‹ Les Polonais en Egypte, 1798-1801Chapitre 108 sur 115 · A TRIANT ET A MENOU · texte numérisé non relu

A TRIANT ET A MENOU

Le général Baudot vient de m'instruire que les Turcs ont fait un mouvement sur El-Arich. Il tient cette nouvelle du général Rampon. — Les passants du Caire annoncent le départ du général Reynier pour Salheyeh; il y est allé reconnaître ses postes, et voir s'il est vrai, qu'un parti turc s'est avancé jusqu'au pont qui est entre Katieh et Salheyeh. Du reste il n'y a rien d'officiel à cet égard, si nous en exceptons la lettre du général Rampon au général Baudot, qui annonce le mouvement des Turcs sur El-Arich. — Salut et dévouement.

Zayonchek.

Le général Sanson m'a dit qu'en m'oi donnant de rétablir la quarantaine, vous entendiez les bâtiments de la quarantaine et non de faire la quarantaine aux venants d'Alexandrie. Si cela est ainsi, veuillez bien m'en informer, j'accorderai alors la liberté de passage à tout le monde.

Zajqczek, général de brigade ^ au général en chef

Menoa ^

A Rosette, le 6 frimaire an IX (27 novembre 1800).

Le général Priant m'ayant autorisé à vous envoyer le contrôle général de la marine qui se trouve à Rosette, et dont j'ai passé la revue, je m'empresse à vous le faire tenir. — Salut et respect.

assin qui se retire chez une tribu d'Arabes alliés et qui s'y trouve protégé on peut se le faire livrer, avec de la fermeté».

«Les généraux Zayonchek et Delgorgue se conformeront à cet ordre instructif, et m'enverront tous les quinze jours les relevés des renseignements qu'ils auront obtenus, en les classant suivant l'ordre indiqué».

Le général de d-on Priant.

Voir aussi Reg., lettres, G. 2 f° 138: Menou à Zaj^czek, Caire, 12 novembre 1800. Recommandations relatives à la bonne administration de la province qu'il commande, à la discipline des troupes, à la salubrité et propreté de la ville Rosette.

1 Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.

420 ZAJACZEK

Zaj^czek, général de brigade, au général en chef

Menou \

A Rosette, le 11 frimaire an IX (2 décembre 1800).

Général, j'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 8 de ce mois. — L'assemblée des grands, des artisans, et des fellahs a eu lieu aujourd'hui. Votre proclamation 2 aux habitants de la province y a été lue à haute voix. — Les gens du peuple paraissaient l'écouter avec un grand plaisir. — La lecture finie, j'ai invité l'assemblée et surtout les moins aisés de porter hardiment leurs plaintes contre les vexations qu'ils pourraient éprouver. — Je ferai expédier un exemplaire de cette lettre à chaque village de la province. Elle sera affichée. On la mettra également à l'ordre du jour de la place. Tous les officiers seront invités à me donner connaissance de vexations dont ils pourraient être instruits avant moi. Enfin, Général, je travaillerai avec zèle pour que vos opérations atteignent le but que vous vous proposez.

Souffrez, Général, que je vous entretienne à cette occasion de l'hôpital des pestiférés et de celui d'observation. Le géné-

^ Arch. h. de la Gu., A. d'Orient, aut.

' Il s'agit probablement de la fameuse proclamation du 6 brumaire (28 octobre 1800). Voir: Recueil des arrêtés... doc. 85. «....Les grands et les gens puissants vous traitent beaucoup moins bien qu'il ne traitent leurs chevaux et leurs chameaux; vous le serez dorénavant par les Français et par moi, comme si vous étiez nos frères... Que sont devenus les biens appartenants aux mosquées? que sont devenues les immenses fondations pieuses, faites par vos ancêtres? à quoi étaient-elles destinées? A entretenir les mosquées? partout je les vois détruites ou prêtes à s'écrouler. A nourrir les pauvres? partout ils meurent de faim; les rues et les chemins en sont pleins. A soigner les malades, les infirmes, les aveugles et tous les hommes sans ressources? les maisons destinées à les recevoir, sont ainsi que les mosquées, dans le plus grand désordre.... Qui a donc consumé tous ces biens, toutes ces fondations? des hommes puissants qui vous ont trompés jusqu'à présent. Ce temps est passé.... j'ai reçu l'ordre de la République Française et du consul Bonaparte, de vous rendre heu-

A MBNOU 421

rai Sanson a ordonné ces deux établissements, mais ses subalternes n'y ont rien fait faute d'argent. Cependant nous eûmes I un accident de la peste, il y a trois jours; s'ils deviennent plus ' fréquents, nous serions embarrassés à loger les malades. Si vous m'autorisiez, Général, pour ce seul cas de faire des réparations nécessaires, je les entreprendrais de mon argent, sans le con- I cours du génie, dont les travaux sont lents, sans être pour cela ! meuilleurs ni plus solides.

L'hôpital des malades non pestiférés a également besoin

I de quelques légères réparations, le génie en a exécuté quelques

! unes, le reste est suspendu par le manque des fonds, cette

I raison toute bonne qu'elle est, paraît toujours injuste quand on

voit souffrir les malades. — Salut et respect.

Zayonchek.

Zaj^czek, général de brigade, au général en chef

Menou ^

A Rosette, le 12 frimaire an IX (3 décembre 1800).

Général, Seid-Aly Nouradin, effendi ou premier cady de Rosette, m'a remis une lettre pour vous. Je m'empresse à vous |la faire passer. Ce personnage vous est assurément connu. Il passe pour intéressé et avare. Il m'a paru consterné à la suite ide la lecture de votre proclamation. Il n'en est pas de même ides artisans et du peuple, ils sont tous dans la joie. — Salut et respect.

Zayonchek.

1 Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.

422 ZAJAOZEK

Zajqczek, général de brigade, au général en chef

Menou ^

A Rosette, le 17 frimaire an IX (8 décembre 1800).

Général, Seid-Ali^ vient de m'annoncer que madame Menou ^ a accouché cette nuit d'un fils*.

La mère et le nouveau né se portent bien; recevez en mes sincères compliments. — Salut et respect.

Le général de brigade Zaj^czek au général en chef

Menou ^

A Rosette, ce 27 frimaire an IX (18 décembre 1800).

Général, j'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 23 de ce mois. La proclamation^ y jointe a été aussitôt publiée dans la ville de Rosette, et envoyée dans des villages principaux de la province.

La femme Fouysac, veuve d'un officier tué au siège du Caire, réclame par ma voie vos bontés, elle est presque dans la misère avec un enfant qu'elle nourrit. Daignez, Général, la faire comprendre dans la liste des veuves à qui votre justice a accordé quelque secours. — Salut et respect.

Zayonchek.

1 Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.

2 Beg. lettre C. 2. f° 142. Menou à Zajaczek, Caire, 14 novembre: Lui recommande son beau -frère Seidali, membre du divan du Caire, qui se rend à Rosette pour obtenir le remboursement de sommes qui lui sont dues; le prie de l'aider dans ses démarches.

» Sitti Zebedé.

^ Soleyman-Mourad.

^ Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.

« «promption» dans texte original.

A Mi^:NOir 423

Le général de brigade Zaj^czek au général en chef

A Rosette, ce 4 nivôse an IX (25 décembre 1800).

Général, j'ai eu l'honneur de recevoir votre lettre du 30 frimaire 2. Celle ^ que vous écrivez à l'effendi de Rosette lui sera lue et remise comme vous l'ordonnez. Ce personnage est dans ce moment-ci à (la) foire ^ A son retour je convoquerai les gens de loi ainsi que tous (les) habitants marquants de Rosette pour assister à la lecture de votre lettre.

J'ai toujours été dans la ferme résolution d'empêcher les vexations, mais si personne ne vient s'en plaindre à moi, ce n'est pas ma faute s'il s'en commet. On m'a bien tenu quelques propos sur l'effendi, mais lorsque j'ai demandé une déposition par écrit des ces griefs, les accusateurs s'y sont refusés. Comme je connais par expérience que les dénonciations des gens du pays sont pour la plus part sujettes à caution, j'ai cru qu'il ne me convenait pas de vous rapporter des choses non avérées. Je ne me départirai jamais de cette règle, et quand je ferai tant que vous dénoncer quelqu'un, ce sera lorsque j'aurai des preuves de sa mauvaise conduite. — Salut et respect. . Zayonchek.

Le général de brigade Zaj^czek au général en chef

Menou ^

Ce 5 nivôse an IX (26 décembre 1800), à Rosette.

I Général, le chef de bataillon de la 25"'* de ligne Veckel^ aura j l'honneur de vous remettre cette lettre. Je ne pouvais pas

* Arch. h. de la Gu., A. d'Orient, aut. 2 Lettre non conservée.

' 21 décembre 1800. Le général en chef Menou (au Caire) à Ali, effendi-cadi de Rosette: Reproches sur sa conduite à l'égard des habitants dont il exige plus qu'il ne lui revient. Menace de le destituer s'il persiste dans l'oubh de ses devoirs. (Reg. lettre C. 2. P 214).

* «foix» dans texte original.

' Arch. h. de la Guerre. A. d'Orient, aut. ^ «Velcet».

424 ZAJACZEK

m'empêcher de laisser partir cet officier sans lui rendre devant vous toute la justice qu'il mérite. Aussi bon militaire qu'excellent Français il a en horreur les intriguants et les intrigues. Il est (l'jexemple et le modèle des officiers de son bataillon, et je ne puis que louer leur conduite et leurs sentiments. Je m'en sépare avec regret.

Ne serait-il pas possible, Général, que je sois de l'expédition en cas qu'il y en ait une. J'ai eu des occasions assez fréquentes en Egypte pour périr, mais pas une pour me distinguer. Des petits combats, tels dangereux qu'ils puissent être, ne comptent pas. Cependant telle chose que vous déciderez à l'égard de ma prière, cela ne diminuera point ni de mon zèle pour le service ni de dévouement pour vous. — Salut et respect.

Zayonchek.

Le général de brigade Zaj^czek au général en chef

Menou ^

Ce 14 nivôse an IX (4 janvier 1801) à Rosette.

Général, j'ai reçu la lettre ^ que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 2 de ce mois. Je vous envoie l'acte de naissance de votre fils. J'en ai déposé une copie en français et en arabe au markarné et une autre dans les archives du commissaire de guerre. Toutes ces copies ont été enregistrées. — Cette occasion de vous témoigner mon zèle et mon dévouement a été une vraie satisfaction pour moi. Comptez, Général, dans toutes les occasions de la vie, sur un sincère attachement de ma part. Je le dois à vos éminentes qualités que je ne cesse d'admirer. L'acte a eu lieu dans la maison de madame de Menou; l'enfant est très joli, sa physionomie m'a paru absolument la vôtre. — Salut et respect. Zayonchek.

* Arck. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.

' 23 décembre 1800, Caire. Menou à Zaj^czek: Le prie de prendre les mesures qu'il lui indique pour constater de la manière la plus légale la naissance de son fils et assurer son état de la manière la plus positive. (Reg. lettre G. 2. f° 219).

Le général de brigade Zaj^czek au général en chef

Menou ^

Ce 14 nivôse an IX (4 janvier 1801), à Rosette.

Général, l'effendi de Rosette étant de retour de sa tournée, je l'ai fait venir chez moi avec tous les gens de loi, ainsi que quelques principaux habitants, en présence de qui la lecture de la lettre que vous avez écrite à l'effendi, a été faite. J'ai invité tous ceux qui pouvaient avoir des griefs contre l'effendi de me les communiquer. Ils m'en ont présenté quelques uns par écrit, je vous les envoie en arabe avec un précis en français. En attendant votre décision sur ces griefs j'ai ordonné à l'effendi, conformément à l'ordre du jour du 10 vendémiaire an IX de rien prendre pour les sentences rendues. Je lui ai enjoint également de ne jamais juger seul mais avec des gens de loi. — Comme l'ordre du jour du 10 vendémiaire ^ promet un tarifa de ce qui appartient l'également aux juges, il serait à désirer que ce tarif soit envoyé ici. — Salut et respect.

Zayonchek.

Précis des griefs portés contre l'effendi de Rosette.

V L'effendi touche une redevance mensuelle des villages de Berenbal, d'Edkou et quelques autres de Garbieh*.

2"* Les pastèques 5 et la paille qui entrent dans Rosette lui payent une contribution.

3" Au commencement de chaque année la ville lui donne un cadeau^ en argent.

4° Un second cadeau de la même force et en argent lui est donné le l'' jour de ramadan.

2 Probablement il s'agit d'ordre du 20 vendémiaire. ' <tariffe» dans texte original.

* «Charquyée» (Charkieh) dans texte original.

* «passeteques» dans texte original.

« *cadot».

426 ZAJACZEK

5" Toutes ces contributions ne lui ont été accordées que parcequ'il (en) payait une sous l'ancien gouvernement; comme il en est libre depuis l'arrivée des Français, on devrait le forcer à restituer tout l'argent qu'il a touché depuis cette époque.

6" L'effendi ne devrait rien prendre pour les mariages et pour les divorces.

7° Il ne doit rien prendre pour les procès qu'il juge.

Cela sont les griefs que l'on m'a présentés contre l'effendi.

Zayonchek.

Observations.

La redevance que payent les villages de Berenbal, d'Edkou, et quelques autres de Garbieh a été accordée à tous les effendis qui ont précédé Seid-Ali remplissant aujourd'hui cette place.

La somme de cette redevance monte à 9380 médins par an. Les deux cadeaux que la ville faisait le 1^' de l'an et le l*""" jour de ramadan peuvent être évalués à 16,000 médins. Cependant je ne garantie pas la justesse de ces renseignements.

L'effendi prétend n'avoir rien pris de personne depuis que l'ordre du 10 vendémiaire lui a été connu.

Zayonchek.

Ce 15 nivôse an IX (5 janvier 1801), à Rosette.

Général, le cophte Stephanouse, sous-douanier, a été chargé par moi de faire parvenir aux villages de la province de Rosette votre proclamation du 6 frimaire'-* an IX. Ne connaissant alors personne qui fut plus au fait des localités de la province, je me suis servi de cet homme. En lui donnant cette commission j'ai oublié de m'expliquer sur la manière de payer les

* Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, a.\it.

' Il s'agit probablement de la proclamation du 6 brumaire.

courriers qui devaient être nécessairement employés dans cette occasion, et le cophte a cru bien faire en suivant l'ancien usage. Les courriers ont eu 45 médins par village. La faute en est donc en quelque façon à moi, mais elle sera réparée et l'argent restitué aux villages ^

Quant à la balle du poivre, voici ce qui en est. La découverte de cette prise ayant été faite par les Turcs nommés Ismaniel et Mahomet, le commandant de la place en a instruit le général Priant à son passage par Rosette, ce général a ordonné de vendre la balle au profit de la République.

Conformément à cet ordre j'en ai donné un de ma part au commandant de la place de procéder à la vente dans les formes requises. Le commissaire de guerre y a assisté, et le procès verbal de cet acte en fait foi. — J'ignorais, Général, que l'on devait remettre cet effet au préposé du payeur, et je suppose que le commandant de place a été dans le même cas. — Quant à la part accordée au dénonciateur, on s'est conformé à cet égard à Tordre du général Priant qui m'a dit dans sa lettre du 17 brumaire 2 ce qui suit: «L'ordre du 4 fructidor ^ an VI portant que tout dénonciateur aura le tiers de la vente de l'objet dénoncé, vous ordonnerez que les nommés Ismaniel et Mahomet, Turcs, reçoivent le tiers de la balle du poivre confisquée et vendue au profit de la République».

Ainsi, s'il y a une erreur dans ma conduite, croyez, Général, qu'elle est involontaire. — Salut et respect.

Zayonchek.

1 Beg.,Uttre C. 2 P 231—2. Menou au citoyen Beauregard, douanier à Rosette, et au général Zaj^czek. Caire, le 29 décembre 1800: Plaintes f contre le sous- douanier Moallem Stefanous. Ordre de lui faire restituer sur-le-champ les avanies qu'il a exigées de différents cheiks de villages.

' 8 novembre 1800.

8 21 août 1798.

428 ZAJACZEK

Le général de brigade Zaj^czek au général en chef

Menou ^

Ce 16 nivôse an IX (6 janvier 1801), à Rosette.

Général, le citoyen Reboule, négociant français, n'a jamais eu la permission d'exercer un monopole à Rosette. Je ne l'aurais pas souffert. Mais voici ce qui a pu donner cette idée. L'armée ayant reçu l'ordre de vêtir le soldat pour l'hiver des étoffes de Rosette, on a vu arriver des officiers de tous les corps pour faire l'achat de la dite étoffe. N'en trouvant point autant qu'il leur en fallait, ils en commandèrent chez les fabricants. Au bout des quelques mois les chefs des corps pressèrent les officiers de revenir avec ce qu'ils avaient de prêt de l'étoffe. Ils partirent et chargèrent Reboule de leur faire tenir le reste, en lui accordant une commission pour sa peine. Reboule continue encore à servir l'armée. Cela gêne à la vérité la vente de cette étoffe à d'autres marchands, cependant cela ne l'empêche pas totalement. Je ne vous cacherai, pas, Général, que je ne m'y suis point opposé, je croyais remplir vos vues en accélérant cette partie de l'habillement si nécessaire aux troupes dans cette saison. Le citoyen Reboule va vous rendre compte de ce qu'il a fourni à l'armée, et de ce qu'il doit encore fournir. — Salut et respect.

Zayonchek.

Le général de brigade Zaj^czek au général en chef

Menou ^.

Ce 3 pluviôse an IX (23 janvier 1801), à Rosette.

Général, j'ai l'honneur de vous envoyer la note du prix moyen des marchandises vendues à Rosette.

Le capitaine grec, dont le bâtiment est entré à Burlos, s'étant rendu à Rosette a témoigné quelque envie d'aller vendre

1 Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.

2 Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.

A MBNOU 429

sa marchandise à Damiette, puis changeant tout à coup, il a déclaré qu'il ne bougerait pas de Burlos, à moins que les g Français n'assurent son bâtiment contre tous les événements. Vu de telles dispositions du capitaine grec la Commission des neutres ne voulant pas rebuter les commerçants de cette nation a cru devoir lui accorder la permission de débarquer sa marchandise à Burlos, pour être transportée sur des barques du pays dans tel port de l'Egypte qu'il voudra. Le capitaine a accepté cette proposition, et a payé la douane.

Les frais d'enregistrement de l'acte de naissance de votre fils^, Général, sont si peu de chose que cela ne vaut pas la peine d'en parler, cela monte à trente ou quarante parats. Mais j'ai une plus forte somme à réclamer qui est le loyer et les réparations d'une maison que madame de Menou m'a demandée; cette maison a été occupée par un Levantin ^^ il n'a pas fait de difficulté de la céder, mais il a voulu être remboursé du loyer payé d'avance pour un an, et des réparations qu'il a faites; je lui ai donné ma parole qu'il sera payé. La somme monte à 5,664 médius^. — Salut et respect.

Le général de brigade Zaj^czek au général en chef

Menou ^.

Ce 6 pluviôse an IX (26 janvier 1801), à Rosette. Général, j'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur

1 Beg., corr. G. 2. Menou à Zajaczek, 13 janvier 1801: Le remercie des peines qu'il s'est données pour faire constater la naissance de son fils.

2 «Levantain» dans texte original.

» Beg., lettre F. 2. Menou à Zayonchek, 2 février 1801: Le prévient que les bâtiments qui ont acquitté les droits de douanes étant libres d'aller rendre leurs marchandises partout où bon leur semble, la commission des neutres n'a pas à déUbérer sur la permission à accorder aux négociants grecs. Désapprouve la complaisance qu'il a eue de faire céder à sa femme une maison par un Levantin. Va donner l'ordre de faire compter à ce Levantin 8,000 ± au lieu de 5,664 médins qu'il réclame.

* Areh. h. de la Gr,, A. d'Orient, aut.

430 ZAJACZEK

de m'écrire le 4 de ce mois ^ J'ai expédié aussitôt celle qui y a été incluse pour le général Priant. Depuis plus de vingt jours nous n'eûmes point d'accident de peste à Rosette. La garnison et les habitants se portent bien. Salut et respect.

Zayonchek.

Le général de brigade Zaj^czek au général en chef

Menou ^

Ce 21 pluviôse an IX (10 février 1801), à Rosette.

Général, un bâtiment grec vient d'entrer dans le port de Rosette. Il est chargé de vin et d'eau de vie. La commission des neutres ne tardera pas à vous faire un rapport détaillé de sa cargaison. Ce bâtiment a courru hier le risque d'être pris par les Anglais. Le vent soufflant du Sud le capitaine grec ne pouvait pas entrer au boghaz. Les chaloupes de nos embarcations postées à l'embouchure du Nil le firent ^ remarquer et parvinrent à lui faire passer la barre. Les nôtres se portèrent aussitôt pour remorquer un autre bâtiment grec, compagnon du premier, mais tandis qu'ils tentaient de le sauver, une frégate et un brick * anglais, que l'on voyait depuis longtemps, s'approchèrent tellement que leurs bordées forcèrent nos chaloupes à abandonner ce second bâtiment grec Cependant l'Anglais a manqué de payer cher cet avantage, sa frégate après avoir tiré quelques bordées s'est engravée. Nos deux canonnières tirèrent aussitôt sur elle. Leur feu a duré depuis deux heures jusqu'à cinq. Pendant ce temps l'Anglais à force de jeter les effets à la mer est parvenu à se dépêtrer^ Le citoyen Brun, commandant de marine à Rosette, a employé dans cette occasion toute l'activité possible et si le succès n'a pas

* Beg. corr. F. 2. Menou à Zajaczek, 24 janvier 1801: Lui envoie une lettre à l'adresse du général Priant avec invitation d'expédier de suite un courrier â ce général. Le prévient que quelques accidents de peste se sont manifestés au Caire.

2 Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut. ' «furent» dans texte original.

* «brique» dans texte original.

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