A DESAIX, BOYER ET A PRIANT
VOUS les 60 hommes de (la) 88^ que vous avez trouvés dans le Fayoum. Vous savez que cette troupe a été de ma garnison, vous savez de même combien j'en ai besoin. Si au contraire vous laissez dans le Fayoum le détachement que vous avez emmené, je vous prie de laisser le commandement de deux détachements réunis au plus ancien des deux chefs de bataillon, Je crois que vous pouvez le faire d'autant plus hardiment, que vous trouverez à Miniet une garnison de près de 500 hommes d'infanterie. D'ailleurs le général Friant a trop peu de troupe avec lui pour pouvoir se passer du détachement de la 88^ Faites moi l'amitié de me répondre réciproquement à cette lettre et d'être persuadé de l'estime, amitié et considération que je vous porte.
Zaj^czek au général Friant^.
(Beni-Souef), le 16 messidor (4 juillet 1799).
J'ai travaillé toute la journée pour vous pourvoir de chameaux. J'en ai ramassé 200 qui sont à Beni-Souef, mais sans bâts et sans outres. Les Arabes sont allés les chercher. J'espère que vous les aurez demain, ainsi que 200 autres chameaux après lesquels j'ai envoyé l'intendant de province copte.
J'ai l'honneur de vous envoyer la copie de l'ordre que j'ai reçu 2. En cas que vous ayez quelques cavaliers de quelqu'un des corps qui sont nommés et que vous n'ayez pas besoin pour votre expédition, envoyez les moi à Beni-Souef pour que je les fasse passer, conformément à l'ordre, au Caire.
1 Ms. Oss. 2582.
2 Arch. h. de la Guerre. Registre G. f''. p. 80. Berthier à Zayonchek, commandant les provinces de Beni-Souef et de Minieh. Caire, le 14 messidor VU (2 juillet 1799). Ordre d'envoyer au CairQ tous leurs hommes montés du 7^ rég. de hussards et de 3^, 14® et 15® rég. de dragons. Avis que le chef de brigade Detrès a ordre de se rendre au Caire avec son régiment et que l'adjudant général Boyer va le remplacer dans le commandement de la province de Minieh. Voir Corr. V. 4243, La Jonquière V. 288.
282 ZAJACZEK
Zaj^czek au général divisionnaire Berthier^,
(Beni-Sôuef), le 17 messidor (5 juillet 1799).
Le citoyen Peyre ^ adjoint à l'état -major, m'a remis votre lettre du 13 messidor ^ Au lieu de 80 hommes du dépôt de la division Desaix il (ne) m'en a amené que 67, le reste ne se trouvant pas en état de quitter le Caire. Il m'a remis les 12 mille cartouches qui m'avaient été envoyées.
J'ai reçu le même jour votre lettre du 14. J'enverrai au Caire les dragons du 14™'' qui se trouvent montés à Beni-Souef, lorsque le chef de brigade Detrès descendra, parce que je pourrais les compromettre en les envoyant seuls; ils ne sont que 11 de montés.
Mourad-Bey est toujours dans sa position en Raïan ^, fontaine située dans le désert, à deux journées de marche de Medine. Le général Priant m'a demandé 300 chameaux et autant d'outrés pour faire une expédition dans le désert. Je m'en occupe depuis deux jours et j'espère pouvoir les lui faire passer aujourd'hui. Je ne doute point que le général Priant ne vous instruise de tout ce qui concerne Mourad-Bey à mesure que les événements se présentent.
P. S. Je ne puis vous envoyer que dans quelques jours l'état de situation des troupes qui sont sous mon commandement, parce que depuis l'apparition de Mourad-Bey elles se trouvent disséminées et courent le pays.
1 Ms. Oss. 2582.
2 «Paire» dans la minute.
3 A. h. de la G. (Reg. G. p. 79). Berthier à Zaj^czek, commandant de Beni-Souef, 13 messidor VII (1 juillet). Avis que les 80 hommes qui ont ordre de s'y rendre avec des munitions, y seront à ses ordres en attendant ceux du général Desaix.
* «Royal» dans la minute.
A BERTHÎER ET A PRIANT 283
Zaj^czek au général Priant^.
(Beni-Souef), le 17 messidor (5 juillet 1799).
J'ai reçu votre lettre du 16. Malgré tous les mouvements que je me donne, je ne suis pas encore à même de vous envoyer les chameaux demandés. Rien n'égale la lenteur de gens du pays. Malgré que je me suis emparé des chameaux, je ne puis vous les envoyer, parce que ces malheureux Arabes tardent à m'apporter les bâts et les outres. J'envoie courrier sur courrier, mais il ne se pressent pas davantage. Cependant j'espère que vous les aurez cette nuit au plus tard. — J'ai expédié votre lettre pour le général Desaix. Je vous prie d'envoyer les deux incluses à l'adjudant général Boyer.
Le général de brigade Zaj^czek au général de brigade
Priant l
Au qu. gén. de Beni-Souef, le 17 messidor an VII (5 juillet 1799), à 9 heures du soir.
Général, un cheik arabe, nommé Marmond-abou-y-ekié, de la tribu de Quoualis, fixé dans la province de Benhassé, vient de mander à l'intendant copte de la même province que Mourad-Bey s'est porté sur un village nommé Zahiut-el-Barmazé ^. Ce village est à onze lieues de Beni-Souef, au bord du désert. Ali-Kachef et Ismaïn-Kachef se sont portés en même temps sur Mezura*. L'un et l'autre de ces villages sont de la province de Benhassé et situés au bord du désert. Toute fausse que me paraît cette nouvelle, j'ai cru devoir vous la mander. L'intendant copte que j'ai chargé des chameaux doit vous en emmener demain 160. Ceux que j'ai ici n'attendent qu'après les bâts et les outres, après lesquels ces malheureux Arabes me font languir. — Salut et considération. Zayonchek.
1 Ms. Oss. 2582.
« Arch. h. de la Gu., A. d'Orient.
' Probablement: Barnacha sur la rive du canal Joseph.
* Probablement: El-Meçourah, village situé vis-à-vis de Barnacha.
284 ZAJACZEK
Zaj^czek au général en chef Bonaparte^.
(Beni-Souef), le 18 messidor (6 juillet 1799).
Mourad-Bey remonte. Il est aujourd'hui à Behnesé. Le général Priant, l'adjudant-général Boyer, avec le détachement de la SS*" le poursuivent. Le général Priant m'engage à me porter sur Garah, poste essentiel à garder en cas que Mourad pressé par le général Desaix qui est à Miniet, veuille redescendre. Mais si je m'y porte, je ne pourrai pas renvoyer le bataillon de la 22''2, et ce qu'il y a de pire encore c'est que la perception du miri sera suspendue.
Zaj^czek au chef de bataillon Sacrost^.
Le 18 messidor (6 juillet 1799).
Le général Priant me mande que Mourad-Bey remonte, qu'il va le poursuivre, que l'adjudant-général Boyer est de sa partie et qu'on vous laisse 60 hommes de la 88^ Mon cher Commandant, en retenant auprès de vous ces 60 hommes de la 88^ et tous ceux de la 2V — vous aurez 130 hommes passés. Renvoyez moi tout ce que vous avez de la 22®, ainsi que la pièce de canon. Vous serez assez fort pour percevoir le miri de Payoum, et j'ai besoin de la pièce pour agir au midi de la province qui est revèche, comme vous le savez. Le général Priant me mande de me porter sur Garah dans le Payoum. Je ne puis le faire à moins de renoncer tout à fait au miri de la province de Behnesé. Mais je vous charge, mon cher Commandant, de faire observer le mouvement de Mourad afin d'en être averti à temps, et de vous porter avec célérité sur Garah, mais je doute que Mourad-Bey s'avise de revenir, et il est impossible de sacrifier le miri pour parer à un événement qui est très incertain.
1 Ms. Oss. 2582.
* On s'occupa à cette époque de la nouvelle organisation de l'infanterie (Voir La Jonquière V. 201—5, 207-13, 580). 3 Ms. Oss. 2582.
A BONAPARTE ET A SACROST 285
Zaj^czek au général en chef Bonaparte ^
(Beni-Souef), le 19 messidor (7 juillet 1799).
Depuis ma lettre d'hier le général Priant a changé de dispositions, il attend Mourad-Bey du côté de Garah dans le Fayoum, et me charge de porter tout ce que je pourrai avoir de force sur Fechn. Aussi j'y envoie un détachement de 200 hommes ne laissant à Beni-Souef que très peu de monde pour garder les malades.
J'ai l'honneur de vous envoyer la copie de la lettre du général Desaix^
Mourad-Bey est à Barmacha, village situé dans la province de Behneseh au bord du désert et presque à la même hauteur que Fechn. Il a fait couper la tète au cheik de ce village. Le général Friant croit qu'il ne s'est porté là que pour favoriser la jonction des Mameluks descendant de la haute Egypte avec sa troupe.
1 Ms. Oss. 2582.
2 Cette lettre du 14 messidor n'est pas conservée, nous avons retrouvé seulement celle du 15. Desaix à Zajaczek, Taha près Miniet, le 15 messidor VII (3 juillet). «J'ai vous ai mandé hier... que j'avais reçu l'avis que les beys Hassan et Osman avaient quitté les environs des cataractes pour descendre dans la basse Egypte. Le 11, ils étaient à la hauteur de Tahtah, moitié chemin de Girgeh à Siout. Ils passeront à la hauteur de Miniet le 16 ou 17. J'ai pris position à Taha, village situé près du désert. Je ferai tout ce que je pourrai pour inquiéter les Mameluks à leur passage. Je préviens le général Friant de leur mouvement et l'engage à faire l'impossible pour les joindre et les combattre; il ne faut pas leur donner le temps de se reconnaître. Un commissaire que j'avais envoyé à Beni-Souef, vient de revenir, il ne vous a trouvé. Je pense que vous êtes avec le général Friant. Faitez donc... tout ce que vous pourrez pour achever les mamelouks, ils sont très fatigués». A. h. de la G. Voir les lettres adressées en môme temps à Friant, La Jonquière V. 285—6.
286 ZAJACZEK
Zajqczek au général Priant^.
(Beni-Souef), le 19 messidor (7 juillet 1799).
Conformément à vos intentions j'envoie un détachement de 200 hommes sous les ordres du chef de bataillon Sacrost à Fechn^. C'est tout ce qui m'a été possible de tirer de ma garnison. J'ai beaucoup de malades.
Mourad-Bey s'est porté de Barmacha sur El-Meçourah. C'est un mouvement rétrograde vers le Fayoum. Je dois recevoir de ces nouvelles à midi ou vers le soir. Je ne manquerai pas de vous les communiquer. Si ma pièce de canon, ainsi que 60 hommes de la 88* peuvent être envoyés par le général Boyer, je vous prie, général, de ne pas tarder à les expédier. Le détachement de Fechn aurait besoin de ce renfort.
P. S. Les chameaux étaient partis pour aller vous joindre, mais à votre lettre qui m'annonçait que vous quittiez le Fayoum, j'ai cru qu'ils ne vous étaient plus nécessaires; je les ai congédiés.
Zajqczek au citoyen Noble ^.
(Beni-Souef), le 19 messidor (7 juillet 1799).
Vous ne me mandez point, Citoyen, ce que vous faites dans le Fayoum. Comment va la perception du miri et de chevaux? Tâchez de profiter du séjour de la troupe du général Friant et (1') instruisez de moi.
* Ms. Oss. 2582.
2 Voir la lettre de Friant à Desaix, Medinet-el- Fayoum, 18 messidor (La Jonquière V. 293): «Je vous ai instruit, ce matin, ...du mouvement rétrograde de Mourad-Bey. Sans doute, il ne l'a fait que dans l'intention de se réunir avec Hassan-Bey... J'ai placé l'adjudant général Boyer au village de Garah, lieu où il faut qu'ils passent, s'ils veulent descendre dans le Bahireh... et j'ai prié le général Zayonchek de se porter à Fechn pour les empêcher de passer sur la rive droite... Aussitôt que je serai assuré que Mourad-Bey a passé Behneseh, je me mettrai en marche pour vous rejoindre. Boyer viendra avec moi »
3 Ms. Oss. 2582.