‹ Les poissons, les reptiles et les oiseauxChapitre 9 sur 34 · ORDRE DES ACANTHOPTÉRYGIENS · texte numérisé non relu

ORDRE DES ACANTHOPTÉRYGIENS

(.et ordre renferme les trois quarts des poissons connus Le caractère qui le distingue le plus nettement, c'est la présence de rayons épineux aux nageoires. La première portion de leur nageoire dorsale, ou leur première dorsale tout entière, lorsqu'il y en a eux, est soutenue par des rayons de cette nature ; il y

n a egalement quelques-uns à la nageoire anale et au moins un aux nageoires ventrales.

vemenfrf diViSe “ pluSieurs femillesi nous allons succèsvement passer en revue les plus remarquables.

Perche Trivifo( ^93^ ^ GSt la Perche COmmu ne 011

et ^ersC°k ^nuen paire> U“ -T Comprimé’ est rétréci vers la tète ’ ce qui la fait paraître comme bossue. Ses

l54 POISSONS.

couleurs varient avec la nature des eaux qu'elle habite Le fond est d'un jaune plus ou moins doré ou verdâtre passan au jaune plus vif sur les flancs, et au blanc sur le ventre. Le dos est d'un vert noirâtre, rayé de six à huit bandes de meme couleur. Les nageoires ventrale et anale sont yermillonnees Aussi l'animal éclairé par le soleil prend-il de magnifiques reflets dorés. Les yeux arrondis, de moyenne l'iris d'un beau jaune d'or, ont une grande vivacité loisque

C* nageoire dorsale a quinze rayons très» aigus' dont les pointes libres sont une arme de defense. Quand

Fig. 93. Perche.

la perche est menacée, elle dresse sa nageoire e ne lai qu d’être à redouter. Les nageoires yen rato en —n l'anale en se dressant, peuvent blesser de cote, et en de <1 ceux de leurs rayons qui sont épineux ; les ‘ ^ mu.

raies seules ont des rayons faibles et greles. b.

nie de dents robustes. a se dé-

Si bien armée en guerre, la perche ne se .,>alcme„t

fendre; elle est ardente à l'attaque. Elle ue =

pour sa voracité. Après avoir entièrement i empli s»n le5

elle cherche encore sa proie Les insectes le* i petit 1 ^

vers les têtards de grenouille, forment sa nourriture

Pour atteindre sa proie, elle s’élance comme une flèche, à la surface de l’eau. Dans toute autre circonstance, elle demeure immobile, à une petite profondeur, dans les endroits herbeux, à l’ombre des joncs ou des larges feuilles des Nénufars. On dirait qu’elle sent la puissance de ses armes ; car elle ne fuit devant aucun poisson vorace, et semble pour ainsi dire attendre le danger.

« Elle voit arriver le nageur sans faire le moindre mouvement, dit Boitard, et lorsqu’elle sent la main du pêcheur, pourvu que celui-ci ne la touche pas trop brusquement, elle se borne à hérisser les aiguillons de ses nageoires pour se mettre en défense, et elle ne cherche pas à fuir. On peut même lui glisser la main sous le ventre et la bercer, pour ainsi dire, d’un mouvement doux et léger sans l’effrayer. Quand on veut la prendre, on place doucement les doigts sur les opercules des ouïes, on les serre lentement, et, lorsqu’elle a donné deux ou trois coups de queue, elle se laisse enlever sans faire davantage de résistance. Ce que je raconte là est certain, car je le sais par ma propre expérience. »

Ait reste, on pêche aisément la perche à l’hameçon, surtout si on l’amorce avec un ver de terre vivant. On est presque sûr de prendre plusieurs perches dans le lieu où l’on en a déjà pris une; car elles aiment à venir dans les mêmes lieux, au-dessus des fonds herbeux, couverts au plus de soixante-dix centimètres à lm mètre d’eau. En hiver pourtant, elles se retirent dans des eaux plus profondes. Elles habitent les eaux claires des grands fleuves, des lacs ou des petites rivières.

Ce poisson ne dépasse pas le plus souvent une taille médiocre. Une perche d un kilogramme et demi est déjà assez rare pour être regardée comme très-belle.

La perche fraye depuis le mois de mars jusqu’au commencement de juin ; et elle se multiplie si facilement qu’on a pu recueillir d un individu d’assez petite taille deux cent] quatre- \ingt mille œufs! Au moment de la ponte, ces œufs, agglutinés par une matière mucilagineuse, adhèrent, comme de longs chapelets, aux pierres et aux plantes aquatiques.

La chair de la perche est délicate et d’une saveur agréable. Le poète latin Ausone chantait ses mérites, vers l’an 380.

Les Bars sont très-voisins des perches. Une espèce connue sous le nom de Bar commun d'Europe , et qui porte vulgairement le nom de Loup dans le Bas-Languedoc et la Provence, est très-

commune dans la Méditerranée et dans certains grands fleuves qui s’y jettent.

ïig. 94. Bar ou Loup.

Le bar (fig. 94) ressemble à une perche allongée ; sa couleur

est uniformément argentée dans brunes dans les jeunes.

Les Aprons , dont une espèce

les adultes, marquée de taches habite le Rhône, et les Sandres,

POISSONS OSSEUX

appelés vulgairement Brochets-perches , appartiennent aussi à la famille des Perches.

C’est à une autre division de cette même famille, qu’appartiennent les Vives , caractérisées surtout par leur tête comprimée et la forte épine de leur opercule. Ce sont des poissons de forme allongée, à museau court, qui ont l’habitude de s’enfoncer dans le sable , et sont très-redoutés des pêcheurs , à cause des piqûres profondes que font leurs épines. La Vive commune (%• 95) est répandue dans nos deux mers.

Les Uranoscopes , ainsi nommés à cause de la position de leurs yeux qui sont dirigés vers le ciel (ou pav‘oç, ciel, oxotisoj, je regarde), de telle sorte qu’ils ne peuvent voir qu’au-dessus

F'g. 96. Uranoscope.

mGU VOiSinS des l3récédents- Nous représentons ici

(hg. 96) 1 Uranoscope vulgaire , propre cà la Méditerranée et à la

mer des Indes, et qui est remarquable par sa grosse tête cubique

Les Mulles sont également désignées sous les noms de Rougets ,

u Rougets barbets. On en connaît principalement deux espèces •

le Surmulet, ou Grand Nulle rayé de jaune, et le rrai Rouget ou Rouget barbet.

Le Surmulet (Mullus surmulelus ) est, sur le dos et les flancs,

lianes "T de mi“ium ou de vermillon clair, avec trois gnes jaunes dominantes. La gorge, la poitrine, le ventre et le

dessous de la queue, sont blancs, légèrement teintes de rose-, les nageoires ont leurs rayons plus ou moins rouges-, 1 iris e l’œil, d’un or pâle, est pointillé de rouge. La tete porte deux

barbillons. , . .

Le surmulet vit dans la Méditerranée et 1 Océan. On le trouve

quelquefois dans la Manche, et il est assez commun dans le golfe de Gascogne-, aussi le sert-on souvent sur la table a Bordeaux et à Bayonne, où on le nomme Barbeau et Barbenn. Sa chair est blanche, un peu feuilletée, ferme et agréable au goût-, mais elle est moins estimée que celle de l’espèce suivante.

Le vrai Bouget ou Bouget barbet ( Mullus barbalus ) (lig. 98) est revêtu d’une brillante parure. Un rouge éclatant le colore se mêlant à des teintes argentines, sur ses cotes et sur son a en .

Il offre les beaux reflets irisés, mais non les lignes jaunes de

1 XsT à 'sa brillante parure que le rouget doit sa celebnbe. Si l’on ajoute à ces qualités que sa chair est blanche, fei me, agréable au goût, on s’expliquera la faveur dont ce poisson a ioui chez les anciens.

Les Romains faisaient du rouget un objet de luxe, «s ™ eculaient pas, pour s’en procurer, devant les dépenses les plus extravagantes. Ils nourrissaient ces poissons dans eu viers, non-seulement pour les manger, mais aussi pour les ai mire ■ Cet âpre amour de la beauté allait souvent jusqu a la “üauté Sénèque et Pline rapportent que les riches patricien de l’Italie se donnaient le barbare plaisir de faire expnei turs mains des rougets, afin de jouir de la variété des — pourpres, violettes ou bleues, qui se succédaient, depuis le rouge de cinabre jusqu’au blanc le plus pale, a mesui e qu mal perdant peu à peu ses forces, arrivait lentement a nu h Le rival de Cicéron, l’avocat Hortens.us, qui attirai out peuple au forum par la beauté de ses harangues, avait u epa sion désordonnée pour ce petit habitant des eaux II faisad i ve les rougets dans de petites rigoles jusque sous la table d tin- et il se délectait, assis devant un somptueux banqu , plaisir de voir un de ces malheureux poissons retire du bass apporté sur sa table, palpitant et agité des convuls.om de = n e, périr sous ses yeux, en se colorant de mille nuances in

Fig. 97. L’agonie d’un Rouget au banquet d’Hortensius.

POISSONS OSSEUX

La possession de ces pauvres animaux était devenue, chez les Romains, une mode, une passion furieuse. Aussi leur prix devint-il bientôt excessif. Asinius Celer en acheta un 8000 sesterces (1558 fr.). Sous Caligula, selon Suétone, trois rougets furent payés 30 000 sesterces (5844 fr.). On ne trouve que trop d’exemples, dans la Rome impériale, de ces plaisirs féroces et de cette ostentation sans goût.

Pour n être plus l’objet de prodigalités et de soins insensés, les rougets n’en sont pas moins recherchés aujourd’hui, pour

Fig. 98. Rouget.

Mrtin!rUté et le,lU'S eXcellentes 1ualités comestibles. On estime pai ticuherement ceux de Provence.

On trouve le rouget dans plusieurs mers mais nr,w > ment dans la Médite™#, L on le

C ’et Jtr SUr 168 f°ndS lim0TO“- à la

Joues cuirassées.

Les poissons qui composent cette famille,

sont remarquables par la manière singulière dont leur tête s est hérissée et cuirassée, ües épines, des plaques tranchantes, donnent une physionomie désagréable, llideu^me^^

» valu les S * <££ t^e^“ ChnuDP-souris de mer. L est eue/. i 1 J

ï“ srr rast

Chabots, les Scorp'enes, et les Èpmoches.

les Trio les sont de resplendissants habitants des eaux; rien n^îïanté de leur parure. Mais les dons qu’ils ont reçus

Fi„. 99. Ti'igle rouge.

de la nature, leur sont funestes. Leur éetat les ^ablt et les perd. Ils comptent des ennem.s au « bien dans les e «hns l’air- et sans leur prodigieuse fécondité, lem - 1

fepuis longtemps disparu. Ce sont les poissons de ce ^mdle

(lui justifient le mieux le nom de Joua cmraaea. tout ceux de la tête, sont durs et grenus.

POISSONS OSSEUX. 163

On connaît une quinzaine d’espèces de Trigles, les unes oui

vivent dans nos mers, surtout dans la Méditerranée, les autres dans les mers des Indes.

, J3™” ’eS ®fpèces euroPéennes, nous citerons le Trigle rouge lio. 99), que 1 on nomme â Paris Rouget commun. Il est d’une Pelle couleur rouge clair ou rosé, plus pâle en dessous et plus u sur les nageoires. Il abonde dans l’Océan qui baigne nos

ét,Uemment SUr n0S “ardléS’

Le Perlon, à dos brunâtre ou rougeâtre, avec les nageoires pectorales noires, bordées de bleu du côté interne, est la plus

térranéee.SPeCe n°S CÔte5’ “ danS r0céan ('ue dans k Médi-

Le Grondin proprement dit, le Gurnard des Anglais, d'un gris brun parfois rougeâtre en dessus, tacheté de blanc kde cette derniere couleur en dessous, est très-abondant sur nos côtes se trouve sur tous nos marchés ’

Les Dactyloptèns sont célèbres sous les noms dp p ■

ou Foimn wiant * Voo)

>li^hÆl^e^8-CTPir8r C°ntre ces êtres

Poisson volant n écLppe lu* e" 6 et de ™ler-

Se*n des les bonites, les dormes eTautes01"'8”™11 “ races, que pour s'exposer n Û Poissons vo-

habitants des plaines de l’air U & f^es d autres ravisseurs,

- Régates, vZrtu lX' ZlT ^

acharnée. Ainsi la guerre poursuit 1p n °nt llne &uerre

’ue soit l’élément auquel il se confleT P°iSS°n’ quel

fait S^tiye°Xnton!no^'ln é'ément danS 1,autre’ et se

--é qui d,o„e„=c:^:ri“^r

Quand il s’élève au-dessus de la mer, à un ou deux mètres de hauteur, il peut parcourir une étendue de plusieurs centaines de mètres. 11 ne peut toutefois changer la direction de sa

Fig. 100. Dactyloptère ou Poisson volant de la Méditerranée.

course; ses nageoires étendues lui servent seulement de paiachute. On a comparé avec raison le Poisson volant au Dragon volant chez les reptiles.

Les Chabots sont voisins des Trigles, mais ont la tête dépi imée et armée d’épines ou de tubercules. Le Chabot de rivière est presque la seule espèce de ce genre.

Le Chabot de rivière , ou Colle-Chabot (fig. 101), est connu dans nos provinces sous plusieurs noms, suivant la localité. Il est commun dans tous les cours d’eau vive dont le fond est pierreux. C’est un petit poisson de douze à quatorze centimètres, dont la peau nue, molle, un peu visqueuse, est grisâtre, avec des bandes et des taches d’un brun foncé. Il tire son principal caractère de sa forme étrange et de la grosseur de sa tête. Son nom de Chabot vient de notre vieux mot français caboche (tète). A partir de cette tête énorme, aplatie en dessus, arrondie en avant, munie de deux petits yeux et d’une large bouche, tout le corps s’amincit graduellement, jusqu’à l’origine de la queue. L’animal se tient souvent caché parmi les pierres ou dans un petit terrier. Il s’y tient en embuscade, et se précipite, avec une

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rapidité foudroyante, sur ia proie qui passe à sa portée. Des lan es d insectes aquatiques forment sa nourriture habituelle ; mais il absorbe quelquefois des goujons ou des vairons.

Le Chabot de rivière a droit, du reste, à notre intérêt, car il est de ces laies poissons chez lesquels s’est développé le sentiment de la paternité. Le mâle amène les femelles pondre dans une petite cavité, qu’il a creusée sous une pierre, dans le sable ; il garde ensuite les œufs avec une sollicitude et une vigilance extrêmes.

Le chabot est peu recherché comme aliment, sans doute à cause de sa petite taille, car sa chair, qui rougit en cuisant, n’est

pas désagréable à manger. Onleprendà l'hameçon, à la nasse, à

inhumer 1 UrS ’e recherchent comme appât pour les

Les ChaMmam, poissons de mer connus sous le nom de Scorpions * mer, DiaUes ie »

les i TLTrï’ 1 renflent be“C0"P ‘ête quand on rnte. Ils ont des formes lourdes, disgracieuses L’espèce

rnre sur ,ies côtes de i,océan’ est ie r:r=re’ “ de ^ - — Æ4r

notre Chaiol ck C°mme

rochers du ri " ’ , en em>>nscade, parmi les

rechs les • . ° ’ ans des tr0l,s abntés sous des lits de va- Ces red°Utent l6S 1“'“ avec ses

Ce poisson peut vivre longtemps hors de l’eau. On assure

qu’il produit des sons, surtout à l’approche des tempêtes. Aussi l’ a-t-on appelé encore Coq de mer, Cob bruyant, grognant, etc.

Les Scorpènes sont des poissons auxquels leur tête, grosse et épineuse, ainsi que la peau molle et spongieuse qui les eme loppe, donne un aspect étrange. Les piqûres de leurs epines les rendent redoutables. Cependant ce poisson est mange par

les pêcheurs, et sa chair n’est pas mauvaise. On en connaît une vingtaine d’espèces : deux qui sont propres a la Méditerranée, les autres particulières aux parages chauds et temperes des deux Océans, et surtout aux mers d’Amérique et des Indes orientales. Les deux espèces européennes sont connues sous le nom de Rascasses. Nous représentons ici la Scorp'ene Rascasse

de la Méditerranée. Qrinil

Une autre espèce, la Scorpine volante (Pieroïs vohums), que nous représentons également (flg. 103), est un poisson deau douce que l'on a particulièrement observé dans les rivières du Japon et dont les nageoires pectorales dépassant la longueur du corps, lui donnent la faculté de s'élancer hors de l'eau, comme tyloptère.

Les Êpinoches, qui appartiennent, comme les Scorpènes, à la famille des Joues-cuirassèes, doivent leur nom aux ep.nes don eur corps est armé. Ce nom varie légèrement, du «££ £ localités : on les appelle en diverses parties de la Franc èpinocles, épingloltes, épimrdes, échardes, picots, et meme cor on

niers ou savetiers.

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Les épinoches, qui sont communes dans la plupart des eaux douces de la France, vivent dans les eaux claires et courantes

Fig- 103. Scorpène volante ( Ptnoïs volilans ).

des ruisseaux ou des petites rivières, là où des herbes aquatiques se développent en abondance. Leur corps, comprimé laté- • emen , a. enue en fuseau, est bien approprié à la rapidité et a la grâce de leurs mouvements. La tête, dépourvue d’épines, 1 mte de grands yeux d'un vert chatoyant. La nageoire ventrale fnl .P0,r0nS eSt remPlacée, chez elles, par une épine corns i8166,’ d?nt'culee’ creusée d’un canal, et s’écartant du seuses sùVl 6n F,animal- Le dos est garni de plaques oshën sur le T'1'6 S art!CUlent deS él)ines ^bres, «DU ee court, J \ h 'Sf'Ue POiSS°” eSt Calme- et se dressent ics qu il attaque ou se croit menacé.

Les épinoches vivent ordinairement par troupes : on Ips voit

mXwm«mdudf l0nf'eS Colonnes- Des insectes, des vers, des

tuel L Leur de P°1SSOn’ sont leur nourriture habi-

reë Ls 1 Lrr! CSt teI1° qu’0n a ™ «Proche devo- •J'^cecc cinq heures, soizante-quatorze poissons

naissants, de l’espèce vulgairement connue sous le nom de vandoise.

L’abondance de ces petits poissons dans nos eaux douces a permis à beaucoup d’observateurs d’étudier leurs habitudes , et l’on est arrivé ainsi à découvrir des actes vraiment surprenants, qui font regretter que les mœurs des poissons en général soient si difficiles à pénétrer.

Les observateurs qui se sont amusés à suivre les épinoches dans leurs capricieuses évolutions, ont constaté leur humeur irascible, le jeu de leurs épines dans l’attaque ou la défense, leurs chasses, leurs combats entre elles ou avec d autres animaux. L’observation des épinoches, déjà si intéressante, devient vraiment saisissante pendant les mois de juin et de juillet : c est

l’époque où elles vont se reproduire.

Divers naturalistes ont décrit et admiré l’intelligence , l’industrie de ces petits habitants des eaux douces. Mais c’est particulièrement M. Coste qui a étudié, au Collège de France, leurs amours, leur ponte et leur nidification. C’est dans le mémoire de ce savant, publié dans le Recueil des savants étrangers de l’Académie des sciences, que nous puisons les curieuses révélations

qui suivent.

Vers les premiers jours de juin, le mâle de l’épinoche cherche un endroit à sa convenance, et s’y arrête définitivement. Après cTvoir creusé dans la vase une petite cavité, il y apporte des brins d’herbes aquatiques, qu’il va souvent chercher au loin, et avec ces débris végétaux il commence à former une sorte de tapis. Mais comme les matériaux qui constituent cette première partie de son édifice, pourraient être entraînés par les courants, il a la prévoyance d’aller prendre du sable, dont il remplit sa bouche et qu’il dépose sur les brins. Pour donner ensuite une certaine cohésion à ces éléments, il les presse du poids de^son corps, et les enduit d’un mucus qui suinte de sa peau, l oui s’assurer si toutes les parties sont suffisamment unies, 1 épinoche agite rapidement ses nageoires pectorales, et produit des courants qu’il dirige contre le nid. S’il s’aperçoit que les brins d’herbe s’ébranlent, il les enfonce avec son museau, les tasse, les aplanit et les englue de nouveau. Les choses en étant a ce point, notre petit architecte, digne rival des femelles d’oiseaux, choisit des matériaux plus solides : ce sont des racines, ces

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pailles, qu’il fiche dans l’épaisseur ou à la surface de la première construction, dans une direction toujours la même. Il les pose dans le sens longitudinal, de manière que l’une de leurs extrémités correspondra plus tard à l’entrée, et l’autre à la sortie de son domicile.

Après avoir formé le plancher et les parois latérales de sa maison, il s occupe de la toiture, qu’il construit avec les mêmes matériaux et à l’aide des mêmes manœuvres. Il a soin d’y réserver

Fie. 1 04. Ëpinoche et son nid aquatique.

ë^lué 717 him Cil'COnSCrite’ et d0''t le bord est artistement

de^dfr «T ' trUt‘t’ Ie nW de rél>inoch« forme une voûte arrondie de dix cent, métrés environ de diamètre. Mais il ne reste m

y™.|)S rnuni d’une seuIe ouverture. Le mâle ou la femelle

Tout èe" °nde’ 6,1 traversant le nid de part en part

proprement diteTi8 T"5 *' di‘'e S’apl)Iiflue auï épinoches effilées Spmocheues, qui sont plus petites et plus

lesquels nous" riesentent quelques caractères distinctifs, sur ^quels nous ne saurions nous étendre ici, ne construisent pas

leurs nids sur la vase. Elles les suspendent aux branches des végétaux aquatiques, et prennent beaucoup plus de soin pour les

cacher.

Le mâle va chercher, avec sa bouche, une quantité suffisante de conferves, plantes aquatiques. Il les entasse dans le lieu dont il a fait choix, et les lie aux points qui doivent leur servir de support. Quand ces matériaux assemblés forment une masse suffisante , il plonge son corps dans leur épaisseur et s en enveloppe comme d’une gaine. Puis il traverse lentement cette gaine, en exécutant sur lui-même un mouvement de rotation saccadée. A mesure qu’il accomplit cette révolution , les conferves qui l’enveloppent, engluées par le frottement de son corps, s’enroulent autour de lui en fibres circulaires, et le nid prend ainsi la forme d’un manchon. M. Coste pense que cette disposition en fibres annelées est produite par la nombreuse rangée d’épines qui, en se dressent le long du dos de l’animal, agissent circulairement sur les conferves, comme les dents de machines dont on se sert pour carder la laine en crin.

Lorsque la construction du nid est assez avancée pour recevoir les œufs, le mâle, qui a revêtu sa parure de noce, s’élance au milieu du groupe des femelles. Ses joues et sa face ventrale ont perdu leur pâleur habituelle, et sont devenues d’un orange vif - son dos, jadis grisâtre, passe par les nuances successives du Vert, du bleu, de l’argent. La femelle suit le mâle qui, se précipitant vers son nid, plonge sa tète dans l’ouverture bean e, l’élargit et cède la place à la femelle, qui s’y engage a son tour Elle y reste deux ou trois minutes, y pond et perce le nid de part en part, pour en sortir. Le mâle entre à son tour dans le nid, glisse sur les œufs en frétillant, et sort bientôt. I a tire ensuite successivement, pendant plusieurs jouis , ou a même femelle ou d’autres femelles qui sont prêtes à pondre, les aide dans cette douloureuse fonction, en les frottant avec

son museau comme pour les encourager.

Le nid devient, de cette façon, le riche magasin de la posteri e épinochienne, dans lequel les œufs entassés forment un 3 oc volumineux. Les femelles, toutefois, ne prennent aucun soin cie leurs œufs. Bien plus, elles n’ont d’autre désir que de les dévorer. C’est alors au père épinoche, à celui qui a bâti le ni , .celui qui y a conduit le mère ou les mères, de prendre soin

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la future génération, et il s’en acquitte à souhait. M. Goste a observé et décrit avec grand soin les manœuvres de ce petit animal veillant au salut de l’empire épinochien.

Notre conservateur commence par fortifier, en le recouvrant de pierres , son nid , dont le volume est quelquefois égal à la moitié de son corps. Il en défend ainsi l’entrée à tout venant, et n’en conserve que la porte, à travers laquelle il est presque toujouis occupé à faire passer des courants d’eau, par le rapide mouvement de ses nageoires pectorales. Ces courants ont proba-

Fig. 105. Épinochettes.

blement pour but, selon M. Coste, en lavant sans cesse les œufs empecher que des byssus ne se déposent sur eux, et n’en arrelent le développement. On le voit ensuite, chasser rudement toutes les ep.noches, mâles ou femelles, qui tentent de s’appro- C er de s°" nid> Pour l’attaquer. Si les assaillants ne sont pas "bre d" «“tre ou cinq, il les repousse par la

m e x [T S‘flennemi aUgmente’ Ü fait “ —iént le Zrtant 1 • “ °père des divers*0„s- Ses artifices

— r reUSSiSSent Pas touj°urs- M. Coste a vu des innid oui s, m reCOmmencer cin(I six fois de suite, un

<t, qui subissait toujours un sort fatal.

Lorsque le mâle a réussi à conserver son nid jusqu’aux ap-

proches de l’éclosion, on le voit redoubler de zèle. Il ôte les pierres, pour le rendre plus perméable à 1 eau; il multiplie les courants, il remue les œufs, les amenant tantôt à la surface, tantôt au fond.

Quand, au bout de dix ou douze jours de fatigue et de soins, les petits sont éclos, le père doit les protéger longtemps encore, car leur volumineuse vésicule ombilicale les rend si impotents et si lourds, qu’ils ne pourraient échapper à leurs ennemis. Il ne permet à aucun des nouveau-nés de franchir les limites de son berceau. Si l’un d’eux s’en écarte, il le prend aussitôt dans sa bouche, et le reporte à domicile. Quand le nombre des déserteurs augmente, il en saisit plusieurs à la fois, sans jamais en blesser aucun. A mesure que les petits grandissent, le pèie leur laisse un plus grand espace pour s’exercer. Mais alors sa surveillance devient plus difficile, et par cela même plus active,

« On le voit sans cesse aller et venir, dit M. Coste, comme ces chiens de berger, qui tournent autour des troupeaux, ramènent les brebis qui s’égarent, et sont toujours prêts à les défendre contre les attaques dont elles peuvent être l’objet. »

Toutes ces peines durent encore quinze à vingt jours. Alors le père les abandonne et reprend ses habitudes au milieu des

autres épinoches.

Fait remarquable ! ce père qui fait le nid, qui assiste ses femelles, qui soigne les œufs, qui défend et guide les petits, vit dans une abstinence presque complète, pendant les longs jours de la nidification, de l’incubation et de l’éducation.

Après les familles 'des Percoïtlcs, des Mullcs , et des Joues cuirassées, dont nous venons de parler, nous signalerons, comme renfermant des espèces tout aussi importantes à connaît! e, les quatre familles des Pharyngiens labyrinthi formes, des Scombêvoides, des Pectorales pédiculées et des Bouches-en-flûte, qui terminent l’ordre des Acanthoptérygiens. Les poissons, qui appartiennent à la petite famille des Pharyngiens labyrinthifonnes , ont les os de la voûte du palais (os pharyngiens supérieurs) divisés en petits feuillets, nombreux et irréguliers, qui interceptent des cellules situées sous l’opercule, et qui servent a y retenir une certaine quantité d’eau. Cette eau maintient es branchies humides, lorsque l’animal est à sec, ce qui lui penne

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de se rendre à terre, et d’y ramper à une distance souvent assez grande de son milieu liquide et naturel.

Les Anabas présentent cette remarquable particularité d’organisation au plus haut degré; ils se trouvent très-communément dans la vase des mares et les petits cours d’eau de l’île de Bornéo, de l’île de Java et de presque tout l’archipel indien. Ils rampent à terre, pendant plusieurs heures, au moyen des inflexions de leur corps, des dentelures de leur opercule et des épines de leurs nageoires. On a même prétendu qu’ils peuvent grimper le long de l’écorce des arbres. Mais des voyageurs modernes n ont pu être témoins de ce fait singulier, sur lequel M. Duméril a insisté dans son cours de 1867, au Muséum d’histoire naturelle de Paris.

La famille des Scombèroides est la plus importante de l’ordre qui nous occupe. Elle comprend les poissons qui sont le plus utiles à l’homme par leur volume, l’excellence de leur chair et leur abondance. Le Thon , le Maquereau , la Bonite , etc., ont offert, dès la plus haute antiquité, et offrent encore à l’homme d’immenses ressources alimentaires, soit à l’état frais, soit à l’état de salaison.

Le Thon ressemble assez au maquereau, par la forme générale

Fig. 106. Thon.

de son corps; mais il est plus rond, et atteint une taille de un à Lois mètres, et un poids qui varie ordinairement de cinquante à deux cents kilogrammes La partie supérieure de son corps est d’un noir bleuâtre, et le ventre est gris avec des taches argentées.

Ces poissons se montrent quelquefois dans l’Océan; mais c est dans.la Méditerranée qu’ils se multiplient et qu’ils abondent. A certaines époques de l’année, ils longent les côtes, en lé-

gions innombrables, serrant leurs rangs nombreux, et constituant un bataillon immense, qui s’avance sur la mer, ou qui, se déiobant sous les flots, se trahit à l’extérieur par le bruit des ondes que refoulent tant et de si rapides voyageurs.

Dans beaucoup de localités, les bandes de thons se montrent au printemps, et se dirigent vers l’orient; on les voit suivre, à la fin de l’été ou en automne, une direction opposée. Aussi sur les côtes de la Provence, sur la côte de la Ciotat, fait-on une première pêche depuis le mois de mars jusqu’en juillet, et une seconde pêche depuis le milieu de juillet jusqu’à la fin d’octobre. Mais sur d autres points, on voit les thons arriver à la fois de directions très-diflérentes. Ailleurs, enfin, c’est seulement en hiver qu’on les trouve.

La pêche des thons remonte à la plus haute antiquité. Les 1 liéniciens, ces premiers navigateurs connus, allaient l’exécutei sui les côtes d Espagne. De nos jours, elle se fait avec une glande activité sur les côtes de la Provence, de la Sardaigne, de la Sicile, etc.

Les thons se pêchent de deux manières : à la thonaire et à la madrague.

On donne le nom de thonaire à une enceinte de filets que l’on forme avec promptitude dans la mer, pour arrêter les thons au moment de leur passage.

Loi sque des vedettes , postées à cet effet , ont signalé l’arlivée des bandes de thons, les pêcheurs en sont avertis par un pavillon indiquant l’endroit vers lequel se dirige la tribu nageante. Les patrons des bâtiments pêcheurs conduisent aussitôt leurs bateaux à 1 endroit désigné, et les rangeant sur une ligne courbe, forment avec des filets lestés et flottés, une enceinte demi-circulaire, tournée vers le rivage, et dont l'intérieur s appelle le jardin: on n’a jamais su pourquoi, car c’est un triste lieu pour les captifs qu’il attend. Les thons renfermés dans ce jardin s agitent avec effroi, entre la rive et les filets. A mesure qu ils s avancent vers la plage, on resserre l’enceinte, ou plutôt on forme une nouvelle enceinte intérieure, avec d’autres filets tenus en réserve. On laisse à cette seconde enceinte une ouverture, jusqu à ce que tous les thons aient passé dans l’espace fi u elle embrasse. En continuant de diminuer ainsi, par des clôtures successives, et toujours d’un plus petit diamètre, l’éten-

POISSONS OSSEUX

clue dans laquelle les poissons sont renfermés, on parvient à les retenir sur un fond qui n’a pas plus de quatre mètres d’eau. Alors, on jette dans ce parc un filet, espèce de senne , dont le milieu est garni d’un manche. On amène ce filet, à force de bras, sur le rivage, et l’on prend les petits thons avec la main, les gros avec des crochets. On les charge sur des bateaux, que l’on amène au port. Une seule pêche produisit à Collioure plus de quinze mille myriagrammes de thons. On prit dans une autre et célèbre journée ,'seize mille thons, chacun de dix à quinze kilogrammes.

Lorsque le parc destiné à la pêche du thon, au lieu d’être établi pour chaque pêche, comme la thonaire, est construit à demeure dans la mer, on le nomme en Provence madrague.

La madrague est une .vaste enceinte distribuée en plusieurs chambres. Les cloisons qui forment ces chambres, sont soutenues pai des flotteurs de liège, tendues par un lest de pieu es, et maintenues par des cordes, dont une extrémité est attachée à la tête du filet, et l’autre amarrée à une ancre.

Les madragues sont destinées à arrêter les grandes troupes de thons, au moment où elles abandonnent les rivages pour revenir en pleine mer. C est pour cela que l’on établit entre les rivages de la mer et le parc, ou madrague, une longue allée que l’on appelle chasse. Les thons suivent cette allée, arrivent à la madrague, passent de chambre en chambre, et parviennent à la dernière, que l’on nomme corpou.

Pour les forcer à se rassembler dans la madrague on les pousse vers le rivage, au moyen d’un long filet que fon tient tendu derrière eux, attaché à deux bateaux, dont chacun soutient un des angles supérieurs du filet. Lorsque les poissons sont rassemblés dans le dernier compartiment , des matelots soulèvent un filet horizontal, qui forme une sorte de plancher a ce compartiment, et de cette manière ils élèvent peu à peu

es poissons jusque près de la surface de l’eau. Cette opération exige l’espace d’une nuit.

Le matin, les thons sont tous réunis dans un espace étroit situe a une distance variable du rivage, et c’est alors que commence , de toutes parts, un combat acharné. On frappe les

CaPÜf5 “VeC d<B eaU'eS' des crocs * autres armes

C’est un spectacle fort triste que celui de la pêche du thon à cette dernière et dramatique période. C’est avec un serrement de cœur que l’on voit ces énormes et beaux poissons se débattre, dans une enceinte étroite et sans issue, sous les coups dune multitude de pêcheurs acharnés à leur tâche sanglante, et qui procèdent à un massacre général., La vue de ces pauvres animaux, dont quelques-uns, blessés, à demi morts, essayent en vain de lutter contre leurs féroces assaillants, est très-pénible à supporter. La mer, rougie de sang sur une grande étendue, conserve longtemps la trace de ce carnage afireux (fig. 107).

La chair du thon, ferme et saine, est très-estimée. Le thon est le saumon de la Provence, et nous le mettons, pour notre compte, bien au-dessus du saumon. Rien n’est comparable au thon frais, jeté dans une friture bouillante, puis rehausse de fort vinaigre et de sel. Et quant au poisson de conserve, est-il rien de plus ferme et de plus savoureux, rien qui puisse rivaliser en ce genre, avec le thon mariné dans les ateliers de Marseille et de Cette?

Le thon jouissait, ajuste titre, d’une grande réputation chez les Grecs et chez les autres habitants des rives de la Mediterranée de la Propontide et de la mer Noire. Les Romains attachaient un grand prix à certaines parties du corps de ce poisson, comme la tête et le dessous du ventre. Ils faisaient peu de cas des morceaux voisins de la nageoire caudale, paice qu ils ne les trouvaient pas assez gras.

Ces mêmes Romains conservaient très-bien les thons, en les coupant par morceaux et les renfermant dans des vases remplis de sel. On les marine aujourd’hui avec de l’huile et du se , après les avoir cuits. C’est une préparation qui se fait dans beaucoup de ménages à Cette, à Montpellier, à Maiseille, e fR11 constitue une admirable ressource pour l’année. Avec un pot de thon mariné dans du vinaigre de Lunel, une ménagère est prete

à tout événement.

Le Maquereau est un poisson trop connu pour qu’il soit necessaire d’en donner le signalement. Qui n’a admiré, sur e des joyeuses commères de la Halle, ces poissons, au dos bleu d’acier, qui se changent en vert irisé, glacé d’or et de pourpre, relevé par des lignes ondulées du plus beau noir-, a la e

Fig. 107. Pèche du thon à la madrague, sur les côtes de Provence.

POISSONS OSSEUX. 179

bleue en dessus et marquée de noir, le reste du corps étant il un bleu nacré, irisé d’or et de pourpre ?

Il existe deux espèces de maquereaux : celui de l’Océan et de la Manche, qui n’a pas de vessie natatoire ( Scomber , Scombus) et le maquereau particulier à la Méditerranée, qui a une vessie natatoire (Scomber colias ou Pncumatophorus) .

Cet excellent poisson est désigné sous différents noms par les pécheurs de nos côtes. On le nomme Veirat dans le Bas-Languedoc, Aurion en Provence, Bretel dans quelques parties de la i stagne -, etc. C est le Macarello des Romains modernes, le Scombio des Vénitiens, le Lacesto des Napolitains, le Cavallo des Espa-

œ;“S Sard6S’ 16 “ d6S A^lais’ le clés

C est pour nos pays un poisson de passage. Selon Duhamel et

^6* 108. Maquereau.

Anderson, les maquereaux se tiennent pendant i’hh-« i les mers du Nord. Us en desremW , -Pf hlver dans lande, puis l’Ecosse et l’irh, i nt fau printemPS, côtoient l’Is-

Atlantique. Là leur armée se plrte ei“ ^ ^ passe devant l’Espagne et le Porhu- i° ' lme coIonne

Méditerranée, pe^^W^^

poissons paraissent en mai, sur les côtes de F " a°C I6’ Ges terre, en juin sur celles de Hollande et de h rT* et d’AnSleune partie se rend dans la mer Balticme Pt I1SG‘ En juillet)

' Norvège, pour retourner dans le Nord ’ Un6 aUt''e CÔt0ie

S; - toutes

ô eusement indiquées, est inconciliable

avec un grand nombre d’observations précises. 11 croit donc que les maquereaux passent l'hiver dans les tonds de la mer X. ou moins éloignés des cotes, dont ils s’approchent ve s le printemps; qu’au commencement de la belle sa, son ,1s s’avancent vers le rivage qui leur convient le mieux, se mon ^souvent, comme les thons, à la surface de la mer, parcourent des chemins plus ou moins directs ou plus ou moins sinueux, mais ne suivent point le cercle périodique auquel on

n voulu les astreindre. . ,

M Miine Edwards fait aussi remarquer que si ces légions

PO s n descendaient toutes des mers polaires, elles devra, en si,1 montrer aux lies Orcades avant que d’apparaitre dans la Manche et entrer dans la Méditerranée plus tôt que dans a Manche’ or, on assure que leur apparition n’est abonda,, e o ’ des qu’à une époque beaucoup plus avancée de 1 ,

saison 1 Il^paraît enfin que ce sont des variétés différentes qu,

hantent les divers parages où ces poissons f °^Ls et l’ile fcst à l’entrée de la Manche, entre les Sorlmgues et

de Bas, que se prennent de

mCT en rencontrer- mais ils sont encore petits et no» laites. , LeTplus communs et les plus estimés

Paris. Tout cela est, au reste, assez irieguli .

Passons à la pêche de ces poissons. jettent sur

Comme les maquereaux sont tres-vora m

mutes sortes ^ *"*» »~

^r^ulux, de grandes nasses « — -

a.trrs sniSASA— ■

Fig. 109. Pèche du rnaquen

POISSONS OSSEUX. 183

brasses de largeur, et jusqu’à deux mille brasses de longueur (%. 109).

Sur les côtes de Normandie, aussitôt que les maquereaux arrivent, on va les pêcher dans les anses et les petites criques, en batelet, avec des lignes à canne à trois panneaux. Mais ce n’est là que la petite pêche, qu’on fait en partie de plaisir. La pêche en grand, dont nous avons parlé plus haut, se nomme le petit métier si elle se fait près des côtes, et grand métier lorsqu’elle se fait à trente ou quarante lieues en mer.

Lorsqu’on prend une trop grande quantité de poissons pour la consommation des pays voisins du lieu de la pêche, on prépare ceux que l’on veut conserver longtemps et envoyer à de grandes distances, en les vidant, en les mettant dans du sel, et en les entassant ensuite dans des barils, comme des harengs.

Leur chair est grasse et fondante. Chez les anciens, on l’exprimait, pour ainsi dire, et l’on en formait une sorte de substance liquide, préparation très-nourrissante, que l’on désignait sous le nom de garum. Le prix de ce liquide était assez élevé : en mesures modernes, il valait environ vingt francs le litre. Il était toujours âcre, à moitié putréfié et nauséabond, mais il avait la propriété de réveiller l’appétit et de stimuler l’estomac. Le garum jouait le rôle des épices, à une époque où le bataillon excitant des épices indiennes était inconnu. Sénèque lui 1 eproche ce que nous reprochons au poivre et au piment, de ruiner l’estomac et la santé des gourmands. L’usage du garum s’est conservé pendant longtemps. Le naturaliste voyageur Pierre Belon, au seizième siècle, prétend que, de son temps, il était très-estimé à Constantinople.

Rondelet, l’auteur de l’ouvrage sur les Poissons (de Piscibus ), publie en 1554, et très-remarquable pour son époque, ayant mangé du garum, chez Guillaume Pellicier, évêque de Magueonne et savant naturaliste, s’occupa de rechercher l’espèce de poisson qui fournissaitcecondiment.il crut pouvoir l’attribuer non au maquereau, mais au piccarel ( Sparus Smaris ), que on classe aujourd’hui dans la famille des Sparoïdes*.

Ces maquereaux sont au nombre des poissons phospho-

^ZatZ^XT,^, ^i0%\XTC£t5: tome 111

18i POISSONS.

rescents, c’est-à-dire qui brillent dans les ténèbres, surtout quand un commencement de putréfaction s’est empare de leur

corps, qui est toujours huileux. .

Les maquereaux sont si voraces que, malgré leur petite tai e, ils sont pleins de hardiesse et attaquent souvent des poissons plus gros et plus forts qu’eux. On a même prétendu qu 1 s aiment la chair humaine. D’après l’évêque naturaliste Pontoppidan, qui vivait au seizième siècle, un marin appartenan a un vaisseau qui mouillait dans un des ports de la Norvège, se baignant un jour dans la mer, fut assailli par une troupe de maquereaux. On vint à son secours; on repoussa a grand peine cette bande avide, mais il était trop tard: le malheureux expira quelques heures après.

Par un juste retour de la nature, de nombreux ennemis menacent les maquereaux. Les grands habitants des mers es dévorent à l’envi ; des poissons, en apparence assez faibles, te s que les murènes, les combattent avec avantage.

A côté des maquereaux et des thons, se range la Bonite des tropiques, animal de forte taille, célèbre par la chasse qu il donne, en grandes troupes, aux poissons volants; le Germon grand et bon poisson, qui arrive par troupes nombreuse le golfe de Gascogne, vers le mois de juin, a la sui e dines et des anchois , et dont les Basques et les habitants l’ile d’ Yeu font une pêche active ; enfin l’Espadon.

V Espadon épie, connu depuis les temps les plus anciens a porté des noms particuliers qui rappellent le raractere sai , soit dit sans jeu de mot, de sa structure organique, naît, en effet, au premier coup d’œil, a son muse. 1 1 =

horizontalement et tranchant comme une lame d e ee. Chez anciens, c’était le S.*f«, le Xipldus et le Gladws; chez den.es c’est Y Epie, le Dard, ÏBmpmvr, le Fcsce spada des cotes

de la Méditerranée. ...

Ce poisson, qui peut acquérir une tres-grande tailie se

trouve dans la Méditerranée et dans l’Océan. I accornpagne ies thons. 11 semble éprouver le besoin de se s contre tous de l’arme dont la nature la muni. 11 fiance furie sur les obstacles et les grands corps mouvants, qui soient de bois ou de chair, qu’ils soient vaisseau ou poisson.

POISSONS OSSEUX

En 1725, des charpentiers français examinant le fond d’un vaisseau qui revenait d’un voyage dans les mers tropicales , trouvèrent la lance d’un espadon enfoncée dans le bois de la carcasse du navire. Ils déclarèrent que pour enfoncer à cette profondeur, une pointe de fer de la même taille et de la même forme, il aurait fallu huit ou neuf coups d’un marteau pesant trente livres. D’après la position de l’arme, il était évident que le poisson avait suivi le navire quand il flottait à toutes

Fig. iio. Espadon épée.

voiles. Son épée avait pénétré à travers un pouce de doublagemétallique du navire, trois pouces de planche et un demipouce de charpente solide.

E espadon livre des combats opiniâtres au poisson scie , et meme au requin. Il est probable que lorsqu’il attaque la ca-

iene des vaisseaux, il prend leur sombre masse pour le corps d un ennemi.

Ce terrible jouteur, ce paladin des abîmes, devient souvent m-meme la proie d’un ennemi. Un misérable petit parasite, ,C nmalula fUesa, pénètre dans sa chair et le rend fou de douta chair des jeunes espadons est blanche, compacte et d'un

o-oût excellent; celle des adultes devient plus ferme et ressemble davantage à celle des thons. Aussi est-il le but d’une pêche de quelque importance , qui se fait surtout dans le détroit de

Messine.

Les pêcheurs de Messine et de Reggio sortent sur un grand

Fig. 111. Pèche de l’espadon dans le détroit de Messine.

nombre de barques, qui portent des fanauï brillants. Un homm monté sur un mât avertit de la présence de 1 espadon et barques courent aussitôt, pour l’attaquer avec le harpon. P dant cette pêche, les matelots chantent une mélodie partial

lière, mais sans paroles.

La famille des Pectorales pédiculées , ainsi nommee parce n“< les poissons qui la composent ont leurs nageoires pectoral portées sur des espèces de bras que forme Ml. da os du carpe, renferme la Baudroie, si remarquable par « grandeur du diamètre transversal de sa tete sur ce ni par sa large gueule, armée de dents pointues; par es JJ cutanés, déchiquetés de diverses longueurs, donteUe ^co» hérissée en plusieurs points; par sa peau molle,

POISSONS OSSEUX

écailles ni aspérités; par les sortes de membres qui supportent les nageoires pectorales. Tout cela forme un ensemble assez hideux et ressemble à ces images de démons et de lutins, par lesquelles on a effrayé pendant longtemps l’ignorance et la superstition des masses.

igLa dépouille de ce poisson , préparée de manière à être trèstransparente, et rendue lumineuse par une lampe allumée ren-

F g. 1 12. Baudroie.

fermée dans son intérieur, a servi plusieurs fois à faire croire a de fantastiques apparitions.

La baudroie qui peut atteindre jusqu’à deux mètres de lon-

floUer au dessus 7 n 7 7^ d*"s la “ ‘-saut

«e; Les lambeaux qui les terminé IZ77Z7 Z à^s verfouli tU 6116 ^ ^ diverS sens’ et fIlli ressemblent

Tnl

yeux sihipo ^ , Dien a 1 aide de ses deux

jfeLix, siiues au sommet de la tête snnf •nin.Ao nensp~ pi o in .T- L’ sonL attlles par ces trom-

pe son énorme gueule qu’eHe'l L01'Sqi1 ’ls arrivent assez près

’ 1 1 c e ldlsse presque toujours ouverte,

elle les engloutit et les déchire à l’aide de ses dents fortes et crochues.

' Cette manière de se tenir en embuscade, et de pêcher en quelque sorte à la ligne les poissons que sa conformation ne lui permet pas de poursuivre, a fait donner à la baudroie le nom de grenouille -pcchcu.se. Elle est plus ou moins répandue dans toutes les parties de la Méditerranée et dans beaucoup de parages de l’Océan ; nos pêcheurs en prennent dans le golfe ce Gascogne, aussi bien que dans la Manche.

La famille des Labroïdes comprend : 1° les Labiés , qui sont paiés des plus vives couleurs, car le jaune, le vert , le bleu, le rouge,

Fig. 113. Vieille verte et Vieille rouge (Labres).

forment sur leur corps des bandes ou des maculatures rehaussées de brillants reflets métalliques; 2- les Cirelles, don lu espèce méditerranéenne est remarquable par sa couleui J >oh ^ relevée de chaque côté par une bande oiange , poissons de la mer des Indes, qui peuvent tout a coup avancer

leur bouche et la transformer en un long tube, pour saisir au passage les petits animaux qui nagent à leur portée; 4° les Scares , poissons des mers intertropicales, dont une espèce, le Scare de Crète , était singulièrement estimée des anciens.

Nous représentons ici, comme type de la famille des Laboïdes, la Vieille verte et la Vieille rouge (fig. 113), variétés de la Vieille commune , appelée quelquefois Perroquet de nier, et qui vit dans l’Océan ; et dans la famille des Girelles, la Girelle commune (fig. 114), petit poisson remarquable par sa belle teinte violette,

Fig. 114. Girelle.

relevée de chaque côté par une bande en zigzag de couleur orangée, qui vit dans l’Océan et la Méditerranée.

Nous citerons encore parmi ces Acanthoptérygiens la famille des Bouches en flûte (fig. 115), ainsi nommée à cause du long tube que forment en avant du crâne, les os de la face. La bouche est placée à l’extrémité de ce tube ; c’est ce qui a valu à la famille dont ce poisson fait partie, le nom singulier qu’il porte.

La figure 115 représente le Fistularia tabaccaria , espèce type de genre Fistulaire (de fistula , flûte). Le tube du museau est long et aplati, et de la nageoire caudale part un filament terminal, presque aussi long que le corps.

Cette espèce de la famille des Bouches en flûte est commune

dans la mer des Antilles; elle atteint jusqu’à un mètre et plus de longueur; mais sa chair est coriace et peu recherchée. Ce

Fig. 115. Bouche en flûte, ou Fistulaire.

poisson se nourrit de crustacés et de poissons plus petits, qu’il va chercher sous les rochers et les pierres , grâce à son museau long et effilé.

Nous terminerons là cette histoire abrégée des principales espèces de poissons actuellement vivantes, et qui étaient de nature à intéresser nos lecteurs, par les habitudes de leur vie, par leur emploi dans l’industrie, ou par le rôle qu’elles jouent dans l’alimentation publique.

BATRACIENS ET REPTILES

BATRACIENS ET REPTILES

Les deux classes de vertébrés comprennent un certain nombre d animaux qui ne sont ni vêtus de poils comme les mammifères, ni couverts de plumes comme les oiseaux ni munis de nageoires comme les poissons.

Les Reptiles ont pour caractère essentiel d'être enveloppés écaillés en totalité ou en partie. Les uns se meuvent en ram-

sol 'tels' o StT adhérenCe de lem's écailIes ventrales sur le

JcoLes Tes iéST“?: aUtreS’ C°“me les tortutîS- les

lezaids, tout en progressant à l'aide de pattes

baissent cependant se traîner dans les différents milieux où

1 li ent, parce que leurs jambes, excessivenent courtes n’ont

P le pouvoir de maintenir leur corps dans une position élevée

^lérale : c'est le dragon-volant. Cet X

il: d" r eeauddePPeflndiCeS ^e X

-ui xxxr:: ssiïrr

saisir les insectes dont il se nourrit arbre’ P°Ur

Les Batraciens diffèrent dpe ron+:i„„ plus, ils subissent des métamorphoses^ X' ■Pea“ "Ue’ De

~hrrxsdand leur jeune âge’et -“aX: ™

des crapauds, des salaXndres'Xi'se ^nonXn^îtoiXXont

batraciens et reptiles.

en effet, aucune ressemblance avec leurs parents, a leur entrée d-ms le monde. Ce sont des êtres au corps mince et allonge, dénués de pattes et de nageoires, à la tête volumineuse, qui sillonnent en quantités innombrables, l’eau croupissante des n res eu vive! t tout à fait à la manière des poissons. Mais peu “leu ils se transforment. Leurs membres et leurs poumons se développent , leurs branchies s’atrophient, et un jour arrive où convenablement organisés pour une autre existence , îU s’élancent hors de leur humide retraite , et foulent cette tei , nouvelle pour eux. Pourtant ils n’oublient pas leur elemen natal. Grâce aux palmures de leurs doigts ils peuvent encore parcourir les lieux témoins de leur enfance, et Y tournent, pour se livrer aux plaisirs de la natation. Que nues-uns comme les Protées et les Sirènes, sont meme a ce

point favorisés de la nature, qu’ils conservent e prmlege de

s’ébattre au sein de l’onde, tout en gambadant a traveis les prairies Ce sont de véritables amphibies ; ils doivent cette existence en partie double à la persistance de leurs blanchie .

Cl ez les reptiles et les batraciens, comme chez les oiseaux ett ma—es, la respiration est aérienne e pu—,

la peau que par les poumons structure du

La circulation est incomplète, par suite de la

■ nrpcpnte au’ un ventricule. Le sang, apres u

au sang non re\i\me, wmripns sont-ils consi-

l’économie. Aussi les iep i es e 1 surtout les premiers,

dérés comme des animaux a sang f. nd surtoui t les

dont la fonction respiratoire, source de calorique

s’f rCe ^ h ^'température de leur corps, les reptiles En raison de la nasse L rl-irde des rayons

recherchent les climats hrul.m s, ou e ^ c-est p0Ur

d’une intensité inconnue dans nos regio pAsie, de

cela qu'ils fourmillent sous

l’Afrique et de rAnuj;:;“>,l^s.;SJlrdissent pendant l’hiver.

BATRACIENS ET REPTILES. 195

froid extérieur, ils s’endorment d’un sommeil de plusieurs mois, et ne se réveillent qu’aux premières caresses du printemps. Les serpents, les lézards, les tortues, les grenouilles, sont astreints a cette loi. Les uns hibernent sur la terre même’

sous des amas de pierre ou dans des trous; les autres dans la vase ; d autres enfin au fond de l’eau.

l.es animaux ont les sens peu développés. Le toucher, le goût I odorat sont, chez eux, très-imparfaits. L’ouïe, quoique moins use, laisse cependant beaucoup à désirer; mais la vue a exerce assez convenablement, par de grands yeux, à prunelle

Flg' M6- sUuelette de batracien (grenouille).

H» 225S S SPASSSKr

les serpentsTotstîdeT; sfffllments afgus - ^ques crocodiles font entendre i , ■ |clques especes de

«renouilles coassent et les

rle~ très-l)etit- *«.

Presque complète où l’on fCU lnte ligence, et l’impossibilité

« 'rai, ™ > 168 inStrUire- °nPar™nt-

d’affection. ’ ' S Us ne sont pas susceptibles

BATRACIENS ET REPTILES

Le faible volume de leur cerveau les rend fort insensibles, et leur permet de supporter des mutilations qui seraient immédiatement mortelles pour les autres animaux. Le lézard, par exemple, casse fréquemment sa queue dans ses brusques mouvements. S'en émeut-il? Non! Cet amoindrissement de son etre ne semble pas l'affecter; il attend avec patience le retour de l'organe que la nature complaisante renouvelle aussi souven uu'il le faut. On peut tout aussi impunément lui extirper les veux lui trancher une partie de la tête : ces organes se remplacent ou se complètent, au bout d’un certain temps, sans que 'anim 1 ait cessé d'accomplir les fonctions qui lui sont encore permises dans son état d'amputé. One tortue, pnvee de son cerveau, continua de vivre et de marcher pendant six mois , l’on a vu une salamandre dans un état de santé fort satisfaisan , quoique sa tête fût, pour ainsi dire, isolée du tronc, par une îga-

ture extrêmement serrée autour d ucou.

Une autre particularité curieuse de 1 histoire des lep des batraciens, c’est qu’au sortir de leur engourdissemen il dépouillent de leur vieille enveloppe, et reprennent ainsi, chaque année une nouvelle jeunesse. Il est certain, d’ailleurs, qui restent jeunes fort longtemps. Leur croissance est tres-lente, et se tnÏinue pendant presque toute la durée de leur ex.stence Aussi sont-ils doués d'une longévité remarquable On s en

étonnera peu si l’on réfléchit qu'muni

sieurs mois de l’année, ils s’usent moins vite que les aut

animaux, et doivent, par conséquent, atteindre un âge p

dVLafeible activité de l’organisme chez les reptiles et ^batra- • fût nue leur estomac n’a point d exigence , prennent -ils qu'une rare nourriture, qui n'est digérée ensuite

’7ÏÏü£i»i««» «■* “ *5“ «* “STS

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avalent des animaux beaucoup plus &io ]

BATRACIENS ET REPTILES

s’élance sur le taureau, l’étreint de ses replis sinueux, lui brise les os, et peu à peu l’engloutit tout .entier.

Les reptiles, aussi bien que les batraciens, sont ovipares , et leur fécondité est très-grande. Leurs œufs sont tantôt recouverts d’une enveloppe calcaire : tels sont ceux des reptiles; tantôt mous et analogues au frai de poisson, comme chez les batraciens. Ils ne couvent pas leurs œufs, mais ils les enfouissent dans le

Fig.

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