A MENOU ET A FRIANT
couronné ses efforts, on doit l'attribuer au peu de moyens que nous eûmes sous la main pour une semblable circonstance. — L'équipage du bâtiment g-rec pris par les Anglais s'est sauvé. Je ne puis m'empêcher de vous observer, Général, que l'on n'a pas suffisamment pourvu à la défense du boghaz. Deux chaloupes canonnières sont les seules sur qui l'on peut compter; quant aux djermes i armées, ces bâtiments sont si fragiles qu'ils couleraient bas au premier coup de canon. Il y faudrait établir des batteries solides sur les deux rives. Ces rives sont très marécageuses dans une certaine saison, copendant il n'est pas impossible d'y pratiquer un ouvrage solide. — Salut et respect. Zayonchek.
Le général de brigade Zaj^czek au général divisionnaire Priant ^
Ce 21 pluviôse an IX (10 février 1801), à Rosette.
Général, je vous ai mandé hier par un exprès qu'une trégate anglaise s'était engravée vis-à-vis boghaz de Rosette. A cinq heures et demie du soir elle est parvenue à se dépêtrer en jetant à la mer beaucoup de ses effets. Nos pilotes et nos marins cherchent à découvrir ces effets. Je ne cessarai de vous répéter, Général, que notre boghaz est mal détendu. Notre sûreté de ce côté-là est dans les bancs de sables. Nos embarcations armées qui y sont postées ne tiendraient pas un quart d'heure contre une attaque vive. Il nous faudrait absolument quelques batteries solides sur les deux rives. J'ai bien regretté hier de ce que celle qu'on avait projetée sur l'îlot n'a pas été exécutée, elle aurait pu toudroyer la frégate engravée.
Le bâtiment grec qui s'est sauvé, va entrer à Rosette; on le remonte à la corde, vu que le vent de sud règne depuis deux jours. L'équipage de l'autre bâtiment grec qui a été pris par les Anglais, s'est sauvé avec le capitaine, ils sont ici très affligés de leur perte.
Je ne puis m'empêcher de rendre justice au citoyen Brun,
Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut., donation Priant, 3.
432 ZAJACZEK '}
commandant de la marine. Il a déployé toute l'activité possible dans cette occasion, et si le succès n'a pas répondu à l'attente, il ne faut s'en prendre qu'au peu de moyens que nous eûmes sous la main. Comme il ne fait que revenir du boghaz, il n'a pas eu le temps de me faire son rapport, je vous l'enverrai par la première poste. — Je vous salue.
Zayonchek.
Menoa ^
Ce 1 ventôse an IX (20 février 1801), à Rosette.
Général, l'effendi de Rosette m'a demandé une lettre pour vous. Vous le connaissez mieux que moi. Il va au Caire, pour obtenir la fixation des droits qu'il lui est permis de percevoir. Du reste je n'ai rien à dire sur sa conduite présente, mais il a beaucoup d'ennemis. — Salut et respect.
Zayonchek.
Zajqczek, général de brigade, au général en chef
Menou 2.
Ce 5 ventôse an IX (24 février 1801), à Rosette.
Général, j'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 28 du mois passé 3. — J'ai remis les incluses à leurs adresses. Celle pour le général Priant lui a été envoyée par un exprès. — Le sarcophage est déjà à Alexandrie. La barque qui portait ce monument s'était arrêtée au boghaz pendant quelques jours. Des vents contraires et le voisinage des Anoflais nécessitèrent ce retard.
1 Arch. h. de la Gu., A. d'Orient, aut.
2 Arch. h. de la Gru., A. d'Orient, aut.
' Beg., lettre G. 2. Menou à Zajaczek, 28 pluviôse IX (17 février): Lui demande si une djerme chargée d'un beau sarcophage qui doit être transporté à Alexandrie, de là en France, est arrivée à Rosette. Lui recommande les soins les plus actifs pour se préserver de la peste.
A MKNOU 433
Tous les moyens possibles sont nnis en usage pour surveiller nos côtes. Postes, vigies, patrouilles sont ordonnés à cette fin. Nous ne pouvons pas manquer d'être avertis à temps si jamais l'ennemi tente un débarquement ou un mouvement quelconque.
La ville de Rosette a été jusqu'à ce moment-ci, préservée de la contagion. Je ne puis que rendre justice au citoyen Sotira, employé au lazaret de la quarantaine. Nous devons beaucoup aux soins et à l'infatiguable vigilance de ce médecin.
Je ne vous parle point, Général, de la perception de l'imposition des scheiks, mais je ne tarderai pas à vous en faire mon rapport. Le collecteur doit rentrer incessamment.
Le citoyen Piron chargé du recouvrement du miri est en quarantaine. Il m'a demandé d'avoir un détachement aussitôt qu'il en sera sorti. Je ferai mon possible pour le satisfaire malgré la faiblesse de ma garnison. — Salut et respect.
Zayonchek.
Le général de brigade Zaj^czek au général en chef
Menoa ^
Ce 13 ventôse an IX (4 mars 1801), à Edkou^.
Général, le général Priant m'a ordonné de vous informer journellement des événements qui auront lieu dans cette partie du pays où je me trouve, ou qui y parviendront à ma connaissance.
En conséquence de cet ordre j'ai l'honneur de vous faire part. Général, que dans la journée d'aujourd'hui l'ennemi n'a ifait aucun mouvement. Le vent est presque tempétueux et tant qu'il régnera, l'ennemi ne pourra hasarder le débarquement 3.
1 Archives hist. de la Gu., A. d'Orient, aut.
* Barré: Rosette.
' Voir: De V Egypte après la bataille d' Héliopolis et considérations gé- Inérales sur V organisation physique et politique de ce pays— par le général
ide division Beynier (Paris, an X — 1802), Mémoires du comte Beynier
■ Campagne d'Egypte, II partie (Paris, 1827), L. Beybaud VIII, 181—414, Victoires XIV, 21—117, Martin II passim, Corr. XXX, 143—64. Les Polonais en Egypte. *'*'
434 ZAJ^CZKK
Je suis réuni au général Delegorgue depuis hier, nous prîmes position à Edkou. Nous y attendons les garnisons de Menouf et Samannoud. Nous avons un poste de cavalerie à la Maison carrée. La troupe est on ne peut pas mieux disposée, elle l'a toujours été, mais les dernières nouvelles de France l'ont électrisée. — Salut et respect.
Zayonchek.
Le guetteur des signaux de la Maison carrée croit que le nombre des bâtiments ennemis a diminué depuis hier. Mais il n'en est pas certain parce que le temps est trop brumeux.
Le général de brigade Zaj^czek au général en chef
MenovL ^
Ce 14 ventôse an IX (5 mars 1801), à 6 heures du soir, à Edkou.
Général, la journée d'aujourd'hui n'offre rien de nouveau pour vous être rapporté. Le vent constamment trop fort empêche le débarquement.
L'ennemi garde toujours la même position. Il est couvert par rîle d'Aboukir. Entre 11 heures et midi quatre bâtiments se sont détachés du gros de la flotte, et ont louvoyé à l'est. La garnison de Menouf, ni celle de Samannoud ne nous ont point encore rejoints 2. — Salut et respect.
Zayonchek.
* Arch. h. de la Gu., A. d'Orient, aut.
* Beg., corr.y lettre H. 2. Menou à Zayonchek, 5 mars: L'informe que les troupes marchent à grandes journées pour le renforcer. Lui rappelle que la ville de Rosette ne doit être évacuée qu'à la dernière extrémité. Le remercie des soins qu'il a pris de sa femme.
Le général de brigade Zaj^czek au général en chef
Menou ^
Ce 15 ventôse an IX (6 mars 1801), à 6 heures du soir, à Edkou^
Général, encore rien de nouveau. L'escadre ennemie est toujours dans la même position. Cependant nous y vîmes ce matin du mouvement, moyennant lequel il nous a paru que l'ennemi s'est approché un peu de la côte. Ceci a déterminé le départ du général Delegorgue pour la Maison carrée avec la moitié de l'infanterie et une pièce de campagne, il y est allé trouver soixante dragons du S'"''.
Je puis me tromper, mais je crois que s'il y a des probabilités que, l'ennemi peut effectuer une descente au bhogaz de Rosette, à la côte d'Edkou, ou entre les deux lacs 3, il y (a) presque une certitude qu'il cherchera à débarquer sur la côte d'Aboukir. S'emparer du fort d'Aboukir, tenter un coup de main sur Alexandrie, agir sur un terrain qui lui est déjà connu, sont des avantages qu'on ne sacrifie pas pour un pays inconnu, et qui ne présente aucun abri pour la flotte*.
Nous reconnûmes dernièrement le chemin qui se trouve entre les deux lacs et qui conduit à Birkete. Il est praticable pour l'artillerie. — Salut et respect. Zayonchek.
Nous recevons des nouvelles des bataillons du Delta, ils nous joindront peut être demain.
Le vent a baissé et la mer est plus calme.
* Ârch. h. de la Guerre, A. d'Orient^ aut. 2 «Edeon» dans texte original.
» Madieh et Edkou.
* Voir: Rapport sur le fort projeté pour Aboukir (La Jonquière V, €86—7). «Importance d'Aboukir: La presqu'île d'Aboukir est un des points de débarquement le plus favorable par la sûreté de la rade (la meilleure de celles qui sont sur les côtes nord de l'Egypte); par la forme de la presqu'île qui en rend la défense facile; par le voisinage du lac Madieh tout à l'avantage de la puissance maîtresse de la mer, et par la proximité d'Alexandrie, place sur laquelle les Anglais tâcheront toujours de diriger une partie des forces de nos ennemis turcs ou européens>. C'était l'opinion commune d'officiers commandant le génie (Sanson et Bertrand).
436 ZAJACZEK
Le général de brigade Zaj^czek au général en chef
Menoîi ^
Ce 16 ventôse an IX (7 mars 1801), à six heures du soir, à la Maison carrée.
Général, dans mon rapport d'hier je n'ai pas pu vous mander que l'Anglais a cherché d'intercepter notre communication avec Aboukir. La nouvelle m'en est venue trop tard. Deux chaloupes canonnières anglaises s'étaient approchées à cette fm de la bouche du lac Madieh. Elles jetèrent à terre une quarantaine d'hommes. Ce détachement a courru sur notre ponton et sur la chaloupe qui y est pour sa défense. Mais 25 grenadiers de la 61™'' leur firent rebrousser le chemin. Une vingtaine d'Anglais y périrent, nous n'eûmes pas un seul homme de blessés. Les chaloupes ennemies s'éloignèrent aussitôt.
La journée du 16 a commencé par la même manœuvre de la part de l'ennemi. Une de ses chaloupes tire sur les passants et gêne la communication.
Nous aperçûmes dans la matinée des embarcations anglaises transporter les troupes des bâtiments de guerre sur ceux de transports qui sont les plus prêts de la côte. A mesure que ces bâtiments de transport étaient remplis, ils mettaient à la voile et s'approchaient d'Aboukir. Une musique bruyante se faisait entendre pendant que les chaloupes avec de la troupe filaient devant la flotte.
Tous leurs efforts paraissent se porter sur Aboukir. Cependant je ne crois pas qu'ils tentent cette nuit le débarquement, il fait un vent trop fort pour cette opération 2. Hier, la nuit
* Arch. h. de la Ch*., A. d'Orient, aut.
* Beg., corr., lettre H. 2. M en ou à Zajî^czek, 10 mars 1801: Il pense qu'il doit avoir reçu actuellement tous les renforts, et qu'il sera en état de bien recevoir les Anglais. Lui demande de donner souvent des nouvelles. — 11 mars: Il pense que si les Anglais n'en font pas plus que dans la journée du 16 ventôse, on en aura bon marché. Lui recommande le passage du lac Madieh. L'armée turque en Syrie est dans le plus grand délabrement. — liousseau 399. M en ou à F riant, le 11 mars 1801: «....Je vous recommande de la manière la plus positive le passage du lac Madieh.... Le général Zaj^czek pourrait aussi mettre une pièce de son côté pour défendre l'entrée du lac...»
a été extrêmement calme et cependant l'ennemi n'a rien entrepris. Nous attendons les bataillons du Delta, ils sont en mouvement depuis le 13. — Salut et respect.
Zayonchek.
Zajqczek au général en chef Menou \
Ce 17 ventôse an IX (8 mars 1801), à la Maison carrée, à....^ h. du matin.
Général, l'ennemi a débarqué, et a soutenu un combat très vif. Les nôtres se retirent sur Alexandrie. L'Anglais prend la position sur les hauteurs d'Aboukir. Au moment où je vous écris ses troupes de terre s'emparent du poste sur le lac Madié où est la traille. Le général Priant ne m'a donné aucun ordre, en cas d'un événement, comme celui-là. Je voudrais faire filer la cavalerie que j'ai, sur Biket^. J'ignore encore ce que je pourrais faire. — Salut et respect. Zayonchek.
A la Maison carrée, le 17 ventôse an IX (8 mars 1801), à trois heures et un quart de relevée.
Général, je viens de recevoir l'ordre par le moyen d'un signal de marcher sur Alexandrie ^ Je m'y porte à l'instant et je m'empresse de vous en prévenir.
1 Arch, h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.
12 L'heure manque.
» Probablement: Berket Gitas.
* Arch. h. de la Gmerre, A. d'Orient.
» Reynier: De V Egypte... 198: «Le bataillon de la 75% le détachement ., de la 2ô« et le 3« de dragons qui étaient à Edkou. reçurent, par des si- \ gnaux, l'ordre de venir à Alexandrie; d'après une mauvaise interprétation de cet ordre, la Maison carrée, poste fortifié, important à conserver pour défendre le passage de la bouche du lac, fut évacuée et démantelée.»
Heynier. Mémoires 335 (pièces justificatives: notes du général ♦**):
438 ZAJACZBK
Je vous ai déjà mandé ce matin la descente des Anglais, le combat très vif que le général Priant leur a livré et la rétraite de ce dernier sur l'Alexandrie. J'espère que cette lettre vous est parvenue. — Salut et respect.
Zayonchek.
Le général de brigade Zaj^czek au général en chef
Menou ^
Au camp sous Alexandrie, le 2 prairial (22 mai 1801).
Mon Général, j'ai l'honneur de vous prévenir que dès les 5 à 6 heures du soir huit barques anglaises sont abordées à la droite de leur camp et ont paru prendre des hommes, après quoi elles ont repris le large et ont marché vers leurs bâtiments. La vedette du bord de la mer a vu luir des armes dans les barques.
Le capitaine, commandant la grande garde, a dit avoir remarqué plus de mouvement qu'à l'ordinaire dans le camp ennemi.
Ce soir vers la fin du jour trois ou quatre cents hommes ont marché le long de la mer drapeau déployé et la musique à leur tête; la nuit a empêché de savoir ce qu'ils étaient devenus 2.
Zayonchek.
«Le général Zaj^czek avait proposé au général Friant de réunir les corps que chacun d'eux commandait, pour multiplier les moyens de résistance au débarquement. — Pendant cette affaire d'Aboukir le général Zaj^czek était posté à la Maison carrée avec cinq cents hommes d'infanterie et le 3« régiment de dragons; lorsqu'il en apprit le résultat, il se rendit à Alexandrie pour aider le général Friant à couvrir cette place. — D'une seule marche le général Zaj^czek se rendit à Alexandrie en passant entre les lacs Madieh et Maréotis.»
* A. h. de la G., A. d'Orient.
' En marge: Renvoyé aux lieutenants- généraux Friant et Rampon pour examiner le rapport. Le général en chef Abd. Menou.
Zaja^czek au général en chef Menou, à Alexandrie \
Ce 12 prairial an IX (1 juin 1801), au camp à Alexandrie.
Mon Général, je rougis de vous entretenir des contes, mais dans mille et un que je vous communique il s'en trouvera peut être un de vrais. — Voici ce qu'ont dit les vedettes dans la journée. Smith * est parti avec une division de l'escadre. Les Français sont maîtres de la Sicile. Il est question dans l'armée anglaise de se rembarquer. — Ce qu'il y a de certain c'est qu'ils palissadent leurs batteries. — Salut et respect.
On ne sait^ pas où est allé Smith.
Zajqczek au général en chef Menou, à Alexandrie \
Ce 12 prairial an IX (1 juin 1801), au camp d'Alexandrie.
Mon Général, les coups de canons que l'on a entendus cette nuit ne sont autre chose que les coups de hache ou de mar teau donnés sur un des bâtiments anglais, qu'ils ont réparé pendant la nuit.
Une des vedettes anglaises a dû dire aux nôtres qu'ils avaient l'ordre de tirer sur vous. Général, lorsque vous viendrez aux avant -postes. Je n'ai pas pu encore bien examiner ce rapport; je vous informerai plus tard de ce que j'en apprendrai.
Les vedettes anglaises ont dit également que leur armée redescendait, qu'ils nous ont pris beaucoup d'effets à Giza ^ mais qu'ils n'ont pas pu se rendre maîtres du Caire, ils ajoutèrent qu'ils avaient beaucoup de malades. — Salut et respect.
Zayonchek.
* A. h. de la G., A. d'Orient, aut.
^ «Schmite» dans texte original.
' «sçait».
* Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut. 5 Gizeh.
440 SÎAJACZEK
Zaj^czek au général en chef Menou, à Alexandrie ^
Ce 13 prairial an IX (2 juin 1801), au camp d'Alexandrie.
Mon Général, quatre à cinq cents hommes de l'infanterie anglaise sont entrés dans leur camp par la digue. Ils venaient du côté de Beda^. Salut et respect.
Zaj^czek, général de division, commandant la cavalerie, au général en chef Menou^.
Au camp sous Alexandrie, le 14 prairial (3 juin 1801).
Mon Général, j'ai l'honneur de vous adresser ci-joint l'état des besoins du 14"™^ et IS"*^ régiment de dragons, ainsi que des hommes existant au dépôt d'Alexandrie. J'aurais désiré pouvoir exiger d'eux qu'ils se procurassent les bidons qui leur manquent, regardant cette chose indispensable pour la route.
Le 14"^ n'a point sa caisse ici, et le 18""^ dit n'avoir pas le sou. Serait -il possible, mon Général, de faire toucher à ces corps, en à compte sur leur masse d'entretien, 5 à 6 =j= avec lesquelles ils feraient l'achat de bidons qui leur manquent, et pourraient faire travailler aux préparations de leurs selles. — Salut et respect. Zayonchek.
Le général de division Zajqczek (à Menou*).
Au camp, le 18 prairial an IX (7 juin 1801), à 10 h. du matin.
Mon Général, un dragon du 14™^ vient encore ^ de passer à l'ennemi. J'ai lieu de croire actuellement au complot dont vous a parlé l'adjudant commandant Sénécal.
Zayonchek.
* Arch. h. de la Gu., A. d'Orient, aut > El-Beidah.
' Arch. h. de la Cru., A. d'Orient.
* Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient.
* Beg., lettre, L. 2, f° 6 et 19. Menou à Zaj^czek. Alexandrie, 28
A MKNOU 441
Zaj^czek (à Menou ^).
Ce 21 prairial an IX (10 juin 1801), au camp d'Alexandrie.
Mon Général, j'ai l'honneur de vous prévenir qu'une barque anglaise sortie du lac Madieh s'est approchée à quinze pas de notre petit poste, l'officier a fait faire feu, et on y a tué un Turc bien vêtu, à grand turban. La barque a viré de bord aussitôt, elle est rentrée dans le lac Madieh. — Les vedettes anglaises se plaignent beaucoup des Arabes. — Salut et respect.
Zayonchek.
Zaj^czek, général de division, au général en chef Menou, à Alexandrie^.
Au camp d'Alexandrie, Je 23 prairial an IX (12 juin 1801).
Mon Général, il paraît, d'après les propos de vedettes anglaises, qu'il y a eu une affaire très meurtrière entre l'ennemi et les nôtres. Cinq cents, Anglais restèrent sur le champ de ba-
mai: Se plaint de ce qu'un dragon en vedette est déserté sans que personne en soit instruit à temps pour changer le mot d'ordre. — 7 juin: Il accorde au \¥ régiment de dragons la permission de reprendre son service et consent à ne pas le déshonorer aux yeux de l'univers en faveur de ses services passés. L'invite à lire cette lettre au \¥ régiment de dragons.
Voir: Journal d'un dragon d'Egypte (14*^ dragons) (Paris, 1899) p. 158: «Les Anglais... se contentent d'engager les nôtres à la désertion, leur promettant des récompenses et le retour dans leur patrie. ~ Le découragement gagne lésâmes les plus fermes». 160: «Dans ces tristes circonstances une vraie panique s'est emparée de la plupart des gens. Les Maltais et les Grecs désertent chaque jour en grand nombre>. 165: «Les défaillances se multiplient... de jour en jour... Notre brave régiment inaccessible à toute trahison, n'en est plus lui-même à l'abri, et dans la nuit du 3 au 4 juin deux de nos vedettes, les dragons Compagne et Desbille ont passé au camp anglais... Le même soir le général Menou retira au régiment l'honneur de fournir les avant-postes et ce fut quatre jours seulement après ce triste événement qu'il se rendit à nos supplications, et, en faveur des services passés, consentit à nous replacer à l'avancée de l'armée».
* Arch. h, de la Gru., A. d'Orient, aut.
2 Aroh. h. de la Gri*., A. d'Orient, aut.
taille et quinze cents hors de combat furent envoyés à Rosette. Ils perdirent un général. Les vedettes disent que c'est l'attaque de Gizeh qui leur a été ci fatale. — Ils disent que les Arabes leur égorgèrent près de 300 hommes, et que tous les villages tirent sur eux lorsqu'ils s'en approchent. — Un Irlandais a promis de déserter de chez eux après -demain. Il y a cinq jours qu'ils ne reçoivent pas d'ordre de jour de l'armée. Ils disent que leurs officiers sont très consternés. Demain ils doivent nous envoyer trois de nos cantinières. — Salut et respect.
Zayonchek.
Zaj^czek au général en chef Menou ^
Ce 27 prairial an IX (16 juin 1801), au camp.
Mon Général, les officiers anglais ont dit aujourd'hui à nos vedettes que la paix est sur le point d'être conclue. Les vedettes anglaises ont dit aux nôtres que nous allions recevoir incessamment du secours et que dix mille Français ont déjà débarqué, mais ils ne disent pas où. — Salut et respect.
Zayonchek.
J'ai remis au citoyen Lataste ^ 25 4=.
Zaj^czek, général de division, au général en chef
Menou \
Au camp d'Alexandrie, le 30 prairial an IX (19 juin 1801).
Mon Général, les vedettes anglaises disent que leur général en chef^ est revenu du Caire. Il a été hier et aujourd'hui de grand matin reconnaître notre position. Il s'est arrêté assea longtemps à observer notre droite. — Le vieux embocheur a dit à une des nos vedettes qu'ils viendraient bientôt manger
2 payeur de l'armée.
' Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.
* Hutchinson.
notre soupe à Alexandrie. — Hier vers le soir il est entré dans le camp anglais trente chameaux escortés par près de 400 hommes d'infanterie. — Salut et respect.
Zayonchek.
Zajqczek (à Menou^J.
Ce 7 messidor an IX (26 juin 1801), au camp.
Mon Général, les Anglais que l'on vous a annoncés au nombre de quatre cents hommes, sont tout au plus deux cents. La moitié de ce détachement travaille, et l'autre reste prête à prendre les armes ayant leur pièce mise en batterie. Je croierais qu'ils ne quitteront plus ce poste, ou ils n'entendent guère à leur métier. La digue qu'ils cherchent à établir, se 'trouve si près de nos postes que d'un moment à l'autre nous pouvons la rompre par un coup de main. Ainsi ils doivent la j garder constamment. Cependant tout ce qu'ils font pour emi pécher l'eau de séparer notre droite de leur gauche prouve qu'ils ont un plan fait pour nous attaquer par notre droite.
Je croierais, mon Général, qu'il faut renforcer notre poste sur les hauteurs, non seulement de nuit, mais même de jour. Si Ton pouvait retrancher cette position cela ne serait que mieux; ce travail ne pourrait s'exécuter que la nuit vu le voisinage de l'ennemi. — Salut et respect,
Zayonchek.
IZaj^czek (à Menou^).
Ce 10 messidor an IX (29 juin 1801), au camp. Mon Général, vous avez tant de bontés pour moi que j'ose DUS entretenir d'une affaire qui m'est purement personnelle. J'ai une femme à Paris. Je désirerais la mettre à l'abri de la misère. A cette fin je lui ai envoyé, dans la lettre dont vous
* Arch. h. de la Gu„ A. d'Orient, aut. ' Arch. h. de la Gu., A. d'Orient, aut.
444 ZAJ^OZEK
avez eu la bonté de vous charger, le billet de versement de 25 4= ^ francs. Outre cette somme j'ai encore donné avant hier au citoyen Lataste 13 mille francs. Je souhaiterais d'y joindre comme versement tout ce qui m'est dû de paye depuis le mois de pluviôse. Si vous daignez. Général, autoriser le citoyen Lataste de faire cette opération avec moi, vous me soulageriez d'un grand poids. L'inquiétude que j'éprouve sur l'existence de ma pauvre femme me fait passer quelque fois de tristes moments. — Veuillez, mon Général, agréer mes excuses sur la hardiesse que je prends de vous importuner pour une affaire de cette espèce. — Salut et respect. Zayonchek.
Zaj^czek au général en chef Menou, à Alexandrie ^,
Ce 13 messidor (2 juillet 1801), au camp.
Un officier anglais, mais Français de nation, de la Normandie, vient de dire ce soir à un de nos officiers du 18^ que le bruit de la prise du Caire ^ était faux, et qu'on l'a répandu* moins pour affliger les Français que pour relever le courage des Anglais qui sont très abattus. Le même officier a dit encore qu'il ne reconnaît pas des compatriotes dans la constance qu'ils mettent à vouloir vivre dans un aussi triste pays que l'Egypte. — Salut et respect. Zayonchek.
Zaj^czek au général en chef Menou ^
Ce 14 messidor an IX (3 juillet 1801), au camp.
Mon Général, les Anglais sont très intrigués de nos réjouissances^. Leurs officiers en demandèrent aux nôtres la raison.
1 = mille.
' Voir: Convention pour l'évacuation de l'Egypte par le corps de troupes de l'armée française et auxiliaires aux ordres du général de divi' sion Belliard, conclue.... 8 messidor IX à midi (27 juin 1801) {Cour, de VEg., dernière page, Victoires XIV, 89—94).
4 Victoires XIV, 101.
5 Arch. h. de la Gu., A. d'Orient, aut. " Journal d'un dragon 167.
A MKNOU 445
Un de nôtres a répondu que nous célébrions la prise du Caire. Ce qui a fait rire les Anglais. Ils admirèrent la gaieté française et s'en allèrent.
Leurs vedettes ont dit aux nôtres qu'un de nos chirurgienmajors a déserté ce matin chez eux, reste à savoir si cela est vrai. — Salut et respect. Zayonchek.
Zaj^czek (à Menou^).
Ce 28 messidor an IX (17 juillet 1801), au camp.
Mon Général, en cas que vous ayez besoin d'un beau cadeau pour quelque Turc ou Arabe, j'ai une superbe pelisse de ! martres zibelines qui est à vos ordres. — Salut et respect.
Zayonchek.
Zaj^czek, général de division, au général en chef
Menou ^
A Alexandrie, le 11 thermidor an IX (30 juillet 1801).
Mon Général, si vous saviez, combien je suis éloigné de l'esprit de discorde, vous me plaindriez d'être dans le cas de Vous annoncer que je ne puis plus servir avec le citoyen Sénécal que vous avez nommé chef de l'état major de la cavalerie. Cet homme, brouillon par caractère, médisant de tout le monde, est encore mauvais Français; il n'y a pas de malheur qu'il ne prédise, de terreur pour^ les vrais Français qu'il n'annonce, en un mot il est digne de servir sous Belliard. Je rougirais de vous faire le petit détail des mauvais procédés de cet homme. Je lui pardonnerai le tout, s'il était bon Français, hiais ne l'étant pas, je vous prie. Général, de me dispenser de servir avec lui. Je lui ai annoncé aujourd'hui que je n'avais pas besoin de lui pour commander le service de la cavalerie, mais
* Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut. 2 Arch. h. de la Gruerre, A. d'Orient, aut. ^ cpar» dans texte original.
446 ZAJACZEK
en cas que vous trouviez que j'ai mal fait, et qu'il y soit nécessaire, veuillez bien permettre que je renonce au commandement de cette arme. — Salut et respect.
Zayonchek.
Zaj^czek (à Menou^).
Ce 11 thermidor (30 juillet 1801), au camp.
Mon Général, je viens d'être instruit par la garde descendant, que le bruit court chez les Anglais que la flotte française a passé le détroit de Gibraltar et se trouve dans la Méditerranée. — Salut et respect. Zayonchek.
Le général de division de cavalerie Zaj^czek au général en chef Menou l
(12 thermidor an IX, 31 juillet 1801 3).
Mon Général, le porteur de cette lettre est le citoyen Quinton, fourrier dans le 14^ rég. des dragons. Les sentiments de civisme et de l'honneur qu'il a témoignés dans l'entretien qu'il a eu avec un officier anglais le rend d'autant plus recommandable, que malheureusement nous voyons peu d'attachement à la gloire nationale, même parmi les personnes d'un grade relevé. — Le citoyen Quinton est d'ailleurs connu dans son corps pour un homme très zélé à remplir son devoir. — Salut et respect. Zayonchek.
Rapport à V état-major général (division de cavalerie^)
du 20 thermidor (8 août 1801).
Un dragon monté pris par l'ennemi, et le citoyen Guyard, capitaine, commandant du poste, mis aux arrêts par le gé-
* Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut. 2 Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.
' Lettre sans date, classée aux archives dans le dossier de 31 juillet.
* Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.
néral Zayonchek pour ne l'avoir pas prévenu de ce qui se passait à son poste.
Un dragon monté rentré d'Alexandrie.
Un cheval de troupe mort.
Appel du soir: il ne manque personne.
Le général de division Zayonchek.
Zajqczek (à Menou ^),
Ce 30 thermidor an IX (18 août 1801), à l'Embarcadaire.
Mon Général, après une triple reconnaissance que nous avons faite ce matin, il paraît constant que l'ennemi travaille à se retrancher. On ne lui voit point de cavalerie, nous venons cependant de découvrir un homme à cheval sur un mamelon qui avait Tair d'une vedette. Deux officiers de génie avec une escorte sont allés le plus près qu'ils pourront pour reconnaître.
Nous fûmes forcés de prendre la position de ce côté-ci du j canal, il n'y en avait point en avant susceptible d'être défen- 'due^. Les deux batteries sur le lac assureraient notre gauche, si elles étaient armées, mais on a encloué hier les pièces qui y étaient. Il s'en est suivi que nous fûmes insultés hier au soir par des barques ennemies. J'y ai^ établi un poste d'infanterie javec une pièce de huit, mais cela ne suffît pas contre des pièces plus fortes. Nous travaillons à embarquer les pièces. Nous en avons encore onze à expédier. J'ai commandé cent ihommes des travailleurs et un attelage d'artillerie pour cette ibesogne*. Le commandant Veckel^ en est chargé spécialement jNous aurions besoin d'un tronc-balle; si l'artillerie pouvait nous le fournir, cela nous aiderait. La 6V et les guides s'en vont
* Arch. h. de la Gu., A. d'Orient, aut.
» Registre, lettre, K. 2. Le général de brigade René, chef de l'étatmajor général, au général de division Zaj^czek, 18 août: Lui mande que l'intention du général en chef est qu'il tienne dans la position qu'il occupe, l'engage a se concerter avec le général Eppler pour toutes les dispositions à prendre relativement aux circonstances.
[' tj'y est» dans texte original ^probablement lire: il y est...). * «besoin» dans l'original.
5 «Velcet> dans l'original.
448 ZAJACZKK
à Alexandrie comme vous l'avez ordonnée Nous avons besoin de plus d'eau qu'on ne nous en envoie, veuillez bien donner des ordres au commandant d'armes ^ en conséquence. — Salut et respect. - Zayonchek.
Zaj^czek au général en chef Menoa^,
Ce 30 thermidor an IX (18 août 1801), à Embarcadaire.
Mon Général, je vous demande mille pardons de ne vous avoir pas écris, et de vous avoir communiqué la nouvelle de la marche de l'ennemi par mon ordonnance. Je n'avais que cet homme avec moi lorsque j'ai aperçu la marche des Anglais, et aucune facilité pour vous écrire. ;fl^
Si vous voulez, mon Général, que nous tenions avec opiniâtreté dans notre position, il faut nous envoyer les pièces pour protéger notre gauche contre les barques, mais ces pièces seront peut être perdues en cas de retraite.
J'ai pris sur moi d'inviter le commandant Gichard de se porter avec son aviso sur la gauche de l'ennemi, de le suivre en cas qu'il marche contre nous, et de lui faire tant de mal | qu'il pourra. Si vous ne désapprouvez pas, Général, cette mesure, veuillez bien en donner l'ordre au citoyen Gichard. — Salut et respect. Zayonchek.
Zaj^czek au général en chef Menou, à Alexandrie ^.
Ce 30 thermidor an IX (18 août 1801), à l'Embarcadaire.
Mon Général, la canonnade continue encore. J'espère qu'elle cessera à la nuit, et que nous pourrons placer les grosses
^ Menou aux généraux Zaj^czek et Eppler, à l'Embarcadaire. 18 mars 1801: Leur mande de renvoyer à Alexandrie les dromadaires et les guides à pied et de garder la 18^ et les autres troupes, les prévient que le bataillon de la 61^ restera au-dessous de la colonne de Pompée de manière à être intermédiaire entre les avarnt- postes et le camp [Registre, lettre L. 2).
2 Novel commandait la place d'Alexandrie à cette époque.
3 Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut. * Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.
pièces que vous me promettez. Nous avons deux hommes de blessés, dont un dangereusement. Un cheval d'artillerie a été aussi tué.
L'ennemi a fait une reconnaissance en avant, il l'a poussée un quart de lieue en deçà de notre position d'hier. — Salut et respect.
Zaj^czek (à Menou^).
Ce 30 thermidor an IX (18 août 1801), à l'Embarcadaire.
Mon Général, je vous ai mandé par une ordonnance que l'ennemi avançait sur nous. En effet il a quitté sa position. Nous l'avons vu en marche et nous l'avons observé tant que dura le jour. Au moment qu'il dépassait la fontaine la nuit nous a empêché de voir ses mouvements. Il n'est pas naturel qu'il nous attaque la nuit, le fera-t-il demain ? ou a-t-il fait ce mouvement pour prendre une autre position? Nous l'apprendrons demain. Sa force est (à ce qu'assure le général Eppler qui les a observés de bien près et qui a reçu le feu de leurs tirailleurs) de 3,000 hommes. Nous ne leur avons pas vu de pièces. — Pendant que l'ennemi marchait du côté de la mer^ cinq chaloupes dans un endroit et quinze dans un autre lui ont amené du monde. Voilà l'état de sa position et de la nôtre.
J'ai donné ordre au bataillon de la 61^ de se porter à moitié chemin entre la colonne de Pompée et l'Embarcadaire. Si nous sommes attaqués, nous ferons ce que nous pourrons. — Salut et respect.
Zayonchek.
Il y a encore six pièces qui restent à évacuer. J'ai fait mettre le feu aux barques.
* Arch. h. de la Gu., A. d'Orient, aut.
450 ZAJACZKK
Zaj^czek au général en chef Menou^.
Ce 1 fructidor an IX (19 août 1801), à TE m b arc ad aire.
Mon Général, je m'abstiens de vous écrire souvent de l'attaque de Marabou, parce que vous ne devez pas manquer de rapports de ce qui s'y passe par les vigies d'Alexandrie. Nous entendons ici la fusillade qui ne se soutient pas, mais qui a recommencé à plusieurs reprises.
Pour ce qui est de notre ligne tout y est tranquille^. Les Anglais sont sur deux lignes dans la position qu'ils ont prise hier. On leur a vu une trentaine de cavaliers qu'ils ont apparemment reçus cette nuit 3. Nous sommes tranquilles du côté du lac, nos deux pièces ont ralenti l'acharnement des embarcations anglaises.
Je vous envoie, Général, la lettre du commandant du fort Leturcq * que le général Eppler m'a communiquée ^. — Salut «t respect. Zayonchek.
Zaj^czek au général en chef Menou ^.
Ce 1 fructidor an IX (19 août 1801), à l'Embarcadaire.
Mon Général, l'ennemi est à la même position en avant de la fontaine de Marabou. Jusqu'à ce moment, il n'a pas l'air de penser à s'y établir. Il n'y a que deux ou trois tentes qu'on V voit.
Archives hist. de la Guerre, A. d'Orient, au t.
' «tranquil».
* Biffé: ce matin.
* Dans texte orig. «de Turcs».
* Bremouel, capitaine commandant le fort Leturcq, au général de brigade Eppler, commandant à l'Embarcadaire, 1 fructidor. aLe général Sanson est venu lui-môme prendre connaissance des travaux nécessaires au fort que je commande.... Notre magasin à poudre est dans le plus mauvais état, il s'écroulera dès que l'on fera feu... L'artillerie était assea mal en ordre....»
« Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.
A MBNOU 451
Dans la nuit l'ennemi a élevé deux batteries contre le Marabou, son feu a commencé dès la pointe du jour. Je ne saurais vous dire rien de positive sur le nombre de l'ennemi, nous différons d'opinion à cet égard avec presque tous mes compagnons. Je ne les crois pas trois mille hommes, mais je puis me tromper.
Nous nous ressentons déjà de l'utilité des pièces du 18. Cinq barques s'approchèrent pour nous canonner et gagnèrent le large aussitôt.
J'ai prévenu vos intentions, mon Général, pour ce qui est de consulter et d'agir de concert avec le général Eppler. Croyez, Général, que l'intérêt général m'est trop à cœur pour ne pas me porter de bonne volonté à tout ce qui peut le faire prospérer. — Salut et respect. Zayonchek.
Ne serait-il pas possible d'avoir de l'eau de vie pour la troupe.
Au moment où je vous écris un de nos avisos sous Marabou coule bas. — L'officier d'artillerie chargé du transport des pièces s'est en allé hier sans l'achever. Il y en a encore six.
Le général Zaj^czek au général en chef Menou \ à Alexandrie,
Ce 1 fructidor an IX (19 août 1801), à l'Embarcadaire.
Mon Général, l'ennemi a établi son camp. Il présente un front à Alexandrie, et l'autre à la mer. La canonnade sur Marabou continue mais faiblement. — Salut et respect.
Zayonchek.
Deux de leurs embarcations sont entrées par la passe qui a été abandonnée par notre aviso.
* Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.
452 ZAJACZEK
Zaj^czek au général en chef Menou\
Ce 2 fructidor an IX (20 août 1801), à l'Embarcadaire.
Mon Général, la nuit a été tranquille. On commence à nou» canonner du côté de la mer. Dix chaloupes anglaises ont passé la passe. La djerme qui nous fournit d'eau n'a pas pu passer. Salut et respect.
Zayonchek.
Zaj^czek {à Menou^).
Ce 2 fructidor an IX (20 août 1801), à l'Embarcadaire.
Mon Général, vous connaissez trop la guerre pour ne pas^ convenir qu'un commandant subalterne qui ne jouit pas de la confiance de son chef, est un ambitieux ou un fou s'il continue à commander. Tout le bien qu'il pourra faire passera sur le compte des autres, et tout le mal sur le sien. Tel est mon cas. La manière dont vous m'avez reproché mes fautes en présence de tous les officiers, non seulement m'a prouvé le peu de caa que vous faisiez de moi, mais elle m'a ravalé en même temps dans Tesprit de ces mêmes officiers. Le service en souffrirait, la confiance et la considération de la part des subalternes ayant été altérées, ils obéiront sans zèle. Ainsi, mon Général, je vous demande à nommer un autre commandant de la ligne que vous m'avez confiée, je vous remets même le commandement de la cavalerie, je servirai durant le siège d'aide de camp au général Rampon, j'espère que vous y consentirez et que le général Rampon aura la complaisance de ne pas s'y refuser;, ma reconnaissance pour la nation qui m'a donné l'asile, et mon admiration pour vos vertus n'en seront pas moins grandes. — ^ Salut et respect.
Zayonchek.
^ Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut. * Arch. h. de la Gruerre, A. d'Orient, aut.
Zaj^czek (à Menou^).
Ce 2 fructidor an IX (20 août 1801), à l'Embarcadaire.
Mon Général, tout mon sang est à la France, tout mon dévouement à vous. J'exécuterai tous vos ordres avec ardeur, mais si j'erre, Général, ne me le reprochez pas en présence de tout le monde. L'idée seule d'avoir fait quelque faute est une punition, un tourment pour moi, jugez, Général, de mon désespoir d'hier. Plus un chef est respectable par ses vertus plus les paroles qu'il dit sont honorables ou affligeantes. — Je servirai comme vous l'ordonnez, Général.
L'ennemi a été faire une reconnaissance et poser ses gardes avancées, il a été repoussé par une très faible fusillade, et nous mîmes nos postes sur le prolongement des montagnes qu'il voulait occuper 2.
Les épaulements des batteries sont presque enlevés, nous aurions besoin de couverts pour ces batteries. — Salut et respect. Zayonchek.
Zaj^czek (à Menou^J.
Ce 2 fructidor an IX (20 août 1801), à l'Embarcadaire.
Mon Général, l'emplacement pour, les deux pièces est déjà choisi. Il y (a) des travailleurs qui sont occupés à y faire un épaulement*. Il nous faudra des planches pour la plate -forme. Comme les chaloupes nous tirent quelques coups de canons de temps en temps, ces pièces de 18 seraient exposées à être démontées avant que leurs batteries soient achevées, ainsi je «erais d'avis que vous ordonniez de suspendre leur transport
* Arch. h. de la Gru., A. d'Orient, aut.
' Menou à Zayonchek, 20 août 1801. {Registre, lettre h. 2): Lui recommande lorsque l'ennemi fait des reconnaissances, d'en faire sur-lechamp de son côté, d'essayer de temps en temps de les faire enlever par sa cavalerie, enfin de ne pas leur laisser un instant de repos.
* Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.
* tepoUement».
454 ZAJACZEK
jusqu'à ce que tout ne soit prêt ici pour les recevoir. Le vent empêche les chaloupes anglaises de s'approcher trop, d'ailleurs nos pièces de huit tirent dessus et leur en imposent.
Au moment où je vous écris, Général, l'ennemi fait un mouvement sur notre gauche, je cours pour voir ce qui en est. — Salut et respect. Zayonchek.
Veuillez donner des ordres pour les planches.
Zaj^czek (à Menou ^).
Ce 2 fructidor an IX (20 août 1801), à l'Embarcadaire.
Mon Général, tout est tranquille ce soir. Les chaloupes anglaises se sont postées sur la gauche de leur camp. Nos pièces seront placées dans deux heures. Demain nous perfectionnerons les parapets. — Salut et respect.
Zayonchek.
Zaj^czek (à Menou^).
Ce 3 fructidor an IX (21 août 1801).
Mon Général, la tour de Marabou vient de s'écrouler. — Une dizaine d'embarcations anglaises ont pris position en avant de la droite de leur camp. — Salut et respect.
Zayonchek.
Zaj^czek au général en chef de l'armée d Orient Menou, à Alexandrie ^
Ce 3 fructidor an IX (21 août 1801).
Mon Généra], sept avisos et une corvette sont entrés dans la passe, ils mouillèrent hors de la portée de notre canon. Sur
1 Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.
2 Arch. h. de la G-uerre, A. d'Orient, aut.
3 Arch. h. de la Guerre, A d'Orient, aut.
A MENini 455
le lac il arrive quelques embarcations, qui iront, peut-être, se joindre aux dix qui y sont déjà mouillées. — Salut et respect.
Zavonchek.
Zaj^czek au général en chef Menou ^
Ce 3 fructidor an IX (21 août 1801), à TEmbarcadaire.
Mon Générai, l'ennemi transporte par le lac beaucoup de monde à leur position de Marabou'-^. Salut et respect.
Zayonchek.
Zaj^czek au général en chef de l'armée d'Orient
Menou l
Ce 4 fructidor an IX (22 août 1801).
Mon Général, rien de nouveau du côté de l'ennemi. Nous découvrîmes seulement qu'il a diminué ses postes de nuit. Sa cavalerie a augmenté de beaucoup, nous lui en vîmes ce matin à peu près 250 chevaux*. — Je ne puis encore envoyer à l'étatmajor i'état de morts et de blessés dans la journée d'hier, cela ne sera fait que dans une heure. — Salut et respect.
Zayonchek.
1 Arch. hist. de la Guerre, Armée d'Orient, aut.
2 Capitulation du fort Marabou fut conclue le 21 août, » Arch. h. de la G-u., A. d'Orient, aut.
^ Voir Journal d'un dragon p. 169: «Alexandrie, 8 octobre 1801. Le 22, au matin, les Anglais s'avancèrent avec de grandes forces contre le canal de l'Embarcadète que nous tenions sous les ordres du général Zaj^czek. Nous manquions de canons pour riposter aux bâtiments anglais qui mitraillaient nos deux ailes. Cependant nous tenions bon depuis plus d'une heure et demie, et chaque fois que la cavalerie anglaise osait se présenter nous la chargions avec tant de vigueur qu'elle se repliait promptement. Notre chef de brigade Lafon-Blaniac fut encore blessé à cette affaire où il déploya la plus grande valeur. — Enfin le général Zajaczek et le général Eppler se décidèrent à commander la retraite qui s'opéra en échelon en arrière de la rive du canal que nous occupions et dans le plus grand ordre».
456 ZAJACZEK
Zaj^czek au général en chef Menou, à son quartier
général ^
Au camp, le 4 fructidor an IX (22 août 1801).
Mon Général, puisque vous me laissez le maître de prendre la position, telle que je la jugerai convenable, pour la défense de la place, j'en ai choisi une; je vous réponds qu'elle est militaire et qu'il en coûtera beaucoup à l'ennemi s'il veut passer outre, mais je ne puis la défendre qu'avec vingt ou, pour le moins, dix sept pièces et canons. Voici leur répartition: six pièces de douze sur la hauteur qui bat le lac, il y en a déjà deux, six autres pièces de douze sur le plateau qui se trouve au milieu de la plaine où je vais établir une batterie, six pièces de gros calibre au fort Leturcq, deux autres petites pièces pour la batterie qui sera entre la montagne qui bat le lac et celle du plateau de la plaine. Si avec cela nos frégates et autres petits bâtiments empêchent l'ennemi de nous flanquer sur notre droite, nous pourrons tenir longtemps dans cette position et faire le plus grand mal à l'ennemie Salut et respect.
Zayonchek.
* Arch. h. de la Gu., A. d'Orient, aut.
^ Ordre du jour du 7 fructidor IX:
«Les troupes françaises qui étaient stationnées à l'ouest d'Alexandrie sur le canal de l'Embarcadaire ont soutenu le 4; de ce mois un combat extrêmement vif contre les troupes anglaises qui soutenues par le feu de plus de cent pièces de canon, tant du côté de la mer que du lac Maréotis, vinrent attaquer les nôtres à la pointe du jour. L'infanterie, la cavalerie, l'artillerie, toutes les armes enfin, ont soutenu avec éclat la gloire des armes françaises. Après une heure et demie d'un combat que la mitraille et les boulets qui partaient des deux flancs ennemis rendaient fort inégal, nos troupes ont fait leur retraite par échelons et dans le plus grand ordre; notre cavalerie ayant chargé à plusieurs reprises celle de l'ennemi qui jamais n'a pu soutenir son choc. La République française devra la plus grande reconnaissance aux troupes qui la servent si bien sous les murs d'Alexandrie, et qui jamais n'ont oublié qu'elles faisaient partie de ces vieilles bandes qui en Europe ont frayé le chemin de la victoire aux armées françaises.... Les troupes étaient commandées à l'affaire du 4 par le général de division Zaj^czek, par les généraux de brigade Eppler et Boussart. Il suffit de connaître leurs noms pour être assuré que partout ils montraient le chemin de l'honneur».
Le général Zaj^czek au général en chef Menou, à son quartier général ^
Au camp, le 5 fructidor an IX (23 août 1801).
Mon Général, un officier des avant-postes de l'ennemi a fait savoir au commandant d'un des nôtres que son général désirerait, si vous, Général, ne vous y opposez pas, de nous renvoyer le citoyen Witt, lieutenant à la 18"^^ demi-briîrade, qui dans la journée d'hier a été grièvement blessé et fait prisonnier. En cas que vous ne consentiez pas à le renvoyer, il demande qu'il soit permis de lui envoyer ses effets l — Salut et respect. Zayonchek.
Zaj^czek au général en chef Menou, à Alexandrie \
Au camp, 5 fructidor an IX (23 août 1801).
Mon Général, le chef de brigade Ravier a été envoyé par moi pour s'aboucher avec l'officier qui commande les avantpostes anglais. Le résultat de leur conversation est que nous leur enverrons un brancard pour transporter le citoyen Witt qu'ils ont promis de remettre aujourd'hui aux avant -postes. Le chef de brigade Ravier a déjà demandé à l'ordonnateur en I chef un brancard et un matelas. L'officier anglais après avoir I donné des louanges à la garnison du Marabou a assuré que le commandant Béteille* se portait bien, mais qu'il y avait eu ideux chirurgiens de tués. Du reste la conversation a été si ' circonspecte d'un et d'autre côté que le tout se borne à ce que j'ai eu l'honneur de vous mander. — Salut et respect.
Zayonchek.
1 Arch. h. de la Gf^erre, A. d'Orient.
' Menou à Zayonchek, 23 août: Lui mande qu'il consent à la rentrée du citoyen Witt, lieut. à la 18 demi -brigade. Lui recommande d'arranger tout cela de manière que sa rentrée eût lieu sans qu'il y est une grande communication avec l'ennemi {Reg. lettre J. 2).
' Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient.
* chef de bataillon, commandant de la place Marabou.
458 ZAJACZKK
Zaj^czek au général en chef Menou, à son quartier
général ^
Au camp, le 6 fructidor an IX (24 août 1801).
Mon Général, nous fûmes canonnés cette nuit par les chaloupes du lac. Avant la pointe du jour l'ennemi a renforcé le» avant-postes. Ce mouvement nous a fait croire un moment que nous allions être attaqués, mais au soleil levé ses troupes sont rentrées. Elles étaient sur trois colonnes et pouvaient monter de quatre à cinq hommes en tout. Nous crûmes voir un ingénieur avec sa planchette sur la crête de (la) montagne qui regarde Alexandrie.
Permettez, Général, que je vous rappelle l'eau pour la troupe. — Salut et respect. Zayonchek.
Les guides à pied et les dromadaires qui sont à la redoute de la vedette ayant été invités par le général Delegorgue à prêter cette nuit leur main au travail s'y sont portés avec le plus grand zèle.
Zaj^czek (à Menou^).
Ce 6 fructidor an ÏX (24 août 1801).
Mon Général, il y a une heure à peu près que j'ai envoyé au lieut. général Rampon le rapport de l'affaire du 4. Je ne doute que ce général ne s'empresse de vous le passer^. Nousnous conformerons à vos ordres pour ce qui (est) des subsistances. Le chef de brigade Hvo^onet nous sera très utile. ;
1 Arch. h. de la Gu., A. d'Orient.
2 ArcJt. h. de la Gu., A. d'Orient.
^ Menou à Zaj^czek, 24 août: Lui demande le rapport détaillé del'affaire du 4 afin de pouvoir distribuer les récompenses méritées danscette journée. Le prévient qu'il envoie l'adjudant commandant Hygonet au camp afm de régulariser tout ce qui tient aux distributions. Lui donne^ l'ordre de faire rentrer dans Alexandrie la moitié des guides à pied et desdromadaires {Beg., lettre J. 2).
A MENOII 459
L'ordre est donné encore hier de transporter au bord de la mer les tonneaux à mesure qu'ils sont vides. Je vais le réitérer aujourd'hui.
La moitié des guides à pied, ainsi que les dromadaires, vont rentrer dans Alexandrie. — Salut et respect.
Zayonchek.
Zaj^czek au général en chef Menou ^
Ce 7 fructidor an IX (25 août 1801).
Mon Général, l'ennemi a établi une batterie sur les hauteurs de notre droite. Elle nous canonne et nous bombarde. On ne peut pas encore pénétrer quels sont les projets de l'ennemi pour aujourd'hui, mais nous voyons sa ligne des tirailleurs avancée jusqu'à leurs vedettes à peu près, le reste de leur armée est encore au camp. — Salut et respect.
Zayonchek.
La brigade Delegorgue est à l'abri comme vous l'avez ordonné hier.
Zaj^czek au général en chef Menons
Au camp, le 8 fructidor an IX (26 août 1801).
Mon Général, un de nos postes en avant du fort Leturcq a été attaqué hier à 8 heures du soir. Une compagnie des grenadiers de la 18® gardait ce poste. Elle était soutenue par un I bataillon de la même demi -brigade commandé par le com- I mandant Pineau. Tout à côté de ces deux postes se trouvait la grande garde de cavalerie. L'ennemi a surpris tous ces trois I postes. Une vedette de cavalerie a tiré deux coups de cara- 'bine, mais telle a été la négligence des commandants de ces trois postes qu'(ils) n'eurent pas le temps de se mettre en mesure. La cavalerie se sauva tout dispersée, il ne nous manque
1 Arch. h. de la Gruerre, A. d'Orient, aut,
2 Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient.
460 ZAJACZEK
que deux dragons, et deux de leurs officiers. — J'ignore encore quelle est la perte du bataillon et de sa compagnie de grenadiers, je vous instruirai plus tard, toutefois elle paraît ne pas être considérable.
Le citoyen Pineau, le capitaine de ces^ grenadiers, ainsi que les deux officiers de dragons méritent une punition.
Ils abandonnèrent leurs postes sans se défendre, il n'y a eu que trois coups de fusil de notre part dans cette affaire, les officiers de dragons se nomment Perreau et Macé, tous les deux sous-lieutenants dans le 14^ Ils furent faits prisonniers ou sont tués.
Du moment que les coups de fusil se firent entendre, la 18® a reçu l'ordre de se porter vers le point menacé. Elle s'y est rendue et prit sa position. A 10 heures à peu près l'ennemi chercha à nous déloger des deux derniers mamelons que nous gardons encore en avant du fort. Mais à peine quelques coups de fusil se firent entendre que toute la 18® a lâché le pied dans le plus grand désordre et se porta en fuyant derrière le fort Leturcq. Heureusement la 2V et la 88^ tinrent bon. J'ai couru avec le citoyen VeckeP et mon aide de camp après les fuyards, j'ai eu toutes les peines à les rallier, mais enfin nous y sommes parvenus, et j'ai ramené sa demi-brigade à son poste. La fusillade de cette seconde attaque a duré longtemps. Nous eûmes une douzaine de blessés de la 21®, mais enfin l'ennemi se retira.
Il y a eu cette nuit six bombes de tombées dans le fort Leturcq, elles n'ont touché personne, et ont fait peu de dommage. Cependant les travaux du fort Leturcq en furent interrompus. — Salut et respect.
Zayonchek.
* «ses>.
2 «Vekelle».
A MBNOU 46 î
Le général de division Zâj^czek au général en chef
Au camp, le 8 fructidor an IX (26 août 1801).
Mon Général, je vous préviens que l'ennemi a demandé à parlementer aux avant-postes, il a dit qu'il avait plusieurs i lettres à vous remettre. Le général Eppler n'a pas voulu recevoir le parlementaire. Il vient de m'en instruire, j'attends vos ordres à ce sujet 2. — Salut et respect. Zayonchek.
P. S. Le général Eppler vient de me mander que l'ennemi a mis plusieurs bataillons derrière ses avant-postes et qu'il croit que cette mesure nous annonce une attaque.
Exposé de l'affaire du général Zaj^czek ^
Ce 14 fructidor an IX (1 septembre 1801), au camp d'Alexandrie.
L'an sept de la République et dans le courant de thermidor, le général Zaj^czek avait engagé le citoyen Magallon à faire passer quelqu'argent à madame Zaj^czek à Paris. Le citoyen Magallon lui procura en conséquence une lettre de change du nommé Joseph Kotta, négociant alors au Kaire, de la somme de mille gourdes ou soit piastres fortes d'Espagne sur Joseph
1 Arch. h. de la Gtm., A. d'Orient.
» Menou à Zaj^czek, (Beg., lettre J. 2): Le prévient qu'il envoie son aide de camp Chousserie pour recevoir purement et simplement les lettres que l'ennemi a dit vouloir lui faire remettre. Témoigne son mécontentement à la 18® demi-brigade pour la conduite qu'elle a tenue dans la nuit du 7; demande le nom du commandant de la grande garde de cavalerie qui s'est laissé surprendre.
Menou aux généraux Zaj^czek et Rampon, 26 août 1801: Leur mande que si il se présente des parlementaires aux avant-postes pour apporter des lettres, de donner l'ordre de les recevoir et d'en donner des reçus. — Même jour: Les prévient de l'armistice, les prie de donner l'ordr»qu'on cesse toute espèce de travail et d'hostilités sur la ligne.
» Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient.
Marie Silvestre de Livourne. Cette lettre de change a été protestée, d'après l'avis que le citoyen Magallon en a reçu de son correspondant Bathalon; madame Zaj^czek dans sa lettre du 20 pluviôse^ an IX l'a confirmé. Mais le protêt ^ formel n'en est pas parvenu, attendu les circonstances de la guerre.
Comme le citoyen Magallon a été auteur dans cette affaire, avant que de quitter l'Egypte, il a fait une lettre de procuration par laquelle il constitue le général Zaj^czek en pouvoir de réclamer cette somme. Le général Zaj^czek pendant qu'il , commandait à Rosette, a fait venir chez lui le négociant qui ; avait fourni la lettre de change et l'a instruit du protêt. Le j négociant lui a déclaré qu'il ne balancerait pas à restituer la somme et même à payer l'intérêt d'usage de deux ans, si on lui envoie le protêt. Le général Zaj^czek a bien voulu se soumettre à cette formalité, il a seulement exigé du négociant de lui fournir une caution. Cette caution a été donnée par les né- ■ gociants François Zakar et Joseph Zakar. Les circonstances! actuelles obligeant les Français à quitter le pays, cette créance | serait perdue ou son remboursement souffîrait de longs dé- j lais. — Le général Zaj^czek prie donc le général en chef Me- 1 nou d'interposer les bons offices auprès du général de l'armée! britannique pour que cette somme de mille gourdes et l'intérêt de deux ans lui soient remboursés avant l'évacuation, en donnant aux tireurs de la lettre de change les reçus et déclaration d'usage, et de pouvoir envoyer à Rosette son aide de 6amp pour poursuivre cette affaire. — Le négociant fournisseur de la lettre de change et ceux qui ont donné leur caution se trouvèrent à Rosette au moment de l'apparition des forces ennemies. — Le général de division
Zayonchek.
1 9 février 1801.
^ «protest».
A MKNOII 463
Zaj^czek au général en chef Menou ^
Alexandrie, le 15 fructidor an IX (2 septembre 1801).
Mon Général, le capitaine Dard qui vous remettra la présente est un officier du 14°"^ rég*. de dragons qui a perdu le fruit du travail de toute sa vie en perdant la malle qui lui venait du Caire avec les équipages du régiment. C'est un officier dont le zèle, l'intelligence et la capacité ne se sont jamais démentis; si le témoignage que je vous en donne est de quelque valeur vous ne dédaignerez pas de lui procurer quelque adoucissement. — Salut et respect. Zayonchek.
Zaj^czek au général en chef Menou ^
Alexandrie, le 16 fructidor an IX (3 septembre 1801).
Mon Général, j'ai l'honneur de vous rappeler la prière que je vous fis pour les mille gourdes qui me sont dues du négociant Kotta résidant à Rosette. Je serais bien aise d'y envoyer le citoyen Pierre, mon aide de camp, en cas que cette opération soit approuvée. Une lettre de recommandation de votre part, pourrait tout terminer. — Salut et respect.
Zayonchek.
Le général de division Zaj^czek au général en chef
Menou ^
Ce 5 vendémiaire an X (27 septembre 1801), à Alexandrie.
Mon Général, les selles ^ de nos dragons sont si mal faites, ide si mauvais cuir, de bois si lourd et si fragile, et surtout elles sont si usées, que leur transport dans l'intérieur de la
* Arch. h. de la Gu., A. d'Orient, aut.
* Arch. h. de la Ou., A. d'Orient, aut. » Arch. h. de la Ou., A. d'Orient^ aat.
* € scelles».
France coûterait plus qu'elles ne vaillent. Je vous demande, mon Général, s'il faut les embarquer.
On a fait espérer aux officiers de cavalerie que vous leur accorderiez en gratification un cheval à chacun. Si en effet, mon Général, telle est votre intention, daignez la déclarer par un ordre, afin que ces pauvres jeunes gens ayent le temps de s'en défaire le moins mal possible. — Salut et respect.
Zayonchek.
Le général de division Zaj^czek au général en chef
Menou ^
Ce 10 vendémiaire an X (2 octobre 1801), à Alexandrie.
Mon Général, j'ai rassemblé hier la Commission ^. Nous nous sommes occupés de l'exécution de votre ordres Vous trouverez dans le cahier ci-joint la répartition des chevaux sur les différents bâtiments qui doivent les porter, ainsi que les noms des officiers chargés de leur conservation. Vous y trouverez^ également le nombre des dragons et des domestiques attaché» aux dits bâtiments.
L'instruction sur la manière de traiter les chevaux pendant le traversée, est du citoyen Vigogne.
Quant à la revue, j'en avertirai les propriétaires, lorsque vous aurez fixé le jour pour la passer*. — Salut et respect.
Zayonchek.
1 Arch. h. de la Gu., A. d'Orient, aut.
* Commission de l'embarquement (Friant, Le Roy, René, Songis).
» René, chef de l'état-major, à Zaj^czek, 1 octobre 1801. L'engage^ à envoyer sur chaque bâtiment chargé de chevaux un officier de dragons entendu et soigneux pour veiller à tout ce qui a rapport à ces animaux (Beg., corr., lettre K. 2).
* Menou à Zayonchek, 5 octobre 1801: Le prévient qu'il passera dans deux jours la revue des chevaux qui doivent être embarqués. Il adopte les instructions dressées par le citoyen Vigogne. Dispositions pour les soins à donner aux chevaux pendant la traversée (Beg., corr., lettre N. 2).
Le général de division Zaj^czek au général en chef
Menou ^
Ce 14 vendémiaire an X (6 octobre 1801) à Alexandrie.
Mon Général, j'ai l'honneur de vous envoyer le contrôle des chevaux. Vous y trouverez la place vacante après un des chevaux du commandant Tillé. Vous la ferez remplir comme vous le jugerez à propos. Le maréchal Enpert n'a pas signé parce qu'il est déjà parti. — Salut et respect.
Zayonchek.
Zaj^czek (à Menou^).
Ce 14 vendémiaire an X (6 octobre 1801), à Alexandrie.
Mon Général, ce n'est pas la crainte de blesser quelque intérêt particulier^ qui m'a déterminé à vous renvoyer le choix du cheval, c'est la crainte que vous ne vous imaginiez pas que je voulais favoriser quelqu'un.
Quant à la fermeté républicaine, c'est parce que je n'en ai point manqué, que tant d'anti- Français m'en veuillent, et que quelques-uns d'entre eux ayant l'occasion de vous approcher, ont affaibli cette amitié dont vous m'honoriez. Je ne vous cacherai pas. Général, que depuis le jour- où vous me donnâtes le commandement de l'Embarcadaire, j'ai vu avec peine votre confiance (s')altérée. J'ai trop vécu pour ne pas avoir un coup d'œil sûr à cet égard. Etait-ce de mon talent? était-ce de ma valeur? était-ce de mon attachement à la chose publique que vous doutiez? Je n'en sais rien. J'ai dévoré mon chagrin en silence jusqu'au jour où vous me réprimandâtes avec force. Je
2 Arch. h. de la Gru., A. d'Orient, aut.
5 6 octobre 1801, Menou à Zajaczek (Registre, correspondance, lettre N. 2): Le blâme d'avoir eu la crainte de blesser quelque intérêt particulier, lorsque l'intérêt public devait le déterminer. Lui renvoie les états des chevaux pour y aiouter le signalement de la jument d'Henry. Les Polonais en Egypte. 30
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VOUS ai prié alors de reprendre le commandement que vous m'aviez confié. Les choses en sont restées là. Votre mécontentement et ma douleur ont continué. Je fus brusqué toutes les fois que vous me vîtes. Fort de ma conscience j'ai laissé au temps de vous convaincre que rien ne saura diminuer l'estime, la reconnaissance, et le dévouement que je vous portée — Salut et respect.
Zayonchek.
* 8 octobre 1801, Menou à Zaj^czek {Reg., corr., lettre N. 2): L'assure qu'il n'a pas perdu sa confiance, et que s'il avait entretenu des sentiments défavorables contre lui, il le lui aurait dit.