‹ Les Polynésiens: leur origine, leurs migrations, leur langageChapitre 27 sur 79 · LES · texte numérisé non relu

LES

suite faite à sa femme* en tuant Tapena et ses gens q;iii étaient venus pour faire des lances k Manaia.

Ce fut sur le rivage de Pikopiko-i-Whiti que Tapena fut pris et tué par Manaia.

Dans un chant attribué à Rata pour le lancement du canot le Taînui^ il est parlé des détours d*un chenal, dHme rivière Pikopiko-i-Whiti, ce que Shortland a considéré conuoe un nom d'homme, à tort peut-être.

Les mots Waikorora sont cités par Manaia dans son imprécation contre sa femme, et un nom presque analogue, sinon le même mal entendu, est donné à une rivière Raiko* rai| entre les îles Blanche et Verte, près de Waiota, au sad du cap Saunders (Otago).

Mais il y a aussi une rivière d'un nom qui s'en rapproche peut-être plus, Kararoa, près de la rivière Grey ou Mauhora, entre le cap Foolwind, la rivière Waima et Anhura. Quand on se rappelle que Manaia s'est rendu célèbre par un de ses combats près du lac Kotorua qui n'est pas éloigné de la rivière Kararoa, il semble naturel de croire qu'on a voulu parler de cette rivière, plutôt que de Tautre.

TnADITION CONCERNANT LE TaÎNUI (1).

Cette tradition est traduite d'un manuscrit écrit par Ngapora, le représentant vivant de Tun d^es hommes de x^ canot, et le proche parent de Te-Whero-Whero, qui est peutêtre le plus grand chef actuel de la Nouvelle-Zélande.

< Les premiers canots qui partirent pour la Nouvelle-Zélande étaient nommés Te-Arawa^ Kurawaupo^ Mata-Atua. Suivant le récit de Papa, quand les trois canots mirent à la voile ils laissèrent derrière, avec toute sa division de triba, un chef nommé Rata, qui était très habile dans la construction des canots.

Papa ne pouvait pas dire si c'était d'Hawahiki ou de quelque autre île que les canots étaient partis.

« Rata étant laissé de l'arrière, se décida à construire un

(1) Shortland, p. 3. M. Shortland doit la copie de ce manuscrit à M. W. Martin, chef de la Justice à la Nouvelle-Zélande.

RuABo, capitaine du Pahea-te-Aa-Nui ; RuATBA, capitaine du Kurahaupo ; Uemaga-Puanaki, capitaine du Takitumu ou Orouta ; Rakiwananqaora, capitaine du Pangatoru ; PuATAUTAHi, Capitaine du Motu^Motu-Ahi ; Tama*te-Arokai, capitaine du Rangi^na-Mutu ; Mawhakiroa, capitaine du WakU'-Ringaringa ; Et divers autres.

KUPE.

Tous les Maori reconnaissent Kupe comme le premier qui ait atteint TIle-Nord de la Nouvelle-Zélande dans le Maia^o-Rua ; il débarqua à Wanganui-a-tc-Ra, d'où il alla jii8qu*à Patea. Puis, étant revenu à Wanganui-a-te-Ra, il retourna i Hawahiki.

Ce fut lui qui ouvrit le détroit de Cook en coupant Tîle en deux ; il sépara la Nouvelle-Zélande d*Hawahiki qu*on dit avoir été unie d*abord entre elles.

Il nomma TIle-Nord Aotea-Toa. Taylor dit en note (1) : « Quand la flotte de six canots, sous Turi, alla prendre immédiatement possession de cette nouvelle terre, on nom« ma nie-Nord Âotea-Roa et la Grande Barrière Aotea^Iti. »

D*après lui, Kupe est pour les indigènes le Christophe- Colomb de la Nouvelle-Zélande.

Dans une tradition, le capitaine du Maidhorua^ qui découvrit des nouvelles contrées, est appelé Reti ; mais ce nom ne reparaît plus : il est probablement le mâme que Kupe, ou du moins Tun des noms de ce chef.

S*il est vrai que c*est Turi qui a donné le nom de Wanganui à la rivière que Ton dit avoir été découverte par lui, Kupe n*a pu rappeler ainsi ; mais on comprend qu'il ait appelé nie Aotea-Roa : Aotea^ Forienti roa^ lointain, grand.

Toujours est-il que Kupe était du mâme pays que Turi, poisqa*en revenant de son voyage, il se trouvait dans la

(1) Te Jka a Maui, p. 124.

môme rivière que Turi allait laisser. La légende dit d'ailleurs textuellement : « Kupe laissa U ses marques dans le détroit de Gook et retourna dans son pays, où il trouva que Turi et tout son peuple vivaient encore^ quoique quatre ans se fussent écoulés depuis la mort du petit Hawepotiki. » (1).

Dans la version rapportée par Grey, Kupe était cousin d*Hoturapa, qu'il fit noyer pour pouvoir enlever sa femme et fuir avec elle sur le JMatoftorua . D'après celle de Taylor, Kupe ne s^éloigna que pour aller à la recherche de sa femme Kuramarotini qui avait été enlevée par son plus jeune frère Hoturapa.

Voici ce que Taylor dit de Kupe (2) :

€ La première personne qui aborda à la Nouvelle-Zélande (lui aussi dit Nouvelle-Zélande pour TIIe-Nord seulement) est, d'après tous les indigènes, Kupe ; il y arriva dans le canot Mata-o-Rua {Matahorua de Grey), et débarqua à Wanganui-a-te-ra (Port Nicholson). Il allait à la recherche de sa femme Eura-Marotini qui avait été enlevée par son jeune frère Hoturapa.

De là il alla jusqu'à Patea, où il entendit le cri du Kokako dans l'intérieur, cri qu'il prit pour celui d'un homme : « On dirait que c'est une voix d'homme : » Huanoa he reo te tangata, s'écria-t-il ; et il envoya voir ce que c'était ; mais on ne put rien trouver. Ne voyant rien, il planta un poteau dans l'endroit, puis retourna à Wang-anui-a-te-ra, et, de là, à Hawahiki, où il demeura : d'où ce dicton :

Hoki Kupe^ e kore ia hoki mai.

« Après être allé dans ce pays, Kupe ne voulut point y retourner.»

Plusieurs travaux extraordinaires lui sont attribués, tels que d'avoir séparé les deux îles et formé le détroit de Oook. et d'avoir également séparé la Nouvelle-Zélande d'Hawahiki auquel, dit-on, elle était d'abord unie.

(l)Grey, p. 210.

(2) OuYj. cité, p. 116.

Nga-Hui (1).

Nga-Hui vint d'Hawahiki à la suite d*une querelle entre le Mata (nom d*un poisson) et le Pounamu qui avait son ori- 3rine dans cette île. Il atterrit sur la côte Est, à Wangraparau 3t alla à Tauranga ; et, de là, à Wairere et à Taupo. Il passa alors à Kapiti, Arapawa, et à Arahura, près de Wakatupa ; loand il atteignit cet endroit, il obtint le Pounamu (pierre rerte), dans un état inanimé, et là, il s'empara du Kaukauoiatu et du Tukurangi. De là il retourna aux montagnes Irawa, où se trouvaient des Moa, à la cascade; il en tua un 3t remporta dans un Taha (panier en écorce). Il retourna à Hawahiki, et apprit aux chefs d*Hawahiki, Tama-te-Kapua Ngatoro-i-Rangi, et Hotu-Roa, combien était beau le pays appelé Aotea-Roa, < la grande contrée ». Ceux-ci lui dirent : B Gomment pourrons-nous y passer? » Il leur répondit: < Il Eaut construire des canots. » Les canots furent commencés : le premier, YAravoa ; le second, le Tainui ; le troisième TA* otearoa ; le quatrième, le Takitumu ; le cinquième le Kura^ haupo ; le sixième, le Tongamaru. Tous partirent en même temps d'Hawahiki. Quand ils étaient occupés à placer le haumt, ou portion de la poupe du canot, qui est une pièce séparée appUquée sur Textrémité, ils tuèrent par accident le fils de Manaia, qui se nommait Tutenana-hau ; à cause de cela, les constructeurs des canots songèrent à se hâter de les terminer le plus tôt possible, pour pouvoir partir avant qu'on ne s^aperçût de son absence. Comme c'était le fils d*un chef et qu*il avait Thabitude d'aller çà et là visiter ses amis, et de rester quelquefois dix jours absent, ils pensèrent qu'on ne s'inquiéterait pas pendant quelque temps. C'est pourquoi ils se hâtèrent, et quittèrent Hawahiki, après Tavoir enterré près de l'endroit où ils avaient construit leur canots.

HouMAi Tawhiti.

Père de Tama-te-Kapua, de Mako, de Hei, de Tiae.

U fait un voyage à Aotearoa et nomma tous les lieux de-

(1) Tayior, p. 120.

puis la rivière Wan^anui-a-te-Ra, dans le détroit de Cook, jusqu'à Wairarapa (1), mais il retourne presque aussitôt dans

son pays.

Ce voyage est probablement antérieur à celui de Turi, ou très peu postérieur, peut-être du même temps.

Il devait habiter non loin de Tendroit habité par Uenuku, puisque ce dernier et Toi-te-Whatahi tuent son chien qui avait mangé la suppuration d'un ulcère du grand prêtre Uenuku : d'où la facilité pour Tama-te-Kapua et pour son frère, d'aller chaque nuit en cachette, pour se venger de Uenuku, manger les fruits de son beau Poporo (Solanum lacinatum). La légende apprend d'ailleurs que les deux tribus étaient parentes et qu'elles descendaient de Tamatca- Kai-Ariki.

Mais Houmai, voisin comme Turi de Uenuku, devait demeurer du côté opposé à celui habité par Turi .

M. Grey dit que Hou et son fils Whakaturea moururent après la victoire remportée par eux sur la tribu de Uenuku.

D'après le chant de Rangitakoru, cité par Taylor (p. 139), Hou se trouvait sur le Kura-Haupo, quand il passa avec sa fille sur VAotea^ le canot de Turi. Il serait donc allé, s'il fallait ajouter foi à ce chant, en même temps que Turi, et revenu pendant que Turi restait à Patea, dans le détroit de Cook. Une légende dit en efi'et que lui et Uenuku, qu'elle nommait, sont revenus en Hawhiki nécessairement avact le départ de la grande émigration, puisque Uenuku fut tué en HaTvahiki parTama-te-Kapua» le fils de Houmai,au moment du départ de cette émigration.

RiQn de plus difficile d'ailleurs que de comprendre le texte de ce chant. Nous avons accepté l'interprétation de M. Taylor ; puisque les enfants d'Hou faisaient partie de l'équipage de VArawa et qu'il n*est pas parlé d'Hou, il est probable qu'il fit partie de l'équipage du Kurahaupo, Tun des canots que les légendes citent parmi ceux de la grande émigration. Il était mort au départ de cette émigration, d'après une autre légende, de sorte qu'il a été

(l) Taylor, p. 140,

préservé ainsi d'une nouvelle émigratioh. Ce qui nous fait le plus adopter la tniditiou de Taylor, c'est que, comme Turi, Hou était l'ennemi de Uenuku, et il était tout naturel qu'il partît avec Turi plutôt qu'avec tout autre. Il n'est pas moins à remarquer par ce fait encore que le retour en Hawahiki était facile.

Uenuku.

C'était un grand-prêtre. Il habitait l'une des parties de la grande maison commune appelée Whare-Kura où se rassemblaient, pour traiter les affaires, les chefs des différentes tribus associées.

Cette maison n'était pas éloignée de celle de Turi, puis* qu'un jour, en sortant de chez elle, la femme de ce dernier put entendre les menaces que faisait Uenuku dans Whare- Kura, menaces qui s'adressaient à son mari ; puisque, un autre jour, Turi fit jouer tous les enfants de la tribu sur une place dans le but d'y attirer le fils de Uenuku qu'il voulait tuer pour venger la mort du fils de son parent que Uenuku avait tué et mangé ; puisque, plus tard, en faisant baigner les enfants de sa tribu daus la rivière Wai-ma-tu-i-Rangi,il réussit à y attirer le jeune fils de Uenuku, qu'il tua et mangea avec ses amis, pendant que ceux-ci envoyaient à son père, qui le mangea sans le savoir, le cœur de son fils coupé en morceaux et tout préparé.

La légende citée par sir Grey appelle la rivière Waima- Tu-i-Rangi ; mai^ les cartes de la Nouvelle-Zélande ne citent pas de rivière de ce nom ; elles désignent cependant au moins trois rivières nommées Waïma : l'une sans épithète, sur la côte Ouest et les deux autres sur la côte Est. L'une de ces dernières est appelée Waïma-Kariri,près de la presqu'île de fianks ; l'autre Waïma-Taitai près de Moerangi.

La position occupée par Uenuku, en Hawahiki, était telle qu'il y avait d'autres tribus que la sienne, dans trois directions différentes; au Sud et au Nord,d'abord :puis il cite dans les autres les Ngati-Rua-Nui et les Ngati-Rongo-Tea. Or, comme les Ngati-Rua-Nui formaient une tribu qui occupe la

342 L£ô POLYNÉSIENS.

côte Ouest de llle^u- milieu* il faut en conclure, dans la supposition que TUe-du-Milieu estrHawahiki des traditions, que Uenuku habitait la côte Est, soit à la presqu'île de Banks, aoit à Moerangi. près d'Otago. De la sorte, quel que fût le lieu, il aurait eu en eftet des populations au Sud et au Nord; mais dans le premier cas, les Ngati-rua-nui auraient été placés, par rapport à lui, dans le Sud-Ouest.

Pour diverses raisons qui ont été exposées ailleurs, nous sommes porté a croire qu'il demeurait non loin du lac Waic* ra (presqu'île de Banks).

Les tribus de Uenuku et de Hou descendaient l'une et l'autre de Tamatea-Kai-Ariki.

Hine-Tu-a-Hoanga habitait le même lieu, ou près de Uenuku, puisque ce fut parmi les présents de nourriture envoyés par elle au grand-prêtre Uenuku que les amis de Turi glissèrent le cœur du petit Hawhe-Potiki. Comme Hine- Tu-a-Hoanga était la sœur de Rata, Ngahue devait être da même endroit, puisque ce fut elle qui le força de s'expatrier peu de temps avant la grande émigration.

Dans un curieux fragment de tradition sur Ware-Kura, M. Taylor rapporte que Whakatau alla mettre le feu à ce fameux temple, alors que Uenuku en était l'un des chefs. Comme toutes les autres légendes disent que Whakatau alla incendier Tihi-o-Manono, pour venger la mort de Tuhuruhuru, on doit se demander si Ware-Kura n'était pas la même maison que celle appelée Tihi-o-Manono. Dans ce cas Uenuku aurait été, semble-t-ii, le successeur de Kae.

Uenuku était si renommé pour sa sagesse que les Maori avaient le proverbe suivant :

Haere e wai i te waewae o Uenuku, kia or a ai te tangata* — « En allant aux pieds de Uenuku, la vie d'un homme peut être sauvée », c'est-à-dire qu'il savait donner de bons conseils pour se préserver du danger.

D'après une courte citation faite par les légendes, on voit que Uenuku alla lui-même, « en pagayant •», jusqu'à Aotearoa,mais qu'il n'y resta qu'un instant et revint aussitôt après en Hawahiki. Certaines donnéesfont supposer que le voyage a été fait peu après celui entrepris par Turi, qui semble

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avoir été accompagné par Hou ; celui-ci retourna en Hawahiki, oti il mourut avant rémigratiou de ses enfants Tamate-Kapua et autres.

La mort de Uenuku précéda de peu le départ des émigrants pour Aotearoa; elle est attribuée à Tama-te-Kapua, qui se servit, pour le tuer, de la hache Tutauru faite, ainsi qu'une autre, avec la portion de jade rapportée par Ngahue.

Manaia.

Chef puissant et renommé fut, d*après Grey, l'ancâtre dea Ngati-Awa. D'après une légende, il avait pour femme la sœur de Ngatoro-i-Rangi; d*après une autre, de Rongotiki.

Il émigra en même tenlps que l'Aratoa, le Taînui^ etc., sur le Tokomaru^ d'après sir Grey ; mais d'après Taylor, le ro/tomoru aurait été commandé par Kakeora. Oe bateau avait pour équipage des Ngati-Rua-Nui, des Ngati-Tama, des Ngati-Motunga, des Ngati-Awa.

Manaia périt en allant, pour se venger de son beau*frère, à Motiti, dans la baie d'Abondance.

Le lieu qu*il habitait en Hawahiki était appelé Whaitiri- Ka-Papa.

Gelui où son beau-frère débarqua, en venant venger l'insulte faite à sa sœur, s'appelait Tarai-Whenua (1).

Deux combats l'ont rendu célèbre, celui de Kirikiwawa (palissade en peaux), et celui dcRotorua. Rotorua est un lac de rile-du-Milieu aussi bien que de l'Ile-du-Nord . Ce lac gît dans le Nord-Ouest de Kai-Koura, à mi-distance à peu près de Tauranga (Cap Fooiwind), et de Waiharakeke, rivière près du mont Tako.

Si Ware-Kura se trouvait en Taraï- Whenua-Eura, Manaia n'habitait donc pas loin, et Whiro non plus, avec ses enfants, Marama-Nui-o-Hoto, Tainui-o-Aitourou«Atea, et Monoa.

D'après Grey, Manaia émigré après s'être vengé de Fin-

(1) n résulte d*an passage de Tajlor à propos de Whare-Kura, que cette maison était àTarai-Whenaa-Rura.

les lire, je fas interrompu par mes auditeurs qui se mirent à les chanter jusqu*au bout.

Récit du voyage de VArawa. — t Ecoutez donc tous Waîkato, vous tous Naitirangi, quel titre j'ai à ma terre de Maketu ; comment mon canot VArawa vint ici et aborda àWaketu. Le point où mon canot toucha le rivagre, à l'entrée de la rivière, est mon bien,ma terre. Ne touchez pas à ma tene: Maketu est à moi; Motiti m'appartient : car, ce fut Ngatoro-i-Hangi qui gagna la bataille de Motiti, la bataille des Maikukutea.

c Un arbre avait un gros tronc, et il avait dix branches. Une des branches fut coupée et creusée pour faire un canot à H0U9 à He, à Tia et à Te Ma-te-Kapua. Ces noms étaient ceux des chefs du parti qui embarqua dans le canot. Et le canot se nommait VArauni.

c iUors il arriva, après qu'ils eurent mis à la mer d'Hawahiki, et pendant qu'ils cinglaient sur TOcéan, que l'équipage se trouva dans la plus grande perplexité, parce que il n*y avait à bord aucun prêtre pour charmer leur canot, et le mettre à même de naviguer pendant les coups de vent. De sorte qu'ils tinrent conseil pour savoir comment ils feraient pour avoir un prêtre pour leur canot ; et ils allèrent chercher Ngatoro-i-Rangi. »

(Ceux qui me donnaient ces renseig-nements à Maketu ne savaient pas comment et d'où ils avaient obtenu Ngatoro-i- Rangi, mais plus tard, j'ai appris des naturels de Waîkato, que le prêtre Ngatoro-i-Rangi appartenait à leur canot Taînui^ et que l'équipage de VArawa l'ayant invité à venir à bord de leur canot pour les aider, par son habileté et ses enchantements, à boucher une voie d^eau, n'avait pas voulu le laisser partir).

« Ayant pris Ngatoro-i-Rangî & leur bord, ils firent voile devant eux sur la grande mer jusqu'à leur arrivée à terre à Whangaparaoa. Là, Taïninîhi jeta à la mer son Kura (ornement de tète en plumes rouges). Il le jeta à la mer, aussitôt qu'il eut vu les fleurs rouges du Rata {Metrosideros robusta^

canot pour sa tribu. G^est pourquoi il alla un matin chercher un arbre qui pût remplir son but. En ayant trouvé un, il retourna dans la maison et se coucha pour dormir. Au jour, le lendemain, il prit sa hache de pierre et après un fon travail Tarbre tomba.

Dans le même moment, deux petits oiseaux se montrèrent ; l'un d*eux était un oiseau appelé Popokotea {Orthor' nyx heterociltus) ; l'autre un Pihipihi (espèce d*hirondelIe)? C'était un mauvais présagée, provenant de quelque faute commise par Rata par sa manière de faire ce travail ; cependant, il retourna à sa maison sans s'en préoccuper beaucoup et se coucha pour dormir comme d*habitude.

c De bonne heure, le lendemain matin, Rata sortit pour aller travailler à son canot; mais il n*eut pas plus tôt atteint le point où il avait laissé Tarbre qu*il vit cet arbre debout, comme il l'avait d'abord trouvé. De sorte qu'il revint à la maison et dit à sa sœur (1) comment il avait trouvé l'arbre, qu'il avait abattu le jour précédent, tout droit dans la même place.

c De quelle manière as-tu abattu l'arbre ? > lui demanda sa sœnr.

« Dès que j'ai été sur le lieu où il croissait, répliqua Rata, < j'ai commencé par trancher son tronc ; et, après, je l'ai c fait tomber, et j'ai coupé son sommet, puis je suis revenu c à la maison. > Il lui dit aussi qu'il avait vu les deux oi • seaux.

€ Tu as mal travaillé, dit sa sœur; quand tu y retourneras, € tu devras frotter ta hache sur moi. U*abord tu feras bien c de l'aiguiser ; et alors, quaud tu arriveras à l'endroit, tu « me toucheras avec elle, et tu te mettras à abattre l'arbre, c Kappelle-toi aussi, quand l'arbre tombera sur le sol, de t jeter sur son extrémité quelques branches de la fougère c appelée panako. »

Cette coutume existe encore aujourd'hui ; la racine de fougère est employée pour toucher la première hache dont on se sert pour abattre un arbre destiné à faire un canot.

c Rata retourna et abattit l'arbre comme le lui avait dit sa

(1) Cette soiar était sans nul doutt Wahine, Ariki de la tribu

les lire, je fus interrompu par mes auditeurs qui se mirent à les chanter jusqu'au bout.

Récit du voyage de VArawa. — t Ecoutez donc tous Waîkuto, vous tous Naitirangi, quel titre j'ai à ma terre de Maketu ; comment mon canot VArawa vint ici et aborda àWaketu. Le point où mon canot toucha le rivage, à l'entrée de la rivière, est mon bien,ma terre. Ne touchez pas à ma terre: Maketu est à moi; Motiti m'appartient : car, ce fut Ngatoro-i-Hangi qui gagna la bataille de Motiti, la bataille des Maikukutea.

c Un arbre avait un gros tronc, et il avait dix branches. Une des branches fut coupée et creusée pour faire un canot à HoUy à He, à Tia et à Te Ma-te*Kapua. Ces noms étaient ceux des chefs du parti qui embarqua dans le canot. Et le canot se nommait VArawa.

c Alors il arriva, après qu'ils eurent mis à la mer d'Hawahiki, et pendant qu'ils cinglaient sur TOcéan, que Téquipage se trouva dans la plus grande perplexité, parce que il n*y avait à bord aucun prêtre pour charmer leur canot, et le mettre à même de naviguer pendant les coups de vent. De sorte qu'ils tinrent conseil pour savoir comment ils feraient pour avoir un prêtre pour leur canot ; et ils allèrent chercher Ngatoro-i-Rangi. •

(Ceux qui me donnaient ces renseignements à Maketu ne savaient pas comment et d'où ils avaient obtenu Ngatoro-i- Rangi, mais plus tard, j'ai appris des naturels de Waïkato, que le prêtre Ngatoro-i-Rangi appartenait à leur canot Tainui^ et que l'équipage de VArawa l'ayant invité à venir à bord de leur canot pour les aider, par son habileté et ses enchantements, à boucher une voie d^eau, n'avait pas voulu le laisser partir).

€ Ayant pris Ngatoro-i-Rangi & leur bord, ils firent voile devant eux sur la grande mer jusqu'à leur arrivée à terre à Whangaparaoa. Là, Taïninihi jeta à la mer son Kura {ornement de tète en plumes rouges). Il le jeta à la mer, aussitôt qu'il eut vu les fleurs rouges du Rata {Metrosideros robusta^

LES POLYNÉSIENS. 34t

de Rata quelle avait été la fin de son fils. Rakataua était un homme d'une g^rande puissance en sorcellerie, dans les enchantements et les sortilèges ; on le craignait par conséquent beaucoup. Quand il alla à la recherche du corps de son fils, chacun s*écria : < Maintenant, hâtons-nous de partir c et laissons Phomme derrière. » Cela dit, ils sautèrent tous abord.

c Le chef, ai-je dit précédemment, était appelé Hoturoa ; après lui venait Taiketu ; puis venaient Mania-o-Rougo, Aoo-Rongo, et Te Taura-Waho, qui se tenaient tous à l'arrière. Au milieu, où Peau est vidée, était Potukeha,et sur l'avant ou nez, était un certain prêtre, dont je ne connais pas le nom, de même que Rata et Hine(l),la femme qui lui apprit comment il fallait faire pour couper Tarbre. Les provisions mises à bord consistaient en kumara ou patates douces, gourdes, racines de convolvulus et de mawhai,ce qui était toute la nourriture qu'ils avaient pour le voyage. Bientôt Rakataua revint, mais le canot était déjà à quelque distance, et l'équipage nageait aussi fort qu'il le pouvait.

« Ramenés le canot pour moi, cria Raka. >

c Mais le canot ne revint pas, de sorte que le cœur de Raka devint noir de colère, et il charma l'embouchure de la rivière et la ferma. Avant cela elle était grande ouverte ; mais dès qu'elle eut été charmée elle se trouva fermée.

c Alors, sur l'avant du canot, le prêtre, dont le nom est oublié, la charma aussi ; et l'embouchure de la rivière s'ouvrit de nouveau, et le canot arriva à la mer, et fit voile dans cette direction jusqu'à ce qu'il eût atteint la Nouvelle-Zélande.

c La première terre faite fut Wangaparaoa, où le canot fut fortement arrêté par un banc d'huîtres. Le prêtre, cependant, l'avait fait naviguer très vite pendant la traversée. Après avoir quitté Wangaparaoa, il alla aborder de l'autre côté d'Otahuhu, à l'endroit encore appelé Te Apunga-o-Tainui, « le lieu de débarquement du Taînui >. Mais sitôt qu'il toucha le rivage, on vit Rakataua sur la côte. Il était venu

(1) Hine est une contraction de Hine-tu-a-Hoanga, € Femme étant à la place d*une pierre à aigoist r ».

halé sur le rivage à Maketu, il vint avec ses hommes, et mit le feu à VAravoa. Alors Hatupatu réunit des hommes pour attaquer Raumati ; et, lui livrant combat sur le côté ouest de l'entrée de Tauranga, tout à fait à Topposé de Maunganui, il le tua, et attachant sa tète sur un poteau, il Téleva sur le lieu même où il était tombé. O^est pourquoi le lieu a été appelé Panipani c les joues >.

« Après cela, une partie des hommes de VArawa continua de demeurer à Maketu, tandis que Fautre partie alla à Rotorua ; de là, ils s'étendirent jusqu*à Taupo et à Wangannl.

« Makahae,le fils de Tapuika-nui-a-Tia, était un de ceux qui s'établirent à Maketu.

« Makahae engrendra Tawaki, 4* génération depuis Tia ;

c Tawaki engendra Marukohaki, -< 5* ;

« Marukohaki engendra Ruangutu, -- 0« ;

€ Ruangutu engendra Tatahau et Ngakohua, — 7*;

« Tatahau engendra Manu et Punohu, — 8^ ;

« Manu engendra Taraikoe, — Q^ ;

« Taraikoe engendra Mokopu-te-atua-hae, — 10* ;

c Mokopu-te-atua-hae engendra Iwikino, — 11*;

c Iwikino engendra Korokuai, — 12*;

c Eorukai engendra Rangi-tunaeke et Panei-o-marama, — 13*;

€ Rangitunaeke engendra Te Tiwha, — 14';

€ Te Tiwha engendra Witipoutama, — 15*;

c Witipoutama engendra Te Mumuhu et Te Amohau (1), — le»;

c Te Mumuhu engendra Te Ngahuru (2), — 17*; Revenant à la 13« génération :

€ Panui o-marama engendra Taiotu, — 14* ;

« Taiotu engendra Te Iwingaro, — 15* ;

« Te Iwingaro engendra Te Pukuatua (3), — 18* ;

(1) Chef qui était présent dans rassemblée ; il avait des petits enfants.

(2) Ce chef a été tué il y a peu d'années à Maketu par une bande de guerre de Waîkato.

(3) Chef présent à rassemblée et ajantdes petits enfants.

ancien dieu, conduisit à cette découverte par ses bourdonnements incessants sur le lieu où il se trouvait. »

Tradition relative a l*Arawa (1).

Pendant que j'étais à Maketu, dans la baie d'Abondance, où j'ai résidé durant plusieurs années, en qualité d'agent politique, nommé protecteur des indigènes, j'ai obtenu des détails circonstanciés sur le voyage du canot l'Araioa, et Thistoire de son équipage et de ses descendants.

Une fois je fus invité à aller écouter une grande réunion, composée de quelques-uns des principaux personnages de la lribu« enfants de VArawa, comme ils s'appellent euxmdmes, et parmi les sujets en litige, il y eu avait un touchant leurs prétentions à la terre habitée par eux et à l'île Motiti qui n^en était éloignée que de quelques milles. Cette tle, à une certaine époque, était tombée dans les mains d*une autre tribu, puis elle avait été reprise, et maintenant elle était une terre en litige, sur laquelle aucun parti n'osait aller s'établir. Afin d'expliquer le plus clairement possible comment ces débats s'étaient élevés, ils convinrent de remonter à leur plus ancienne histoire, et de la suivre pas & pas jusqu'au jour présent. La personne choisie pour porter la parole était un vieux prôtre, nommée Tatahau, et j'avais à mon côté un missionnaire indigène, le fils de Te Amohau, l'un des grands hommes de la tribu, qui m'aida i prendre des notes sur ce qui était dit.

Le récit présente d'un bout à l'autre des détails si vraisemblables, que je préfère les donner dans la traduction littérale de leurs paroles. Plus tard il a souvent été lu aux naturels de Walkato et de Tauranga, qui auraient volontiers signalé un exposé inexact, mais qui, au contraire, ont trouvé généralement qu'il était correct. J'ajouterai que les paroles le € l'Enchantement > de l'ancien prôtre nommé Ngatoro-i- Rangi, étaient si bien connues que, lorsque je commençai à

(1) Shortlaad, outt. cité, p. 11.

Ka oho ano a Rata. Rata.

Aki e rie ria» Allons !'en&emble ! paroles pour

marquer la mesure.

Te nuinga. Tous ensemble.

Aki e rie ria Allons ! ensemble !

Ratu : ahi ori. Un dernier effort.

Ka marere te wàka Le canot fut alors mis à l'eau.

Il semblerait résulter de la manière d'orthographier les mots e rie ria que Shortland indique comme marquant la mesure, que deux personnes auraient été tuées avant le départ du Talnuù Ce qu'il y a de plus particulier, en effet, c'est que les traditions citent deux noms différents ; elles diffèrent même quant à Fauteur de la mort.

Ainsi, Shortland apprend que le petit Kowhitinui était fils duffrand-prêtre Rakataua, et qu'il fut étranglé par Rata» parce qu*il avait mangé les meilleurs morceaux des mets qui lui étaient destinés. Tous les écrivains anglais, et particulièrement Grey et Taylor, donnent à cet enfant la qualité de fils de Manaia. Ils diffèrent seulement eux-mêmes sur l'auteur du meurtre.

Qrey l'attribue, comme Shortland, à Rata. Voici ce qu'il dit à ce sujet : « Quand les hauts côtés (la coque) du Tatnui eurent été amarrés, Rata tua le fils de Manaia et le cacha sous les copeaux et autres débris de ce canot. »

Dans la traduction de la légende de Ngahue rapportée par le révérend Taylor, il est dit seulement : t Pendant qu'on était à placer la dernière partie du canot, les ouvriers tuèrent par accident le fils de Manaia, qui s'appelait Tatenanahau ; ils l'enterrèrent sous les copeaux, et hâtèrent leur départ avant qu'on ne s en aperçût. »

Mais Taylor ajoute : « Une autre version dit qu'il fut tué, avec intention, par Hoturoa, parce qu'il s'était moqué de son travail pendant qu'il construisait son canot et qu'il Tenterra sur les lieux en recouvrant son corps avec des copeaux. » Puis plus loin : t Peu après le départ des canots d'Hawahiki, on se mit à chercher le jeune enfant de Manaia, Tutenangahau, mais sans pouvoir découvrir ce qu'il était devenu, jusqu'au moment où Tuparaunui, grande mouche et

Te po matire whatu^ A la naît à Iapcc{KlIe fieadae

Mate whai Ariki, A bk mcrt de TAnki (qui ac-

comçUt cette cérénKMiie.) Ko te ara a loat ? Qael tst dose ce diemm ?

Ko te ara o nga niho ioichu Cest le clkemin des dents à

a te Parafa couler bes de Pinta*

Eke^ eke, efce, Tangaroa, Tiens, riens, riens à bord,

Eke, Penu t Tiens à boid^Penn !

J7ut\ e taîfci e t (Test effrayant, n'est-eepast

Il est à peu près impossible de traduire le mot iàUd^ qni dans le dictionnaire de Williams signifie seulement côte (du

corps).

UE PIHI MO XvlA TCPAPAKU

Lamentation sur les cadacres.

Iaku hei (1), A^ pirifirL

Mon collier était fait de piripiri (3).

TVifcu Aet mokifnoki (3).

Mon collier était fait de mokimoki .

Taku hei tawiri '4).

Mon collier était fait de Tawiri.

Taku hati taramea (5j.

Mon fermoir était en taramea.

Te hei o te paunamu.

Le collier en poanamu (en perles de verre).

/ haramai ai-E.

Est venu le remplacer. E.

1 runga te angai va ana.

n lui est bien supérieur en beauté.

(1) Hei^ Ornement da col, collier.

(2) Piripiri^ Ganiocarpus tetragjmus,

(*.Q Mokimoki on mieux makomako^ frialia racemosa (arbre).

(4) Tawiri, Pittosporum tenuifolium.

(5) Taramea, UcusHcum aciphylla (ombellifère).

Angai n^est pas maori ; il faut lire probablement anga, asp^ot* Afia est U particule pour former le temps présent du verbe, ou Is pronom, son, sa^ ses; ou Tadrerbe quand.

Pihi, pousser, naître ; mo, pour; nga les ; tupapiku cadarrcs.

LBS POLYNESIENS.

Chant appelé Puwha ou Bari.

Une seule voix d*abord pour préparer à tirer ou nag^er le canot; puis les vers du Totowaka. Le premier dit par une seule personne pendant que les hommes se préparent, et le suivant répété par tous à la fois.

Toia te Tainui^ toia te Aratva^

Tirez le Taînui, tirez l'Arawa.

Kia tapotu ki te moana.

Pour qu'ils soient lancés à la mer.

Tous.

Une voix.

Tous.

Une voix.

Tous.

Une voix.

Tous.

Une voix.

Tous

Une voix

He toto waka

Un canot traîné ou nagré.

Ka tangi te Kiun Le Kiwi, oiseau

Le Kiwi crie :

Kiwi

Kiwi,

Ka tangi te Moho Le Fou id.

Le Moho crie,

Moho.

Moho.

Ka tangi te Tieke Lo Sterne id.

Le Tieke crie,

Tieke.

Tieke.

He poho anake.

Par le ventre seul (expression de nageur pour

certain degré de nage).

To tikoko tikoko^ Nageons, nageons, Haere % ara

II faut prendre le chenal Tikoko.

Nageons.

Ko te tau rua te rangif C*est la seconde année aujourd-hui*

lequel fleurit eu février). L2 ICura fut ramassé par Mahinu, d'où Texpression proverbiale : Kura pae a Mahina. .

Pendant que VAravoa était à la mer, Te Mate-Kapua commit un adultère avec la femme de N^atoro-i-Rang^i : Kearoa était son nom. G*est pourquoi Ngratoro-i-Kaugi, fort en colère, fit échouer VArawa sur un haut fond, appelé Te-Koroko-o-te Parata, et Tavant du canot se trouva eng^louti dans le banc de sable.

« Alors réquipage s*écria : « E Toro E ! Ka taka te urunga o Kea. — Oh Toro, ohl l'oreiller de Kea va tomber. > 8i bien que Ngatoro-i-Rangi eut pitié d'eux, et sauva VArawa par un enchantement.

€ Après cet événement VArawa se dirigea sur Wangaparaoa. Après cela, il toucha k Aotea (l'île de la Grande Barrière de Cook); puis, à Hauraki.et à Moehau (cap GoUeville). Dans un endroit appelé Repanga, dans Ahuahu (l'Ile Mer* care}, Ngatoro-i-Rangi donna la liberté à deux oiseaux ap* privoisés. L'un de ces oiseaux s'appelait Takereto, et l'autre Mumuhau « Tourbillon de vent • ; c'étaient le mâle et la femelle. Le premier lieu où Ton relâcha après fut Katikati : Te Ranga-Tai-Kehu est le nom de ce lieu, ainsi désigné de Te Ranga, ou c la bande > de Taikehu.

Ils trouvèrent à Katikati, quelques-uns des hommes du Tainui avec leur chef Raumati. Ce fut ce qui leur fit connaître que Tauranga appartenait aux hommes du Taïnui.

c De sorte que, laissant Raumati et ses gens à Taurang^:, VArawa partit de Te Ranga pour Maunganui, dont avait pris possession Tutauaroa, qui s'y était fixé. La nuit sui-vante, l'équipage dormit à Wairake et, dans la matinée, on atteignit Maketu, où VArawa fut halé sur le rivage pour la dernière fois ; ses deux ancres en pierre furent jetées dans la rivière. Toka-Parore, « pierre de travers », était le nom de Tancre de l'avant du canot ; Tu-te-Rangl-Haruru, c pa« reil au ciel mugissant >, celui de Tancre de Tarrière.

« Depuis ce moment, Ngatoro-i Rangi demeura à terre, et en firent autant Te Mate Kapua, He, Tia, et Waitalianui-o-He, le fils de He, etTapuika-nuia-Tia, le fils de Tia.

€ Maintenant quand Raumati apprit que VArawa était i¥ 23.

Tous.

Eauaea 1

Allons 1 hardi 1

Une voix.

Homai te Tu

Donne un bon coup

Tous.

Kauaea i

Allons 1 hardi i

Homai te maro

Donnez-le ferme.

Tous.

Kauaea !

Allons, hardi .

Une voix.

Tàku takapu

Un coup de ventre.

Tous.

Kauaea !

Allons, hardi.

Hihi, e 1

Tous.

Haha^e ! Ces longrues syllabes indiquent qa*i

grand effort de nage doit être bit.

Une voix.

Ptpi, e 1

Tous.

Taia, e\

Une voix.

Apitia

Ensemble.

Tous.

Ha\ Ba\

Ko te haere

Voilà quUl marche.

Tous.

Ea\Ha\ eic.

Une halte nouvelle ; puis aussitôt nouvel élan.

Une voix.

Ko au^ ko au.

C'est moi, c'est moi.

Tous.

Bitaue.

Une longue nage.

Mate ko[te hauga.

La chose est morte.

Tous.

Hitaue

Longue nage.

Une voix.

Turuki^ turukU

Poussez, poussez.

Tous.

Paneke^ paneke^

Avançons, avançons,

Voici ce que Taylor dit de VArawa (l) :

h^Arawa appareilla le premier. Son chef Tama-te-Kapaa, cria à Ngatoro-i-Rangi de venir lever le Tapu ou de fidre I\ipeke sur la nourriture pour qu*ils pussent manger pendant le voyage, ce qu'ils n'auraient pu faire sans cette cérémonie. Il réussit à persuader Ngatoro-i-Rangi de venir à bord avec sa femme Kearoa, et ils allèrent à Aotea-roa avec eux. Ngatoro«i-Rangi était un personnage trop sacré pour demeurer dansFintérieur du canot, aussi se tint-il sur le pont, les canots ayant des maisons soutenues par des pieux en bois sur le pont, et couvertes de raupo. Ils arrivèrent à Wangaparau, puis, de là, allèrent à Wakatane,et à Maketu (2); ils laissèrent TAraioa qui y est toujours resté depuis, transformé en pierre. Le Taînui alla à Kawia ; son chef était Hoturoa. VAotea roa resta quelque temps à Hauraki, et de là alla à Otahuhu, en compagnie du Taînui et du Tongamaru^ où ils transportèrent le canot par dessus TIsthme (3). VAotea roa resta à Aotea ; le Taînui à Kawia, et le Tonga^Maru à Nga-ti-Awa.

Peu après avoir quitté Hawahiki, le jeune Tute-Nangahau fils de llanaia, avait été cherché ; mais on n'avait pu découvrir ce qu'il était devenu, jusqu'au moment ou Tuparaunui, une grosse mouche et un ancien dieu, vint à leur aide ; par sa puissance de sentir, elle découvrit où il était enterré, et par son bruit assourdissant au-dessus du point, elle les mit à même de trouver les restes du pauvre enfant.

Ta Ngatoro-i-Rangi karakia i ora ai te Arawa.

Enchantement de Ngatoro i Rangi pour sauver VArawa.

Vnuhia te pou tapu Etait arraché le poteau sacré,

if a te Bongomai-mua^ De Rongomai-mua,

Aa te Rongomai'hiti. De Rongomai-hiti.

(1) Ouvr. dté, p. Itl.

(2) Comme on voit, le canot allait du Sud vers le Nord.

(9) De Tamaki à Manukau, il y a un portage qui n*a pas moins <Pon quart de mille ; et est appelé Ota-huhu.

802 un P0LTNÉ8IBNB.

naki jusqu'à port Nicholson, et depuis le cap Farewell jiuqu'à Gloudy-Bay. Cette dernière se subdivise en :

A. — Ngatitoa, environ 1000, qui occupaient autrefois Waingaroa et Kawhia,etqui occupent aujourd'hui les deux bords du détroit de Cook, depuis qu'ils y ont été amenés en 1&S2 par Rauparaha.

B. — Ngati-TamaiNgati-Motunga, qui vivaient anciennement entre Mokau et le mont Egmont, et allèrent se fixer à port Nicholson, après avoir abandonné leur première demeure; ils finirent enfin, pour la plupart, par aller s'établir aux îles Chatham (1).

G. — Pukatapu, qui habitaient le capFarewell, Wanganul, et aussi dans le port Nicholson.

O^est égfalement aux tribus Ngati-Awa qu^appartiennent les Nga-te-Rua-Nui, les Nga-te^Apa, et les Nga-te-Tahi* qui sont môles aujourd'hui aux Ngati*Awa dans le détroit de Gook.

Les Ngrati-Kua-Nui habitent entre le cap Egmont et la rivière Wang^anui : on estime leur nombre à 2000 environ.

Les Ngati-Awa, au nombre de 2000, furent chassés des environs de Taranaki, vers 1832, par les Waïkato ; à leur tour, ils chassèrent les Ngati-Kahung^unu et les repoussèrent jusqu'à Waïrarapa (Baie Palliser).

Mais, en même temps qu'eux arrivèrent les Ngrati-Rakaua, chassés aussi par les Waïkato, de leur ancien domicile près des sources de la rivière de ce nom. Ils allèrent s'établir dans Otaki, à vingt milles au Nord de Kapiti (île de l'Entrée), et près de la rivière Manawatu, c'est-k-dire à peu de distance de l'endroit choisi par Rauparaha. Ce fut à WalkanaU qu'ils élevèrent leur grand village fortifié et, à cinquante milles de là, leur village Otaki. Un combat assez meurtrier

(l] Pourchassées par les Ngati-Rakaua unis aux Ngatitoa de Rauparaha, CCS deux tribus, sur le rapport des baleiniers, se décidèrent à se faire porter aux îles Chatham quMls leur disaient être riches et fertiles. Ils a£frétère;nt dans ce but le Radney^ en 1838 (Thompson, p. 980) qui les y transporta pour un prix convenu : comme ils étaient bien armes, ils tuèrent facilement ceux qui essayèrent de résister et firent le reste esclave. Ces indigènes, dit Haie, y avaient été portés de U Nouvelle-Zélande par un coup de vent.

Te po matire whatu, A la nuit à la pupille fendue

Mate whai ArikU A la mort de TAriki (qui ac-

complit cette cérémonie.) Ko te ara a wai ? Quel est donc ce chemin ?

Ko te ara a nga niho totohu C'est le chemin des dents à

a te Parafa couler bas de Parata,

Eke^ eke^ efce, Tangaroai Viens, viens, viens h bord,

ô Tangaroa.

Eke^ Penu i Viens à bord,Penu !

Htd, e taîki e I C'est eflfrayant, n'est-ce pas!

Il est à peu près impossible de traduire le mot taffct, qui dans le dictionnaire de Williams signifie seulement cOte (du corps).

UE PIHI MO NQA TUPAPAKU

Lamentation sur les cadavres.

Jaku hei (1), he piripiri.

Mon collier était fait de piripiri (2).

Taku hei mokimoki (3).

Mon collier était fait de mokimoki.

Taku hei tawiri (4).

Mon collier était fait de Tawiri.

Taku kati taramea (5).

Mon fermoir était en taramea.

Te hei o te pounamu.

Le collier en pounamu (en perles de verre).

/ haramai ai-E.

Est venu le remplacer. E.

i runga te angai va ana.

Il lui est bien supérieur en beauté.

(1) Heif Ornement du col, collier.

(8) Piripiri^ Gomocarpus tetragynus.

(*«!) Mokimoki ou mieux makomako, frialia racemosa (arbre).

(4) Tawiri^ Piitosporum tenuifoiium,

(5) Taramea^ Licusticum aciphylla (ombelUfère).

Angai n'est pas maori ; il faut lire probablement anga, aspecL iiiia est U particule pour former le temps présent du verbe, ou le pronom, son, sa, ses; ou Tadferbe quand.

Piki, pousser, naître ; mo, pour; nga les ; tupapaku cada?rc8.

802 un P0LTNÉ8IBNB.

naki jugqu*à port Nicholson» et depuis le cap Farewell jusqu'à Gloudy-Bay. Cette dernière se subdivise en :

Â. — Ngatitoa, environ 1000, qui occupaient autrefois Waingaroa et Kawhia,etqui occupent aujourd'hui les deux bords du détroit de Cook, depuis qu'ils y ont été amenés en 1822 par Rauparaha.

B. — Ngati-Tama,Ng'ati-Motuuga, qui vivaient anciennement entre Mokau et le mont Egmont, et allèrent se fixer à IK)rt Nicholson, après avoir abandonné leur première demeure; ils finirent enfin, pour la plupart, par aller s'établir aux îles Ghatham (1).

G.— Pukatapu, qui habitaient le capFarewell, Wanganul, et aussi dans le port Nicholson.

O'est également aux tribus Ngati-Awa qu^appartiennent les Nga-te-Rua-Nui, les Nga-te«Âpa, et les Nga-te-Tahi, qui sont môles aujourd'hui aux Ngati-Awa dans le détroit de Cook.

Les Ngrati-Kua-Nui habitent entre le cap Egmont et la rivière Wanganui : on estime leur nombre à 2000 environ.

Les Ngati-Awa, au nombre de 2000, furent chassés des environs de Taranaki, vers 1832, par les Waïkato ; à leur tour, ils chassèrent les Ngati-Kahungunu et les repoussôreat jusqu'à Waïrarapa (Baie Palliser).

Mais, en même temps qu'eux arrivèrent les Ngrati-Rakaua, chassés aussi par les Waïkato, de leur ancien domicile près des sources de la rivière de ce nom. Ils allèrent s'établir dans Otaki, à vingt milles au Nord de Kapiti (île de l'Enfcrée), et près de la rivière Manawatu, c'est-à-dire à peu de distance de l'endroit choisi par Rauparaha. Ce fut à Walkanahi qu'ils élevèrent leur grand village fortifié et, à cinquante milles de là, leur village Otaki. Un combat assez meurtrier

(l] Pourchassées par les Ngati-Rakaua unis aux Ngatitoa de Rauparaha, CCS deux tribus, sur le rapport des baleiniers, se décidèrent i se faire porter aux îles Chatham qu'ils leur disaient être riches et fertiles. Us a£frétèrent dans ce but le Rodney^ en 1838 (Thompson, p. 980) qui les y transporta pour un prix convenu : comme ils étaient bien armés, ils tuèrent facilement ceux qui essayèrent de résister et firent le reste esclave. Ces indigènes, dit Haie, y avaient été portés de la Nouvelle-Zélande par un coup de vent.

> LBs potYHiamm. 868

eut lieu, en 1880, entre eux et les Ngati-Awa ; ils furent défaits. M. Dieffènbach put donner ses soins aux blessés. Chacune de ces deux nations se disputait, dit-il, Tavantage sur Tautre.

Ajoutons que les Ngati-Rakaua habitent les bords des rivières Manawatu, Rangitiki et Waitotara, qui toutes se déchargrent dans le détroit de Cook.

En 1840, ils étaient les alliés intimes des Ngatitoa, dont Rauparaha était le chef, et qui les avaient précédés d'une diasaine d'années.

Du reste, malgré le départ des Ngati-Hotunga et des Ngati-Tama, pour le Ohatham, on en trouve encore un certain nombre, au dire de DiefFenbach (1), à Wairarapa. Suivant lui, les habitants du port Nicholson appartiennent à la grande nation Ngati-Awa ou « le peuple de la rivière » ; ils sont au nombre d'environ 1,600 divisés en plusieurs petites tribus occupant les différentes anses de la baie.

Encore une fois, les habitants actuels ne sont pas les anciens possesseurs. Us ont pris cet endroit à la tribu Kahunganu.

Notes sur les NcATi-KAHUNGnm;.

Dieffènbach les appelle Nga-te-Kahohanu.

Shortland — Ngati Kahu-unuunu.

Taylor — Ngati-Kahungunu.

Thompson — Ngatikahungunu (2).

C'était une nation autrefois plus puissante qu'aujourd^iui, qui s'étendait du cap Waiapu (cap Est de l'Ile Nord) jusqu'à Rangitiki, sur l'De Nord dans le détroit de Cook.

D'après Shortland (p. 23), elle occupait la plus grande partie de l'Ile-du-Milieu, et les tles du Sud. H tenait ce renseignement d'un rapport fait par le révérend Puckejr, qui

(1) Ouvr. cité p. 91.

(2) Kahu, yêtemcnt, faucon, croître ;kaho, bâtons, lattes employées dans les constructions; unu, ôter, arracher déployer, par extension, vite; hunukunu^ enleyer le poil en échaudanti échaader ; NgunUf ver.

LEâ POLYNÉSIENS.

Tous.

Kauaea i

Allons 1 hardi i

Une voix.

Homai te Tu

Donne un bon coup

Tous.

Kauaea 1

Allons t hardi 1

Homai ie maro

Donnez-le ferme.

Tous.

Kauaea !

Allons, hardi.

Une voix.

Taku takapu

Un coup de ventre.

Tous.

Kauaea 1

Allons, hardi.

Hihi, e 1

Tous.

Haha^e ! Ces long^ues syllabes indiquent qu*an

grand effort de nage doit être fait.

Une voix.

Pipi, e 1

Tous.

lato, e\

Une voix.

Apitia

Ensemble.

Tous.

Ha ! Ba 1

Ko te haere

Voilà qu'il marche.

Tous.

Ha 1 Ha ) eic.

Une halte nouvelle ; puis aussitôt nouvel élan.

Une voix.

Ko au, ko au.

C'est moi, c'est moi.

Tous.

Hitaue,

Une longue nage.

Mate kolte hauga.

La chose est morte.

Tous.

Hitaue

Longue nage.

Une voix.

Turuki, turuki^

Poussez, poussez.

Tous.

Paneke^ paneke^

Avançons, avançons,

Une Toix.

Tous.

Une voix.

Tous.

Une voix.

Tous.

Une voix.

Tous.

Une voix.

Tous.

Oioi tetoki.

Brandissez la hache

Eauaea I

Hardi i

Takitakina.

Faites-le sortir fjetez le)

la?

Qu'est-ce T

He tikaokao.

C'est un coq.

He taraho

Cest un pélican

He parera

C'est un canard

Ke^ /ce, ke, ke.

Coin, coin, coin, coin.

He parera.

C'est un canard.

jECe, /ce, fce, ke.

Coin, coin, coin, coin, oie.

Notes sur lesNgati Awa.

Les tribus de ce nom prétendent descendre de l'équipagra du canot le Matatua^ qui aborda à Wakatane, dans la baie d'Abondance, et qui était commandé par Rauru.

De là elles se répandirent à l'Ouest et à l'Est, le long des cdtes de cette baie, et envoyèrent dans l'intérieur une division connue sous le nom de Te-Uri-Wera.

Elles allèrent jusqu'à la rivière Waitara, près Taranaki.

DieflTenbach dit (1) que ces tribus forment deux grandes divisions : l'une qui continue de vivre sur la côte Est de llle-Nord, à Tauranga, Matata, Apotiki, Maraenui ; l'autre qui occupe les deux côtés du détroit de Cook, depuis Tara-

(l) T, II, p. r.

800 Lit POLYNÉSIENS.

sacré par les Nga-Pulii et par les Rarawa : aucun d*eax, avant d'avoir embrassé le christiaiiisme, n'osait en manger. L*origrine du nom Nga-Puhi était le Puhi ou la plume da canot Tainui; et Tancien nom des Rarawa était Aewa.

Notes sur les Noati-Hamob.

Récit fait par Tuhawaiki et plusieurs autres indigènes de la même tribu (1) :

< Il y a environ trois cents ans ou dix générations, toute cette partie de rHe-du*Milieu qui s*étend depuis Waîpapa, point à environ vingt milles dans le Sud du cap Campbell jusqu'à Rakiura ou île Stewart, y compris le détroit de Fo« veaux et probablement une grande partie de la côte Ouest, était possédée par ufae tribu qui était appelée Ngati-Mamoe.

c La tribu qui les bornait au Nord s'appelait Te Huatahi; elle avait pour ancêtres des émigrants de Itle Nord» qui s'étaient fixés à Wairau (2). A TOuest, la contrée environnante c Totaranui », était occupée par la tribu des Ngaitara, dont les ancêtres étaient venus aussi de File-Nord, sous le corn* mandement du chef Te-Puhi-Rere, qui, disait Tuhawaiki, descendait de la même souche que les Nga-Puhi.

« Il paraît qu'à cette époque une grande et puissante tri* bu s'étendaitdeTuranganui-a-Rua (baie de Pauvreté), tout le long de la côte Est et des côtes Nord du détroit de Cook,y compris Waïrerapa, Porirua, et même des points plus à rOuost. Cette tribu n'a été repoussée que tout dernièrement vers Wairerapa, sa limite Sud actuelle, par Rauparaha. BUeest encore appelée par son nom primitif de Ngati-Ka hungunu.

« Le désir de s'emparer du Pounamu, qui n'était trouTé que sur l'Ue-du-Milieu, paraît avoir été le principal motif du départ d'un grand nombre de personnes de cette tribu, à différentes époques, pour envahir le pays des Ngati-Mamoe qui étaient devenus célèbres par leur possession de ce trésor.

€ Les plus anciennes de ces invasions ont eu lieu, il y &

(1) Shortland, Southern Districts, p. 98.

(2) Cleudf fiay.

LBS POLTMiSIBNS. 868

eut lieu, en 1880, entre eux et les Ngati-Awa; ils furent défaits. M. Dieffènbach put donner ses soins aux blessés. Chacune de ces deux nations se disputait, dit-ilt l'avantage sur Tautre.

Ajoutons que les Ngati-Rakaua habitent les bords des rivières Mana^gvatu, Rangitiki et Waitotara, qui toutes se déchargent dans le détroit de Cook.

En 1840, ils étaient les alliés intimes des Ngatitoa, dont Rauparaha était le chef, et qui les avaient précédés d'une diasaine d'années.

Du reste, malgré le départ des Ngati-Hotunga et des Ngati-Tama, pour le Ohatham, on en trouve encore un certain nombre, au dire de DiefFenbach (1), à Wairarapa. Suivant lui, les habitants du port Nicholson appartiennent à la grande nation Ngati-Awa ou c le peuple de la rivière » ; ils sont au nombre d'environ 1,600 divisés en plusieurs petites tribus occupant les différentes anses de la baie.

Encore une fois, les habitants actuels ne sont pas les anciens possesseurs. Us ont pris cet endroit à la tribu Kahungunu.

Notes sur les NoAti-KAHUNGum;.

Dieffènbach les appelle Nga-te-Kahohanu.

Shortland — Ngati Kahu-unuunu.

Taylor — Ngati-Kahungunu.

Thompson — Ngatikahungunu (2).

C'était une nation autrefois plus puissante qu^aujourd^iui, qui s'étendait du cap Waiapu (cap Est de Vïle Nord) jusqu'à Rangitiki, sur l'Ue Nord dans le détroit de Cook.

D'après Shortland (p. 23), elle occupait la plus grande partie de 111e-du-Milieu, et les tles du Sud. H tenait ce renaeignement d'un rapport fait par le révérend Puckejr, qui

(1) Oan. dté p. 01.

(t) Kaku, Tétemcnt, faucon, croître ;kaho, bâtons, lattes employées dans les eoostractions; unu, éter, arracher déployer, par extension, vite; ktmukMnUf enlerer le poil en ëchaudant, échaader ; Ngumtt ver.

sacré par les Nga-Puhi et par les Rarawa : aucun d'eux, avant d*ayoir embrassé le christianisme, n*osait en manger. L'orig'ine du nom Nga-Puhi était le Puhi ou la plume da canot Tainui; et Tancien nom des Rarawa était Aewa.

Notes sur les Noah-Hamob.

Récit fait par Tuhawaiki et plusieurs autres indigènes de la même tribu (1) :

< Il y a environ trois cents ans ou dix générations, toute cette partie de rHe-du*Milieu qui s'étend depuis Waîpapa, point à environ vingt milles dans le Sud du cap Campbell jusqu'à Rakiura ou île Stewart, y compris le détroit de Fo* veaux et probablement une grande partie de la côte Ouest, était possédée par ufae tribu qui était appelée Ngati-Mamoe.

c La tribu qui les bornait au Nord s'sppelait Te Huatahi ; elle avait pour ancêtres des émigrants de Itle Nord, qui s'étaient fixés à Wairau (2). A TOuest, la contrée environnante c Totaranui », était occupée par la tribu des Ngaitara, dont les ancêtres étaient venus aussi de l'Ile-Nord, sous le commandement du chef Te-Puhi-Rere, qui, disait Tuhawaiki, descendait de la même souche que les Nga-Puhi.

« Il paraît qu'à cette époque une grande et puissante tribu s'étendait de Turanganui-a-Rua (baie de Pauvreté), tout le long de la côte Est et des côtes Nord du détroit de Cook, y compris Wi^rerapa, Porirua, et même des points plus à rOueàt. Cette tribu n'a été repoussée que tout dernièrement vers Wairerapa, sa limite Sud actuelle, par Rauparaha. £lle est encore appelée par son nom primitif de Ngati-Ea hungunu.

€ Le désir de s'emparer du Pounamu, qui n'était trouvé que sur l'Ue-du-Milieu, parût avoir été le principal motif du départ d'un grand nombre de personnes de cette tribu, à différentes époques, pour envahir le pays des Ngatî-Mamoe qui étaient devenus célèbres par leur possession de ce trésor.

€ Les plus anciennes de ces invasions ont eu lieu, il y a

(1) Shortland, Southern DistrieU, p. 98.

(2) Cleudf fiay.

Tradition relative aux tribus Ngati'Kahu'Vnuunu,

Nga-Puhi et Rarawa (1).

La présente esquisse de la tradition relative à leur ancienne histoire a été fournie par un naturel de la tribu Rarawa, qui tire son origine de la même source.

€ Po, Tiki, Ruaewa et Mawete étaient quelques-uns de ceux qui découvrirent cette île. Les noms des canots qui étaient partis d'Hawahiki étaient Tamut, Aratoa, Kurahoupo^ Mœkakara^ Mahuhu et Mamari. Et il y en avait d*autres encore dont on ne sait plus maintenant les noms. Le premier lieu d*abord atteint a été Whaiapu [Cap Est (2)]. Les vivres quMls avaient pris à Hawahiki étaient alors si près d*âtre consommés que tout ce qui en restait pouvait être logé dans le coin d*un petit panier. On le planta, et il commença à croître dans la Nouvelle-Zélande.

Les ancêtres des tribus qui vivent dans le Sud, c^est-à-dire le district du cap Est étaient les Whatutabae, une fille de Po. Elle épousaMawete ; d'elle sontdescendus les Ngati-Porou et les Ngati-Kabu*Unuunu. Quelques-uns des enfants de Po vinrent à cette partie de Tile, c'est-à-dire la baie des Iles et Kaitaia. Ils se nommaient Whatu-Kaimaru, une autre fille de Po, Toroa et Taiko, qui furent les ancêtres des Ngapuhi et des Rarawa, ainsi que de Te Rauparaba et de Taoho, qui vit à Raipara (3).

Mahuhu^ le canot sur lequel était le chef Rongomai, fut chaviré, et le corps de ce chef fut mangé par le Araara ; c'est pourquoi ce poisson a toujours été depuis regardé comme

(1) Shortland, p. 23. Le ré?érend Puckey, qui a résidé près de 20 ans parmi cette tribu, envoya Toriginal d'où est tiré ce qui suit, au cbef de la ju8tice,qui m*a permis d'en prendre connaissance.

(2) Le narrateur ne voulait pas dire, ajoute Shortland, que tous les canots firent terre à Whaiapu, mais seulement le Kurahoupo et les autres trois dans lesquels vinrent ses ancêtres. Nous avons déjà vu que le Talnui et VArawa abordèrent à Whangaparaoa.

(3) Ce qui signifie que ces deux chefs sont unis par des alliances de famille afec les principales tribus du Nord.

fondirent en une seule tribu qui, ayant dans les principales familles du sang* de Tahu dans les veines, prit le nom générique de Nga-i-Tahu ou Raitahu.

€ J*ai trouvé que toutes les familles importantes d'à présent, faisaient remonter leur origine à Turanga, ou baie de Pauvreté, qui est le côté conquérant et, à cause de cela, le plus honorable, et qu'elles passaient sous silence Torigine Ngati- Mamoe antérieure à leur conquête. Delà la difficulté d'obtenir quelques informations sur Thistoire ancienne de cette tribu. Il faudrait chercher dans les familles qui existent encore de ce vieux tronc, n y en a deux, habitant aujourd'hui Waiateruati, appelées ELati-Hakai et Kati-Hinekato,et il y en a davantage dans le détroit de Foveaux, mais je n*ai pas eu Toccasion d'apprendre d'eux ce qu'ils pouvaient savoir de leur propre histoire.

Notes sur Bauparaha.

Rauparahaétaitnéeii 1769; il résidait à Kawhia, suris côte ouest de l'Ile -Nord. Ne pouvant résister aux attaques du redoutable Hongi, il se décida, en 1822, à fuir vers le détroit de Cook et il alla sefixer sur l'île Kapitî, ou de l'Entrée, de Cook. S*étant procuré beaucoup d'armes à feu, il ne tarda pas à devenir la terreur de tous les environs, à plus de cent milles ; il parvint à chasser de leurs demeures les habitants du détroit de Cook, qui appartenaient à la grande nation Ngati-Kahungunu ; le reste fut exterminé.

Parmi les tribus forcées d'abandonner leurs demeures se trouvaient les Rangitane (1) et les Ngaïtahu (2) ou Nga-

(1) Rangi, citl, firmament, jour, temps ; tane,mBle, mari, homme.

(2) Shortland écrit Kaitahu et Ngaitahu : ces mots sont contractés de Ka-ai'Tahu et de Nga-ai-Tahu^ u les descendants de Tahu. » Kai et Ngai, dans les districts sud de rile-du-Miliea, ont, diaprés Shortland, la même signification que Ngati a dans le Nord. « Comme ngati est une contraction pour nga-ati^ jlmagine dit-il, que ati est simplement une autre forme du mot ai ou aitanga, pour Teuphonie.»

Ngai ne pouvant être Maori, n'est-ce pas plutôt Kai-Tahu ou encore Nga-i-Tahu ; nga, partie, pluriel; i de; tahu prud'homme, race, ancêtre, mari, époux, brûler, incendier, tranchant d*outil ?

près de 270 ans avant l'époque actuelle ; car Tute-a-Hunga, chef de cette tribu, qui vivait, il y a neuf générations, passe pour avoir été tué à Kai-Koura. Sa famille était appelée Ngai-Tahu, de son grand-père Tahu ; une autre famille appelée Te Aitanga Euri, c postérité de Kuri », Kuri étant cousin de Tute-a-Hunga, vint aussitôt après et réunit ses forces à celles des Ngaitahu; mais ils n'eurent pas de succès contre Kai-Koura, et leur chef, Manawa, y fut tué dans une escarmoache par Tuikau, chef des Ngati-Mamoe.

« Vers la môme époque, un puissant renfort de Ngati- Kahungunu fut amené par un chef nommé Tura-Eautahi, dont le père et le grand-père, en faisant une pareille tentative, s'étaient noyés avec leur équipage devant Raukawa, où leur canot avait chaviré. Tura-Kautahi, avec son frère Moki, débarqua ses forces à Totaranui, et ils durent se tracer un chemin à travers les Ngaitara et les Tehuataki, avant de pouvoir atteindre ceux de leur tribu qui les avaient précédés et qui se trouvaient alors à Kai-Koura.

« Réunis, ils attaquèrent le Po, appelé Parewakatu. Peu après, les Ngati-Mamoe furent encore défaits, dans un endroit appelé Purakakariki, puis à Waikakahi, od l'un de leurs chefs Tute*Kawa, fut tué, et un autre nommé Rangi* ta^Mau, fut fait prisonnier. La vie de ce dernier fut épargnée et on l'envoya résider à Kaiapoi pour pécher les anguilles et préparer la nourriture de son vainqueur, quand il irait de ce côté.

« Aprèi cela, ils se partagèrent les terres conquises. Te- Knahikihiki, fils de Manawa, qui était retourné dans sa tribu, sur rUe-Nord, pour lever de nouvelles forces parmi ses parents, afin de venger la mort de son père, revint vers la même époque, et se fixa à Taumutu. Oe point était le plus près du nouveau territoire conquis et par conséquent le meilleur pour qu^l p&t rencontrer son ennemi, et en obtenir Vuiu ou la satisfaction désirée*

« Los Ngati-Mamoe se retirèrent plus au sud. Et, finissant par trouver qu'ils étaient trop faibles pour espérer reprendre leurs possessions perdues, ils firent la paix avec leurs envahisseurs et alunirent à eux. Alors les deux races se cou-

alla 83 fixer entre la rivière Wangunui et Kapitl (1). Elle se composait, d*aprës Thompson» d'environ 2.500 personnes, et elle commença par refouler les Ngati-Kahungunu de cette côte jusqu^à Rangitikei.

Rauparaha s'allia à elle et il put continuer, avec plus de succès, les guerres faites par sa tribu seule à toutes celles des environs.

Mais, dans le même temps que les Ngati-Rakaua, c'est-àdire vers 1832, dix ans après la venue de Rauparaha dans le Détroit, se présentèrent également les Ngati-Awa, chassés de Taranaki (New-Plymouth) par les Waïkato : ils commencèrent par chasser les Ngati-Kahuugunu jusqu'à Wairarapa (Baie Palliser), et s'emparèrent de leurs terres.

Ce fut à cette occasion que les tribus Ngati-Tama et Ngati- Motunga, qui étaient fixées à Waïrarapa, se décidèrent à émigrer aux îles Chatham, à l'aide d'un bâtiment anglais. Ajoutons qu'en 1840, les Ngati-Awa occupaient les terres qui avaient appartenu autrefois aux Kangitane et aux Kaitahu et, à en juger par les restes de Pa de ces tribus, elles devaient, dit Dieffenbach, être très nombreuses.

Les traditions ne disent pas à quelle époque exacte ces deux dernières tribus avaient été expulsées ; mais il est certainement facile d'en fixer la date à quelques années près, grâce à ce que l'on sait touchant l'époque de la venue, en 1822, de Rauparaha dans le Détroit. Or, c'est en 1830. que le récit écrit de son fils le fait se transporter avec sa troupe à Kaïkoura, près de la péninsule de Banks, pour venger la mort de Tepahi, tué en 1829 par le chef des Ngaitahu, Tamai-Haranui, alors qu'il était son hôte dans son Pa de Kaiapohia. On sait que Rauparaha affréta, dans ce but, le navire anglais V Elisabeth, capitaine Stewart (2). Il est donc probable que l'émigration des Ngaïtahu n'avait eu lieu que quel ques années auparavant.

Ajoutons que Rauparaha ne mourut que le 27 novembre

(1) Taylor, p. 323, fait de Rauparaha le chef des Ngatî-Rakawa, et il le fait naître à Maungautatari vers 1770.

(2; Voir Taylor, p. 323.

hei-Tao comme récrit Dieffenbach. Les Rangitane occupaient Na-Rua-Witu ou la baie de TOuest de Gook ; les Ngraltahu étaient à Queen's Charlotte Found, où Gook lui-même les avait trouvés.Malgrré leur bravoure, ils furent incapables de réf^ister aux armes réunies de Tupalii et de liauparaha : une partie dut devenir esclave des Ng-ati-Toa à Oieri, et le reste alla 8*établir sur la côte est de Tlle-du-Milieu.

Après leur expulsion, les Ngrati-Tahu se présentèrent plusieurs fois dans le détroit de Gook pour essayer de se vengrer et les récits rapportent, entre autres, le combat qui eutlieu à Raumea, sur la côto de llle-du-Milieu (Baie du Combat), où Tairoa, le chef des Ngaitahu, se trouva cerné unjour par les canots de Rauparaha. Heureusement pour lui qu*un songe ayant fait retarder Tattaque de Rauparaha, il put, dans la nuit, parvenir & lui échapper.

Plus tard, Rauparaha se rendit à diverses reprises à Kaïkoura, et même jusqu'à Otakou (Otago) pour piller et tuer les peuplades fixées sur cette côte de TIle-du-Milieu. Shortland rapporte (1) plusieurs de ces excursions racontées par le fils de Rauparaha lui-même, qui y avait pris part étant encore fort jeune.

Bien que toujours battues, les anciennes populations ne résistaient pas moins à chaque attaque, et leurs vainqueuri, une fois de retour chez eux, n'étaient pas sûrs de n*y pas itre attaqués. C*est ainsi que DiefiFenbach a lui-même remarqué, en 1840, que les Ngati-Awa du détroit de Gook craigênaient que le chef d*Otakou,Taïroa, ne vînt les attaquer. Ce qui prouve, d*un autre côté, que toutes les anciennes tribus du détroit n*avaient même pas quitté ce détroit en 1840, c*e8t rexterminatiun que Rauparaha fit alors des Ngati-Kahangunu, après être parvenu à les refouler sur une lang'ue déterre.

Cest vers Tannée 1822, avons-nous dit, que Rauparaha. avec sa tribu appelée Ngatitoa, était arrivé dans le détroit de Cook.

Quelques années après, s'y présenta la tribu Nçati-Rakaua, chassée de Maungautatari, par les Waikuto: cli(5

\\) Ouvrage cité, page :;53.

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