A FRIANT, DKSAIX KT A BONAPARTE
Zaj^czek au général en chef Bonaparte^.
(Medinet-el-Fayoum), le 24 messidor (12 juillet 1799).
Le général Priant, qui est à la poursuite de Mourad-Bey, vous informe »ans doute de tous ses mouvements.
Quant à moi, je n'en sais rien de positif depuis le 22. Il court seulement un bruit que Mourad-Bey est à Dahchour, village de la province Gizeh, à 6 lieues du Caire.
Le 23, au soir, la tribu d'Arabes, nommée El-Balgouchi *, venant de Bahireh, a paru près du village nommé Tamieh * dans le Fayoum. Cette tribu venait, dit-on, au-devant de Mourad-Bey. Elle a demandé des vivres et de l'argent des villagois de Tamieh. Quelques coups de fusils furent leur réponse, et les Arabes s'éloignèrent pour camper dans le désert.
La tribu de Geamma, la même qui s'est battu avec l'adjudant général Boyer et qui s'est séparée de Mourad-Bey depuis le 19, côtoie le Fayoum en suivant la route de Bahireh. On l'a vue aujourd'hui à la hauteur d'Abou-Gandir et de Nezleh, villages situés au couchant de Fayoum.
Le général Desaix est venu jusqu'à Behneséh. Le détachement de 200 que je tenais par ordre du général Friant à Fechn, s'est réuni au général Desaix. Ce général me mande qu'il vient m'aider à percevoir le miri dans la province de Behneséh. Je lui ai envoyé l'intendant copte avec ses livres. Je voudrais que ce général persistât dans cette idée, le recouvrement des impositions se ferait alors plus vite, la partie de la province située au midi étant très revêche et ne voulant payer que lorsque nous venons en force.
Je suis dans le Fayoum seulement avec 50 hommes et je n'en ai laissé à Beni-Souef que 40 bien portant pour garder les malades.
Je ne puis renvoyer le bataillon de la 22* que lorsque le détachement de la 88' qui est avec le général Friant, m'aura rejoint. Ce général a pris ma pièce, la sienne se trouvant ruinée.
» Ms. Oss. 2582.
' «Baguny» dans texte original.
' «Tahnié» dan» texte original.
300 ZAJACZKK
Zaj^czek au général Desaix ^
(Medinet-el-Fayoum), le 24 messidor (2 juillet 1799).
Les deux Arabes, porteurs de la présente, m'ont remis votre lettre pour le général Priant. Je l'expédie de suite par deux autres Arabes qui auront l'ordre de le chercher. Depuis le 22 je n'ai point de nouvelles ni du général Friant ni de Mourad- Bey. Il court seulement un bruit que Mourad-Bey est dans la province de Gizeh et que nos troupes le poursuivent.
Je vous ai mandé ce matin, mon Général, qu'une tribu arabe, nommée El-Balgouchi, a paru à Tamieh et qu'elle y a été reçue à coups de fusils par les villageois. Actuellement on me mande que cette tribu était venue de Bahireh à la rencontre de Mourad-Bey et qu'elle se prépare à s'en retourner et suivre Mourad-Bey.
La tribu de Geamma qui s'était séparée de Mourad-Bey le 9, a été vue aujourd'hui à la hauteur d'AbouGandir et Nezleh marchant dans le désert et tenant le chemin de Bahireh. J'espère, mon Général, que vous aurez reçu cinq ou six de m.es lettres, dans lesquelles je vous instruit que Mourad Bey a passé par Ellahoun, El-Hammâm, et enfin est entré dans la province de Gizeh, toujours en côtoyant le désert.
Je prie le ciel pour que rien ne vous détourne du projet de percevoir le miri dans Behneseh. Le malheureux miri m'excita plus de peine et de chagrin que je n'en ai eu de ma vie. Le commandant Sacrost a dû avoir amené (le) lieutenant copte avec ses livres.
Le général de brigade Zaj^czek au général de brigade
Priant^.
Au quartier général de Medinet, le 24 messidor an VII (12 juillet 1799).
Général, j'ai reçu votre lettre du 23 aujourd'hui à midi. Une tribu d'Arabes, nommée Ei-Balgouchi, venant de Bahireh
1 Ms. Oss. 2582.
> Arch. h. de la a., A. d'Orient, Ms. Oss. 2582. La Jonquiere V.299 (extrait).