‹ Les Polonais en Egypte, 1798-1801Chapitre 17 sur 115 · XLII PREFACE · texte numérisé non relu

XLII PREFACE

tombeaux, le cimetière qui entoure la capitale: réunion de petites maisons de marbre blanc, couronnées de dômes ou de palanquins peints, sculptés ou dorés, formant un ensemble gracieux ^ Il faisait jour et le soleil levant semblait éveiller les haines de la veille; de la place on fusillait les postes français sur les monticules; on ripostait, mais la canonnade ne commença pas encore 2.

Suikowski se dirigeait par le chemin de Belbeïs, au nordest-nord du Caire ^, vers les hauteurs occupées par le général Dommartin avec deux bataillons^; 140 hommes de cavalerie se tenaient là aussi sur une route entre les monticules dont les abords étaient défendus par une^ pièce de 8 et 2 obusiers. Quelques moments auparavant, une nuée d'Arabes et de paysans à cheval se portait sur ces positions, mais les Français postés sur les monticules ne les craignaient guère. La cavalerie voulut même marcher contre les Arabes; la supériorité que leur donnait le nombre la força de rentrer.

On lança quelques boulets contre ces hordes, mais cachées dans les tombeaux elles étaient à l'abri du feu.

Alors on aperçut le détachement de SuJkowski «venir dans le lointain». «Les Arabes^, voyant un petit nombre de Français, se portèrent sur eux et les chargèrent; effrayés de se voir environnés par un tourbillon de cavalerie, les guides voulurent se retirer; mais rencontrant sur leur route de nouvelles troupes

mais il sera mieux de s'y porter par des mouvements combinés sur les différents points qui y aboutissent». i

Rapport de la nuit du 30 vendémiare au 1^ brumaire (faussement daté-| du 1 au 2 brumaire) an VII (copie). • "^

«Toutes les patrouilles qui ont été faites régulièrement dans les différentes sections, annoncent la plus parfaite tranquillité dans la ville et les troupes postées du côté de la mosquée dite Eléazar, après avoir parcouru tous les environs, sans trouver un seul homme, ont comblé les retranchements qui s'y trouvaient.

1 Denon, I, 196, Browne, I, 123, Doguereau, 73.

2 Doguereau, 92.

3 Voir La Jonquière, II, 180: carte des environs du Caire.

* Voir les ordres expédiés par Berthier dans la nuit du 30 vendémiaireau l'^ brumaire (La Jonquière, III, 280). ^ Dogureau, 92: «2 pièces de 8».

«Doguereau, 92.

PREFACIO XLIII

de révoltés, la plupart périrent i; le malheureux Suîkowski fut mis en pièces 2 vis-à-vis d'une mosquée, dont on a fait un fort^ qui a porté son nom».

Cette même populace du faubourg- avait égorgé, ce jour même, un convoi^ de blessés venant de Beibeïs. Il ne fut pas plus difficile de barrer le chemin, conjointement avec les Arabes et les paysans de la région, à u\\ officier tout couvert de bandages, bien que cet officier fût un iiomme de génie 5.

^ Berthier au chef de brigade Bessières. Au Caire, le 2 brumaire. «Le général en chef vous ordonne, citoyen, d'envoyer des hommes pour enterrer les guides qui ont été tués hier, afin qu'il ne reste aucune trace de ce qui s'est passé». Signé: Berthier (Arch. h. de la Gu., copie).

Lavallette I, 286—7: «Accompagné de quinze guides, il traversait la portion du désert qui sépare cette partie du Caire de la citadelle. Des Arabes, cachés derrière de nombreux monticules, débouchèrent brusquement sur lui. Il fut tué avec la plus grande partie de son escorte, car il n'en revint que deux pour apporter cette triste nouvelle».

2 On rapporte encore, presque dans tous les récits, le détail sur la chute de cheval. Martin, I, 256: «son cheval tomba»; Bibl. de soiiv., 356: «Malheureusement, son cheval s'abat et le renverse»; François, 237: «Son cheval, effrayé par les cris affreux que poussent ces barbares, se cabre, s'abat et renverse son cavalier».

^ Courier de VEgypte, N° 14-, du 10 brumaire an VII. «Du Caire 8 brumaire: On travaille avec une grande activité à deux forts, l'un appelé le fort Dupuy, l'autre le fort Suïkowski. Le premier de ces forts est situé à l'endroit d'où le général Dommartin a bombardé la ville avec ses obusiers. Ces deux positions ont le double avantage de contenir la ville et de la défendre contre les incursions des Arabes».

4 Corr., 3538, François, 237—8.

5 Voir aux Arch. Adm. les papiers attestant la mort.

«Le ministre (de la guerre) certifie à tous qu'il appartiendra que le citoyen Suïkowski Joseph, chef de brigade, aide de camp du général Bonaparte, a été tué à la révolte du Caire, le 26 (sic) vendémiaire an VII

Fait à Paris, le 23 vendémiaire IX (15 octobre 1800)» (minute). Ce certificat fut expédié «au général-major comte Suïkowski à Lissa dans la Prusse méridionale», le 12 pluviôse X (1 février 1802), grâce à l'intervention de Kosciuszko. Le premier exemplaire daté du 29 nivôse VIII (19 janvier 1800) s'est perdu en chemin.— «Citoyen Ministre! La famille de M. Joseph de Suïkowski, tué en Egypte, souhaitant pouvoir se procurer son extrait mortuaire, dont elle a besoin pour terminer des affaires qui le regardent, je prends la liberté, Citoyen Ministre, de vous prier, de vouloir bien me le faire déhvrer, afin que je puisse l'envoyer en Pologne. Agréez, Citoyen

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