‹ Les Polonais en Egypte, 1798-1801Chapitre 88 sur 115 · A PRIANT, BKRTHIER ET A LA COMMISSION DES GKAINS · texte numérisé non relu

A PRIANT, BKRTHIER ET A LA COMMISSION DES GKAINS

I 50 hommes. Pour Sacrost, j'aimerai mieux de le laisser à Fechné, I parce qu'il y perçoit le miri, mais si vous ne croyez sa pré- : sence nécessaire dans le Fayoum, je le ferai venir. Nous en parlerons demain matin.

Zaj^czek au général Berthier^.

(Beni-Souet), le 21 messidor (9 juillet 1799).

J'ai l'honneur de vous envoyer l'état de situation de la garnison de Beni-Souef. Mourad-Bey est à El-Meçourah, le général Friant à Sédiman, je vais le joindre ce soir. 200 hommes de mon détachement sont à Fechné. J'en laisse ici 42 pour la sûreté des malades et je marche avec 50 pour m'aboucher avec le général Friant. Ce malheureux Mourad-Bey retarde la perception du miri, empêche le retour du bataillon de la 22'', et nous tient continuellement en haleine.

P. S. Les dragons du 14' et 17*^ sont partis hier pour se rendre au Caire au nombre de 42.

Zaj^czek à la commission des grains ^\

(Medinet-el-Fayoum), le 22 messidor (10 juillet 1799).

J'ai eu l'honneur de vous répondre ^ hier à votre lettre du 17, mais je vous ai écris trop à la hâte* et je crois devoir me répéter. Le chef de bataillon Sacrost se trouve dans ce moment-ci en tournée entre Bouepique et Fechn. Il est prévenu que vous allez vous réunir ^ à lui et qu'il vous doit toute l'assistance possible. Je vous observerai seulement que tant que Mourad-Bey restera dans notre voisinage, il ne pourra y avoir

* Ms. Oss. 2582.

2 Ms. Oss. 2582.

' Cette réponse n'est pas conservée.

* Biffé: mais l'incertitude où je suis, que ma première lettre vous (est) parvenue.... je me répète, citoyen, en vous instruisant que....

5 Biffé: si votre intention est de vous réunir à lui ainsi si telle est

votre volonté, réunissez vous à lui.

292 ZAJACZEK

aucune suite dans nos opérations économiques, qu'elles seront interrompues à tout instant et que le chef de bataillon Sacrost peut être rappelé d'un moment à l'autre pour agir contre Mourad-Bey.

Zaj^czek au chef de bataillon Sacrost ^

J'ai reçu votre lettre du 20. Je ne puis vous dire rien de décisif dans la présente. Le général Priant est à Embaché, Mourad-Bey à Garah. Je me suis rendu à Medine parce que le général Priant désirait que la garnison d'ici fut renforcée. J'ai amené avec moi 50 hommes. Je serai très fort d'avis que vous vous occupiez à percevoir le miri. Si Mourad-Bey gagne le désert, on n'aura pas besoin de votre détachement. Si au contraire il remonte pour la seconde fois, vous serez à même de vous porter sur tel point que l'on voudra. J'espère que d'ici à demain cela s'éclaircira.

La commission des grains m'a demandé de s'unir à vous pour faire ensemble la tournée pour les grains. En cas qu'on se rend chez vous, accordez leur toute l'assistance possible. Aussitôt qu'on m'aura rendu notre pièce, je vous l'enverrai.

Zaj^czek au général Priant^.

(Medinet-el-Payoum), 22 messidor (10 juillet 1799).

J'ai réitéré les ordres pour que la province de Behneseh s'empresse à vous envoyer des chameaux et des outres. J'en ai fait autant dans le Payoum depuis mon arrivée, mais je vous tromperai, Général, si je vous assurais que cette opération sera faite avec célérité.

Le général Desaix m'invite dans sa dernière lettre à m'unir à vous. Ordonnez, Général, et je suis prêt à exécuter tout ce que vous voudrez bien me prescrire. Ma force est avec le chef

1 Us. Oss. 2582.

' Ms Oss. 2582.

A SACROST, PRIANT, BONAPARTE ET A ROCHRIiRUN 293

de bataillon Sacrost. Le ferez vous venir ou le laisserez vous où il est, cela ne dépend que de vous. Je croirai cependant que si Mourad-Bey gagne le désert, vous n'aurez pas besoin de Sacrost, parce que plus vous aurez de monde, plus votre opération 1 sera embarrassante. Si au contraire M.urad-Bey remonte encore, Sacrost pourrait devenir très utile alors, en se portant sur tel ou tel point que les circonstances indiqueraient. Mourad-Bey a écrit aux Mameluks de la rive droite de venir le joindre, mais il n'y a pas de certitude à cette nouvelle.

Zaj^czek au général en chef Bonaparte^.

(Medinet-el-Fayoum), le 22 messidor (10 juillet 1799).

Mourad-Bey s'est enfoncé de nouveau dans le désert. Le général Priant l'a poursuivi jusqu'au bout de la province. Nous sommes pour la seconde fois à courir après les chameaux et les outres nécessaires à l'expédition du désert, que ie général Priant veut tenter. — Ce maudit Mourad-Bey nous fait perdre un temps bien précieux, dérange la perception du miri, et tient

1 toutes nos forces en haleine.

I , Il est très probable qu'il ne s'est porté à Barmacha^ que pour favoriser la jonction d'Osman-Bey avec lui; il en aura 60 cavaliers de plus. Nos émissaires prétendent qu'il a écrit aux Mameluks résidant sur la rive droite, de venir le joindre.

ZaJ^czek au commandant de la place (de Beni-Souef)

(Rochebrun) *.

(Medinet-el-Payoum), le 22 messidor (11 juillet 1799).

Prévenez, je vous prie, Moallem Ibrahim de vous envoyer tous les courriers et conformez vous à cet égard à ce que je vous ai recommandé en partant.

* C. à d. l'expédition du désert.

2 Ms. Oss. 2582.

» «Berraasé> dans la minute.

< Ms. Oss. 2582.

294 ZAJACZKK

Zaj^czek au commandant Sacrost^.

C'est la troisième lettre que je vous écris aujourd'hui, mon cher Commandant. Dans les deux précédentes je vous ai recommandé de continuer le miri, mais les circonstances changeant il faut changer d'avis avec elles.

Le général en chef a réitéré l'ordre de faire marcher le bataillon de la 22' au Caire 2. On me donne à sa place le détachement de la 88^ C'est par cette raison qu'il faut que vous vous approchiez de Beni-Souef. J'en préviens le général Priant. Mourad-Bey a quitté Bermesé ^, a fait semblant de se porter sur Garah et puis, la nuit, il a filé sur EUahoum, de là sur Aman *, et puis sur Zaouet ^, à ce que l'on dit. Passera- t-il le fleuve? ou fera-t-il quelque autre course? Nous ne le savons pas encore. Le général Priant est à sa poursuite. Il m'a écrit d'Honaru, à deux lieues d'ici. Il devait marcher cette nuit sur Zaouet.

Le général de brigade Zaj^czek au général de brigade

Priant *.

Au quar. gén. de Medinet, le 23 messidor an VII (11 juillet 1799).

Général, j'ai eu l'honneur de vous communiquer hier l'ordre de l'état-major, par lequel il m'est enjoint de faire partir pour

' Mt. Oss. 2582.

> Voir La Jonquière V, 302. Bonaparte à Berthier, 7 juillet. «....Vous donnerez l'ordre au bataillon de la 22* qui est avec le général Zayonchek, de se rendre au Caire par terre, en passant par Atfieh. Ce mouvement s'exécutera à l'instant où Mourad-Bey aura pris un parti qui l'éloigné du Fayoum>.

» Barmacha.

* El-Haramâm (sur la carte des Ingénieurs géographes).

^ El-Zawieh.

« Arch. h. de la Gn., A. d'Orient; Ms. Oss. 2582.

A SACROST, FRIANT ET A DKSAIX

le Caire le bataillon de la 22' que j'avais en garnison à Beni- Souef; on me donne à sa place le détachement de 88*^ qui était dans le Fayoum avec l'adjudant-général Boyer K Ce détachement vous accompagne et vous devez en disposer comme de tout ce qui est sous mes ordres, tant que les circonstances l'exigeront. Cependant si Mourad-Bey passe le fleuve et si vous allez à sa poursuite dans Attieh, ne serait-il pas mieux que vous preniez le bataillon de la 22*^ avec vous, et que vous me laissiez la troupe qui doit faire ma garnison. Je croirais que cela nous arrangerait tous les deux, et l'ordre de l'état-major serait rempli, parce que le bataillon de la 22^ s'approcherait avec vous du Caire, qui est l'endroit de sa destination. Persuadé que cela vous conviendra, j'ai donné ordre au chef de bataillon Sacrost de rentrer dans Beni-Souef; il pourra y être demain ou après demain au plus tard. Le bataillon de la 22' se trouvera alors rassemblé. Vous y aurez deux cent vingt cinq ou deux cent trente hommes disponibles. Le reste est malade. J'ai l'honneur de vous saluer.

Zaj^czek au général Desaix^.

(Medinet-el-Fayoum), le 23 messidor (11 juillet 1799).

Je reçois à l'instant deux de vos lettres, l'une sans date que je crois antérieure, et l'autre du 20 du courant^ de Zaïsi*.

* Arch. h. de la Cru., (Registre M. p. 2). Berthier à Zajî^czek, coinmandant les provinces de Minieh et de Beni-Souef, à Beni-Souef. Caire 19 messidor. — Avis que l'adjudant général Boyer doit prendre à Minieh le commandement des troupes qu'avait le chef de brigade Detrès et qu'il doit lui laisser un détachement de la SS'^. Ordre d'envoyer au Caire, par terre, par l'Atfîeh, le bataillon de la 22*^ légère qu'il a avec lui, dès que Mourad-Bey aura pris le parti de s'éloigner du Fayoum.

' Voir la lettre de Desaix à Priant du 20 messidor (La Jonquière

V, 295). « Je marche vers Behneseh ; je mande au général Zayonchek

de venir m'y joindre. Je compte donner une bonne chasse à Mourad, si je puis le joindre; mais j'en doute. Aussitôt ma jonction avec le général Zayonchek, je ferai remonter la garnison de Minieh — »

* Probablement Zâni, village situé sur la rive gauche du canal Joseph, à la demi-hauteur entre Samalloùt et Abon-Girgéh.

296 ZAJACZEK

Mourad-Bey après avoir paru à Bermacha a fait semblante de reprendre le chemin du désert. Le générai Priant qui à lai suite du premier mouvement de Mourad-Bey s'était porté sur Sédiman, a cru que réellement Mourad-Bey reprenait le chemin du désert. Il a gagné en conséquence le village d'Embcichéi, situé à deux lieues de Sédiman dans le Fayoum, mais tandis que nos troupes s'y rendaient, Mourad-Bey, apparemment bien instruit de ce mouvement, a changé de route et s'est porté avec célérité sur EUahourr^Le 22^ de grand matin, il a gagné Aman *^, le général Priant l'a poursuivi aussitôt, et hier à six heures du soir nos troupes ont passé par Ellahoun. Mourad-Bey s'est-il rendu à Zaout 3, comme on le prétend? ou s'est-il porté vers Tanned ^ comme les autres le disent? c'est ce que nous ne savons pas encoro. Je vous en informerai aussitôt que mes émissaires rontrer(>:it, mais dans ce moment-ci j'ignore jusqu'à la position du général Priant.

Le chef de bataillon Sacrost qui conlormément aux souhaits du général Priant devait garder la position de Pechné et que j'avais autorisé à ouvrir tous les paquets, ayant lu dans vos dernières que vous désireriez que je m'unisse à vous, me mande qu'il va se porter incessamment sur Zaïsi. Ainsi vos ordres de ce côié-là seraient remplis. Quant à moi, le générai Priant m'ayant témoigné la nécessité d'avoi • une garnison dans Medine, je me suis porté avec 60 hommes qui me restaient de disponibles, et je n'en ai laissé à Béni Souef que 40 pour garder les malades.

Votre idée de nous aider à percevoir le miri est, on ne peut pas plus, attrayante. Daignez, Général, ne pas en changer. La partie de la province, où vous vous trouvez, est la plus revéche. On ne saurait rien tirer de ces habitants, si on n'est pas en force.

Le seul inconvénient qu'il y aurait à la marche du citoyen Sacrost, c'est le retard qu'éprouverait l'ordre du général en chef

* «Ambaché» dans texte original.

» Probablement El-Hammàm.

' El-Zawieh.

* Tamieh.

A DRSAIX, FiilANT ET A KOCHKBRL'N 297

au sujet du bataillon de la 22" dont j'ai l'honneur de vous envoyer la copie.

Le convoi portant les hommes démontés n'a pas encore passé par Beni-Souef. Je recommanderai au commandant de la place de leur sig-nifier vos ordres de se rendre à Miniet.

Zaj^czek au général Friant ^

^> Le 23 messidor (11 juillet 1799).

'■ Je viens de recevoir une lettre du général Desaix. Le 20, îl a été à Zaïzi, village situé près de Bemesé^. Il m'invite de Venir le joindre pour percevoir le miri. Le chef de bataillon Sacrost devait s'y rendre à son invitation. Je vous envoie une de ses lettres. J'ignore complètement où vous êtes aujourd'hui. Donnez nous de vos nouvelles.

Zaj^czek au commandant de la place (Beni-Souef) (Rochebrun) \

(Medinet-el-Fayoum), le 23 messidor (11 juillet 1799).

Toutes les fois que vous m'expédierez des paquets, n'oubliez pas de me dire deux mots de ce qui se passe à Beni- Souef.

Un convoi de gens démontés doit passer incessamment par Beni-Souef. Vous direz au commandant de ce convoi, au fiom du général Desaix. de se rendre à Miniet et d'y attendre ses ordres.

Tout ce que vous saurez du général Rampon, qui est dans Atfieh, et du générai Friant, qui poursuit Mourad-Bey dans la province de Gizeh, vous me le manderez.

Veillez strictement sur la conservation des cartouches, car c'est vous qui m'en répondez.

1 Ms. Oss. 2582.

' Behneseh.

» Ms. Oss. 2582.

298 ZAJÀCZRK

Zaj^czek au général Priant^.

(Medinet-el-Fayoum), le 23 messidor (11 juillet 1799), à 8 heures du soir.

Je reçois dans ce moment-ci la nouvelle que plusieurs kachefs avec les Mameluks et les Arabes sont venus à Tamieh demander des vivres et de l'argent. Le village a tout refusé et a tiré quelques coups de fusil sur eux et les a forcés de se camper dans le désert. Je suis trop faible pour aller les combattre. Je n'ai que 50 hommes, mais je ne les crains pas^ dans Medinet. Au reste, on ne me mande pas le nombre de ces va«:abonds.

Zaj^czek au général Desaix^.

(Medinet-el-Fayoum), le 24 messidor (12 juillet 1799), à 9 heures' du matin.

Rien de nouveau du général Priant, seulement un bruit vague que Mourad-Bey se trouve à Dahsoube*, éloigné de six heures de marche du Caire. J'ai peine à le croire.

Une tribu d'Arabes, nommée El-Balgouchi, est arrivée depuis hier au soir à (El-Rau^tah) ^ et à Tamieh. Ces Arabes viennent de la province de Bahireh. Ou ils se sauvent devant les nôtres ou bien ils cherchent à s'unir à Mourad-Bey. Je suis trop faible pour aller les attaquer. Il me faudrait une centaine d'hommes de plus, mais je ne sais où les prendre.

' Ms. Oss. 2582.

» Ms. Oss. 2582.

• Biffé dans la minute.

* Dahchour, au sud de Gizeh, sur la rire droite du canal Joseph. Voir €orr. V, 4271.

' Ce nom est difficile à lire.

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