JOSEPH FELIX LAZOWSKI
D'après un dessin de Dutertre à la Bibliothèque Nationale.
AUX GÉNÉRAUX BKLLFAKL) E'J' HÔNAl'ARTE 129
Le général de brigade Zaj^czek au général de brigade Belliard\ à Mokaun^.
El-Zawieh, le 20 brumaire an VII (10 novembre 1798j.
J'ai eu le plaisir de recevoir votre lettre, Général. La division est à Fayoum, la flottille est à P]l-Zawieh. Je vous conseille de vous rendre dans ce dernier lieu, non seulement parce que la division doit s'en rapprocher, mais parce que la route en droiture pour Fayoum est bien difficile 3. Salut et fraternité.
Zaj^czek au général en chef Bonaparte^.
A El-Zawieh, le 21 brumaire an Vil de la République
(11 novembre 1798).
Mon Général, je vous envoie en original la lettre que Mustapha-Aga-Kiachef a écrite à l'intendant de la province, copte: il est dit, que le général Bonaparte m'ayant assuré la propriété du village d'El-Zawieh, avec ses cinq dépendances, vous n'en tirerez point, ni grains, ni moutons, ni bœufs, ni chevaux. Je sais qu'assurer la propriété d'une terre, ce n'est point l'affranchir des charges publiques; mais le pays et les circonstances, où nous nous trouvons, peuvent vous avoir porté à accorder cette franchise; comme nous ne savons point à quoi nous en tenir sur cet article, daignez nous en faire informer.
Je souffre l'impossible depuis quinze jours. Je suis attaqué d'un mal d'yeux, qui, au lieu de diminuer, augmente, ce qui
1 Ms. Oss. 2582.
2 Ommoknan (probablement).
^ Pierre annonce ce mouvement au général Desaix (n" 12) le 21 brumaire.
«Il est arrivé aujourd'hui 100 hommes venant du Caire. Le général Belliard est en route avec un bataillon de la 88^ 11 marche par terre. Les troupes qui sont arrivées aujourd'hui, l'ont laissé à deux journées d'ici. Il a une pièce de huit avec lui. On nous a amené une forge de campagne. Le général Zayonchek est toujours bien affecté du mal d'yeux».
4 Ms. Oss. 2582.
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me force de vous demander, mon Général, la permission d'aller me rétablir au Caire *; j'en instruis en même temps le général Desaix. Salut et respect.
Zaj^czek au général Desaix ^.
El-Zawieh, le 22 brumaire an VII (12 novembre 1798).
C'est le quatrième jour que je ne reçois pas de vos nouvelles. Je continue à vous en donner régulièrement.
Les Mameluks ne sont point à Bouch ni dans les villages voisins. Les domestiques de Mourad-Bey ont commandé à Bouch et dans plusieurs autres endroits des provisions pour son armée et les paysans les tiennent prêtes. J'attends ce soir ou demain le matin des nouvelles du camp de l'ennemi.
Le général en chef m'a donné deux ordres, l'un pour faire agir la flottille pour avoir de chevaux, l'autre pour tirer quelque argent de la province. Le premier ne peut pas être exécuté, parce que l'eau commence à manquer, pour effectuer l'autre il faudrait que votre division soit assez forte pour battre les Mameluks ou les chasser plus loin et que le commandant de la province ait quatre à 500 hommes disponibles pour pouvoir vaquer à la perception de cet argent en courant d'un village à l'autre. Quand vous nous aurez rejoint, mon Général, vous prendrez des mesures nécessaires et conformes aux vues du général en chef.
Le général Belliard avec un bataillon de la 88* et une pièce d'artillerie de 8 est arrivé ici depuis ce matin 3. Ma vue est tellement affaiblie que je suis incapable d'aucune sorte de travail. J'ai demandé au général en chef la permission de me retirer au Caire et j'ai l'honneur de vous en prévenir. Le citoyen Rapp a copié vos dépêches et nous vous les envoyons.
' La Jonquière: III. 354. Corr. V. 3638. Au général Belliard, le 16 novembre. «Il est essentiel . . . que vous vous portiez à Beni-Souef et que vous organisiez cette intéressante province; vous en prendrez le commandement. — Je donne ordre au général Zayonchek de se rendre au Caire» . . .
2 N-ro 13. Ms. Oss. 2582.
' La Jonquière III. 350.