‹ Les Polymyosites PrimitivesChapitre 27 sur 28 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Sous le nom de polymyosite primitive, on décrit une affection rare caractérisée par l’inflammation d’un certain nombre de muscles, inflammation occupant seule la scène morbide, ne relevant elle-même d’aucune maladie infectieuse coexistante ou immédiatement antécédente dont elle puisse être considérée comme une complication.

Les lésions peuvent être uniquement localisées aux muscles, ou s'étendre à la peau ou aux troncs nerveux, ou encore s’accompagner d’hémorragies cutanées ou viscérales. On peut donc décrire une forme type, la polymyosite pure, et des formes cliniques caractérisées par la coexistence des lésions que nous venons de citer ; on peut ainsi établir trois nouvelles formes : la dermatomyosite, la neuromyosite, la polymyosite hémorragique. Ces formes et spécialement la dermatomyosite sont, d’ailleurs, beaucoup plus fréquentes que la forme pure.

Anatomiquement, deux faits caractérisent la polymyosite primitive : d’une part l’inflammation du tissu cellulaire interfasciculaire et interfibrillaire, d’autre part les diverses dégénérescences des fibres musculaires.

Étiologiquement, c’est l’infection qui domine l’histoire des polymyosites ; l’intoxication n’apparaît qu’accessoirement et d’une façon beaucoup moins fréquente.

Cliniquement, la polymyosite, quelle que soit sa forme, se présente comme une maladie infectieuse, tant par son mode de début que par les phénomènes généraux dont elle s’accompagne.

La forme pure apparaît sous l’aspect de tuméfactions dures et douloureuses qu’on rencontre dans un certain nombre de

masses musculaires ; ce sont les muscles des membres qui sont le plus souvent atteints et une impotence fonctionnelle à peu près absolue résulte des lésions musculaires.

Dans la dermatomyosite, aux tuméfactions musculaires se surajoutent de l’œdème de la peau correspondante et des éruptions polymorphes ; dans la neuromyosite, l'atteinte des muscles se complique de douleurs sur le trajet des nerfs périphériques ; la polymyosite hémorragique est caractérisée par la présence d’hémorragies cutanées, rarement viscérales, et par des troubles de la circulation.

Toutes ces formes peuvent évoluer vers la guérison, Mais l’atrophie des masses musculaires atteintes est la règle, atrophie d’ailleurs légère et partielle le plus souvent. En revanche, la mort peut survenir soit par broncho-pneumonie de déglutition en cas de lésions des muscles du voile du palais et du pharynx, soit par asphyxie en cas d’atteinte des muscles de la respiration, soit enfin par myocardite.

La thérapeutique de la polymyosite est encore peu fixée ; ce sont les agents externes qui semblent avoir Jusqu’ici donné les meilleurs résultats.

Page 1