LIT
Dans les cas foudroyants la mort survient presque immédiafement.
Une division plus naturelle et plus classique semble-t-il, est celle suivie par la plupart des auteurs, par Fonssagrives et Leroy de Méricourt en particulier. Ils distinguent deux formes :
1° Forme algide, (cholérique, paralytique);
2° Forme gastro-nterique.
Forme algide.— Les accidents se produisent en général très rapidement après l’ingestion des Poissons toxiques. Les leucomaïnes agissent, en effet, immédiatement après absorption. (1) D'abord le malade éprouve une sensation de constriction épigastrique, de sécheresse de la bouche et de la gorge, un vifsentiment de frayeur ; puis bientôt surviennent la päleur de la face, le ralentissement du pouls ; la douleur épigastrique s’exaspère ; il ya des nausées, quelquefois, (malheureusement rarement car c'est une éventualité des plus favorables), des vomissements, dela diarrhée, des douleurs d’entrailles. La céphalalgie augmente, en même temps qu'apparait de la mydriase. Des contractions musculaires agitent les membres ; les extrémités se eyanosent et se refroidissent. Le malade est dans un état de prostration complet ; la parole s’'embarrasse et devient incohérente ; le pouls est lent et faible, filiforme, la respiration à peine ue ; les battements du cœur sont irréguliers, intermittents. Le malheureux entre dans le coma et la mort est la terminaison habituelle de ces cas terribles mais fort heureusement assez rares.
Les accidents se déroulent quelquefois en une vingtaine de minutes à peine (Tetrodon); d’autres fois ils durent quelques heures. Ces différences s'expliquent facilement sans parler de la variabilité dans la quantité et la qualité du poison absorbé, par les diverses réactions individuelles.
Formegastro-entérique — Elle est de beaucoup la plus fréquente et ne présente habituellement pas, tant s’en faut cette gravité. Cependant elle est parfois mortelle. Après un temps
(1) Au contraire” des toxines microbiennes, ce qui fait que dans les cas de botulisme les accidents sont bien moins rapides.
plus ou moins long, le malade est pris de nausées, dè vomissements, de diarrhée, de vertiges et de faiblesse. Il existe aussi souvent comme dans la forme algide de la céphalalgie, de l’épigastralgie, des crampes, des contractures, destiraillements musculaires. On a pu noter ün certain refroidissement des extrémités et, dans quelques cas, la terminaison est fatäle. Mais en général, les troublessont plutôt concentrés du côté du tubedigestif, les symptômes généraux moins intenses et moins accusés.
Il y aurait peut-être lieu de comparer les cas de Cciguatera ), nom.que nous avons réservé Comme on sait aux désordres produits par des leucomaïnes développées chez des Poissons vivants, bien que nous sachions que les médecins espagnols des Antilles désignaient par ce terme non-seulement les accidents auxquels nous faisons allusion, mais d’autres où la putréfaction pouvait parfois être en cause, et les accidents d’ichthyosisme ou de botulisme analogues à ceux causés par le poison des saucisses et des viandes avariées. Nous avons insisté ailleurs sur ces diversmodes d'intoxication: ( Il ne faut pas confon- « dre, en effet, comme ledit M.le Professeur Gautier, lesempoi- « sonnements avec les chairs vénéneuses, dangereuses à con- « sommer à l’état frais et après cuisson avec les empoisonne- { ments occasionnés par les viandes et autres aliments séchés «et conservés, empoisonnements dûs à l’action de poisons € microbiens qui se développent dans des aliments primitive- € ment inoffensifs.»
Dans ces derniers cas,il y a toujours une période d’incubation plus ou moins longue, avant l’apparition des premiers symptômes qui se rapprochent assez de ceux observés dans la forme gastro-entérique.
L’anatomie pathologique des intoxications par « ciguatera »
repose sur trop peu d'observations pour qu’on puisse juger
d’une façon saine, des lésions produites chez l’homme par le
poison des Poissons. Les deux autopsies rapportées sont celles de Lacroix à bord du (Catinat »etde Rochas à bord du (Styx ». Elles ne suffisent pas à donner une vue d'ensemble, aussi n’insisterons nous pas, nous contentant d’y renvoyer.
Nous rappelons que quelquefois on peut être appelé à faire lediagnosticentre l’intoxication par les Poissons et le choléra.
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Les commémoratifs en général aideront à résoudre la question.
Le pronostic est comme on le voit fort variable. S'il est une quantité infinie de cas peu graves, en revanche quelques uns sont presque fatals.
Les suites des empoisonnements sont, en somme, assez différentes. Si dans la forme algide, les personnes atteintes quand elles en réchappent se rétablissent fort vite, lorsque les leuconaines ont cessé d’agir, il n’en est pas toujours ainsi dans la forme gastro- entérique, surtout dans les empoisonnements causés par des infections nticrobiennes du Poisson vivant ou mort. On note alors très fréquemment des exanthèmes, des rougeurs, des éruptions, de l’urticaire, des démangeaisons et divers troubles du côté de la peau. La desquamation épidermique revient souvent dans les observations. Le rétablissement est quelquefois fort long et certains désordres de la motilité et de la sensibilité sont extrêmement lents à disparaître.
Quant au traitement il a une réelle utilité. Il n'existe pas d’antidote connu du venin des Poissons. Les anciens auteurs, à la vérité, ont vanté le sel, le jus de citron, les acides, certaines plantes (l’Anis étoilé, entre autres); nous ne nous étendronspas sur ces moyens.
On devra d’abord comme dans tous les cas d’empoisonnement aigu essayer de débarrasser l'organisme en’ provoquant les vomissements, soit en administrant l’ipécacuanha ou l’émétique, soit de préférence en raison de la rapidité des accidents en injectant de l’apomorphine. Si on peut s’en servir, on aura aussi recours à la pompe stomacale, mais son application est souvent difficile. Les moyens ordinaires pour provoquer les vomissements ne doivent pas non plus être négligés, (barbes de plumes, doigts dans la bouche, etc). On signale souvent l'influence heureuse de lalcool à haute dose (rhum, champagne, tafia, xérès, madére, jus de canne,) toutau moins pour soutenir le malade, sinon pour neutraliser le poison.
Dans les cas foudroyants on réchauffera les extrémités à l’aide de couvertures, de frictions, de boules d’eau chaude. La position couchée est rigoureusement imdiquée.
Si la respiration s'arrête on pratiquera la respiration artificielle; les tractions rythmées de la langue nous paraissent
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