A LA COMMISSION DES GRAINS, REYNIER ET A FRIANT
Le général de brigade Zajqczek au citoyen Reynier,
1 commissaire aux grains \
Au qu. gén. d'Illahoun, le 8 vendémiaire an VIII (30 septembre 1799).
Citoyen, le citoyen Poussielgue vous renvoie une pétition du village de Bellifié^; il s'agit d'accorder des charaki^. Cela sera à votre décision. Mais, j'ai l'honneur de vous prévenir que c'est un village de plus riches, qu'il est faux qu'il ait souffert des mamlouks, et que son cophte, qui travaille pour ce village, est le plus intrigant du monde. D'ailleurs si ce village obtient quelque chose, tous les autres le demanderaient et avec beaucoup plus de raison. Ainsi je serais d'avis que vous n'accordiez rien^. Salut et considération. Zayonchek.
Le général de brigade Zajqczek au général divisionnaire Priant^.
Au qu. gén. d'Illahoun, le 11 vendémiaire an VIII (3 octobre 1799).
Général, je viens d'expédier la lettre pour le g-al Desaix. Rien de nouveau. Mourad-Bey est à Behnésé. Un de mes émissaires en est revenu ce matin. Les Geamés^ s'approchent de
^ Arch. h. de la Gu., A. d'Orient, aut.
« Beléfiéh.
' c. à d. dégrèvements (Estève: Mémoire 287).
4 Voir: Corr. V, 4368: Ordre da jour du 18 août 1799: «...Le miri et les autres impositions, tant dans les provinces de la haute Egypte que de lia basse, seront payés sans aucune déduction, sous quelque prétexte que
ce soit... Quant aux cheiks-el-beled qui présenteront des reçus des Mameluks, auxquels ils prétendraient avoir payé le miri, non-seulement on n'y aura aucun égard, mais ils seront menacés de châtiment... Toutes les décharges qui auraient été accordées seront regardées comme nulles, et les villages contraints à payer». La Jonquière V, 548 — 9. Registre. J, p. 37: Kleber à Zaj^czek, à Medinet-el-Fayoum. Caire, 24 septembre 1799 : Réceptions de plusieurs lettres. Il n'y a rien de fort en matière d'impôt tant qu'il reste quelque chose à recouvrer. Quant à l'ennemi, il s'agit de marcher à lui quand l'occasion s'en présente, sans considérer le nombre.
5 Ârch. h. de la Grw., A. d'Orient, aut. ^ La tribu Geamma.
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Fayoum en pillant partout. Aucune nouvelle du g-al Desaix Salut et dévouenient. Zayonc hek.
Le 12 vend. (4 octobre 1799).
Les deux détachements viennent de me joindre. Je suis de» lors fort de 250 hommes. Mais le miri de Behnesé s'en ressentira. 11 était assez en train. Si vous pouviez, Général, faire con. tinuer Celui de Belitié \ cela apporterait 11 mille pataquès. 15 hommes suffiront pour le faire aller, ce village étant à la porte de Beni-Souef. Les Arabes disent que Mourad-Bey a reçu ordre du Grand Sélim d'exterminer tous les Français sur la rive gauche, tandis que son armée fera la même chose sur la droite. Zayonchek.
Le général de brigade Zaj^czek au citoyen Reynier^, agent français du 2 arrondissent.^ de la Haute Egypte,
Au qu. gén. d'Abou-Gandir*, le 19 vendémiaire an VIII (11 octobre 1799).
Citoyen, j'ai reçu votre lettre du 16 du courante J'espère que les écrivains cophtes se conformeront aux ordres que vous leur avez donnés relativement aux poudres et salpêtres^. Il aurait été à souhaiter qu'au lieu d'une proclamation en français vous leur eussiez envoyé une en arabe. Pour ce qui est des avances que vous voulez que les commandants de la place de Fayoum fassent à ce sujet, je vous préviens qu'il n'y a personne à Medine, et que je ne sais pas encore comment le g-al Friant ordonnera à cet égard. Je ne lui ai pas parlé de ce détail
^ Probablement c'est une altération du nom Beléfiéh.
2 Arch. h. de la Gu., A. d'Orient, au t.
3 c. à d. des provinces: Minieh, Beni-Souef et Fayoum. * «Abougoudire» dans texte original.
5 Voir Registre Z. p. 2. L. Reynier, membre de la commission des grains, agent français du 2® arrondissement, au général de brigade Zaj^czek, commandant la province de Beni-Souef, le 16 vendémiaire VIII (8 octobre) ; Avis qu'il vient d'être nommé agent français du 2™^ arrondissement. Mesures prises pour l'exécution de l'arrêté relatif aux poudres et salpêtres et pour l'achat du soufre.
^ La Jonquière V, 545—6 (Ordre du 14 août 1799).
A FRIANT, REYNIEU ET A KLEBKU
de service, je le remets à des temps plus tranquilles. Je vous salue.
Le général de brigade Zaj^czek aa général en chef Kleber^.
Au qu. gén d'Abou-Gandir, le 26 vendémiaire an VIII (18 octobre 1799),
Général, il m'est désagréable de vous importuner pour des objets relatifs à l'argent, dans un temps de pénurie ^ où se trouve la caisse de l'armée, mais j'y suis forcé par la position de mes affaii"es.
Depuis le mois de vendémiaire l'an VU, employé à commander les provinces, j'ai dépensé en frais d'espionnages, des courriers, et d'autres objets semblables 5,554 livres. Le général Bonaparte me promettait toujours de me faire rembourser, mais je n'ai jamais été satisfait, et chaque mois ajoutant nécessairement à la masse de la dépense je me suis trouvé au dernier fructidor en avance de la somme mentionnée. Placé entre la Haute Egypte et le Kaire, j'ai été un entrepôt de la correspondance, elle fut très active dans le temps des opérations du général Desaix dans cette contrée. Le général Bonaparte voulait avoir journellement de nouvelles. Le général Desaix également désirait d'être informé de tout, et je me flatte de les avoir contentés, l'un et l'autre. Actuellement on me mande du Kaire que le général Bonaparte a décidé au moment de son départ que les commandants des provinces doivent chercher l'indemnité de ces frais sur ceux de table. Jamais je n'ai eu connaissance de cet ordre, il ne m'a jamais été communiqué officiellement. D'ailleurs ces frais de table auxquels on me renvoie, ne m'ont point été payés, et j'ai dépensé de mon argent pour faire couler le service, forcé très souvent d'emprunter à gauche et à droite pour y subvenir. Pour onze mois et quinze jours de frais de table je n'ai touché que 3,000 1. *. Je soumets également ce second objet à votre justice et à votre bonté. Il
* Arch. h. de la Gu., A. d'Orient, aut.
2 Voir: Rousseau 9, 13, 20—1, 26, 95, 97.
3 «deux mois de frais de table» — l'observation faite dans le bureau de rétat-major général.
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aurait mieux valu ne pas nous flatter de l'avantage de la table, on se serait alors réglé en conséquence; au lieu qu'aujourd'hui il se trouve que l'on a dépensé au delà de ce que l'on devait.
Veuillez bien, Général, avoir égard à ces réclamations, et recevoir sous votre protection un infortuné étranger, à qui les malheurs et la destruction de sa patrie n'ont laissé dans un âge avancé que trois ou quatre années propres à travailler pour avoir de quoi passer une triste vieillesse. Pardonnez si j'ai cherché à fixer un moment vos regards sur le tableau affligeant de ma situation. Salut et respect. Zayonchek.
Zaj^czek à Priant ^
Ce 26 vendémiaire (18 octobre 1799) d'Abou-Gandir. Général, la nouvelle que je vous ai mandée ce matin se confirme. Mourad-Bey a remonté, le général Desaix n'a su sa marche que lorsqu'il était dans le voisinage de Siout aux villages d'Ebne-Ouafy. Les Arabes de Geamma se sont séparés de lui et ont cheminé vers la petite Oasis, distante de quatre journées de Raïan *. Boyer a passé cette nuit à lUahoun. Ce matin, il a seulement filé devant Sédiman. Outre les provisions immenses qu'il a consumées à deux reprises à Sédiman ^^ outre celles
* Arch. h. de la Gm., A. d'Orient, aut. (donation Priant, 5).
2 «Rayanne» dans texte original.
3 Boyer à Zaj^czek, Sédiman, 14 vendémiaire (6 octobre): «J'arrive en ce moment avec 350 hommes montés à dromadaires et une pièce de canon. J'ai marché à grandes journées pour atteindre Mourad-Bey, mais en vain; il est en ce moment à Kharak (Medinet-el-Garaq ou Garah) avec les Arabes Geamma... J'ai au moins 3 jours d'avance sur la colonne du général Desaix... J'en partirai pour me rendre à Kharak, et si à mon arrivée Mourad et Geamma en sont partis pour Raïan, j'y filerai de suite derrière eux et j'y prendrai poste jusqu'au nouveau ordre; il serait nécessaire alors, Général, qu'un détachement occupe Kharak, car si les mamlouks à mon arrivée à Raïan me font un crochet et se rendent à Kharak, ils trouveraient alors un poste occupé, ce qui les empêchera et de faire des vivres et de l'eau».
Desaix à Zaj^czek, Bourtout Batte (probablement Bartabat, au nord de Behneseh) 19 vendémiaire VIII (10 octobre 1799) : «Je descendrai en suivant les inondations et suivrai la marche de Mourad en me faisant pré»