‹ Les Poletais, comédie-vaudeville en deux partiesChapitre 5 sur 27 · LES MÊMES 5 ANDRE · texte numérisé non relu

LES MÊMES 5 ANDRE

ANDRÉ, entrant, AIR : Voilà les grenadiers français.

Sur l'onde amer' passer sa vie.

Narguer les eaux et brayer Tair, Louvoyer comme un amphibie, Ramer l'été, ramer l'hyver, Et fendr' la lame comme un loup d'mer; Aux vaisseaux , pendant la tempête, Dans le j)ort frayer une retraite, 'Ne jamais craindre d'se mouiller Les -pieds, la tète ou le gosier. ., Voilà ( 4 «OIS. ) le pilote-côfier.

\] /, Même Air,

• B^fin, par un beau jour d'orage, Quitter la mer pour TAchëron ; Pour gagner le «om'brc rivage , Prendte la gdlliotte 4 Carofn ,

L'premier amiral de Pluton ; Lui dir' : mon vieux , gare ou j'te pousse. Car tu n'es qu'un marin d'eau douce. . . ït sousl'nez du vieux nantonnier Passer Feau «ans sou ni denier , Voilà ( 4 POIS. ) le pilote-côtier î

PIERRE

Finiras- lu , chanteur éternel?

ANDRÉ

Que veux-tu? l'eau salée et la n.usique, voilà mes deux élémens. . . ,e ne sors pas de là; aussi m'ont-ils tous surno.nml sur celle côte poissonneuse, le Sansonnet des bateaux ' cheurs, et le Rossignol du parc aux huîtres. ''""^^'«-I*"

PIERRE

C est bien, mais il m€ semble que tu aurais nu r^n;.. u ter avec moi, M. le Hossiguol duVarc aux "u/ties. '^'''

, ANDRÉ

J'eusse eu raison, frère.. . mais j'avais des ccm,-^^- \ c ■ dans la ville, des affaires importantes à lerm.nl et ''

nola.re, M. Galifet, le brou.lle-ménagede TCd..o V">'" a. d.t de passer cheux nous dans la Journée parce ' ' vais des conseUs à lui demander. Tiens l'v'ÛTi H" V"

PIERRE

Eii! qu'est-ce que t'allais faire chez M. Galifei?

C est des choses de conséquence , auxaueljf s u, ,.' . i rien ; d'ailleurs il me traite en voisin , je h donue "n T '"'^î par consultation. ^ ^^ ^'^ homard

• p PIERRE.

Mais enfin sur quoi as-tu été le consulter?

ANDRÉ

burdes réflexions philosophiques. . des u]U< ^»; .• à mon état de Pilote-côtier. VoLtu, m bea^,^^ T""'-' sije ne dois pas faire un plongeon au ioa^ulCn él^i^ et quand on est exposé â prendre son passeport ni ^ fair^le^grand voyage , il faut avlir soin de aieCr Ïa^r:

PIERRE

Le grand voyage. . . Allons, André, pas de ces m.tc v c'est trop triste. M «*^ "c ces mots - la ,

Les Poleiais.

ANDaÉ. /

AIR : De Préville et Taconnel.

Laiss^ donc tratiqulil'; celte idée au con

Me fait chérir Tétat d* pilote-côtier.

Et puisqu'un jour faudra nous quitter, frère,

Çà m'donn- respoir de partir le premier. ( bis.

PIERRE

André , tais-toi , tu n*es qu*un égoïste ; Partir, je Tsais, c'est la comipune loi. Mais j'suis Taîné , tu m'dois le pas , je croi .... Si l'sort m'a mis le premier sur la liste. Tu n'as pas le droit de partir avant moi.

1j' fait est qu'il ne faut pas penser qu'à son avantage ; au surplus, si je fais le plongeon en question ; dis donc, frère, tu n' sais flp, quand tu iras en mer, et que tu verras un reauin t'ôteras ton chapeau et tu diras : salut! v'ià peut-être le tombeau de mon frère qui passe.

PIERRE

Allons, voyons, tais-toi, v'ià la troisième fois que tu me parles de çà . . • tu ne sors pas ton requin , toi , . . à table , c'est plus consolant ...

ANDRÉ

C'est possible... tiens, justement, voilà le couvert mis. ( flairant un plat.) Oh! les agréables an douillettes ! quelle odeur! çà embaume, quoi!. . . moi aussi j'ai pensé au déjeûner.. . j'ai commandé à Madeleine, la petite pêcheuse du Polet une assiet^te de ces aimables salicoques qu'elle fait si bien • c'est bon , les salicoques, j'aime les salicoques, . . je suis fou des salicoques , moi çà me rappelle mon élément.

PIERRE

Eh bien ! Thérèse, tu n'as mis que deux couverts?. . . à quoiqu' lu penses? et toi?

THÉRÈSE

Meici , Pierre; ce matin je n'ai pas faim.

ANDRÉ

Ah î j' n'ai pas faim ! c't' expression î je n' connais pas çà , moi, çà n'est pas français. Eh bien , versez - nous à boire, Thérèse.

( Elle leur ifcrse du vin , et sort. )

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