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Cependant comme le dit M. Coutière ce n’est pas une raison pour rejeter à priori la possibilité d’intoxications produites par eux. Somme toute les Salmonidés sont très sujets à un certain nombre d’affections diversement graves qui peuvent donner à léur chair des propriétés plus ou moins nocives. C’est ainsi qu’une Saprolégniacée, Saprolegnia ferox bien étudiée par Robson et Stirling produit parmi eux de grands ravages.
De tous temps on a signalé des épizooties sur les Poissons, les détruisant en grande quantité et les rendant impropres à la consommation. Elles sont déterminées par plusieurs Bacilles qui ont été, dans ces derniers temps, l’objet d'importants travaux de la part de naturalistes étrangers. Le Bacrlle de la peste des Truites, cultivé par Emmerich, est de ceux-là ; et, d’après Sieber-Schoumow, Bacillus piscicidus agilis posséderait, semble-t-il, des propriétés toxiques même pour l'Homme.
CLUPÉIDÉS
Nous nous occuperons maintenant de la famille des Clupéidés, qui contient un grand nombre d’espèces utiles mais aussi quelques-unes nuisibles qu’il sera d'autant plus utile de décrire avec soin qu’elles diffèrent souvent fort peu d’autres très com-! munes et d’un usage fréquent.
Genre Engraulis
Chez les Anchois, le corps est allongé, le ventre sans carène dentelée. Le museau est avancé, pointu, la bouche très fendue, ce qui permet, au premier coup d'œil de différencier les’ Poissons’ appartenant à ce genre. Les mâchoires sont habituellement dentées, ainsi que les intermaxillaires, les ptérygoïdes et les palatins. Les os intermaxillaires sont très petits et cachés. Sur nos côtes, on en rencontre une seule espèce.
Engraulis encrasicholus Linné.— L'Anchois vulgaire ést fort répandu. On le mange rarement frais; habituellement on le sale et on le place dans des barils en ajoutant au sel 1 °/, d’ocre rouge. DES |
Ainsi que pour toutes les espèces ordinairement consommées, un certain nombre de cas d’empoisonnement par l’Anchois ont été signalés par H, Cloquet, Chevallier et Duchesne, Ponce de Léon, Kolb, etc., mais ils sont dûs à des défauts de préparation ou à la la décomposition et à des toxines de putréfaction et rentrent dans les accidents d’ichthyosisme.
Il n’en est pas de même pour quelques espèces exotiques, qui méritent de retenir plus longuement notre attention.
ÆEngraulis japonicus Schlegel. — La hauteur du tronc est contenue 7 fois 1/2 dans la longueur totale du Poisson, la tête près de 4 fois. La mâchoire inférieure est beaucoup plus courte: que la supérieure, la bouche très spacieuse. Les écailles sont grandes et minces ; la ligne latérale, peu accentuée, est droite. La dorsale est beaucoup plus basse en arrière que par devant. Les ventrales naissent un peu en avant de l’aplomb du début de la dorsale. La caudale est assez fourchue. La couleur, d’un bleu verdâtre au-dessus, passe au blanc argenté sur les parties inférieures. Les nageoires sont grisätres, la caudale tire au noirâtre.
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Valenciennes fait remarquer que cette espèce se rapproche beaucoup de Æ. ringens Jenyns, qui habite aussi le Pacifique, mais les côtes américaines.
Engraulis japonicus Günther (Atherina japonica Houttuyn) est une espèce différente. ;
Engraulis japonicus Schlegel porte au Japon le nom de « Jetareiwasi ». On lé prend en grande quantité au printemps et en automne et on le mange soit séché, soit salé.
Il provoque souvent des accidents cholériformes, surtout de juillet à septembre. Wawra, Potoknik, Maget et Godet l’ont tour à tour incriminé.
Pour Potoknik, il y aurait un certain rapport entre la consommation de ce Poisson et l'épidémie cholérique observée en 1859.
D'ailleurs on a souvent remarqué pour d’autres espèces la coïncidence de leur emploi alimentaire et des cas de choléra. Sieber-Schoumow, Lawrence-Hamilton Pont mentionnée plusieurs fois. [1 serait intéressant de rechercher si certains Pois-
LE QT
sons ne sont pas pour quelque chose dans le transport du Bactlle en virgule. Nous avons vu, en effet, tout à l’heure, qu’un grand nombre de Bacilles étaient susceptibles de se développer chez ces animaux.
Engraulis bælama Forskal. — La dorsale est en avance de l’anale. Celle-ci commence à une petite distance en arrière des derniers rayons. La hauteur du corps est contenue quatre fois dans la longueur totale (sans la caudale). Le diamètre de l'œil égale le quart de la longueur de la tête. Les dents sont partout semblables à chaque mâchoire; on en voit un petit groupe au vomer, une simple bande aux palatins. Le maxillaire est obliquement coupé en arrière. La couleur est bleuätre au-dessus, argentée sur les côtés et sur le ventre, la tête dorée.
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Il se rencontre dans la mer Rouge et sur les côtes de Zan- Zibar. On le trouve aussi dans une grande partie de l'Océan Indien.
À Massaouah, il porte le nom de € Bara ». Il vit par bancs souvent mélangé avec les espèces comestibles.
Forskal qui a décrit le premier cet animal dit qu’on le mange salé. (Tenuioris sortis homines salitam edunt...» Cependant suivant Dussumier sa chair est très vénéneuse, si on ne prend soin d'enlever la tête et les intestins, et dans ce dernier terme il faut comprendre sans nul doute les ovaires et la laitance. Un seul de ces Poissons est suffisant pour tuer un homme. Les Chiens et la volaille périssént s’ils en mangent. C'est done une espèce réellement toxique et dont on devra se méfier tout particulièrement.
Genre Clupea.
Il comprend une quantité considérable d’espèces d’où la nécessité de créer un certain nombre de sous-genres, qui ont été considérés comme des genres par beaucoup d'auteurs, mais probablement à tort, car les caractères sont trop peu fixes et parce qu’il existe une réelle affinité entre tous les animaux de ce groupe.
Ce sont des Poissons au corps allongé, comprimé latéralement,
au ventre à carène dentée, à écailles en général de grandeur moyenne. La mâchoire inférieure est plus longue que la supérieure; quand il y a des dents, elles sont rudimentaires et caduques. La dorsale est opposée aux ventrales, la caudale ourchue.
Clupea harengus L.— Toutle monde connaît le Hareng dont ‘la pêche occupe une grande partie de notre population côtière.
L'usage des Harengs conservés est d’un emploi si important dans l'alimentation que les cas de botulisme par ces Poissons avariés ne sont pas rares. Chevallier et Duchesne en rapportent un certain nombre. En outre, d’après eux, cet animal devrait être défendu aux herpétiques. Cette opinion nous paraîtexagérée.
Les accidents d’ichthyosisme ne nous arrêteront pas, toutefois nous rappelerons que dans quelques circonstances il semble que les œufs de ces excellents Poissons aient produit des accidents d’indigestion sans grande gravité d’ailleurs. Quand les Harengs ont vécu dans des eaux malpropres, sur des fonds vaseux ils peuvent aussi devenir malsains. Enfin, ces animaux sont assez souvent tourmentés par un grand nombre de parasites qui peuvent, mais dans une bien faible mesure, à notre avis, leur faire perdre une partie de leurs qualités alimentaires.
Clupea sprattus L. (Harengula sprattus Cuvier et Valenciennes, Meletta vulgaris C. V.)— L’Esprot ou Melette vulgaire des mers du Nord est un petit Poisson assez commun sur nos côtes de la Manche et de l'Océan jusqu’à la Gironde. Il est souvent confondu avec la Sardine, I n’a pas de dents sur le vomer, posséde quelques rugosités sur les maxillaires et les palatins ; sa langue est dentée. La dorsale commence au-dessus des ventrales. Cette espèce n'a guère qu’une dizaine de centimètres de longueur.
Depuis l'observation de Krüger on la cite comme susceptible de déterminer des accidents. En réalité elle est excellente, et il s'agissait d’un cas d’ichthyosisme bien net.
Clupea humeralis Cuvier et Valenciennes (Æarengula humeralisC.V.)— Les Harengules ont des dents surles mâchoires,les palatins, les ptérygoïdiens et pas sur le vomer. Chez la Haren-
gule à épaulettes la longueur de la tête est contenue environ 3 fois et 3/4, dans la longueur totale (sans la caudale). La màchoire inférieure proémine, le maxillaire s'étend au-delà du bord antérieur de l'orbite. Les yeux sont larges, plus longs que le museau. Les ventrales sont insérées au-dessous du milieu de la dorsale qui est à égale distance du museau et de l’origine de la caudale. La couleur est dorée, avec des stries longitudinales, le dos d’un bleu verdâtre. Il existé un point noir à la partie supérieure de l’opercule. Sur un exemplaire du Brésil nous relevons les nombres suivants :