OBSERVATION V
Polymyosite hémorragique.
(Prinzing. — Munch. med. Woch., 1890.)
M. J.., âgé de cinquante ans, marié, serrurier, de Rüdi, canton de Zurich, vit depuis deux ans à Augsbourg et était jusqu'ici de très
et
bonne santé, à part des inflammations accidentelles de la gorge. Sur le commencement de sa dernière maladie, il donnait les renseignements suivants : seize semaines auparavant était apparu sur le mollet droit un bouton rouge luisant : puis toute la jambe devint enflée et très endolorie. Traitement à l’onguent mercuriel. Six semaines plus tard, la jambe droite désenfle, mais la cuisse gauche enfle à son tour et semble avoir présenté une coloration rouge violacé. Ce gonflement, à la suite d'applications de teinture d’iode, disparut presque complètement en six semaines environ, il ne persista qu’un peu de gonflement de la hanche gauche. Le malade, qui avait été déjà traité par différents médecins, fut soigné, depuis ie 27 janvier 1890, par le Dr Brand à l’amabilité duquel je dois les renseignements suivants sur le cours de la maladie,
M. J..., après une attaque de grippe, avait été pris de douleurs dans les deux cuisses, mais surtout dans la gauche, et avait dû s’aliter. Au niveau de la région douloureuse, on ne voyait rien d’anormal : il y avait un peu de fièvre (370,8 centigrades). Je pris d’abord cette affection pour du rhumatisme et ordonnai du salicylate; bientôt cependant les douleurs augmentèrent et la partie externe de la cuisse gauche commença à enfler. Ce léger œdème me faisait supposer qu'il y avait dans la profondeur un abcès périostique ; mais comme il n’y avait pas de fluctuation, j'étais de nouveau hésitant sur le diagnostie et me trouvais conduit à regarder plutôt cette maladie comme une thrombose de la veine fémorale.
L’œdème diminua et je vis nettement que c’était à une affection musculaire que j'avais affaire, Un peu au-dessus du genou gauche, le vaste externe présentait une tuméfaction qui donnait une sensation dure, comme si le muscle avait été contracté. Bientôt la cuisse fut le siège d’un nouveau gonflement et la tuméfaction dure s’accusa vers la partie supérieure du membre, pendant que l’induration précédemment décrite disparaissait.
Tout le vaste externe fut parcouru par des douleurs ; il y avait dela fièvre. Puis survint une petite accalmie dans les manifestations de la maladie.
Bientôt cependant, une petite région de la face antérieure de la cuisse droite recommencça à enfler ; l’induration et le gonflement marchèrent de nouveau de l'extrémité du membre vers la racine en suivant le muscle couturier jusqu’à l’épine antéro-supérieure,
Le même processus se renouvela sur le droit antérieur gauche et bientôt sur le triceps du bras droit, sans s'étendre plus loin sur ces dernières régions. Pendant ce temps l’état du malade était très précaire à cause des vives douleurs qu’il ressentait, à cause de l’insomnie et de la fièvre qui, d’une façon intermittente, s'élevait jusqu'aux environs de 380, Ce furent de fortes doses d’opium et des cataplasmes qui se