‹ Les Poletais, comédie-vaudeville en deux partiesChapitre 10 sur 27 · SCÈNE VIH · texte numérisé non relu

SCÈNE VIH

LES MÊMES, ANDRE, (T un air pensif,

ANDRÉ, les bras croisés.

Comment, c'est lui qu'elle aime • . . Madeleine me l'a dit. i^aperçevant Pierre et Thërèse,)M.2Xs que vois-je ! . . .

PIEKRE.

Mon frère et moi, nous nous sommes Juré de ne jamais noNS quîtlei-; s'il manquait à sa parole, peut-êlre serait-il excusable. . . mais moi , je n' peux pas manquer à la mienne, car il attend tout de moi.

ANDRÉ ,^ parti s^esuyant les jeux.

Dieu! quel brave homme de frère j'ai là... j'en pleure^ comme un enfant de deux jours. Allons il n'y a plus à hésiter^ { Faignant d'entrer, ) Ah 1 vous voilà, mes amis, je vouscherchais.

PXERRE.

Tu nous cherchais? que nous veux-tu ? parle.

ANDRÉ

Ce ne sera pas long ^ {à Thérèse qui va pour sortir, ) non, restez Thérèse, vous n'êles pas de trop. . . Pierre, je venais le faire une confidence qui me coûte beaucoup.

PIERRE

Une confidence à moi?

ANDRÉ

Oui ... ce malin encore nous nous sommes fait le serment de ne vivre que l'un pour l'autre.

THÉRÈSE

. Que veut-il dire?. . .

PIERRE

Frère, je n'ai pas oublié plus que toi ce serment, et nousl'observerons toujours.

ANDRÉ

Non. . . ça ne se peut plus, car çà ferait le malheur de Fau de nous deux.

PIERRE

Del'un de nous deux, dis-lu.

Oui, el ce un là, c'est moi.

<Ju'enlends-}e?

Toi!

THÉR-ÈSJÎ.

PIERRE

ANDRÉ

Moi-même, . . ce matin je croyais n'aimer que loi au monde. . . je me trompais. . .' l'homme né sensible ne sait jamais à quoi s'en tenir sur les passions du cœur! Enfin, frère , tu vois devant toi, l'être le plus amoureux de tout le département. . . j'aime quelqu'un , je suis fou de quelqu'un.

PIERRE

Comment , il se pourrait !

ANDRÉ

Oui 5 et comme dans toutes les affaires, on a toujours vingtquatre heures pour se décider , je viens te redemander la parole que je t'ai donnée sur le coup de neuf à dix heures, afin d'accorder à ce quelqu'un-là , le titre de ma légitime épouse.

THÉRÈSE 9 à part.

Quel espoir î

PIERRE

Thérèse ! . . . ah ! André , si tu savais. . . qu'avant toi j'étais prêt à trahir not' serment. , . et celle que j'aime. . . tiens, frèie.. . . la v'ià. . .

Thérèse ! . . . je n' m'en serais jamais douté.

( Il rit à part, )

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