‹ Les Polonais en Egypte, 1798-1801Chapitre 16 sur 115 · PREFACE XLI · texte numérisé non relu

PREFACE XLI

laissant sans doute au commandant du piquet le soin de parer aux circonstances 1. Alors Sulkowski^ «se présenta, prétendit que c'était à son tour à marcher et qu'il était parfaitement guéri». Il fut chargé de la mission.

«Accompagné de quinze ^ guides», il traversa les rues, étroites et tortueuses, ça et là à demi barricadées, couvertes de poussière, remplies d'ordures, et exhalant une odeur pestilentielle*. Les maisons basses, aux jours rares et marqués de treillages, étaient encore plongées dans le sommeil. La plus grande tranquillité régnait: on aurait dit une ville déserte^. Seulement du haut de minarets, on entendait «la voix aigre des muezzins», leurs «chants séditieux», pleins «d'imprécations contre les enneniis de Dieu, les infidèles et les idolâtres».

La brise du matin se fît sentir. Déjà l'aube dessinait par une faible lueur blanche la chaîne stérile du Mokattam, qui domine le Caire du côté de l'orient.

En sortant de la ville, on entrait dans une autre, celle des

^ Doguereau, 92: «Le général Bonaparte qui, par douceur, n'avait pu ramener les esprits, envoya le chef de brigade Sulkowski . . . pour porter l'ordre d'attaquer la porte». Voir aussi S* Albin, I, 123.

* Lavallette, I, 286—7. Cette manière dont la chose est présentée sera peut-être jugée peu digne de foi, vu qu'elle est empruntée à un serviteur de l'empereur. Mais n'est-elle pas aussi parfaitement conforme au caractère de Suïkowski?

' Lavallette, I, 2 86—7, Doguereau, 92, Bibl. de souv., 356, Journal de Belliard (La Jonquière, 111, 281), Bourrienne, II, 182, Martin, I, 256: quelques, Miot 84: un détachement.

* Reclus, Browne, Volney, Savary, passim,

5 Corr., XXIX, p. 500, La Jonquière, III, 280, Arch. h. de la Gu.: Bon à Bonaparte, Caire, 2 brumaire: »...0n n'a point entendu comme les nuits précédentes , des chants séditieux du haut des minarets».

Bon au général Bonaparte.

Au Caire, le 1^"" brumaire, an VII.

«Les patrouilles qui ont paru à la pointe du jour à la grande mosquée m'avaient fait le rapport que la tranquillité régnait dans ce quartier, mais des patrouilles postérieures qui viennent de rentrer assurent le contraire. Je vous envoyé ci- joint le rapport de l'officier de place que j'y avais envoyé.

Il serait essentiel, citoyen général, de faire des dispositions rigoureuses pour dissiper les rassemblements armés qui se forment dans ce quartier, mandez-moi vos ordres. J'aurais fait marcher des forces sur cette mosquée,

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