‹ Les poissons, les reptiles et les oiseauxChapitre 8 sur 34 · La Vie · texte numérisé non relu

La Vie

des animaux ( Poissons , Mollusques), m-18, P- 98.

POISSONS OSSEUX

On prend encore des goujons et d’autre menu fretin, avec une sorte d’engin de verre, qui figure à l’étalage de beaucoup de marchands d’articles de pèche, et que nous représentons ici. C’est une carafe de la contenance de quatre à cinq litres. Le fond est conique et percé d’un trou à son sommet. On met dans cette carafe une

Fig. 78. Carafe à goujons.

poignée de sable , et deux ou trois poignées de son ; on la ferme avec un bouchon percé de petits trous, et on place l’engin, le goulot en amont, sur un fond de sable, recouvert de huit à dix centimètres d’eau. Un filet de son délayé dans l’eau , et lui donnant une apparence laiteuse, sort de la carafe, et attire dans ce petit vase les goujons , qui peuvent bien y entrer, mais ne peuvent pas en sortir, en raison des aspérités tianchantes auxquelles ils se heurtent, lorsqu’ils essayent de franchii au îebours 1 étroit canal qu’ils ont traversé si aisément tout à 1 heure. C est là le triomphe du pêcheur paresseux.

Le genre Barbeau comprend les poissons au corps allongé, à la bouche en dessous, portant quatre barbillons à la mâchoire supérieure , les nageoires dorsale et anale courtes, la première ayant à sa base un rayon osseux. Les dents pharyngiennes terminées en crochet sont disposées , de chaque côté , en trois séries.

Nous ne possédons en France que deux espèces de barbeaux, le barbeau commun et le méridional.

Le Barbeau commun (iig. 79) a le corps long, étroit, aminci et aplati vers son extrémité, parfaitement adapté à une natation rapide. Son dos et sa tête sont d'un gris olivâtre ou leuatre, a rellets métalliques. Son ventre est d’un blanc de :?• f P11®8 sont s0l,vent brillamment dorées. Les côtés ni , , l 68 opercules s°nt finement ponctués de noir.

tolte 1 1 Un<3S irré«ulières régnent sur les Panes, dans o te la longueur du corps. Les nageoires sont maculées de

•Les écaillés sont assez petites. Sa tête est effilée, ses

yeux d’un jaune d’or pâle. La lèvre supérieure de sa bouche, qui s’ouvre en dessous, est charnue, proéminente et munie de quatre barbillons.

Le barbeau se trouve dans les eaux douces de la France, surtout dans la Meuse, la Meurthe et la Moselle ; il est commun en Angleterre dans la Trent et la Tamise. Il peut atteindre une longueur de soixante à soixante-cinq centimètres, et un poids de quatre à cinq kilogrammes. On en a même pris un, en 185/, a

Paris, entre les ponts de la Concorde et de l’Alma qui pesait sept kilogrammes et demi. Dans le Volga, on en poche, d.l-on du poidske vingt à vingt-cinq kilogrammes. Il abonde anss.en Allemagne, dans le Rhin, 1 Llbe, le ^ cseï, t anu ) ' n. dernier fleuve, chaque année, on en recueille, en ce j ^ .

droits pendant l’équinoxe d’automne, le chargement

^D^t^ucture et la position de sa bouche, on pourrait

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deviner que le barbeau cherche sa nourriture au fond de l’eau, à l’aide de ses barbillons. Il se nourrit de vers, d’insectes, de mollusques, de substances animales en décomposition, et de matières végétales.

Tant qu’ils sont jeunes les barbeaux ou, comme on dit, les barbillons , se mêlent aux bandes des goujons; plus tard, ils s’isolent de toute compagnie.

Cependant, au printemps, au moment où ils vont frayer, les barbeaux se réunissent en troupes : les femelles se placent en avant, les vieux mâles viennent après, et les jeunes mâles ferment la colonne. Ils déposent leurs œufs contre les pierres. On croit que ces œufs, dans certaines circonstances, peuvent devenir un aliment dangereux.

Les mois de septembre et d’octobre sont considérés comme les plus favorables à la pêche du barbeau, qui quitte alors les courants, pour descendre dans les eaux plus profondes. En hiver, ces poissons se groupent et se remisent sous des abris , où ils sont tellement engourdis qu’on les peut prendre même à la main .

On pêche le barbeau à la ligne; mais l’appât doit être üxé par un lingot de ] plomb du poids d’un ou deux hectogrammes, et descendu au fond de l’eau. Cet appât se compose, soit d’un gros ver de terre, soit d’un petit cube de fromage de Gruyère, soit d’un morceau de viande cuite.

Mais il est un appât d’un effet bien plus remarquable. On enhle sur l’hameçon huit ou dix asticots bien dodus; on enferme 1 hameçon ainsi garni au centre d’une pelote de terre lardée d’asticots, et grosse comme la moitié du poing ; on jette la ligne, on attend, et bientôt l’on voit des merveilles !

La Tanche commune (fig. 80) est facile à distinguer de tous nos poissons d’eau douce. Son corps, un peu comprimé latéralement, décrit une courbe assez régulière sur le dos. Son corps est nuancé de couleurs très-diverses, et piqué de taches noires irrégulières. Son iris, d’un rouge doré, donne à l’œil une vivacité remarquable. Au reste, sa robe varie un peu suivant lage, le sexe, les aliments et les qualités de l’eau. Toute la peau du poisson est revêtue d’une humeur visqueuse, laissant a peine distinguer des écailles , qui semblent petites parce

qu’elles se recouvrent les unes les autres, sur une assez grande étendue.

Commune dans l’Europe entière, la tanche se trouve jusque dans l’Asie Mineure. Elle habite les grands fleuves, les rhières, affectionnant surtout les eaux stagnantes et vaseuses. Elle se nourrit de végétaux, d’insectes, de mollusques, de débris organiques qui abondent dans la vase, qu’elle avale habituellement. Elle fraye pendant le mois de juin, et fixe aux herbages

Fig. 80. Tanche commune.

ses œufs, qui sont très-petits et très-nombreux. On en a compté deux cent cinquante mille chez des individus de tai e

ordinaire. ,

Les jeunes naissent six à sept jours après la ponte, et leur

accroissement est rapide. Au bout d’un an ils pèsent cent ving cinq grammes; au bout de trois ans, un kilogramme ou un kilogramme et demi; à l’âge de six à sept ans, trois a quatre

kilogrammes. , , i

La tanche qui peut vivre dans des eaux fort peu aerees, a la

vie singulièrement dure, car elle peut passer presque une journée entière hors de l’eau.

On pêche ce poisson à la ligne dormante, et le seul appât à employer est le gros ver rouge.

Les qualités de la tanche , au point de vue gastronomique , sont très-contestées.

La Carpe est facile à reconnaître à la longueur de la nageoire

Fig. 81. Carpe commune.

corsale a la brièveté de la nageoire caudale, à une bouche siuee a l extrémité du museau, à la présence de quatre barbillons attaches a la mâchoire supérieure. Les carpes se font encore remarquer par la grandeur de leurs écailles et par la grosseur de leurs dents pharyngiennes, qui sont au nombre de cinq de

L’espèce type de ce genre est la Carpe commune (flg 81)

Sa couleur générale est d’un vert brunâtre clair, si le poisson

stiZtele î ““ !imp.ideS’ SOmbre sM1 a ^bité des eaux

cô“ co2eS;rtma,rement deS ref,etS MeU4treS’ 6t ,6S

vi^rirr™ d?s presque toutes >es eaM d<™es. E»|e

euves, dans les petites rivières, dans les lacs

limpides, dans les eaux vaseuses. Elle a une si grande puissance de vie qu’elle pourrait subir indifféremment toutes les conditions où on la place. .

Le seul nom de la carpe éveille les plus douces images.

rappelle les riches campagnes et les contrées favorisées egalement par la nature et par l’art. Il faut à ce poisson presque aristocratique, un climat doux, une saison heureuse, un joui pur et serein, des rivages fleuris et des rivières paisibles, ou les étangs qui dorment au fond de tranquilles vallées, a carpe est le poisson choisi pour peupler et égayer les bassins des parcs seigneuriaux ou des résidences royales. C’est pour cela qu’elles font l’ornement du parc de Chantilly et du : palais de Fontainebleau. Le dimanche, les visiteurs du palais de Fontainebleau et les habitants de la ville se réunissent autour des somptueux bassins où se prélassent mesdames es carpes; et c’est pour toute la galerie une fête et une joie sans j pareilles que de contempler leurs jeux charmants et leurs innocents combats. ]

Les carpes frayent en mai et en juin, et si le temps est

chaud, dès le mois d’avril. La femelle choisit les lieux herbeux, se tient près de la surface de l’eau, et le mâle arrive, en battan

l’eau avec force. i

A cette même époque, les carpes qui habitent dans les fleuris

ou dans les rivières, quittent leurs asiles, pour remonter vers des eaux plus tranquilles. Si leur marche est entravee par quelque obstacle, elles s’efforcent de le franchir, et elles peuvent s’élancer ainsi à une hauteur de deux métrés. Pour cela, elles s’élèvent à la surface de l’eau, se placent sur le cote se plient, rapprochent leur tête et l’extrémité de leur queue, forment un demi-cercle, débandent tout d’un coup le ressort, frappent l’eau et rejaillissent. Leur, conformation et la loi ce de leurs muscles leur permettent cette manœuvre.

L’ouïe est très-développée chez ces poissons, âoici ce que rapporte à ce sujet un observateur anglais du commencemen du dix-huitième siècle, Richard Breadley :

a J’ai eu le plaisir de voir quelques Carpes dans un vaste étang appar tpnant h M Eden , et qui m’ont fourni l’occasion d’apprécier jusq S la faculté d’entendre chez ces créatures. Le rempli sa poche de graine d’épinards, me conduisit au bord de 1 é g

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Nous restâmes muets quelques minutes, ce qui était indispensable pour me convaincre que les poissons ne viendraient pas tant qu’on ne les appellerait pas. Bientôt le propriétaire les appela à sa manière habituelle,

Fig. 82. Carpe à miroir, ou reine des Carpes.

et soudain les Carpes arrivèrent ensemble de toutes les parties de i étang en tel nombre qu’elles avaient peine à se tenir les unes près des

La fécondité clés carpes est prodigieuse. On a pu compter dix mille œufs sur un individu assez fort.

Les jeunes éclosent au bout de sept à huit jours, et leur accroissement est rapide, car elles peuvent atteindre en trois ans, si elles sont bien nourries, le poids de deux à trois kilogrammes. Il n’est donc pas étonnant qu’on ait pu pêcher des carpes d un poids vraiment énorme. On prit, en 1863, dans l’Aveyron, une carpe qui pesait dix-sept kilogrammes et demi.

n I russe , les carpes atteignent , en général , un poids de vingt kilogrammes, de trente-cinq dans l’Oder, et même de quarante-cinq, en Suisse, dans le lac de Zug.

La longévité de ces poissons est proverbiale. Bubon a parlé de carpes de cent cinquante ans, qui vivaient dans les fossés de Pontchartrain. On dit que les étangs du jardin royal de Charlottembourg , près Berlin, renferment des carpes âgées de plus de deux cents ans. Enfin, on est allé jusqu à prétendre que certaines carpes du bassin de Fontainebleau, qui sont d une grosseur énorme, remonteraient au temps de François P', c està-dire auraient l’âge respectable de trois cent cinquante ans.

M. Blanchard conteste avec raison une telle longévité : il ne ci oit pas aux carpes séculaires.

La vie est très-persistante chez les carpes. Une membrane, qui couvre leurs branchies et conserve l’humidité sur ces organes, leur permet de respirer longtemps encore apres qu’elles sont tirées de l’eau.

On met à profit cette circonstance pour les engraisser. En Hollande, on tient les carpes dans de la mousse humide, et on les nourrit en introduisant dans leur bouche du pain trempé dans du lait.

Cette même particularité permet de les enlever à leur lieu natal, et de les transporter ailleurs, sans autre précaution que de renouveler, deux ou trois fois en vingt-quatre heures, 1 eau des tonneaux dans lesquels on les entasse. On dit même qu’on peut faire voyager une carpe dans des herbes mouillées et

souvent rafraîchies. .

La rapidité du développement de la carpe et le peu de ditiiculté de son élevage permettent aux propriétaires des étangs de les empoissonner périodiquement, comme nous allons le dire.

On jette dans l’étang un nombre de carpillons proportionne à son étendue : après quatre ans environ le poisson est prêt a être recueilli. On fait écouler l’eau de l’étang presque en entier, et l’on fait arriver les dernières eaux dans un réservoir in erieur, où tout le poisson est réuni et où on le récolte avec des baquets. On laisse ensuite l’étang à sec pendant huit a dix mois-, on y diminue, s’il y a lieu, la quantité des joncs e des roseaux, et l’on y sème d’autres végétaux, qm servirom à l’alimentation des carpes, qu’on introduit dans 1 étang ie-

n°Onpêche la carpe à la ligne, dans les étangs et dans les parties des cours d’eau où il n’existe pas de courants, par exemple

derrière line digue ou dans le bief d’une écluse. On amorce avec des fèves cuites, des vers rouges ou des boulettes de mie de pain. On pêche à la ligne dormante en plaçant la canne dans une petite fourche de bois enfoncée en terre. Si l’on se trouve dans les eaux courantes, il faut tenir à la main la canne à pêche.

Il y a une grande différence, au point de vue du goût, entre la carpe de rivière, la carpe d’étang traversé par une rivière, et la carpe d’étang ordinaire. Cette dernière a presque toujours un goût vaseux. La carpe n’est pas un mets délicat, et c’est pour elle qu’on a dit que c’est la sauce qui fait le poisson. Loin de nous, d’ailleurs, la pensée de contrister ces innocentes familles parisiennes, qui, le dimanche, vont, avec tant de confiance, se régaler d’une matelote, sur les bords charmants de la Seine ou de la Marne. Ces bonnes gens croient à la matelote de carpe : ne leur enlevons pas une douce illusion !

Au genre Cyprinopsis appartient la Dorade de la Chine ou Poisson rouge (fig. 83). Ce poisson qui, en Chine, porte le nom de Kin-gu, est originaire de la province de Tche-Kiang ; mais il a été acclimaté en Europe depuis un temps infini. On en a fait un véritable poisson domestique, et il en est résulté un nombre considérable de variétés.

On doit les premières notions sur les dorades aux missionnaires Dubelde et Lecomte. L’époque de la première apparition de ces poissons en Europe est incertaine. Suivant Bloch, l’Angleterre en possédait dès l’an 1611, sous le règne de Jacques Ier. Il paraît probable que c’est vers 1730 qu’ils se sont multipliés en Europe. Les premières dorades furent envoyées en France, au port de Lorient, par les directeurs de la compagnie des Indes, qui en firent présent à Mme de Pompadour. Aujourd hui ces poissons, à l’état domestique, sont excessivement communs dans presque toutes les parties du globe. Ils servent à récréer la vue par leur brillante parure et leurs évolutions rapides. Ils ont ordinairement l’iris jaune, le dessous de la tête rouge, les joues dorées, le dos parsemé de taches noires, les côtés d un rouge mêlé d’orangé, le ventre varié d’argent et de îose, les nageoires d’un rouge de carmin.

Ces riches couleurs n’appartiennent pas à tous les âges de

la dorade. Ce poisson est ordinairement noir dans les premières années de sa vie. Des points argentins annoncent ensuite l’apparition de sa brillante livrée. Ces points s étendent, se touchent, couvrent toute la surface de l’animal, et sont enfin remplacés par un rouge éclatant, auquel se mêlent, à mesure que le poisson avance en âge, les tons admirables qu on lui connaît. D’autres individus perdent leur livrée en vieillissant. Leurs teintes s’affaiblissent, leurs taches pâlissent, leur rouge

et leur or se changent en une teinte argentée , ou en un

PeLédorade vit de substances végétales, de vers et d’insecte.

On l’élève dans les rivières, les étangs, et dans les maison les conserve tout simplement dans un bocal ouvei . de changer l’eau tous les huit jours en hiver, tous 1« “ • trois jours en été, et plus souvent si la chaleur est étouffante On les nourrit avec de la mie de pain, des jaunes dc^fs durcis et réduits en poudre, des mouches, de petits lm

çons, etc.

l'ig. bï. Poissons rouges (Cyprins, ou Dorades de la Chine) dans un aquarium d’appartement.

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AI. Blanchard nous dit que la dorade vit et se multiplie dans nos rivières comme plusieurs espèces indigènes , et qu’on la pêche assez fréquemment dans la Seine. On se refuse souvent à l’y reconnaître, parce que le poisson rouge, devenu habitant de nos eaux, perd sa splendide parure, et prend les nuances brunes et verdâtres de la carpe.

La Brème commune (fig. 85), qu’on rencontre fréquemment dans nos rivières, et qui se vend à assez bas prix sur nos marchés malgré son bon goût, a le corps comprimé et presque en forme de disque, à cause de la courbure de son dos et de son ventre,

Fig. 85. Brème.

fendue, Blè™ b°Uche l)ei

;::c Ia — * - «Sri:

Cl te“du: rbstances et d'animaux a,„a-

tndividus se reumssent ordinairement par troupes,

ce qui permet d’en faire des pêches très-fructueuses, par exemple dans plusieurs des lacs de l’Irlande et de la Bavière.

La brème est un poisson répandu dans toutes les eaux douces de l’Europe, même en Suède et en Russie.

V Ablette commune (fig. 86) est un petit poisson, au corps * effile, comprimé latéralement, d’un blanc d argent, avec le dos d un vert métallique, passant quelquefois au bleu d’acer. Les nageoires sont diaphanes, excepté celles du dos et de la ^queue qui sont grises ; les écailles sont minces, se détachent avec

Fig. 86. Ablette.

Ces écailles fournissent la substance, » n^é, avec laquelle on fabrique les fausses per ; es. ^ détacher un

couteau; on les lave et on es J1 ^ ’ sgière On traite cette pigment noirâtre, qui se Piec|Pl en cbasser une matière orpoussière par l’ammoniaque, 1 la colle poisson on

ganique, vaporisable et en y ^™orte le nom d’essence d'Orient.

°toTc— tnnsedprépàrent, chère. toUSSCS cetto “us^, n Jellde l'ablette sur de petites

irK;" deux trous, et qui étaient recouvertes

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d’une sorte de vernis. Mais ces petites boules de cire s’altéraient vite par la moiteur de la peau ; la matière nacrée s’en détachait et tombait sur les épaules des dames. Les fausses perles avaient donc été abandonnées, lorsque la découverte du patenôtrier parisien vint les remettre en faveur.

Des fabriques de fausses perles s’établirent sur les rives de la Seine, de la Loire, de la Saône et du Rhône. Cette industrie occupe aujourd’hui, à Paris, un grand nombre d’ouvriers, et surtout d ouvrières. L’exportation annuelle de ses produits s’élève à plus d’un million de francs. On a vu à l’Exposition universelle de 1867 des fausses perles ainsi obtenues, qu’il était très-diffi-

l'ig. 87. Gardon.

cile de distinguer des perles véritables. On fabrique à Rome des Musses perles, très-renommées en Italie, et recherchées en f rance de ceux qui les connaissent.

Ii faut environ quatre mille ablettes pour obtenir une livre

som îe n ’ Tant à 1>eine le quart en 1)0ids de la P4te connue sous le nom d essence cl Orient.

Commet T*’*1"! P'US ™gt * vingt-cinq centimètres, consltl "T aiSément à ‘a ligne- elle sel’t de fiche dé et l’on neuf1 d 7' 7 malheureM- E1lc vit en grandes troupes, m lleau fi j ,°n’1an,S *enI* ™t, en prendre jusqu'à cinq 6 au “et, dans la basse Seine. Elle se nourrit de mouches

d’autres insectes et de petits poissons, particulièrement de

^sTchair fade la fait dédaigner pour la table; mais onia pêche activement dans plusieurs de nos départements du nord et de l’est, ainsi qu’en Allemagne, pour utiliser ses écaillés, qui valent environ de vingt à vingt-quatre francs le kilogramme.

Le Gardon (fig. 87) a les dents pharyngiennes disposées sur un seul rang. C'est à ce caractère scientifique qu’on le reconnai .

Le Gardon commun est un des poissons les plus répandu^ do les eaux, lacs ou rivières, de la plus grande partie de 1 Emop^ Ses couleurs sont vives. Son dos est d’un vert foncé,. «O* dorés ou irisés, quelquefois d’un beau ^ bleu ; ses côte^ ^ • J Hrhpfps de brun. Son ventie est nacic, j

argentes, tachetés de bru nageoires ordinairement

couleur de sanc ci 11 est socia-

d’uu rouge éclatant. Ce poisson est vil et petulai .

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ble, c’est-à-dire qu’il nage par troupes, surtout à l’époque du frai, dans les eaux peu profondes et d’un cours tranquille. Il peut acquérir des dimensions assez fortes, et atteindre le poids d’un kilogramme. On le pêche à la ligne, en se servant pour appâts de blé cuit, d’asticots, de mouches, de sauterelles. On en prend beaucoup aux environs de Paris, dans la belle vallée où l’Essonne donne le mouvement et la vie à tant d’industries. Du reste, sa chair est fade et peu estimée.

Les gardons sont pêchés en plein Paris. Expliquons-nous. Les gardons, qui remontent la Seine, se réunissent autour des bouches des égouts qui se déversent dans le fleuve ; et souvent au

Fig. 89. Chevaisne ou Meunier.

printemps, en dépit de la prohibition de la pêche, on peut voir

ïrr, n PêCheUrS 4 k ligne l,ressés «“tour des égouts, au boid de la Seine, pour y surprendre le gardon (fig. 88).

teurTo “ne ‘T l0"SUe é"Umération P°urrait fatiguer le lecteur, nous nous bornerons à signaler et à représenter la Che

tarrZT ^ m88)’ P°iSSOn VOraCe’ P«u estimée pour la et le Vairm ™ (fig. 90), si remarquable 'Eu o ie danl f>etitesse- «“'on trouve par toute

seauXt x n™reS’ ^ laCS’ leS f°ssés' P** ™1.-

Ce petit poisson est dédaigné comme aliment: ; il ^ sert de nature aux truites. Tous les enfants le connaissent, pour 1 avoir accroché souvent à leurs hameçons, faits d’une épingle courhee.

SiluroUes. - Les poissons qui constituent cette faille se di* det fleuves “Æfon l'a nommé la BaU* - *« — .

Fig. 90. Vairon commun.

Selon Lacépède, un individu de cette

Limritz, dans le six ans. On trouve dans

aurait pu y Cane en mètres de longueur,

le Volga des silures de quatre a l mâ-

I .. tête de ce poisson est grosse et aplatie bes au La tue ut i |rès orand nombre de dents, et poi

choires sont garmes d un Lits eit l'autre,

tant six barbillons. Ses yeux sont ronds carte l » et

sur les côtés'et offre quelques taches d’un blanc jaunâtre ,

POISSONS OSSEUX. 151

dessous il y a sur la même teinte des taches noirâtres assez nombreuses.

Ce gros silure est répandu dans la plupart des grands cours d’eau du nord de l’Europe, tels que le Rhin, le Danube, le Volga, 1 Elbe, etc. Commun en Allemagne et en Hongrie , il habite également quelques lacs , comme ceux de Harlem en Hollande et de Neufchâtel en Suisse. Ses habitudes sont paresseuses. Il se tient dans la profondeur des eaux, sur les bas fonds argileux et sableux, s’y enfonce même, pour se mettre en embuscade. La couleur obscure de sa peau empêche qu’on ne le distingue

Fig* 91- Silure d'Europe.

aisément au milieu de la vase où il se vautre à dessein Ses longs barbillons qu'il agite, attirent les animaux imprudents qu il engloutit aisément dans sa large bouche béante. Au prinemps, il quitte le fond des rivières, pour se montrer, de temps

en temps, a la surface de l’eau, et déposer ses œufs ou sa laitance près des rives.

ressantç6 bta, aqTiUm d’eaU d0UCe qui était ™ des plus incessants et des plus curieux ornements du jardin réservé de

tire îles TT!61'0 de I867’ °n V°ïait un silure

tire des eaux du Volga.

On prétend que le silure est assez vorace pour s’attaquer à

l’espèce humaine. On rapporte qu’en 1700 un paysan en prit un, auprès de Thorn, qui avait un enfant dans l’estomac. On parle aussi en Hongrie d’enfants', et de jeunes filles dévorés en allant puiser de l’eau. On raconte enfin que, sur les frontières de la Turquie, un pêcheur prit un jour un silure qui avait dans l’estomac le corps d’une femme, sa bourse pleine d’or et un anneau. Mais tous ces on dit ne méritent aucune créance.

La chair de ce poisson est grasse, douce, blanche, agréable au goût, suivant Lacépède, mais difficile à digéi ei . Hans es environs du Yolga, on fait avec leur vessie natatoire une colle assez bonne. Sur les bords du Danube, sa peau, séchée au so-

Fig. 92. Silure électrique (Malaptérure).

leil, a pendant longtemps servi de lard aux habitants pauvres du pays.

Le Silure électrique, ou Malaptérure (fig. 92) est un poisson gios, court, au tronc arrondi, à la tête déprimée, à la queue legerement comprimée, et qui est long de vingt à soixante centimètres. Sa peau molle et lâche, entièrement brunâtre, offre de taches plus foncées. On le trouve dans plusieurs des gran fleuves de l’intérieur de l’Afrique, où il est assez commun, te poisson se fait remarquer, comme la torpille et le gymnote, par son appareil électrique.

Jobert de Lamballe, dans son mémoire sur 1 anatomie d

poissons électriques, a établi que l’appareil électrique du silure est situé au-dessous de la couche de graisse qui recouvre uniformément les muscles de l’animal. L’appareil électrique est donc immédiatement au-dessous de la peau. Il est double : chacun est séparé de l’autre par une cloison aponévrotique , qui règne tout le long du dos et du ventre. Il est formé de plusieurs couches superposées , que l’on peut séparer sans trop de difficulté. Chaque couche est représentée par des lames, qui, adossées , forment de véritables reliefs séparés par des sillons. Placées les unes sur les autres, elles semblent se recouvrir, à la manière des tuiles d’un toit. Ces lames se dirigent du dos de 1 animal vers le ventre.

En 1858, M. Max Schultze, de Halle, a publié une excellente description, accompagnée de figures, de l’appareil électrique du Malaptèrure.

La puissance électrique du silure, à l’état vivant, n’a pas été l’objet d’expériences scientifiquement exactes, mais ce que nous avons dit de la torpille et du gymnote suffit pour donner au lecteur une idée exacte des effets des poissons électriques en général.

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