‹ Les Polymyosites PrimitivesChapitre 22 sur 28 · ONE · texte numérisé non relu

ONE

avec la main ne provoquait pas encore de douleur. Dans le milieu d'août, le bras commença à enfler, et le malade avait une désagréable sensation de tension. Les premières douleurs durent se manifester le 20 ou le 22 août ; cependant le malade put encore, jusqu’au 24, faire son service, quoique avec peine et en proie à de fortes douleurs.

La douleur se produisait surtout dans les mouvements du coude, était légèrement brûlante et s’étendait depuis le milieu de l’avant-bras jusqu’au sommet de l’aisselle le long de la face interne du bras. Dans les autres régions enflées, il y a seulement une sensation d’engourdissement. Par la position déclive du bras, les sensations pénibles étaient toujours accrues. Le gonflement et les douleurs augmentèrent jusqu’au 28 août, puis commença une évolution vers l’amélioration, et peu à peu Pétat précédent s’amenda. L'observation de l’état du malade révéla que le bras droit tout entier était enflé : le gonflement siégeait surtout dans la musculature et ne relevait que pour une faible part de l’œdème cutané. Ge gonflement atteignit son maximum dans la région du biceps et dans les plans profonds ; puis vinrent après les muscles du plan de flexion de l’avant-bras au-dessous de l’articulation ; le moins atteint fut le plan de l'extension. L’œdème de la peau est surtout accusé dans le sillon bicipital interne et au-dessus de l’olécrâne. La pression dans le sillon ci-dessus ainsi que sur les muscles de la région fortement tendus est douloureuse ; cependant cette douleur est plus accusée dans le sillon que sur les muscles. Le bras ne peut être complètement étendu au niveau de l'articulation du coude ; les doigts ne le peuvent pas davantage. L’essai d’extension passive détermine de la douleur, aussi le malade tient-il son bras comme ses doigts légèrement fléchis. La peau présente une coloration rouge violacé. La sensibilité des doigts est un peu diminuée sur leur plan d'extension dans la région médiane.

Les muscles ne présentent aucune E a R, mais seulement une diminution quantitative de leur excitabilité. Le malade transpire beaucoup, mais il dit y avoir toujours été prédisposé. Depuis longtemps, il se plaint de petits fourmillements. L'état général semble avoir toujours été satisfaisant ; le sommeil est bon ; il n’y a pas de soif anormale; le pouls est régulier, et de fréquence normale. La fièvre ne semble pas avoir apparu depuis le début.

Au point de vue étiologique, le malade nie toute habitude d’intempérance ou d’excès ; sur la verge, on ne trouve aucune cicatrice ; dans les commémoratifs, on ne rencontre aucune maladie qui puisse être reconnue comme syphilitique. Dans l’urine, on ne trouve ni sucre, ni albumine. L’année précédente, le malade a eu une grippe et secondairement du rhumatisme articulaire aigu. Pendant cette dernière maladie, la face interne de la jambe gauche semble avoir été le siège de gonflement sur une surface large comme la main ; la douleur y

existait dans les mouvements comme à la pression (myosite?). La peau à ce niveau était violette et luisante. Le gonflement disparut dans l'espace d’une semaine à l’aide de frictions.

Traitement. — Courant galvanique transversal à travers les muscles, massage, compresses humides.

L'amélioration ne se fit que lentement. Les dimensions du bras furent prises à plusieurs reprises. Comme exemple, communiquons ce qu’on à trouvé le 12 septembre : circonférence du bras au-dessus du ventre du biceps à gauche 28, à droite 32; circonférence de l’avantbras au-dessous du coude à gauche 28,9, à droite 31,5.

Le 20 septembre. Sur le bras déjà plus dégonflé, on sentait, dans le sillon bicipital interne, les troncs nerveux considérablement épaissis. La pression sur ces troncs nerveux est douloureuse et détermine de la douleur dans les territoires du médian et du cubital.

Le 1 octobre. Le malade était si amélioré qu’il pouvait reprendre son service. Mais il y avait encore de petites douleurs et des gonflements peu considérables.

Enfin je vis le malade le 9 octobre et trouvai l'empreinte de la maladie encore fortement marquée. Le résultat du dernier examen est propre à donner un court aperçu sur les symptômes les plus importants, et je le communique :

Le biceps et les muscles de lavant-bras sur le plan de la flexion au-dessous du coude ne sont pas encore complètement dégonflés, mais ils ne sont plus douloureux à la pression.

Le malade peut maintenant accomplir tous les mouvements actifs. Cependant l'extension du bras, surtout dans la position de la supination et l’extension des doigts, provoque encore des douleurs et ne peut généralement être accomplie qu’à grand’peine.

L’excitabilité électrique des muscles ci-dessus désignés n’est dimi-

‘ nuée que faiblement par rapport à ceux du côté sain. Les troncs nerveux, dans le sillon bicipital interne, sont encore manifestement épaissis et la pression à leur niveau est douloureuse.

La peau de l’avant-bras présente une coloration générale brunâtre. Dans la région de l’insertion du deltoïde, passe une traînée rouge, luisante, large comme un doigt, suivant la face interne du bras et circonscrivant comme en zigzag la peau saine.

Page 1