D'Attalase à Bouch il (n') y a qu'un quart de lieue
1 N'-^ 8. Ms. Oss. 2582. '^
' El Berg. -
3 Probablement: Koum-Abouqatal.
* Probablement: Bêhabehû (voir cartes de moyenne Egypte, La Jonquière II. 472, III 348).
Route de Fayoum ^ à El-Zawieh.
1. On marche de Fayoum sur le village Tamilié (?); ce village est à une heure de marche de Fayoum.
2. Au sorti de ce village on a la montagne à sa gauche et le canal de Macatefié à sa droite. On suit le canal jusqu'au village qui porte le même nom, c'est à dire d'El- Macatefié. La distance du premier village à l'autre est de cinq heures de marche. Le viUage d'El-Macatefié se trouve sur le Nil. On peut remonter la rivière pour aller à El-Zaw^ieh, ou bien on passe le canal Macatefié avec des barques pour continuer en suite la route par terre jusqu'à El-Zawieh qui est à deux heures de là. Tout ce chemin depuis Fayoum jusqu'à El-Zawieh est praticable et facile pour le canon.
Tel est le rapport que j'ai reçu de la part de mes émissaires; j'attends encore le troisième que j'ai employé sur la route de Beni-Souef à EUahoun. Le même émissaire qui a suivi le chemin d'Ellahoun à Bouche, m'a dit que les Mameluks au nombre de cinq à six hommes viennent quelques fois à Ellahoun, mais qu'ils n'y faisaient pas de long séjour.
Zaj^czek au général Desalx'\
(El-Zawieh), le 18 brumaire an VII (8 novembre 1798).
J'ai reçu votre lettre en date d'aujourd'hui à trois heures après midi. Malgré la certitude où j'étais que le bruit de la défaite d'un de vos détachements était faux, je suis cependant très aise d'en avoir la confirmation.
Je vous ai envoyé ce matin le rapport que je reçus sur la route de Bouch et sur celle qui conduit de Fayoum à El-Zawieh. Actuellement je vous dirai que le chemin de Beni-Souef à Ellahoun est impraticable, et il ne le sera que dans huit à dix jours. Ce qu'il y a de malheureux, c'est ^ que l'on ne peut pas trop se fier aux rapports des gens du pays.
Je vous ai envoyé ce matin que les Mameluks ne passaient
^ Medinet-el-Fayouin.
' N^-° 9 Ms. Oss. 2582.
' «ce» dans la minute.
là.
126 ZAJACZEK
le canal dé Joseph qu'en très petit nombre et qu'ils se retiraient aussitôt sans faire un trop long séjour de ce côté -ici, II m'est venu depuis une espèce de déserteur de Mameluks ayant un frère au service de l'intendant copte. Ce transfuge prétend que Mourad-Bey s'était avancé jusqu'à la vue d'Ellahoun, mais que après qu'il eut été rejoint par les beys qu'il avait détachés contre vous dans le Fayoum, il a repassé le chemin.
La flottille va me rejoindre demain; la galère l'Amoureuse est déjà avec moi.
Je mande au général en chef tout ce que je puis croire de certain, mais je ne lui communique pas tous les bruits, comme à vous qui y êtes intéressé de plus près.
Pour des espions, je fais ce que je peux pour en avoir^ mais cela n'est pas aisé.
Zaj^czek au général en chef Bonaparte^.
(Ei-Zawieh), le 20 brumaire an VII (10 novembre 1798),
Les Mameluks sont toujours dans la même position; ils occupent Sédiman et Mazaue.
Le général Desaix est encore dans le Fayoum. Dans sa dernière lettre du 18 il me fait part qu'il parcourt la province pour en tirer des chevaux et qu'il en avait déjà quelques uns; il ajoute dans la même lettre que dans deux ou trois jours il fera un mouvement pour s'approcher d'El-Zavi^ieh.
Nous n'avons presque pas de nouvelles positives de la haute Egypte.
On trouve difficilement des espions qui voulussent aller de ces côtés là; j'y en ai expédié deux, depuis une quinzaine, et aucun n'en revient. Nous apprenons seulement par les barques qui en viennent que ^ le pays est travaillé part deux partis contraires, dont l'un est de Mourad-Bey et l'autre de deux beys ennemis de ce dernier. Chacun de ces partis tâche d'attirer le
1 Ms. Oss. En marge: Il a été expédié le même jour les états de situation au général Berthier.
2 Biffé : qu'il y a deux beys.
paysan. Selon les dernières nouvelles le parti ^ ennemi de Mourad a fait quitter à sa flottille la position de Qénéh 2 et l'a forcé de s'approcher de Girgéh.
Quant à moi, je garde encore la position d'El-Zawieh. Le mouvement des Mameluks sur Mayani en est cause. Le général Desaix se trouvant dans le Fayoum, j'aurais été trop faible pour résister à une attaque.
Le Nil baisse journellement, ce qui fait crier ^ le commandant de la marine. Il craint que ses bâtiments n'en manquent tout à fait.
Il y a dans le nombre des officiers de la marine deux capitaines commandant les deux demi-galères, nommés Morandy. Ils sont frères, tous les deux remplis de zèle et de la meilleure volonté pour le service, jamais de plainte, jamais d'humeur, jamais de refus pour tout ce qu'on leur commande. Ces deux frères m'ont proposé à plusieurs reprises de vous faire part, mon général, que chacun d'eux voulait être porteur de vos dépèches en France. Ils répondaient sur leurs tètes de faire ce voyage malgré la flotte anglaise, moyennant une barque de Mameluks qu'ils arrangeraient conformément à cette mesure si quelqu'un d'eux en était chargé.
Au moment où j'allais fermer ma lettre, j'ai reçu celle du général Berthier en date du 16, qui me reproche de retenir à El-Zawieh les bateaux venant de la haute Egypte et par là d'être cause de la cherté du grain au Caire.
Je vous assure, mon Général, que jamais je n'ai retenu des barques venant de la haute Egypte et qu'il en passe journellement pour le Caire; dans les derniers six jours il en est passé plus de quatre vingt, qui n'éprouvèrent de ma part aucune entrave. Je garde à El-Zawieh 57 barques des différents pays, mais elles m'ont été consignées par le général Desaix avec ordre de les retenir.
1 des deux beys.
2 Kénéh.
3 Biffé: les (marins). Ils voudraient s'en retourner au Caire, avant que l'eau les abandonne tout à fait.
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Zaj^czek au général Desaix ^
[El-Zawieh, le 20 brumaire an VII (10 novembre 1798)].
L'intendant copte avait efivoyé hier à Bouch deux de ses domestiques pour y requérir des vivres dont nous avons besoin, mais ces deux hommes là y ont trouvé plusieurs émissaires des Mameluks qui excitaient le peuple à s'assembler pour aller combattre à Beni-Souef la flotte française. A leur retour, ils prétendent avoir vu dans tous les villages où ils ont passé, par cent, par cinquante et par trente tantôt Mameluks, tantôt Arabes qui faisaient des efforts pour insurger les paysans. Ils ajoutent que les villages qui sont au-dessous d'El- Zawieh ont envoyé eux-mêmes leur adhésion à l'insurrection. J'ai envoyé deux hommes, mais deux hommes du pays, pour avoir la confirmation de tout ceci. En attendant je vous mande ce que j'en sais. Je vous envoie aussi la lettre que le général Berthier m'a écrite.
1 Ms. Oss. 2582, sans date, n"" 10; voir aussi n« 11 de la main d'aidede camp Pierre au général Desaix.
[El Zawieh, le 20 brumaire an VII (10 novembre 1798)].
Le général Zayonchek me charge de vous annoncer, mon Général, qu'un espion qui vient de nous arriver de Sédiman, nous a assuré que les Mameluks avaient marché sur le Fayoum pour y attaquer le détachement qui y était resté. Le détachement était sorti pour les recevoir, mais il doit avoir été forcé par les ennemis d'y rentrer. Le détachement a fait une seconde sortie, est tombé avec fureur sur les ennemis et les a complètement battus. Le paysan qui nous a apporté cette nouvelle, la certifie sur sa tête et nous assure qu'il les avait vus revenir fuyant à Sédiman. Veuillez, mon Général, nous en donner des nouvelles plus sûres; nous les attendrons avec impatience. Le général Belliard est en route pour nous rejoindre. Tout est tranquille au Caire. Le général Zayonchek attend l'arrivée du général Belliard pour s'en retourner au Caire. Il est très affecté du mal d'yeux, souffre beaucoup et ne voit pas clair du tout.