‹ Les Poissons Péchés sur les Côtes de la Presqu'île du Cap Vert: Leur Utilisation Pharmaceutique et AlimentaireChapitre 12 sur 23 · ENT · texte numérisé non relu

ENT

pour de faibles teneurs en Magnésium, mais floculant dès qu'on arrive à des concentrations dépassant quelques microgrammes. Il faut alors employer un stabilisant. Nous avons employé la méthode d'OranGe et RHEIN [69] ulilisant comme stabilisant la gomme arabique en solution aqueuse au 1/1000°. L'étude de la courbe d'absorption au spectrophotomètre D.U. de Beckman à montré un maximum d'absorption à 5.400 Angstrôms où ont été faites les mesures, Nous avons utilisé le photocolorimètre de SPECKER pour la détermination.

Nous avons dit que nous utilisions les cendres blanches, reprises par l'acide chlorhydrique concentré, évaporées et séchées, dissoutes ensuité dans 100 ml. d’eau distillée. Le Phosphore, après la calcinalion, se trouvait sous forme de méta et de pyrophosphates. BaLarew [7 et 8] signale que par chauffage avec les acides sulfurique, nitrique et chlorhydrique concentrés, la rehydratation des méla et pyrophosphates est praliquement instantanée. La solution aqueuse de cendres se modifie donc rapidement, le terme final est la transformation en acide orthophosphorique que nous avons pu alors. doser par la méthode céruléo-molybdométrique de DEnGEs. La coloration bleu verte qui se développe en présence de Phosphore présente une courbe d'absorption au spectrophotomètre de BECKMAN avec un maximum à 7.000 Angstroôms. Pour la détermination, nous avons utilisé le photomètre de VERNESs avec le filtre 70.

LU

Le taux de fer a été déterminé colorimétriquement grâce au complexe rose que le Fer forme en milieu nitrique et trichloracétique avec le thiocyanate d’ammonium (4). Le spectre de ce thiocyanate de Fer étudié au spectrocolorimètre de BEcrmax présente un maximum à 4.800 Angstrôms, la courbe en est très aplatie, Nous avons utilisé pour la détermination le photocolorimètre de SpeckerR avec son filtre violet-vert n° 3.

La valeur énergétique de ces divers poissons à été calculée en utilisant le facteur 9 pour les Lipides et 4 pour les Protides.

(1) Bucx (H.B.), Lowry (O.H.) et BERSON (B 2) TJ CPiol Chem. OS AL7A 797. Jones , Anal. Chem. 1949, 21, 1216.

Les poissons analysés

Les espèces consommées le plus couramment ont été étudiées. Pour plus de commodité, nous les présenterons groupées par famille,

Les Clupéidés

Forment une des familles les plus importantes parmi les poissons pèchés sur la côte occidentale d'Afrique. On les pêche surtout à la senne, sur la petite côte. C’est dans cette famille que se trouvent les sardines el les harengs, mais ils ne sont pas représentés sur les côtes de la presqu'île. La véritable sardine, sardina pilchardus, dont l’aire de répartition s’étend le plus au Sud des côtes d'Europe, n’a pas été signalée plus bas que Port-Etienne, en Mauritanie.

Les genres sardinella et ethmalosa ont été étudiés.

L'Ethmalose (ethmalosa fimbriata ou dorsalis) est de loin le Clupéidé le plus abondant de la côte occidentale d'Afrique. Il est caractérisé par son aspect ventru (les courbes dorsale et ventrale sont bien prononcées). Il a des écailles particulières, laciniées, qui lui donnent une apparence mate et veloutée. Une tache foncée, arrondie à la partie postérosupérieure de l’opercule, tel est le dernier caractère qui le rende très facilement reconnaissable, Comme le signale Canenar [25], certains très grands individus peuvent atteindre 46 em. de longueur totale et un poids de 1 kg. Le record enregistré, comme taille et poids, appartient à un individu capturé dans le Saloum, en février 1949 (Posrez [74], dont la longueur totale était de 47 em., le poids de 1150 g.

En mer, les bancs d’Ethmaloses sont facilement identifiables à leur couleur jaune. Les autres Clupéidés apparaissent en surface sous forme de taches irrégulières noires ; les pêcheurs indigènes ne s’y trompent pas et savent fort bien, avant de lancer leur épervier, quelle espèce ils vont capturer.

: D'après Posrez [74], l'aire de répartition de l’ethmalosa fimbriata s'étend de la Mauritanie à l’Angola.

Au Sénégal, les Ouolofs l’appellent (Capexar [23]) oB4, 080, oBô (4). Les Sérères le nomment TINDAL, TCHATCH, TIATI, mais c’est le nom lebou qui est le plus couramment usité : coBo. ;

Les Ethmaloses apparaissent en février et mars, près de l’embouchure de Saloum, et en mars-avril entre M’Bour et le Cap de Naze. Il

(1) Prononcer le ü comme le eu de heureux.

des

existe, début seplembre, une grosse concentration sur le plateau de Joal et tout le long de la Petite Côte. En décembre, les Ethmaloses ont complètement disparu.

D'après Postez [74], ces Ethmaloses sont limivores : tous les inventaires slomacaux révèlent du sable et de la vase. Elles sont pour-chassées particulièrement par les Requins, les petits Cétacés denticètes. Les Thonidés s’aventurent peu dans les eaux à salure variable que fréquentent les Ethmaloses, ils poursuivent plus volontiers les Sardinelles.

Notre étude de ethmalosa fimbriata a porté sur des individus de deux tailles différentes :

— Individus de 9,5 em. pesant 15 g., donnant 10 p. 100 de déchets, la teneur en eau est de 78 p. 100, la valeur énergétique, donnée par 1,6 p. 100 de lipides et 18,3 p. 100 de protides (KiëLpAHL), est de 87,6 calories pour cent grammes. Le taux de cendres est de 3,4 p. 100, calcium, magnésium, phosphore y ont des taux respectifs de 0,16, 0,045 et 0,84 pour 100. Le fer s’y trouve au taux de 1,1 mg. pour cent grammes.

— Individus de 18 cm. pesant 105 g., donnant 30 p. 100 de déchets ; la partie comestible contient 77,8 p. 100 d’eau, 2,5 p. 100 de lipides el 19 p. 100 de protéines (KJELDAHL), ce qui donne une valeur énergétique de 98,9 calories. Le taux de cendres est de 2,5 p, 100, le calcium, le magnésium et le phosphore se répartissent aux (aux.suivants : 0,070, 0,019 et 0,46 p. 100. Le fer, plus abondant, s’y trouve au taux de 1,3 mg. pour 100 grammes.

L’Ethmalose est un poisson dont la valeur énergétique est faible, c'est un poisson moins riche en lipides que les Sardinelles, dont nous allons entreprendre l’étude.

Les Sardinelles, qui, entre autres caractères, diffèrent de Ja Sardine par leur opercule lisse (il est strié chez la sardine), sont extrêmement abondantes sur toute la côte. Il en exiète plusieurs espèces, parmi lesquelles l’Allache (S. Aurita) est facilement reconnaissable à son aspect plus allongé, son dos plus large, moins comprimé que chez les autres espèces, el au nombre des rayons de ses nageoires centrales (9 au lieu de 7 ou. 8) ; elle peut atteindre 25 et même 30 cm., comme le signale CaADENAT [25].

Sardinella eba est très commune sur les côtes du Sénégal, c'est le xABOy Tas des indigènes, alors que sardinella aurita est xapoy morôk (1). Les jeunes sont désignés sous le terme général de vos sur toute la côte.

Nous avons étudié sardinella aurila de 8 em. de long, pesant 7 g., péchée sur la plage de Hann. Les déchets sont de 3 p. 100 ; voici les résultats de nos analyses

— eau : 71.6 p. 100,

— lipides : 3,6 p. 100, — protides : 19,6 p. 100 (KIELDAHL),

{) Prononcer le ä comme le eu de heureux.

— protides (par différence) : 18,3 p. 100, == cendres, 06,5 p.100,

— calcium : #,71 p. 100,

— magnésium : 0,08 p. 100,

— phosphore : 0,98 p. 100,

— fer : 1,3 mg. p. cent grammes,

— valeur énergique : 110,8 calories,

Notre étude de sardinella eba a porté sur #4 tailles différentes : sur des espèces pesant respectivement 15, 27, 47 et 106 g. Les tailles sont alors de 9,5, 11,5, 15 et 19 cm. Le pourcentage de déchets est faible : 10 p. 100 seulement pour les individus des trois plus petites tailles, 20 p. 100 pour les espèces de 19 em. de long.

— Individus de 9,5 cm. ; nous avons trouvé : 76,8 p. 100 d’eau, 2,9 pour 100 de lipides, 17 8: p. 100 de protides (KJELDAHL) et 3,5 p. 100 de cendres, ce qui donne une valeur énergétique de 97,3 calories pour 100 grammes. Calcium, magnésium et phosphore ont des taux respectifs de 0,75,

0,085 et 0,85 p. 100. Le fer s’y trouve au taux de 1,1 mg. pour cent grammes.

— Individus de 11,5 cm. ; nous avons trouvé : 76,6 p. 100 d’eau, 4,2 p. 100 de note, 18,4 p. 100 de protides, ce qui nous donne une valeur énergétique de 111,4 calories pour cent Fee Le taux de cendres, plus faible que précédemment, est de 3,2 p. 100 ; calcium, magnésium et ÉHoPpRoNE s’y trouvent aux taux not de 0,63, 0, 055 et 0, 83 p. 100. Il y a 1,2 mg. de fer pour cent grammes.

— Individus de 15 cm. ; ont une valeur énergétique de 114,7 calories pour cent grammes, calories données par 3,9 p. 100 de lipides et 19,9 p. 100 de protides. La teneur en eau est de xs p. 100, les cendres 2 p. 100, le fer 1,2 mg. pour cent. Calcium, magnésium et phosphore S'y trouvent respectivement au taux de 0,06, 0.02 5) et 0,71 p. 100.

— Individus de 19 cm. ; donnant 20 p. 100 de déchets. La partie consommable contient 76,1 p. 100 d’eau, 3,9 p. 100 de lipides et 20 p. 100 de protides, ce qui donne une valeur énergétique de 115,1 calories pour cent grammes. Les cendres s’y trouvent en quantité plus faible, 1,7 p. 100. Le fer y est au taux de 1,1 mg. pour cent grammes. Calcium, magnésium et phosphore s’y trouvent aux taux de 0,07, 0,02 et 0,45 p. 100.

Ces poissons ont une valeur énergétique élevée due au fait qu'ils sont gras. Le taux de protides est plus important chez les individus de grande taille que chez les petits. Le taux de protides calculé par la méthode de KseLnanz est ici plus élevé de 0,4 à 4,5 p. 100 que le taux par différence, ce qui laisse supposer une teneur en azote non protéique importante (urée).

Par contre, les éléments minéraux, en dehors du fer (qui a un taux relativement faible), sont abondants : ces sardinelles peuvent apporter des quantités appréciables de calcium, de magnésium et de phosphore dans la ration alimentaire, surtout dans le cas des poissons de petite taille, consommables entiers.

RS REA Les Sphyraenidés

Sont représentés sur les côtes d'Afrique par le genre Sphyraena poissons de surface connus dans le monde sous le nom de brochets de mer, de barracoudas ; chasseurs extrêmement rapides et voraces, bien connus dans les eaux chaudes de l'Atlantique et la région Indo-Pacifique.

Ils sont caractérisés par un corps allongé à section presque cylindrique, terminé en avant par une tête pointue à machoire inférieure très proéminante, armée comme la supérieure de fortes dents coupantes. La systématique de la famille est encore mal connue. Il existe plusieurs espèces, au Sénégal, qui arrivent avec la saison chaude et se reproduisent au début de l’hivernage, c’est-à-dire vers le mois de juillet. Ces espèces peuvent supporter des différences de salinité assez considérables. Les Sphyraena sont ichtyophages ; sur les côtes de la presqu'île du Cap Vert leur taille moyenne est de 1 mètre à un mètre trente, le poids de cinq à

dix kilos, les maxima enregistrés étant 1,44 mètre pour un poids de 13,600 kilos.

Le principal caractère permettant de différencier les trois espèces de sphyrènes de la côte est la taille plus ou moins grande des écailles et, par suite, leur nombre le long de la ligne latérale : Sphyraena barracuda a les écailles les plus grandes.

C'est celle dernière espèce, nous dit CADENAT [25], qui atteint les dimensions les plus considérables (elle peul dépasser deux mètres sur les côtes américaines) et qui est dans tout l’Allanlique tropical, en particulier sur les côtes américaines, l'animal le plus dangereux el d'ailleurs le plus redoulé des baigneurs. C'est elle qui est le plus souvent responsable des accidents attribués aulomaliquement aux requins ».

Les brochets de mer sont groupés par les indigènes sous un même nom : les Ouolofs les appellent knép, les Lébous Sünpô et les Sérères FAFAT. Sphyraena barracuda est facilement distingué grâce à son pédoncule caudal épais et court par les Lébous de la région de Dakar qui l’appellent DION NDOY OU DIOL NDOY.

Nos analvses ont porté sur des échantillons de Sphyraena non maturés, mesurant 27 em., pesant 106 g., pêchés à la senne sur la plage de Hann. Les déchets sont importants : 30 p. 100. La valeur énergétique est de 98.9 calories p, 100 g., donnée par 2,1 p. 100 de lipides et 20 p. 100 de

5 ae ù 4 protéines. La teneur en eau est de 76,9 p. 100, les cendres 1,8 p. 100. Calcium, magnésium et phosphore s’y trouvent aux taux respectifs de 0,05, 0,02 et 0.49 p. 100. Le fer est peu abondant : 0,6 mg. pour cent grammes.

Nous avons là des poissons bien équilibrés quant à la valeur alimentaire, si ce n’est la faiblesse du taux de fer. Malheureusement, ils ne sont pas présents sur la côte toute l’année.

Les Scombridés

Cette famille forme avec celle des Clupéidés, que nous avons déjà ue, et celle des Carangidés, que nous étudierons ensuite, le groupe de poissons osseux dont l'intérêt est le plus considérable sur les côtes

de la presqu'ile. Thons el maquereaux sont les principaux représentants de ces Scombridés. Ils alimentent sur les divers points du globe d'impor tantes usines de conserves. Malheureusement, au Sénégal, ces poissons, en raison de la coloration de leur chair, ne sont consommés que par une jaible minorité d’Africains, ils n’intéressent, par suite, pas spécialement les pêcheurs indigènes.

Thonnine : Euthynnus Aliliteratus (Cliché Postel)

Deux espèces sont très abondantes et, fait important, présentes toute l’année sur les côles de la Presqu'île : ce sont Cybium tritor, le maquereau-bonite ou « Spanish-Maquerel » des Anglais, et la thonnine Euthynnus Alliteratus.

Euthynnus alliteratus a été particulièrement étudié par Postez [76]. C’est un poisson osseux sans écaille, sauf sur le corselet ; le corps est fusiforme, renflé. La hauteur du corps est contenue 4 à 5 fois dans la longueur totale. Le dos est bleu brillant, avec de larges lignes noires ondulées. Le ventre et les côtés sont argentés. La taille varie de 60 à 80 em., elle peut dépasser 1 mètre.

Du point de vue pratique, il faut surtout noter la présence presque continue des thonnines autour de l’isobathe des 400 m., leur absence de ia petite côte au delà de Tiarove et surtout le rush qu’elles effectuent en fin mai - début juin vers le rivage, en baie de Hann, où on les capture à la senne en grande quantité (1).

(1) Hann, le 12 mai 1944. 4.900 Kilos d’un seul trait de senne ; également à Hann, le 30 mai 1948, près de 40 lonnes en quelques heures, à la senne. .

(Pnesn-uossng ouai) ‘JPA "ANT 10}11} wuniqAT) : S}uoq-nealonbeu 9]

| Nommée waLas par les Ouolofs et nôLü püLô par les Lébous, l'espèce est polyphage, elle apprécie surtout les anchois mais se livre volontiers au canibalisme.

Ses ennemis se résument à peu de choses : les cétacés denticètes, les thons, les sphyrènes : les requins paraissent trop lents pour atteindre des animaux aussi rapides.

Nos analyses effectuées sur des indivdus de 80 em. de long, pesant près de 6,700 kg. ne nous ont donné que 26 p. 100 de déchets. La teneur en eau est faible : 74,1 p. 100, la valeur énergétique de 104,4 calories pour cent est donnée par un taux de lipides de 1,6 p. 100 et de protides de 22,5 p. 100. Les cendres, 2? p. 100, se répartissent en calcium : 0,05 p. 100, magnésium 0,032 p. 100 et phosphore 0,76 p. 100.

La chair est rouge, elle contient beaucoup d'hémoglobine et de -Mmyoglobine, le fer s’y trouve en quantités importantes : 53,1 mg. pour cent grammes. Fait important, le taux des protéines calculé par différence est de 22,3 p. 100, il diffère peu du taux optenu par la méthode de KJrr- DAHL, de 0,2 p. 100 seulement.

Le coelficient 6,25 est donc juste pour cette espèce, ce qui permet de supposer une constitution des protéines presque identique à celle du muscle des mammifères, bœuf, veau ou mouton.

En conclusion, poisson très intéressant pour sa valeur alimentaire, son gros rendement en partie consommable ; sa présence toute l’année sur les côtes permettrait de l'utiliser dans la fabrication de conserves alimentaires. |

Le maquereau-bonile est le Scombridé le plus banal de la côte occidentale d'Afrique. C'est la capture la plus classique des pêcheurs à la traîne. Présent toute l’année sur les côtes de la presqu'île, sa taille moyenne est de 50 em. environ, mais il peut atteindre un mètre et peser 8 kilos. Les indigènes pêchent les maquereaux bonites à la senne. Les pêcheurs Lébous l’appellent prux, les Ouolofs npruxpô et les Sérères srRGAL. La chair en est savoureuse, aussi les Africains la consomment-ils plus couramment que celle des autres Scombridés.

Nous avons étudié une femelle pleine de 70 cm. pesant 3.120 g., donnant peu de déchets : 21 p. 100. La teneur en eau est de 71,6 p. 100, les lipides 6,7 p. 100, les protides 19,5 p. 100 (calculé par différence et par la méthode de KJELDHAL). Le taux de cendres est de 1,8 p. 100. Calcium, magnésium et phosphore s’y répartissent respectivement aux taux de 6,05, 0,036 et 0,59 p. 100. Le fer est beaucoup moins abondant que dans la thonnine : 0,6 mg. pour cent grammes seulement,

La valeur énergétique est très élevée : 138,5 calories pour cent.

Ici encore, espèce intéressante du point de vue conserves alimentaires, à cause de sa forte teneur en protéines et sa présence permanente tout au long de l’année près de la côte.

ER Les Carangidés

C'est la troisième famille présentant un intérêt particulier pour les industries de la conserve. Ce sont malheureusement des poissons migrateurs, et par conséquent saisonniers. Leur corps est nu en général ou recouvert de fines écailles peu apparentes. Ils ont tous des colorations brillantes à reflets métalliques. Parmi les nombreuses espèces de cette famille, deux d’entre elles nous ont semblé plus dignes d'intérêt : ce sont caranx ronchus, qui rappelle un peu les Chinchards de France. et lichia glauca.

Caranx ronchus à un corps allongé et une tête pointue. C’est un poisson de coloration dominante jaune. Sa ligne latérale n'est armée d'écussons osseux que dans sa partie postérieure seulement, c’est ce qui le différencie des Chinchards. On remarque une tache noire à la partie postérieure de l’opercule. Les individus atteignant 35 cm. sont rares.

Présents sur la « Petite Côte » pendant l'hivernage, ils y sont nommés pyay par tous les indigènes.

Nous avons étudié les individus de deux tailles différentes.

— les échantillons de 9 cm. pesant 9 g. ne donnent que 5 p. 100 de déchets, la teneur en eau est de 77 p. 100. La valeur énergétique de 95,2 calories p. 100 est. donnée par 2 p. 100 de lipides et 19,3 p. 100 de protéines. Les cendres : 3,7 p. 100, se répartissent en calcium : 0,13 p. 100, magnésium : 0,05 p. 100, et phosphore : 0,81 p. 100. On trouve 0,8 mg. de fer p. cent grammes. °

— [Les échantillons de 26 em. pesant 307 g. donnent R0 p. 100 de déchets, dont la teneur en eau est de 77,4 p. 100, les lipides, 1,5 p. 100, les protéines 19,7 p. 100, la valeur énergétique 92,3 calories p. 100. Les cendres, 1,8 p. 100, se répartissent en calcium : 0,035, magnésium : 0,030, phosphore : 0,52 p. 100 et en fer : 1,3 mg. pour cent grammes.

Ces résultats d'analyse nous montrent, comme chez les Clupéidés, une baisse importante du taux des protéines calculées par différence, par rapport au taux des protéines calculées par la méthode de KreLnamz, cela chez les petits individus. La teneur en Îer est plus élevée chez les grands individus que chez les petits. Le taux de magnésium chez les petits est plus faible que le taux de calcium (1), alors que chez les individus de grande taille, magnésium et calcium sont présents presque au même pourcentage.

Lichia glauca est la plus petite des liches du Sénégal. Elle a une taille moyenne de 20 à 30 cm. Son poids oscille entre 200 et 300 g. (maximum enregistré : taille 35 em., poids 470 g.). Abondante durant tout l’hivernage, ce poisson d’eau chaude est caractérisé par une coloration bleuâtre ; les lobes de la nageoire caudale, assez longs, sont d’un

(1) Cela est dû à la présence des arètes que l’on consomme.

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noir pur à leurs extrèmités ; elle est ichtyophage et planctonophage. Pêchée surtout sur la petite côte, elle est très commune dans le Sud de la presqu'île. Sa période de reproduction n’est pas déterminée. La liche glauque est appelée KHan par les Lébous.

Nos analyses ont porté sur des individus mesurant 26 em. et pesant #60 (g. environ. Les déchets sont alors de 86 p. 100, la teneur en eau 76,4 p. 100 ; les lipides, 2,1 p. 100, les protéines, 20,9 p. 100, ce qui donne une valeur énergétique de 102,5 calories p. 100. Les cendres, 2 p. 100, se répartissent en calcium : 0,04, magnésium : 0,03, phosphore : 0,68 p. 100.

Comme pour Caranx roNcus, de 26 cm. de longueur, on trouve 1,3 mg. de fer p. 100 g., la chair est rouge. Poisson intéressant À chair savoureuse, et ferme, malheureusement non présent toute l’anné le long de la côte.

Les Serranidés

Sont des poissons de grand fond, pêchés à la ligne par les indigènes, on pourrait les capturer au chalut, comme l’a signalé Posrez [73].

On y trouve de nombreuses espèces réparties surtout sur la Grande Côte ; tous sont comestibles, excellents et très recherchés. Ont été groupés par les indigènes sous le nom de Tiors (origine Lébou).

En dehors des Bars tachetés, cette famille comprend tous les « Mérous » (epinephelus), souvent qualifiés de « Fausses Morues ». [ls sont caractérisés par la présence de neuf épines à la nageoire dorsale (cephalopholis) et onze épines à la dorsale chez les epinephelus.

Nous avons étudié trois espèces :

— epinephelus aeneus, — epinephelus goreensis, — epinephelus ou cephalopholis taeniops.

Epinephelus aeneus, le Mérou bronzé, auquel est en principe réservé l'appellation de fausse morue, est caractérisé par trois lignes obliques claires que l’on remarque toujours sur les joues. Il est en général d’un gris verdâtre plus ou moins bronzé. Il vit entre 10 et 80 mètres, sa taille moyenne est de 50 à 80 cm. pour un poids de 3 à 6 kilos, les maxima enregistrés étant 97 cm. et 11,600 kilos. Il est ichtyophage, sa période de reproduction se situe entre avril et juin.

Très abondant sur la grande côte, il forme 80 p. 100 des riors pêchés à Cayar.

Les échantillons étudiés avaient 39 em, de long pour un poids moyen de 920 g., et donnaient 32 p. 100 de déchets. La teneur en eau était de 78,7 p. 100 ; la valeur énergétique, de 92,4 calories pour cent, était donnée par 1,6 p. 100 de lipides et 19,5 p. 100 de protides. 1,3 p. 100 de cendres se répartissaient en 0,045 p. 100 de calcium, 0,03 p. 100 de magnésium et 0,51 p. 100 de phosphore. Nous avons trouvé 1 mg. denere pour 100 g. de poisson.

Épinephelus goreensis est particulièrement abondant autour de l'ile de Gorée, d'où son nom, Il vit entre 10 et 40 mètres, sa taille moyenne est de 30 à 35 em. pour un poids de 4 à 500 g., les maxima enregistrés étant 38 em. pour 540 g. Pêché le plus souvent sur la petite côte, les indigènes l'ont surnommé poy, il est ichtyophage, sa période de reproduction se situe aussi entre avril et juin.

Les échantillons analysés mesuraient 30 cm. pour un poids de &45 g. et donnaient 28 p. 100 de déchets. La teneur en eau était de 78,8 pour 100 ; les lipides, de 1,4 p. 100 ; les protides, 18,1 p. 100, ce qui donne une valeur énergétique faible : 85 calories pour 100 grammes. Calcium, magnésium et phosphore avaient des taux respectifs de 0,085, 0,08 et 0,58 p. 100 ; les cendres formaient 1,8 p. 100 dé la partie consommable. Nous avons trouvé peu de fer : 0,9 mg. pour cent grammes.

Epinephelus ou Cephalopholis taeniops existe en deux colorations différentes entre lesquelles on renconîire d’ailleurs tous les intermédiaires. Un premier type est rouge vil marqué de petites ocelles noires, bleu laiteux bordé de noir. Chez un second type, le rouge est remplacé par un noir brillant, les petites ocelles sont bleu plus vif. Quelle que soit la coloration, une petite ligne bleue s'étend de l’extrêmité du museau presque jusqu’au bord du préopercule en passant au-dessous de l'œil, Il vit entre 10 et 80 m., sa taille moyenne est 25 cm. à 30 cm. pour un poids de 3 à 400 g., les maxima enregistrés étant 42 cm. pour 750 g. Nous avons étudié la variété rouge appelée KkHoNkHÉ par les indigènes : elle est ichtyophage et se reproduit en avril-juin comme ies epinephelus, précédemment étudiés.

Les échantillons mesuraient 26 cm. pour un poids de 400 g. et donnaient 23 p. 160 de déchets. La teneur en eau était de 78,9 p. 10, les lipides 0,6 p. 100, les protides 19,5 p. 104 ; donnant une valeur énergétique de 82,6 calories pour cent. Le taux de cendres était de 1,5 p. 100, réparties en 0,086 p. 100 de calcium, 0,024 p. 190 de magnésium et 0,54 p. 100 de phosphore, La chair, rouge, contenait 41,4 mg. de fer pour cent grammes.

Ces Epinephelus ont une valeur alimentaire moyenne, ce sont des poissons « maigres », à chair savoureuse, non utilisable pour la conserve alimentaire. Pêchés abondamment sur la grande côte, il serait intéressant de voir s'étendre leur consommation aux villages de l’intérieur.

Les Pristipomatidés

Sont des poissons de fond, de coloration variable, représentés sur les côtes de la presqu'île par quatre genres : oloperca, pristipoma, paraprislipoma et diagramma. Deux espèces nous ont semblé plus dignes d'intérêt : ce sont : Pristipoma jubelini, surnommée « perche de mer », pêchée surtout sur la côte Sud, et Diagramina medilerraneum, une daurade grise capturée à la ligne sur la côte Nord.

Diagramma mediterraneum est le Banpa des Ouolofs. Il est très recherché par les Africains, qui le capturent toute l’année en plus ou

La Pêche sur la Grande Côte: Dentex Filosus

La Pêche sur la Grande Côte: Dentex et Epinephelus

(Cliché Postel)

(Cliché Postel)

moins grande abondance sur la grande côte. De coloration gris-violet plus où moins foncé chez les animaux âgés, il présente des bandes longitudinales alternativement elaires £t foncées +hez les jeunes individus. 1 vit entre 10 et 80 m. Sa taille moyenne est de 30 à 40 em. pour un poids de 500 g. à 1 kg (4). Le BanDA est ichtyophage, mais l'étude de son contenu stomacal montre qu'il se nourrit aussi de crustacés et de mollusques. Sa période de reproduction s'étend de mars à juillet,

Nos analyses ont porté sur des échantillons de tailles différentes en provenance de Cayar

— individus de 25 cm., pesant 265 g. donnant 26 p. 100 de déchets. La teneur en eau est de 77,8 p. 100, les lipides 1,2 p. 100, les protides 20,3 p. 100, ce qui donne une valeur énergétique de 92 calories pour cent. Le taux de cendres, de 1,2 p. 100 se répartit en calcium 0,0 p. 100, magnésium 0,026 p. 100, phosphore 0,31 p. 100 et 1,1 mg. de fer pour cent g.

— individus de 54 em. pesant 2.600 g. environ, donnant 26 p. 100 de déchets. La teneur en eau est élevée : 80,5 p. 10 pour un taux de lipides de 1,8 p. 100 et de protides de 18,4 p. 100, Ce qui donne une valeur énergétique de 89,8 calories pour cent. Le taux de cendres est de L2 p. 100 ; calcium, magnésium et phosphore s'y répartissent à raison de 0,02, 0,03 et 0,34 p. 100. La chair des gros individus est rouge e£& contient 1,4 mg. de fer pour cent.

Chez ces Diagramma, nous constatons que la teneur en magnésium dépasse celle en calcium dans les tissus. La valeur alimentaire des échantillons est moyenne, avec une plus forte teneur en fer chez les gros individus.

Pristipoma jubelini, le Kxoroy des Ouolofs, le sompar des Lébous, (2 1 , est un poisson à corps assez élevé, avec la deuxième épine de la nageoire anale très développée et plus longue que les rayons mous de cette nageoire. Sur le dos et sur les flancs, sont disposés plus ou moins régulièrement des points brun-noir assez gros. Il vit entre 0 et 30 m., sa taille moyenne est de 20 à 30 em. pour un poids de 2 à 400 g. ; ichtyophage, limivore, il se reproduit entre avril et juin.

Les échantillons analysés mesuraient 30 cm. pour un poids de 465 # et donnaient 33 p. 100 de déchets. La teneur en eau était de 80,8 p. 100, les lipides 1,4, les protides 18,7, ce qui nous donne une valeur énergétique de 87,4 calories p. 100. Nous avons trouvé 1,7 p. 100 de cendres réparties en 0,042 p. 100 de calcium, 0,0% p. 100 de magnésium, 0,4 p. 100 de phosphore et 1 mg. 3 de fer pour cent grammes.

Les Pristipomatidés, consommés couramment par les indigènes, sont encore des poissons maigres, à chair savoureuse, avantageux, car présents toute l’année le long des deux côtes.

Les Sparidés

Nous avons là, pour la pêche indigène, l'une des familles les plus importantes, toutes les espèces étant couramment consommées sur

4) Maxima enregistrés : 62 cm. pour un poids de 3.700 g.

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la grande côte, ces poissons étant surtout pêchés à la ligne. Deux espèces dominent surtout en dehors des pagellus. Ce sont les dentex et les pagres. Ces dentex sont caractérisés par une dentition avec canines à l’une ou aux deux mâchoires, pas d'incisive ou de molaire. Nous avons étudié trois espèces : dentex canariensis et dentex filosus, très communs sur les deux côtes, et enfin dentex maroccanus, caractérisé par ses grands yeux.

Dentex canariensis est caractérisé par une coloration rouge-rosé, présentant quelques lignes longitudinales dorées, plus ou moins apparentes, une tache foncée marque l’aisselle de la nageoire pectorale, une autre se remarque à la base des derniers rayons mous de la dorsale.

C'est le cHacarona des chalutiers espagnols, le pEMBA sÈN des Lébous. Il vit jusqu'à une soixantaine de m. de profondeur et peut peser jusqu'à 2 ou 3 kg. Il est ichtyophage, il se nourrit également de crustacés et mème de mollusques testacés, se reproduit entre avril et juin.

Les échantillons analysés mesuraient 3% cm. pour un poids de 945 g. et donnaient 28 p. 100 de déchets. La teneur en eau était de 79,9 p. 100, les lipides : 1,2, les protides : 18,7 p. 100, donnant une valeur énergétique de 85,6 calories p. 100, les cendres: 2.1 p. 100, se répartissaient en calcium 0.028 p. 100, magnésium : 0,036 p. 100 et phosphore : 0,53 p. 100 ; fer 0,8 mg. p. 100.

Dentex filosus où dentex commun est le plus +courant de cette espèce. Ii a une coloration rouge plus ou moins foncée, sur un fond argenté, présente une tache foncée à l’origine de la ligne latérale où l’on compte 50 à 57 écailles. Les vieux mâles présentent le plus souvent une énorme gibosité frontale.

Appelé DIARÈGNE Où DIANKARFET par les indigènes, il a été surnom- Iné SAMA DE PHUNA par les pêcheurs espagnols des côtes mauritaniennes. [vit jusqu'à 60 m. de profondeur en compagnie de dentex canariensis. Il peut mesurer de 60 à 80 em. et peser 11 kg. Il a le même régime alimentaire et la même période de reproduction que le dentex canariensis.

Les échantillons analysés mesurent en moyenné 37 cm. pour un poids de 1.200 g. et donnent 25 p. 100 de déchets. La valeur énergétique de 82 calories p. 100 g. nous était donnée par 0,6 p. 100 de lipides et, 19,4 pour 109 de protides. Teneur en eau et cendres avaient pour valeurs respectives : 78,5 p. 100 et 1,4 p. 100. Calcium, magnésium et phosphore avaient les valeurs suivantes : 0,044, 0,033 et 0,5 p. 100. La chair rouge contenait 2,1 mg. de fer pour 100 g.

Nous avons là deux poissons très courants et très communs, pêchés toute l’année sur la grande côte avec un maximum en janvier-février. Ce sont dés poissons maigres.

Dentex ‘maroccanus est une espèce inconnue des indigènes, les échantillons analysés provenaient d’un trait de chalut. Ce sont de petites daurades roses vivant au-dessous de 80 m.

.. Les échantillons analysés mesuraient en moyenne 15 em. pour un poids de 90 g. et donnaient 28 p. 100 de déchets. La teneur en eau était

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de 80 p. 100, les lipides 2,2p. 100, les protéines 18,7 p. 100, ce qui noûus donne une valeur énergétique de 9%4,4 calories pour cent. Les cendres, 1,47 p. 100 se répartissaient en calcium : 0,021 p. 100, magnésium 0,024 p. 100, phosphore 0,36 p. 100, et 0,8 mg. de fer pour cent grammes.

L'analyse de ces poissons de grand fond a dû être menée rapidement, car ils se putréfient très vite. Ils sont plus gras que les autres dentex. Intéressants, car le chalut permet de les capturer en quantités importantes.

Les Pagres sont des Sparidés dépourvus d'’incisives, et dont les dents antérieures, fortes et coniques, sont de véritables canines. Nous avons étudié Pagrus chrenbergü. Ce poisson est caractérisé par une coloration rose-rouge, marqué de nombreux points bleus. Le mâle se différencie de la femelle par la coloration jaune de ses mâchoires. Il vit entre 10 et 50 m., sa taille varie entre 30 et 40 cm., pour un poids de 500 g. à 1 kg. (les maxima enregistrés étant de 52 em. pour 2060 g.). Ils ont le même régime alimentaire que les dentex avec prédominence de crustacés et de mollusques. Se reproduit entre avril et juin. C’est le waRan des Lébous, le xIBARO naxx des Ouolofs.

Les Pagres d’'Ehrenberg mâles analysés mesuraient 28 cm. pour un poids de 520 g. et donnaient 30 p. 100 de déchets. La teneur en eau élait de 76 p. 100, les lipides 2,2 p. 100, les protides 21 p. 100, les cendres 1,8 p. 100 se répartissaient en 0,05 p. 100 de calcium, 0,02 p. 100 de magnésium, 0,33 p. 100 de phosphore, 0,9 mg. p. cent grammes de fer. La

- valeur énergétique était de 103,8 calories p. 100 (voir photo).

Les Pagres d'Ehrenberg femelles analysés mesuraient en moyenne 22 cm. pour un poids de 280 g. et donnaient 26 p. 100 de déchets. La teneur en eau de 77,9 p. 100, les lipides 2,3 p. 100, les protéines 20,1 p. 100 nous donnaient une valeur énergétique de 100,7 calories p. 100 g Les cendres, 1,7 p. 100, se répartissaient en calcium : 0,12 p. 100, magnésium : 0,04 p. 100, phosphore : 0,45 p. 100 et fer : 0,9 mg. pour cent g.

L'étude comparée de mâles et de femelles nous montre chez les pagres d'Ehrenberg une plus forte teneur en calcium chez la femelle que chez le mâle. À part cela, les divers constituants étudiés ont des taux sensiblement identiques. Poisson à chair savoureuse, à valeur alimentaire moyenne.

Les Sciaénidés

Nous avons là des poissons de grand fond, qui effectuent des migrations inconnues, sans doute d'assez grande amplitude. Comestibles, excellents et recherchés, ils atteignent parfois des tailles impressionnantes comme la Courbine : sciaena aquila dont nous avons étudié l'huile de foie. Les Sciaénidés sont avant tout caractérisés par une nageoire anale armée de deux épines seulement et une ligne latérale qui se continue jusqu’à l’extrèmité de la nagoire caudale.

Nous avons étudié le genre wumbrina, reconnaissable au barbillon court, unique, dont est orné le menton. On peut y distinguer 4 espèces :

nous avons étudié l’une d’entre elles : umbrina steindachneri, écrite par CADENAT.

Elle a une coloration très spéciale, sur un fond brun-jaune clair, se détache une série de lignes onduleuses, irrégulières, plus ou moins anastomosées, d'un brun foncé noirâtre dans la parlie centrale (de même longueur que les bordures foncées) el d'un gris-bleu brillant.

Vit entre 40 et 40 m., abondante surtout en mars-avril-mai, taille 40 à 45 cm. pour un poids de 1000 à 1200 g. (les maxima enregistrés étant de 50 cm. pour 1760 g.).

Se nourrit de poissons et de crustacés, sa période de reproduction n'est pas déterminée. L’Ombrine est le plus souvent confondue par les Ouolofs avec les Corbs sous le nom de xuy. Elle est bien différenciée par les Lébous qui la nomment TôRÔP où TÜRÔB.

L’échantillon analysé mesurait 38 cm. pour un poids de 1100 g. avec 37 p. 100 de déchets. La teneur en eau était de 77,3 p. 100, lipides 2,3 p. 100, protides 19,7 p. 100, ce qui donnait une valeur énergétique de 103,1 calories pour cent grammes. Le taux de cendres était de 1,2 p. 10. Calcium, magnésium et phosphore s’y répartissaient respectivement aux taux de 0,57, 0,06 et 0,25 p. 100. Nous avons trouvé 1,1 mg. de'fer pour

100 grammes.

Poisson intéressant du point de vue alimentaire pour la forte teneur de sa chair en calcium. Sa très jolie coloration en fait un poisson très recherché. La chair est savoureuse, ce qui ne gâte rien.

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