‹ Les Poissons VénéneuxChapitre 42 sur 42 · LOUE · texte numérisé non relu

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utiles en pareil cas. On se trouvera bien aussi de l’application de courants électriques enfin de tous les moyens propres à élimiver le poison, à stimuler l’organisme et lui faire passer cet état de crise qui se termine si souvent par la mort.

Le malade en étant sorti ne devra pas encore être considéré comme sauvé ; on le surveillera attentivement, on activera les vomissements et au besoin on administrera un purgatif pour débarrasser complètement le tube digestif. L'opium n’est indiqué que quand les intestins sont nettoyés à fond et complètement vidés. Bièn entendu, quelle que soit la forme de l’in- ; toxication, on se montrera très réservé dans le régime alimentaire du malade convalescent, Des mets légers, des boissons spiritueuses destinées à soutenir ses forces ébranlées seront prescrites.

Reste la prophylaxie, de beaucoup la plus importante.

Nous nous sommes suffisamment étendus, dans cet ouvrage, sur les carictères distinctifs des espèces vénéneuses pour ne plus y revenir. On fera bien de rejeter soigneusement dans les espèces réputées telles, la tête, les intestins, les organes génitaux et le foie. On les cuira avec soin. On détruira impitoyablement les Poissons plus ou moins avancés et qui ont subi un commencement de décomposition. On pourra aussi expérimenter sur des animaux la chair des Poissons dont on voudrait faire usage. Ce dernier moyen est un criterium auquel on devra avoir recours en dernier ressort, dans les cas de doute. Nous mentionnerons, simplement pour mémoire, le procédé qui consiste à porter à ses lèvres le foie crû du Poisson qui, s’il est toxique, y déterminerait une vive sensation de cuisson, et la fameuse cuillère d’argent si infaillible, au dire des ménagères.

Il faudra tenir grand compte de l'avis et de l'expérience des pêcheurs indigènes des régions où l’on se trouvera, bien qu'ils soient en général assez enclins à considérer comme vénéneuses plusieurs espèces simplement bizarres ou venimeuses. Mais, en ces matières, un excès de prudence n’est jamais nuisible.

Dans un certain nombre de localités on a pris diverses mesures prohibitives contre la vente des Poissons toxiques. C’est ainsi que Godet rapporte que, dès 1668, au Japon, des

peines sévères (la mort même parfois) étaient réservées à ceux qui faisaient Commerce où employaient le (fugu ». Maintenant on se contente d’une simple amende contre ceux qui enfreignent les règlements.

Poey ne croit pas beaucop à l'efficacité des listes de prohibition dressées aux Antilles contre certaines espèces. toxiques et les raisons qu'ils donnent paraissent excellentes : d’abord une foule d'animaux plus ou moins innocents ont été incriminés, et parce qu’il se produit une fois un cas d’empoisonnement avec un individu d’une espèce d’un usage courant et habituellement parfaitement inoffensive, on ne peut franchement pas mettre celle ci toutentière eninterdit; en outre même pour les espèces véritablement vénéneuses, on arrive à tourner la difficulté en changeant la désignation locale des Poissons défendus, car on ne peut exiger des pêcheurs et des consommateurs une détermination spécifique rigoureuse.

Reste un moyen, suivant nous d’une beaucoup plus grande efficacité, c’est celui employé au Cap pour le Tetrodon. Ilcon- | siste à exposer des exemplaires des espèces nuisibles avec la description des accidents qu’elles peuvent déterminer dans des endroits où tout le monde est à même de les examiner. Ce n’est pas là une des moindres preuves des grands services que peuvent rendre les Musées au public.

Vu : LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE, R. BLANCHARD

Vu : LE DOoYEn, BROUARDEL.

Vu et permis d'imprimer :

Le Vice-RECTEUR DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS GRÉARD

IMPRIMERIE DEVERDUN ET JAGUIN, BUZANÇAIS (INDRE)

Nine Leu

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