SCENE VI
Lts MÊMES, PIERRE ET ANDRE.
PIERRE
Que s'passe-t-il ici?
.: D'qû peut venir cette querelle?
Ensemble aujourd'hui Pourquoi vous disputer ainsi ?
^ ANDRÉ
Ma femme est-ce toi?
THÉRÈSE
Oui.
MADELEINE
Non. ,
THÉRÈSE
Si
Je soutiens que c'est elle , C'est c'te përonelle !
MADELEI^^E.
Madame . vous en arcz menti.
JtîNSEMBLK.
Ah 1 c'est par trop fort , Quelle insolence !
Quelle arrogance !
Ah ! c'est par trop fott , Gar' si vous r'commencez encor.
ANDRÉ
Voyons, femraes, la paix. . . de quoi çà a-t-il l'air de se disputer comme des gens du peuple.
PIERRE
D'ailleurs, pour quelles raisons se fâcher comme çà entre sœurs.
THÉRÈSE
Pourquoi Madame se scandalise-t-elle à -cause de mon bonnet.
MADELFirsE.
Moi 5 ah mon dieu , vous pouvez bien -en mettre deux l'un sur l'autre, si çà vous fait plaisir. . . je n'en serai pas jalouse, allez. . . mais au moins ne soyez pas impertinente.
THÉ^viSE.
Parbleu, il faut bien parler votre langage.
ANDRÉ
Mesdames Baudry, du calme; au nom du ciel, du calm«,.. qu'est-ce que c'est donc que çà?
PIERRE
Comment , c'était là le sujet de la querelle . • . ( bas à Madeleine , la prenant à part. ) Allons , Madeleine , ne te fâche pas, je te donnerai de quoi avoir d'aussi beaux atours que Thérèse.
THÉRÈSE , le prenant par le bras , et le ramenant près
(Telle.
Qu'est-ce que tu dis à cette femme, je ne veux pas que tu lui parles.
Cette femme... dites donc, belle - sœur. . . ma femme n'est pas. . . une femme. . . entendez-vous. . . ou plutôt, c'est une femme. .. mais enfin, suilit, je m'entends.
Archives de la Ville de Bruxelles Archief van de Stad Brussel
THÉRÈSE
Pourquoi dit-elle que je te rends mallieureux ; et que lu es à plaindre.
PIERRE
A plaindre; oh I ben au contraire.
MADELEINE
Elle rabaisse mon homme, elle lui reproche son état.
THÉRÈSE
C'est un mauvais cœur qui cherche à nous £aire faire mauvais ménage.
MADELEINE
Je ne me sens pas de colère, aussi elle va me le payer.
( Les deux femmes font un mouvement pour se frapper; Pierre et André s^ efforcent de les arrêter.)
PIERRE
Thérèse. ..
Madame Baudry la jeune ^ au nom de ^autorité que j'ai sur vous. ..
MADELEINE
Laisse-moi tranquille, faut que J€ me .satisfasse. Tiens, v*lan... W^^---*-*,.^*
( Elle veut donner un souffleta Thérèse ^ etattrappe André, )
ANDRÉ
Hoie^ . . c'est moi qui l'ai reçu.
AIR : Nos maris en Palestine,
Je suis victime , je pense , D'un quiproquo bien fatal.
MADELEINE
C'était par inadvertance.
ANDRÉ
Paitne à Tcroir' ; mais c'est égal,, Çà n'en fait pas moins de mal.
MADELEINE
J'voulais m'venger à mon aise »
Sur Thérèse qu"'avait tort, J'croyais qu"* c'était elP. . .
ANDRÉ
D'accofti ; MaU quand c'eût été Thérèse, N'fallait pas frapper si fort.
PIERRE
Thérèse. . . retire-toi. . •
Mais nos visites . . .
MADELEINE
JVeux pas sortir comme çà, moi, j'u'ai pas fini ma toilette...
PIERRE
Eh bien! nous ne sortirons pas... aussi bien voilàla pluie • . . allons, rentrez. . . je le veux. . . je le désire.
( Tljérèse rentre. )
ANDRÉ, offrant la main à Madeleine,
Et vous, madame Baudry la jeune... donnez-moi cette main coupable. . . rentrez, et à l'avenir ne commettez plus d'aussi funestes erreurs. {Madeleine rentre.)