande sont ses demeures de prédilection. C’est là qu’elle trouve les terres cultivées, les grandes plaines couvertes de moissons, les prairies artificielles où elle aime à vivre et à nicher. Elle n’est pas sans causer quelques dégâts à l’agriculture; car, après les semailles, elle recherche non-seulement les grains restés sur le sol, mais encore ceux qui sont 'enfouis. Déplus, elle dévore les jeunes pousses des céréales, et s’attaque aux épis lorsqu’ils sont parvenus à maturité. Sa multiplication sur une vaste échelle pourrait donc présenter de sérieux inconvénients, qui ne seraient pas suffisamment compensés par les services qu’elle rend, d’autre part, en détruisant des vers, des insectes et des colimaçons.
ha perdrix grise fournit une variété de moindre taille, la Perdrix de passage, remarquable par son humeur vagabonde, qui contrasté singulièrement avec les habitudes casanières du genre. On la voit, en effet, apparaître par grandes troupes, sous les latitudes et aux époques les plus diverses. Mais elle n’accomplit
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pas, à proprement parler, de migrations : la constance, la régularité manquent à ses voyages, entrepris sous l’empire d’une cause inconnue. Elle ne suit pas toujours les mêmes routes, et ses passages sont intermittents. Cette perdrix qui est trèstarouche, se rencontre fréquemment en Orient (Turquie, Syrie et Égypte), et on l’a souvent observée en France. On l’appelle quelquefois Perdrix de Damas.
Contrairement à la perdrix grise , la perdrix rouge et celles qui vont suivre , ont les tarses pourvus de tubercules.
La Perdrix rouge doit son nom à la couleur prédominante de son costume, ainsi qu’à la nuance rose du bec, des tarses et des pieds. Les landes incultes, couvertes de maigres bruyères, et les coteaux accidentés où fleurit la vigne, sont ses lieux d’habitation ordinaires. Elle se trouve dans le midi de la France, mais elle y est beaucoup moins répandue que ne l’est la perdrix grise dans les départements du Nord. Elle habite aussi l’Espagne et l’Italie; elle est fort commune en Asie et en Afrique.
La Bartavelle ou Perdrix grecque (fig. 282, page 489), se plaît dans les lieux élevés et rocailleux. La montagne est sa véritable patrie , et dans la belle saison elle s’aventure jusqu’aux confins de la région des neiges. Elle est très-friande de îaisins et d’escargots. On la trouve assez rarement en France : le Jura, les Basses et les Hautes Alpes, les monts d Auvergne, les Pyrénées sont les seules contrées où elle apparaisse. Elle est plus répandue en Grèce, en Turquie et en Asie Mineure.
La Perdrix de roche , ou Gambra , qui diffère peu de la perdrix rouge, est presque inconnue en France. Son habitat comprend l’Espagne, la Corse, la Sicile et la Calabre.
Les Colins (fig. 280) ont le bec gros et bombé, les tarses lisses et la queue plus longue que les perdrix. Ces caractères seraient peu propres à les différencier des perdrix proprement dites, si l’étude de leurs mœurs ne révélait certains détails qui ont conduit à en former un genre distinct.
Lorsqu’on fait lever des colins, ils ne volent pas tous ensemble vers le même endroit : ils se dispersent dans toutes les directions et se réfugient, soit dans les broussailles, soit sur les arbres. Ils se croient alors en telle sùrete, si l’on parvient à les apercevoir, qu’on peut les tuer tous successivement, sans-
tig. 279. Perdrix grises et perdreaux.
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qu’un seul cherche à s’échapper. Ils sont beaucoup plus féconds que les perdrix, mais moins méfiants, et tombent facilement
dans les pièges qu’on leur tend.
Suivant Au dubon, les colins prennent pour dormir des dispositions fort curieuses. Tous les individus d’une même compagnie se placent d’abord en cercle et aune certaine distance les uns des autres. Puis ils marchent tous à reculons, en convergeant vers un centre commun, jusqu’à ce qu’ils se trouvent dos à dos : c est
Fig. 280. Colin de la Californie.
dans cette position qu’ils passent la nuit. Grâce à cette précaution , toute la troupe peut s’envoler sans encombre, en cas de danger. En effet, chaque individu a l’espace libre devant lui, et aucun ne court le risque d’être gêné dans sa fuite, par ses compagnons.
Les colins se distinguent encore des perdrix, par leurs habitudes voyageuses. Ils se rapprochent, sous ce rapport, des cailles, quoique leurs pérégrinations se fassent moins régulièrement et embrassent une étendue de terrain beaucoup plus restreinte.
Originaires de l’Amérique, les colins y sont répandus à profusion. Ils abondent tellement aux États-Unis, que pendant un seul hiver et dans un arrondissement de cinq à six lieues on a pu en détruire jusqu’à douze mille, sans que l’espèce en parût diminuée au printemps suivant.
Importé en Angleterre et entouré de soins intelligents, le Colin de, Virginie ou Perdrix boréale, s’y est prodigieusement multiplié et y est devenu, pour ainsi dire, indigène. Les mêmes tentatives
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laites en France ont beaucoup moins réussi, faute de persévérance. Le colin, qui a la chair délicate, serait pour notre table une excellente recrue.
Les Francolins se distinguent des perdrix par un bec plus robuste et plus long , par une queue plus développée , et par 1 existence, chez les males, d un ou deux éperons très-aigus. Us en diffèrent encore par leurs mœurs. C’est ainsi qu’ils se tiennent dans les terrains boisés et marécageux, où ils se nourrissent de baies, de graines, de vers, d’insectes et de jeunes plantes bulbeuses. En outre, ils sont presque continuellement peichés sur les arbres et ne descendent point à terre pour passer la nuit. Sauf ces particularités, ils vivent absolument comme les perdrix. Leur chair est estimée; le frmcolin cl'Europe est même un gibier supérieur à la perdrix.
Malheureusement, cette espèce tend à disparaître, et son na- . turel farouche ne semble pas devoir s’accommoder de la domesticité. On la trouve sur les côtes méridionales de la mer Noire, en Sicile et dans l’île de Chypre. Les autres espèces habitent l’Afrique et les Indes.
Les Turnix ont les plus grands rapports avec les cailles ; ils
Fig. 281. Turnyx tachydrome.
ne s’en distinguent guère physiquement que par l’absence du pouce. Ils habitent les terrains sablonneux et les plaines couvertes de hautes herbes. Ils courent très -vite, volent rarement,
I‘ ig. 282. Chasse à la bartavelle.
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et lorsqu’ils s’y décident, ne s’élèvent que d’un ou deux mètres, pour redescendre presque immédiatement ; après quoi ils restent obstinément sur le sol et se laissent saisir plutôt que de prendre un nouvel essor. Leur chair est excellente.
L’espèce d’Europe ou Turnix tachydrome ( coureur rapide ) (fig. 281, p. 488) habite la Sicile, le sud de l’Espagne et le nord de l’Afrique. Les îles de la Sonde nourrissent une espèce de turnix dont les instincts belliqueux fournissent un aliment à la barbare curiosité des habitants. Ces intéressants insulaires lancent deux turnix l’un contre l’autre, parient pour tel ou tel champion et engagent même dans ces luttes des sommes considérables, absolument comme les Anglais dans les combats de coqs.
Famille des Tinamidès. — Tous les oiseaux de cette famille appartiennent à l’Amérique méridionale. Ils sont les représentants des perdrix sur ce continent. Leurs caractères essentiels sont: bec grêle et médiocre, tarses assez longs et pourvus de nodosités , pouce court ou nul, impropre à la marche par sa position élevée; ailes et queue courtes, cette dernière quelquefois nulle.
Ils comprennent quatre genres, très-voisins les uns des autres; ce sont les Tinamous, les Nothur es, les Rhyncotes , et les Eudromies. Nous présentons leur histoire d’une manière collective.
Les tinamidès sont d’un caractère timide et farouche, et ne s’accoutument pas à la captivité. Ils vivent par petites troupes, excepté à l’époque des amours. Ils volent lourdement et en ligne droite, mais courent très-rapidement. Quelques-uns montrent une telle paresse, qu’ils restent presque toute la journée sans bouger et ne se dérangent même pas pour éviter leurs ennemis; de sorte qu’on peut les prendre à la main très-facilement. Ils sont pulvérateurs et habitent, soit les terres cultivées et les prairies herbues, soit les bois touffus. Sauf quelques rares exceptions, ils perchent à une faible hauteur pour dormir. Ils sont crépusculaires, en ce sens qu’ils cherchent leur nourriture le matin et le soir, et même au clair de la lune. Leur régime est à la fois frugivore, granivore, insectivore etvermivore. Ils nichent a terre et font deux pontes par an, de sept cà huit œufs chacune. Leur chair est bonne et assez recherchée.
ïamille des Chionidès. — Les oiseaux appartenant à cette famille
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sont caractérisés par un bec court, voûté, robuste; des ailes longues et aiguës; une queue médiocre, un pouce rudimentaire. La taille des Chionidés varie entre celle de la perdrix et celle du pigeon. On compte dans cette famille les genres Chionis , Tinochore et Attagis.
Les Chionis sont remarquables par leurs habitudes maritimes; ils se tiennent sur les plages et se nourrissent d’algues et de débris d’animaux. On les trouve sur toutes les terres australes. Les Tinochores et les Attagis sont des oiseaux de mœurs inconnues, qui habitent le Chili et le Paraguay.
Famille des Mégapodülés. — Les traits distinctifs des Mégapodidés sont les suivants : liée droit et grêle; tarses longs et forts ; pieds tétradactyles, munis d’ongles allongés et robustes. Cette famille comprend trois genres : Mégapode , Alecthèlie et Talègalle.
Les Mêgapodes ne sont pas très-bien connus. On sait seulement qu’ils habitent les lieux marécageux, volent peu et courent comme les perdrix. Ils déposent chacun de leurs œufs dans des cavités séparées, et les laissent éclore au soleil. Les petits peuvent se passer de la protection maternelle, et pourvoir euxmêmes à leurs besoins dès leur naissance. Ces oiseaux habitent les îles de l’Océanie.
Les Alccthèlies ont la plus grande ressemblance avec les Mégapodes et habitent les mêmes parages. Leurs mœurs n’ont pas encore été étudiées.
Les Talégalles habitent l’Australie et la Nouvelle-Guinée. Ils vivent dans les broussailles, à proximité de la mer. Leur mode de nidification est bizarre. Ils rassemblent une grande quantité de feuilles vertes et en forment un monceau conique, de cinq à six pieds de hauteur. C’est dans un trou pratiqué au sommet de ce cône, que la femelle dépose deux ou trois œufs, placés perpendiculairement, les uns à côté des autres. La chaleur produite par la fermentation, combinée avec celle du soleil, est ensuite suffisante pour les faire éclore.
Famille des Phasianidès. — Cette famille se subdivise en plusieurs genres, ou tribus, savoir : les Faisans , les Paons , les Pintades , les Dindons et les Alcclors.
La tribu des Faisans comprend, non - seulement les faisans
Fig. 283. Faisan doré.
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proprement dits , mais encore les Coqs , les Argus, les Houppifères, les Tragopans , les Roulouls . Leurs caractères sont les suivants :
tête nue, bec robuste; ailes courtes et vol lourd; queue trèsdéveloppée ; plumage extrêmement brillant, quelquefois splendide.
Tous ces oiseaux sont originaires de l’Asie. Les uns, comme les coqs , sont naturalisés sur toute la surface du globe depuis un temps immémorial; les autres, comme les faisans, sans être aussi répandus, n’en sont pas moins aujourd’hui fort communs dans un grand nombre de pays.
Les Faisans sont remarquables par la longueur démesurée de leur queue, dont les pennes médianes atteignent parfois jusqu’à l"',50.Ce sont des oiseaux à la taille élancée, aux formes élégantes, au plumage éclatant, au moins chez les mâles, car les faisanes revêtent un costume beaucoup plus modeste. Ils ont les joues, ainsi que le tour des yeux, nus et verruqueux. Le sexe fort porte l’éperon.
Fig. 284. Faisan commun.
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On connaît quatre espèces de faisans, dont les mœurs ne diffèrent pas sensiblement : nous nous bornerons donc à présenter l’histoire du faisan commun (fig. 284), qui est le plus répandu en Europe.
L’introduction du faisan en Europe date de loin, s’il est vrai qu’elle remonte à l’expédition des Argonautes, c’est-à-dire 1300 ans avant Jésus-Christ. Les compagnons de Jason rencontrèrent cet oiseau sur les rives du Phase, en Colchide (d’où le nom de faisan). Frappés de sa beauté, ils le rapportèrent en Grèce, d’où il se répandit successivement sur tout le continent. Comme ils le croyaient propre au fleuve Caucasien, les Grecs l’appelèrent oiseau du Phase ; mais on reconnut plus tard qu’il habite aussi toute la région méridionale de l’Asie (Chine, Cochinchine, ilengale, etc.).
On trouve aujourd’hui cet oiseau en France, en Angleterre, en Hollande, en Allemagne et jusqu’en Suède.
Les faisans se tiennent dans les plaines boisées et marécageuses. Leur nourriture, très-variée, se compose de graines , de baies, de vers, d'insectes et d’escargots. D’un naturel farouche, ils s’envolent à la moindre apparence de danger. Ils vivent solitairement jusqu’au moment de la ponte. Alors les mâles se mettent en devoir de se composer un harem, car ils sont polygames. Ils se livrent, pour la possession des femelles, des combats tellement acharnés, que les plus faibles restent parfois sur le carreau.
Les faisans pondent à terre, au sein d’éjoais fourrés, douze à vingt-quatre œufs, dont l’incubation dure vingt-cinq jours.
La mère n’entoure pas ses petits de cette sollicitude qui est si remarquable chez d’autres oiseaux; elle semble même ne pas les connaître, car elle soigne indifféremmen tous les faisandeaux qui l’entourent. On ne peut guère s’attendre d’ailleurs à une tendresse maternelle bien vive de la part d’une femelle qui ne. craint pas de briser ses œufs pour s’éviter l’ennui de couver.
Les faisans ne brillent pas par l’intelligence; aussi, malgré leur défiance, tombent-ils très-facilement dans tous les pièges qu’on leur tend. Pour les tuer, les braconniers rôdent le soir autour des grands arbres qui leur servent de perchoirs peu-
Fig. Cbasse du Faisan.
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dantla nuit. Lorsqu’ils sont branchés, ils se laissent fusiller sans chercher à s’enfuir.
En général, les faisans ne se reproduisent pas tout à fait librement sur le sol européen. On les élève dans de vastes enclos nommés faisanderies, où ils trouvent les conditions nécessaires à leur existence. Comme les femelles sont mauvaises couveuses on a soin de faire couver leurs œufs par des poules.
Pendant les deux premiers mois de leur existence, les faisandeaux doivent être entourés des plus grands soins, car ils sont
exposés à de nombreuses maladies. On les nourrit d’œufs de fourmis.
On ne rencontre le faisan à l’état sauvage que dans la Touraine, l’Alsace et le Berri. Sa chair est très-savoureuse : les gourmets prétendent qu’elle ne doit être mangée que lorsqu’elle a atteint un degré avancé de putréfaction; on dit alors qu’elle est faisandée , qualification qui a été étendue par analogie à une foule d’autres gibiers.
Une particularité très-curieuse propre à certains oiseaux appartenant a la famille dont nous parlons et qui est surtout remarquable chez le faisan, c’est que les vieilles femelles, quand •elles sont devenues infécondes, prennent la voix et le pluma-e des males. On s’est assuré que les jeunes faisanes subissent les memes vicissitudes toutes les fois qu’elles sont privées accidentellement des organes reproducteurs.
Le Faisan «fort (fl g. 283 [page 493]) elle Faisan argents sont deux splendides oiseaux, originaires de la Chine et du Japon oui commencent a se naturaliser en Europe. Le premier revêiu de pourpre et d'or, porte sur la tète une belle huppe' "e econd, au costume blanc et noir, n’est pas inférieur en beauté u precedent. Linné l’a nommé Nyctèm'en (la nuit et le jour)
mm “°re 16 FaiSm à C0“ier’ peU différent du Faisan anné’es 1 > Sr°me. raPldement en Europe depuis quelques années, - le Faisan venere, indigène en Chine, où il est nom- an,
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en Europe, présente aussi les tons les plus riches.
J’en passe et des meilleurs , comme il est dit dans Hernam, à la Comédie-Française.
A côté du Faisan , se place Y Argus (fig. 286), oiseau au magnifique plumage, qui habite les forêts de Java et de Sumatra. Il ne différé du faisan que par les tarses, plus longs et dépourvus d’éperons, et par le développement extraordinaire des pennes secondaires des ailes-, la queue est large, arrondie, et les deux pennes médianessont extrêmement longues et toutes droites. Lorsqu’il piaffe autour de sa femelle, étale ses ailes et fait la roue, cet oiseau présente à l’œil ébloui du spectateur deux splendides éventails d’une teinte bronzée, sur lesquels sont répandues à profusion les taches ocellées à reflets de satin qui lui ont valu son nom $ Argus. Dans les circonstances ordinaires, les ailes sont repliees sur les flancs et n’attirent point le regard. Ce luxuriant plumage n’appartient qu’au mâle.
L’argus est très-farouche ; ses mœurs sont peu connues.
Les caractères généraux du genre Coq sont les suivants . b médiocre, courbé et robuste; tête surmontée d’une crete charnue rouge et dentelée; mandibule inférieure garnie de deux barbillons pendants , également rouges et charnus; tarses assez lom-s, armés d’un éperon acéré; ailes courtes, courue obtuses ■ queue tectiforme, arquée et retombant en panache , a pennes médianes très-développées; plumage brillant, a reflets
” et siXalement s’applique exclusivement aux mâles. Les poules, nlus humbles en leur toilette , méprisent ces avantages ex erieurs Leur costume est terne et sans apparat; leur quoi, droite et légèrement relevée, se maintient dans des proportio raisonnables. Leur crête est réduite à sa plus simple expression et elle disparait même complètement chez certaines espece^ Enfin leurs jambes sont dépourvues d'arme meurtnere. Elles sont aussi de moindre taille et vocifèrent moins vigoureusement
^La domestication du coq remonte aux temps anté-historiques : on ne “ut donc faire que des conjectures sur la pa ne pnm tivc et l’espèce d’où sont sorties les nombreuses variétés actue liment répandues dans toutes les contrées du monde, bette
Fig. 28G. Argus,
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espèce paraît être l’une de celles qui vivent encore à l’état sau- Aage, dans l’Inde et les îles de l’Archipel indien. Peut-être même celles-ci constituent-elles autant de types qui ont donné naissance à nos principales races domestiques, et qui se sont partagées plus tard en un certain nombre de variétés.
Quelle que soit l’opinion que l’on adopte, on doit reconnaître que , parmi les espèces indigènes en Asie , c’est le coq Bankiva qui se rapproche le plus de notre coq de village. Cet oiseau habite Java, Sumatra et les Philippines. Tiennent ensuite le coq Sonnerat , le coq Lafayette, le coq Ayam-Alcis , le coq Sans queue. Le Coq géant ou Jago est la plus grande espèce du genre. On le considère, non sans raison, comme la souche de nos races les plus volumineuses ( coq russe , coq cle Pacloue, coq de Caux). Il vit à l’état sauvage à Java et à Sumatra, mais les Mahrattes l’ont réduit en domesticité. Le Coq nègre offre un cas très-remarquable de mélanisme : la crête , les barbillons , l’épiderme, le périoste et les plumes de cette espèce sont noirs ; mais la chair est blanche. Le coq nègre , très-répandu en Belgique et en Allemagne, vit encore aujourd’hui en liberté dans les Indes. Toutes ces espèces habitent d’épaisses forêts , et leurs mœurs sont complètement inconnues. En conséquence , arrivons sans plus tarder à l’histoire du coq domestique.
Le coq est épais et massif, mais sans lourdeur. Sa démarche, fière et assurée, n’est pas dépourvue de quelque noblesse. Sans être habile coureur , il se meut avec une certaine vitesse ; mais dès qu’il s’agit de voler , son incapacité se révèle : c’est à peine s'il peut s’élever à quelques mètres, comme si la nature l’avait destiné à vivre toujours à côté de l’homme, attaché au sol qui les nourrit l’un et l’autre.
Le coq est le parfait modèle du sultan : il traîne tout un sérail à sa suite. Son amour est un curieux mélange d’attentions délicates et de brutalités révoltantes. Voyez-le se promenant au milieu de ses compagnes : il n’est pas de petits soins auxquels il ne se croie obligé pour leur être agréable. Il les dirige, les protège, veille sur elles, avec une tendresse inquiète; s’il trouve quelque morceau succulent, il veut les en faire profiter. Quand arrive 1 heure des repas, il adoucit sa voix, pour les engager à venir becqueter le grain répandu sur la terre. Mais quelquefois il est cruel et brutal, tant pour les poules que pour les poussins.
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D’un caractère ardent, le coq ne peut souffrir un rival à ses •côtés. Aussi la guerre est-elle inévitable lorsque deux coqs habitent la même basse-cour. L’œil étincelant, la tête baissée, les plumes du cou hérissées , les deux adversaires s’observent quelque temps en silence. Enfin l’orage qui gronde en eux, éclate avec violence. Ils se précipitent l’un contre l’autre et s’accablent mutuellement de coups de bec et d’éperon : la terre estrougie de leur sang. Ces luttes, qui durent quelquefois une heure, ne ■cessent que pour recommencer le lendemain ; elles ne prennent fin que lorsqu’un des champions succombe ou que, reconnaissant la suprématie du vainqueur, il lui abandonne la place.
Le coq emploie quelquefois son courage et sa force à des luttes plus nobles. Il ne craint pas, en certaines occasions, d’exposer sa vie pour la défense de la liasse-cour.
L’homme, qui sait utiliser jusqu’aux mauvais instincts des animaux, n’a pas manqué d’exploiter, en vue de ses plaisirs, le naturel batailleur du coq. Dans l’antiquité , les Grecs se plaisaient singulièrement aux combats de coqs ; les coqs de Rhodes étaient particulièrement renommés pour leurs qualités guerrières. On raconte que Thémistocle, marchant contre les Perses qui avaient envahi la Grèce, et voyant ses troupes découragées avant la bataille, leur fit remarquer l’acharnement qu’apportaient les coqs dans leurs combats. Puis il ajouta :
« Ces animaux ne déploient tant de courage que pour le seul plaisir de vaincre ; et vous, soldats, vous allez combattre pour vos dieux, pour les tombeaux de vos pères, pour vos enfants, pour votre liberté ! »
Ces paroles ranimèrent l’ardeur défaillante des phalanges grecques, et les Perses furent vaincus. En mémoire de cet événement, les Athéniens consacrèrent un jour spécial, dans 1 année, aux combats de coqs.
Les Romains empruntèrent ce passe-temps à la Grèce. Aujourd’hui les combats de coqs sont encore en honneur dans une partie de l’Orient, de l’Asie, dans toutes les îles de la Sonde, chez les Chinois. A Java et à Sumatra, ce divertissement est poussé jusqu’à la folie. Les habitants de ce pays ne voyagent presque jamais sans porter un coq sous le bras. 11 nest pasrare de voir des parieurs engager, non-seulement leur fortune,
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mais encore leur femme ou leur fille, sur la force et l’adresse d’un coq réputé invincible.
Fig. 287. Coq, poule et poussins. (Espèces communes de France.)
Personne n’ignore que les combats de coqs sont un des grands plaisirs des Anglais.
Henri \I1I avait institué des règlements pour ce spectacle populaire. A son exemple, la plupart des rois d’Angleterre protégèrent ces amusements. Charles II et Jacques II le prirent sous leur protection spéciale. À cette époque, les combats de coqs étaient une véritable science, qui avait son code et ses lois, be volumineux règlements déterminaient les circonstances du combat et fixaient les intérêts des parieurs. Aujourd’hui, ce plaisir est devenu, en Angleterre, le privilège à peu près exclusif des gens du peuple. C’est la grande joie de John Bull.
Les combats de coqs sont annoncés cà son de trompe, par es cneurs publics, qui font connaître avec précision le jour, eure et jusqu’au nom des champions emplumés. La foule ur 5 es paris s établissent, et s’élèvent souventàdes sommes
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considérables. L’assistance contemple avec une joie barbare les péripéties du combat acharné que se livrent les deux adversaires, se jetant avec fureur l’un contre l’autre, armés chacun d’un éperon d’acier tranchant et aigu, attaché à la patte (fig. 288). La lutte ne se termine que par la mort de l’un des combattants , et le vainqueur est promené en triomphe dans la foule. Mais son triomphe est de peu de durée. Ramené au combat, l’éperon d’un nouvel adversaire ne tarde pas à l’atteindre, et il tombe à son tour, expirant, dans l’arène. Le vainqueur sur lequel reposaient tout à l’heure tant d’intérêts, qui excitait tant d’admiration et d’éloges enthousiastes, n’est plus maintenant qu’un vil gibier destiné au repas de quelque goujat du canton.
Sous des dehors modestes et pacifiques, les poules cachent un caractère assez turbulent. On les entend sans cesse caqueter et se quereller entre elles. On peut même leur reprocher une certaine dose de cruauté. Si quelqu’une de leurs compagnes est malade ou blessée, elles se réunissent pour l’achever; elles mettent un terme tout à la fois à la souffrance et à la vie. Lorsqu’une étrangère survient dans le poulailler, on lui fait le plus mauvais accueil, on l’accable de coups, et on ne cesse les hostilités qu’au bout de plusieurs jours, ou dans le cas de protection déclarée de la part du coq, seigneur et maître en ces lieux.
Les poules se nourrissent de tout. C’est ce qui les rend si précieuses. pour l’habitant de la campagne , car elles donnent des profits sans occasionner d’autre dépense que celle de quelques poignées de grains le matin et le soir. Graines, herbes, vers, insectes, chair morte ou vivante, débris de toutes sortes, leur conviennent parfaitement.
En France, les poules commencent à pondre vers le mois de février, et cessent vers les premiers jours d’automne, à 1 époque de la mue; on peut même les faire pondre en hiver, en leur donnant une nourriture échauffante. Leur ponte comporte quotidiennement un œuf; quelquefois, mais rarement, deux. L accouplement n’exerce aucune influence sur la ponte, cest-à-dire que les poules pondent parfaitement sans coq; mais alors leurs œufs sont clairs ou inféconds, et ne peuvent être utilisés que comme aliments.
Tout le monde connaît le cri de la poule, lorsqu elle Aient de pondre. Quand elle a pondu une vingtaine d’œufs, elle manifeste
Fig. 288.;JUn combat.de coqs, en Angleterre,
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le besoin de couver. Si on veut lui donner cette satisfaction , on lui laisse quinze ou vingt œufs, qu’on place dans un panier garni de paille. Elle s’accroupit alors sur son trésor, en poussant un gloussement particulier, étend ses ailes , et couve avec tant de persévérance, qu’elle en oublie, pour ainsi dire, le boire et le manger, si bien qu’on est obligé de lui porter] sa nourriture. Pendant vingt et un jours, les œufs sont ainsi maintenus à une température uniforme d’environ 40° centigrades. Au bout de ce temps, les poulets brisent leur coquille, et font quelques pas en chancelant.
La poule remplit ses devoirs de mère avec un dévouement et une tendresse incomparables. Elle suit ses poussins pas à pas, les rappelle lorsqu’ils s’écartent trop , cherche leur nourriture et ne songe à elle-même qu’autant qu’ils sont rassasiés. Elle les réchauffe, les protège et les défend contre toute entreprise agressive. Un oiseau de proie se montre-t-il, elle se précipite à sa rencontre, crie, saute, s’agite, et prend une attitude si menaçante qu’elle réussit quelquefois à mettre en fuite le ravisseur.
Les poulets se développent assez promptement. Au bout d’un mois ils prennent la crête. A six mois les coqs ont déjà acquis la vigueur nécessaire pour la reproduction. Les poules commencent à pondre vers la même époque.
L’âge de trois mois est celui qu’on choisit pour transformer les poulets en chapons et poulardes. On nomme ainsi des individus, qui, préalablement privés des organes sexuels, et engraissés ensuite d’une manière spéciale, acquièrent une saveur et une délicatesse de chair toutes particulières.
Les poulardes et les chapons , en perdant la faculté génératrice, perdent aussi les caractères inhérents à leur sexe. La poule tourne au coq, et l’humeur de ce dernier s’adoucit à tel point qu’il consent à élever des poussins, et à remplacer leur mère, absente pour cause de ponte.
On arrive à ce résultat en lui arrachant les plumes du ventre, et en le lui frottant ensuite avec des orties. Les poulets, en se glissant sous lui, adoucissent les douleurs que lui causent les piqûres ; aussi reçoit-il avec plaisir ses jeunes consolateurs ; bientôt il s'attache à eux, et leur tient lieu de mère. C’estdans les départements de la Sarthe et de l’Ain qu’on élève les poulardes les plus renommées.
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On remplace quelquefois les poules couveuses par l’incubation artificielle.
Dès les temps les plus anciens, on eut recours à ce moyen, en Égypte, pour augmenter la production des poulets. Le procédé qui servait, et qui sert encore dans l’Égypte moderne, à obtenir ce résultat, consiste à placer les œufs dans des fours, maintenus pendant 21 jours à une température uniforme de 40°. On produit annuellement, par ce moyen, cent millions de poulets en Égypte. Il faut croire que l’opération, quelque simple qu’elle paraisse, n’est pas sans difficulté, ou que le climat de l’Afrique joue ici un certain rôle, car les essais tentés en France n’ont jamais été couronnés de succès.
Dans les îles de la Sonde, l’incubation artificielle s’accomplit d’une autre façon. On trouve des hommes qui, moyennant un faible salaire, se résignent à rester pendant trois semaines, étendus et immobiles, sur des œufs placés dans des cendres.
L’antiquité nous a légué le récit d’une curieuse incubation , faite à Rome par l’impératrice Livie. Cette princesse étant grosse et désirant avoir un fils, imagina de couver un œuf dans son sein, afin de tirer un pronostic du sexe du poulet. L’opération l'ut menée à bien, et l’œuf ayant produit un coq, Livie en conclut que ses vœux seraient exaucés : ce qui se réalisa, car elle mit au monde Tibère, un assez vilain oiseau comme chacun sait.
Les genres Houppifères , Tragopan , Rouloul, appartiennent à l’Inde ou aux îles de la Sonde et sont tous remarquables par l’éclat de leurs couleurs.
Le Houppifère , dont le nom veut dire porteur de huppe , a beaucoup de ressemblance avec le coq. Le Tragopan , que BulTon appelle faisan cornu , tient du coq et du faisan; il est reconnaissable à deux petites cornes grêles qui garnissent la tête du mâle. Enfin le Rouloul, ou Cryptonyx, a le chef orné d’une huppe fuyante d’un beau rouge. Tous ces oiseaux vivent à l’état sauvage et n’ont pas encore reconnu l’empire de l’homme; on est peu renseigné sur leurs mœurs ; mais elles s’éloignent peu probablement de celles des coqs et des faisans.
Les Pintades ont la tête petite, le bec et le cou courts, la queue également courte et pendante, les tarses très-bas et dépourvus d’ergots, le corps arrondi, les ailes courtes et concaves. La
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tète porte une crête calleuse d’un bleu rougeâtre , remplacée parfois par une huppe. Des barbillons charnus pendent sous le
bec.
La Pintade ordinaire (fig. 289) a le plumage ardoisé, couvert de taches blanches ; elle est originaire d’Afrique, et son introduction en Europe date de fort loin. Elle était très-connue des Grecs et des Romains. Les premiers en avaient fait l’emblème de l’attachement fraternel. Suivant eux, les sœurs de Méléagre
Fig. 289. Pintade.
ressentirent une telle douleur de la mort de leur frère, que Diane les changea en pintades, pour terminer leurs maux. La déesse voulut, en outre, que leur plumage portât la trace de leurs larmes; c’est pourquoi leur plumage est semé de taches blanches !
Les Romains qui estimaient beaucoup la chair de ces oiseaux, les élevaient avec le plus grand soin, pour les faire figurer dans leurs festins. Mais, à la suite de ‘l’invasion des barbares, elles disparurent de l’Europe, et pendant tout le moyen âge on n’en entendit plus parler. Les Portugais, qui les retrouvèrent en Afrique en se rendant aux Indes, les réimportèrent en
Europe, où elles se sont depuis multipliées dans nos bassescours.
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Cependant le caractère turbulent et querelleur des pintades, leurs cris bruyants et désagréables, sont des obstacles sérieux à leur propagation. Elles ont sans cesse maille à partir avec les poules et les dindons, et quoique moins fortes que ceux-ci, elles ne craignent pas de les combattre. On les voit se précipiter sur les poussins des autres oiseaux, et leur fendre le crâne, d’un coup de bec. Elles montrent plus d’attachement pour les leurs; mais il en est qui s’occupent si peu de leur jeune famille , qu’on est obligé de la faire élever par des poules ou des dindons. Ce sont, en général, de mauvaises couveuses; mais leur fécondité est très-grande , et lorsqu’elles sont bien nourries , elles peuvent fournir jusqu’à cent œufs par an. Ces œufs sont excellents ; certains amateurs les trouvent même supérieurs à ceux de la poule. Leur chair, pourtant fort bonne, . n’est pas très-recherchée.
Les pintades , dont on connaît maintenant plusieurs espèces , vivent, à l’état sauvage, dans certaines parties de l’Afrique; elles sont très-nombreuses en Arabie. On les trouve par petites bandes , composées d’un mâle et de plusieurs femelles , dans les lieux voisins des marécages. Transportées en Amérique, après la découverte de ce continent , elles s’y sont parfaitement acclimatées , et s’y reproduisent aujourd’hui en pleine liberté,
au sein des forêts et des savanes.
Les Dimlons sont des oiseaux de grande taille, qui se distinguent facilement des autres gallinacés, par les caractères suivants. Ils ont la tête et le cou nus , décorés d’appendices charnus ; celui de la tête , qui retombe en avant sur le bec , est susceptible de se gonfler et de se redresser , sous 1 influence de la colère ou de l’amour. A la base du cou , pend un pinceau de poils, longs et roides, semblables à des crins. Les tarses sont robustes, et pourvus d’un éperon peu développé ; enfin la queue est arrondie , de longueur moyenne , et peut s’épanouir en éventail : on dit alors que l’oiseau fait la roue.
Le Dindon commun est originaire de 1 Amérique septentiio-|j nale, où il vit encore à l’état sauvage. On le rencontre fiéquemment dans les forêts qui bordent les grands fleuves de ce pajs , tels que le Mississipi , le Missouri et l’Ohio. Lest là qu il faut l’étudier, pour s’en faire une idée exacte. Le dindon dégénéré
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parla servitude, ne peut nous offrir qu’une notion bien imparfaite de la primitive espèce.
La couleur du dindon sauvage est le brun , à reflets bleus et
tig. U90. Dindon sauvage.
verts, d un éclat métallique. Le mâle mesure ordinairement l'",30, et pèse en moyenne de 8 à 9 kilogrammes. Le naturaliste américain Audubon dit en avoir vu un qui pesait 18 kilogrammes. La femelle est beaucoup plus petite, et son poids ne
dépasse guère 5 kilogrammes; son plumage est moins riche que celui du mâle.
On comprend sans peine qu’un oiseau aussi lourd vole difficilement. Le dindon sauvage peut parcourir en l’air une disance assez grande; mais il ne s’y décide que lorsque tout autre
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moyen de locomotion lui est refusé. En revanche, il court avec une rapidité surprenante : il distance le chien le plus rapide r et ne se laisse forcer qu’après une poursuite de plusieurs, heures. 11 accomplit à pied de longs voyages, qui n’ont rien de périodique, et dont la cause déterminante paraît être le manque de subsistance, à un moment donné, dans la contrée qu’il habite.
C’est ordinairement vers les premiers jours d’octobre que commencent ses migrations. Les dindons se réunissent alors, par troupes de dix à cent individus, et s’acheminent vers les régions qu’ils ont choisies pour leur demeure nouvelle. Les mâlesforment des groupes séparés des femelles , qui marchent deleur côté, entourées de leur jeune famille. Cette habitude est inspirée aux femelles par la nécessité de soustraire leurs petits à la brutalité des vieux mâles, qui les tuent lorsqu’ils les rencontrent.
Il arrive quelquefois que les bandes émigrantes sont arreteespar un cours d’eau. Les dindons montrent alors une grandeagitation; ils font la roue , poussent de fréquents glouglous, en se livrant à des démonstrations extravagantes. Au bout d’un ou deux jours seulement, après avoir inspecté les alentours, ilsmontent sur la cime des plus hauts arbres, et prennent leui essor, pour traverser l’obstacle. Il y en a toujours quelquesuns parmi les jeunes, qui tombent a l’eau; mais ils savent parfaitement s’en tirer à la nage. Lorsqu’ils ont atteint le bord opposé , ils courent çà et là, comme atteints de délire , et il est
très-facile de les tuer. ,
C’est vers le milieu du mois de février que ces oiseaux s ap-
parient. Les femelles pondent vers le milieu d avril.
A cette époque, elles s'enfuient en un lieu ignore du male, car celui-ci briserait leurs œufs. Chacune creuse un trou en terre, le garnit de feuilles sèches, et y dépose de dix a quinze œufsr qu’elle couve avec une persévérance digne d'éloges. Sous ce rapport, elle est supérieure à tous les gallinacés , meme a la pouledomestique. Lorsqu’elle quitte ses œufs, pour aller chercher sa nourriture, elle a toujours soin de les recouvrir de feu, l é afin de les soustraire aux regards du renard , du lynx et de la corneille , qui en sont très-friands.
' L’incubation dure trente jours environ. Lorsque approche e poque de l’éclosion, aucune puissance ne peut forcer la mere a.
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abandonner son nid , aucun péril n’est capable de lui faire négliger ses douces fonctions.
Les dindonneaux courent en naissant, grandissent sous les ailes maternelles, et ne s’en séparent qu’au bout de plusieurs mois.
Les dindons sauvages ont des ennemis très -redoutables. L’homme d’abord, puis le lynx et les grands-ducs leur font une guerre acharnée. Aussi leur méfiance est-elle grande; ils s’enfuient quand ils sont à terre, à la moindre apparence de danger. Il en est tout autrement s’ils sont accroupis sur les branches des arbres : on peut alors s’en approcher et les tuer. Lorsque la lune brille dans un ciel clair, les chasseurs américains vont se poster sous les arbres où les dindons perchent en commun. Dans cette situation, ils reçoivent plusieurs décharges, sans faire le moindre mouvement, et se laissent abattre les uns après les autres. On a peine à s’expliquer une pareille apathie, surtout lorsqu on connaît leur empressement à décamper devant le hibou. C’est au peu d’intelligence qu’ils montrent en cette circonstance, ainsi qu’à leur port disgracieux et à leurs attitudes embarrassées, qu’il faut sans doute attribuer la réputation de stupidité faite aux dindons.
Cet oiseau donne pourtant quelquefois des preuves d’intelligence, comme le prouve le fait suivant, rapporté par Audubon
Il avait élevé, dès sa plus tendre jeunesse, un dindon sauvage qui était devenu d’une familiarité extrême; mais chez cet oiseau l’amour de l’indépendance était resté assez vif pour qu’il ne pût s accoutumer a la vie cloîtrée des dindons domestiques Aussi jouissait-il de la plus grande liberté; il allait, venait, passait presque tout son temps dans les bois, et ne rentrait au loms crue le soir. Un jour, il ne revint pas, et depuis ce moment il ne parut plus. A quelque temps de là, Audubon, étant en chasse aperçut un superbe dindon sauvage, sur lequel il lança son chien Mais a sa grande surprise, l’oiseau ne prit pas la fuite, et le chien an’ lieu de le saisir lorsqu’il l'eut rejoint, s’arrêta, et tourna la tête vers son maître. Plus grande encore fut la stupéfaction du chas seur, lorsque, s’etant rapproché, il reconnut son ancien pensionmure Ainsi ce dindon avait reconnu le chien de son maître
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Les dindons se nourrissent d’herbes, de céréales, de fruits et de baies de toutes espèces. Ils aiment beaucoup les glands ; et leur goût pour le blé et le mais est tel, qu’ils entrent fréquemment dans les champs cultivés, pour s’en repaître, et y causent les plus grands ravages. Ils prennent aussi , à l’occasion, des insectes coléoptères, des grenouilles et des lézards. A l’état domestique, on en voit meme qui tuent et mangent des rats.
Une particularité curieuse de l’histoire du dindon, c’est son horreur du rouge. La vue d’un objet écarlate le fait entrer dans des fureurs comiques, qu’on s’amuse souvent à provoquer, dans les basses-cours.
Nous n’avons pas à vanter les qualités comestibles du dindon domestique, chacun est fixé à cet égard. Nous dirons seulement que, d’après le témoignage de plusieurs voyageurs et naturalistes, qui ont été à même de l’apprécier, la chair du dindon sauvage , tué en hiver ou au printemps , avant la ponte , est bien supérieure à celle de l’oiseau domestique.
Le dindon étant propre à l’Amérique, ne fut naturellement pas connu des anciens; ce n’est qu’après la découverte du nouveau monde qu’on le transporta dans notre hémisphère. On n’est pas d’accord sur la date précise de son importation en France. Il y fut introduit , suivant les uns , dès la fin du quinzième siècle, suivant d’autres, au commencement du seizième seulement. Anderson prétend que les premiers dindons élevés et
mangés en France furent servis aux noces de Charles IX, en 1570.
Le Dindon ocellé est un des plus beaux gallinacés; son plumage est magnifique; sa queue est émaillée de larges miroirs bleus , entourés de cercles d’or et de rubis. Il habite la baie de Honduras, où on l’a découvert récemment.
La Tribu des Paons comprend les genres Paon, Eperonmer , Lonhophore.
Ce qui distingue essentiellement les Paons des autres gallinacés, c’est la queue immense et splendide dont la nature les a doués. Cette queue, formée de plumes longues, larges et touffues, colorées des nuances les plus riches, est suscep ne e se relever, comme celle du dindon. Lorsqu on contemp e ce ma gnifique manteau, où la pourpre et l’or se marient aux tons les plus chatoyants de l’émeraude; lorsqu’on arrête ses regards sur
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es yeux innombrables et brillants dont il est parsemé ; lorsque embrassant dans son ensemble la physionomie de ce bel oiseau, on détaille avec ravissement une taille élevée et bien prise, des formes élégantes, un port noble, et par-dessus
tout une aigrette mobile et déliée , emblème de royauté , couronnant le sommet de la tête, on ne peut se défendre d’une vive admiration, et l’on accorde spontanément la palme delà beauté à l’être privilégié qui réunit -tant de merveilles.
Ce paon était connu dès la plus haute antiquité; car il est cité ans la Bible comme un des produits les plus précieux rappor-
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tés d’Asie par les flottes du roi Salomon. C’est à la suite de l’expédition d’Alexandre dans l’Inde qu’il fit son apparition en Grèce. Alexandre fut, dit-on, si émerveillé à la vue de ces oiseaux, qu’il défendit de les tuer, sous les peines les plus sévères. Ils furent longtemps très-rares à Athènes et d’un prix fort élevé; le peuple des villes voisines accourait en foule pour les contempler. Des Grecs ils passèrent chez les Romains, et ce peuple, plus amoureux des plaisirs de la table que d’un pur spectacle des yeux, ne tarda pas à les faire figurer dans ses festins. Bientôt ils se multiplièrent dans les basses-cours des riches patriciens , et l’on vit des empereurs , tels que Vitellius et Héliogabale, se faire servir des plats de tètes ou de cervelles de paons. Aussi le prix de ces oiseaux devint-il excessif à Rome. Peu à peu l’usage s’en répandit dans tout l’empire, et c’est ainsi que le paon se naturalisa en Europe.
Pendant plusieurs siècles, sa chair, exquise et délicate, fut en très-grande faveur; mais l’importation du faisan, et plus tard celle du dindon, lui portèrent un coup funeste. Ce n’est guère que pour récréer la vue qu’on élève aujourd’hui le paon, et même quand on le fait paraître dans les repas de cérémonie, le maître d’hôtel prend-il soin d’étaler sa brillante queue, comme le plus bel ornement de la table.
. Le Paon domestique , qui fait aujourd’hui l’orgueil de nos jardins et de nos parcs, est originaire de l’Inde et des îles de l’Archipel indien. C’est là qu’il vit encore, par grandes troupes, dans l’épaisseur des bois. Il y est très-abondant, au dire du colonel Williamson. Ce voyageur, s’étant arrêté un jour dans le district de Jungleterry, ne compta pas moins de douze a quinze cents de ces oiseaux, à portée de sa vue.
Le paon court avec une telle rapidité, qu’il échappe souvent aux poursuites des chiens; mais il prend difficilement son essoi , et vole lourdement, bien qu’il soit capable de parcourii en volant des distances assez considérables. Il se nourrit de grains de toutes sortes, qu’il avale sans les broyer. Le soir, il va se percher à la cime des plus hauts arbres, pour s y livrer au repos de la nuit.
Ce penchant pour les lieux élevés persiste dans 1 état de domesticité. Le paon affectionne les toits des maisons, sur lesquels il s’acharne, par parenthèse, d’une terrible façon, dispersant les
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(tuiles ou dévorant le chaume, suivant les cas. L’instinct dévastateur paraît d’ailleurs très-développé chez lui. Il commet d’affreux dégâts dans les champs cultivés, toutes les fois qu’il en trouve l’occasion. Il peut alléguer, il est vrai, dans cette circonstance, la nécessité de pourvoir à sa nourriture ; mais il est sans excuse lorsque, se ruant sur les plates-bandes de l’horticulteur, il y porte le désordre, et semble prendre plaisir à déterrer les semences et à arracher les fleurs.
Le paon pousse, de temps à autre, un cri assourdissant, qui contraste désagréablement avec son étincelant plumage. On voudrait un organe plus harmonieux, dans un corps aussi magnifique; mais quel est l’animal qui peut réunir toutes les perfections ?
Il est polygame. Dès les premiers jours du printemps, le mâle fait miroiter aux yeux des femelles toutes les splendeurs de son costume ; il se pavane , fait la roue, se complaît dans la vue de sa personne, et recueille avec bonheur les cris d’admiration qu’arrache la vue de ses charmes. Sa vanité est sans bornes : l’encens de ses poules ne lui suffit pas, il lui faut encore les éloges de l’homme. Lorsqu’il s’aperçoit qu’on le regarde, il étale avec complaisance toutes les richesses de son prodigieux écrin. Passé maître en l’art de plaire, il sait se ménager d’habiles transitions d’ombre et de lumière, afin de se présenter sous son jour le plus avantageux; et lorsqu’on l’admire selon sês vœux , il se trémousse d’aise , et marque son •contentement par des trépignements réitérés.
A la fin d’août ses belles plumes tombent, pour ne repousser qu’au printemps. On a dit à ce propos que le paon, honteux d’avoir perdu ce qui faisait son orgueil, fuit les regards de l’homme. On s’expliquera mieux le fait, si l’on songe que l’époque de la mue est, pour cet oiseau comme pour tous les •autres, une période de véritable maladie. Il se retire dans la solitude, pour y trouver le calme et la tranquillité que réclame cet état critique.
La lemelle du paon sauvage dépose de vingt à trente œufs dans un trou creusé en terre. Elle est beaucoup moins féconde en domesticité ; sa ponte varie alors entre six et dix œufs. Elle prend les plus grandes précautions pour dérober son nid aux investigations du male, qui brise ses œufs quand il les trouve.
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L’incubation dure de vingt-sept à trente jours. Les petits suivent leur mère en naissant. A six mois, ils sont réputés adultes , et ils ont atteint à trois ans leur développement complet.
Les femelles des paons, comme celles des faisans et des coqs, prennent le plumage des mâles , lorsque l’âge les a rendues infécondes, ou qu’une atrophie prématurée des ovaires les a frappées de stérilité.
Le paon vit de vingt-cinq à trente ans ; c’est à tort que certains auteurs lui ont attribué une longévité d’un siècle.
Les Éperonniers doivent leur nom à la surabondance d’éperons dont ils sont armés; les mâles en possèdent toujours deux, quelquefois trois. Ces oiseaux ont, comme le paon, le plumage parsemé d’ocellations éclatantes; mais leur queue est moins longue et n’est pas susceptible de s’épanouir. On en connaît trois ou quatre espèces, qui habitent l’Inde, la Chine, les îles de Sumatra et de Bornéo ; leurs mœurs n’ont pas encore été étudiées.
Les Lophophons , dont le nom veut dire porte-aigrette , ne sont
Fig. 292. Lophophore resplendissant.
guère mieux connus que les Éperonniers. On sait seulement qu’ils aiment les climats froids, ce que démontre suffisamment
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leur prédilection pour les sommets élevés de l’Himalaya. On n’a pas encore réussi à les acclimater en Europe.
Le Lophophore resplendissant (fig. 292) est un des plus brillants gallinacés ; son plumage, chamarré des couleurs les plus vives, lui a valu dans l’Inde un nom très-significatif : on l’appelle 1 ’ oiseau d’or.
Cuvier a réuni , sous le nom à’Alectors , un certain nombre d’oiseaux d’Amérique qui ont quelque ressemblance avec le coq (en grec àXéxtwp), et les a répartis en plusieurs genres, à savoir : les Hoccos, les Pauxis , les Pênélopes , les Parraquas , les Hoazins.
Les Hoccos sont analogues, pour la forme et la taille, aux
Fig. 293. Hooco.
dindons, dont ils sont les représentants dans l’Amérique méridionale. Dépourvus d’éperons, ils portent sur le crâne une large huppe, formée de plumes contournées et érectiles. Ils vivent par troupes nombreuses, au sein des forêts, et cherchent ensemble les graines, les baies et les bourgeons, dont ils se nourrissent. D’un naturel très-doux, ils se plient parfaitement a la domesticité; alors ils deviennent très-familiers et se montrent sensibles aux caresses de leur maître. Sonnini raconte finit en a vu errer librement dans les rues de Cayenne, rerouver sans hésitation leur gîte et sauter sur les tables pour y
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prendre leurs repas. Leur chair est exquise, et digne, en tous points, de la faveur des gastronomes.
Ces qualités diverses assigneraient aux hoccos une place honorable dans nos basses-cours. Il est donc fâcheux qu’on n’ait pas cru devoir renouveler les tentatives d’acclimatation de cet oiseau, que fit au commencement de notre siècle l’impératrice Joséphine.
Les Pauxis diffèrent peu, physiquement, des hoccos, dont ils ont aussi le caractère et les habitudes; comme eux, ils s’habituent très-facilement à la servitude.
Les Pênèlopes et les Parraquns sont deux genres d’oiseaux trèsvoisins l’un de l’autre, qui ont de l’analogie avec les faisans , mais seulement sous le rapport des formes générales. Ils possèdent, en effet, le caractère confiant et paisible des hoccos et des pauxis, et supportent aisément la domination de l’homme. Leur chair est délicieuse; ils mériteraient donc d’être acclimatés.
Les Iloazins habitent les savanes humides de la Guyane. Leur chair qui exhale une forte odeur, due sans doute au végétal dont ils se nourrissent exclusivement, est loin d’être agréable.