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CHAPITRE II

BOTANIQUE (i).

La botanique de la Nouvelle-Zélande est extrêmement intéressante, non pas tant par la beauté de sa flore que par le fait qu’elle a un caractère particulier et distinct, indiquant qu’elle est un centre botanique.

Cela a été signalé par les plus anciens explorateurs, et tend à prouver la vérité de la conjecture, que j’ai hasardée en parlant des faits géologiques de la contrée ; quoiqu’il soit vrai que 89 espèces de plantes de l’Amérique du Sud aient été découvertes à la Nouvelle-Zélande, et que 77 se trouvent en Australie et dans l’Amérique du Sud, sur lesquelles 50 sont également communes à l’Europe ; qu’enfin 60 plantes de toute la flore sont européennes; toujours est-il que l’existence de 27 genres et de 507 espèces, ce qui est plus des 2/3 de l’ensemble, particulier à la Nouvelle-Zélande, suffit à établir son droit à être un centre botanique.

En admettant que la Nouvelle-Zélande est le reste d’une grande ligne continentale, nous devons naturellement nous attendre à trouver plusieurs de ses plantes largement répandues, et jusque dans les localités éloignées. 11 y a véritablement de nombreuses raisons de supposer que les îles innombrables de l’océan Pacifique ne sont que le sommet d’un continent submergé, qui doit avoir été voisin de l’Amérique, d’un côté, et de l’Australie de l’autre. Une circonstance remarquable est que les plantes des îles antarctiques, qui sont également naturelles à la Nouvelle-Zélande, à la Tasmanie et à l’Australie, ne se trouvent presque jamais ailleurs que sur les hautes montagnes de ces contrées. Le fait aussi, que

(1) Trad.de Taylor, p. 431 à 457.

la ligne de la Nouvelle-Zélande, en même temps que celle du continent de l’Amérique du Sud, se sont haussées, tend à prouver que les causes qui ont submergé le continent supposé continuent d’agir et de creuser le lit de l’océan entre elles, en raison directe de leur élévation. . .

... La Nouvelle-Zélande, y compris Auckland, Chatam, Macquarie et quelques autres îles, forme un centre botanique, de même que l’Australie et d’autres continents. Le trait caractéristique des forêts de la Nouvelle-Zélande étant un vert foncé lustré, il y a un remarquable contraste entre lui et celui des forêts de l’Australie où. la couleur est glauque.

Le nombre des espèces de plantes déjà connues à la Nouvelle-Zélande est de 632, dont 314 sont dicotylédonées ou endogènes, et le reste, les 318, sont monocotylédonées ou cellulaires.

A quelle cause peut être due cette disproportion remarquable, si contraire à ce qui a lieu dans les autres contrées ? Nous ne pouvons, jointe à l’absence complète d’animaux et à l’ancienne existence d’un grand nombre d’oiseaux sans ailes, nous ne pouvons que la considérer comme une preuve que la Nouvelle-Zélande a, dans les plus anciens temps, été séparée d’autres terres, et qu’elle a ainsi conservé sa flore primitive : elle est encore dans son âge de fougère.

Les émigrants des champs fleuris de la Grande-Bretagne ne peuvent manquer d’être frappés de l’absence presque totale de ce qui embellit le paysage, quand ils mettent pour la première fois les pieds sur ces côtes antipodiques. Les plaines interminables de sombre fougère leur font d’abord sentir un contraste défavorable en pensant à leur pays. Excepté les Palmiers, les Dracœnas et la fougère, peu de chose frappe dans le paysage de la Nouvelle-Zélande. Il y a peu déplantés annuelles et à fleurs. Et de celles-ci, un petit nombre possède de vives couleurs. A leur place* on voit un grand nombres d’arbres et de fougères ; mais ce sont ces dernières qui caractérisent la végétation.

En Angleterre, il n y a pas plus de 35 arbres indigènes sur 1400 espèces. A la Nouvelle-Zélande, les arbres à fleurs,

comprenant des arbrisseaux au-dessus de vingt pieds de hauteur, sont au moins 113, ou presqu’un sixième de la flore, en outre de 156 arbrisseaux et plantes ligneuses. Le nombre des arbres, le petit nombre des plantes herbacées et l’absence presque complète des plantes annuelles sont les traits les plus remarquables parmi ceux de la flore.

Le docteur Hooker pense que les conifères montreront, quand ils seront connus, qu’ils sont la famille naturelle la plus répandue.

Les plantes sont au nombre de 730. Les fougères, comprenant les lycopodia, sont au nombre de 114; mais les mousses et les hépatiques s’élèvent à 450. Le même entreprenant botaniste exprime l’opinion que les champignons ( fungi ) fourniront aussi plus de 1000 espèces. Les algues énumérées par le docteur Harvey forment presque 300 espèces, qui, par leur beauté et leur singularité, seront longtemps l’objet du plus grand intérêt pour le botaniste. Ainsi, le nombre total des espèces, suivant le docteur Hooker, est de 2000; et les ordres les plus nombreux en espèces sont :

Les cypéracées 90

Les graminées.. 53

Les scrofulariées 40

Les orchidées 39

Les rubiacées 26

Les épacridées et ombelliieres. 23

Aucune de ces plantes ne donne au paysage un caractère dominant, quoique quelques-unes ne soient pas rares.

De tous les arbres de la Nouvelle-Zélande, celui qui appartient le plus au Tropique est le Nikau ( areca sapida). La famille des palmiers y a ce seul représentant. C’est un bel arbre, gracieux ; il atteint souvent la hauteur de quarante pieds et un pied de diamètre. La fleur forme une grande droop (fleur tombante) couleur de chair, presque pareille au chou-fleur, à laquelle succède une grappe de cerises rouges. La feuille pinnée est grande, et on l’emploie pour doubler la toiture en dedans; les naturels la tressent très proprement. Od mange le rejeton tendre ; il a le goût de la noix. La tige

est de couleur vert clair, et, à chaque quatre pouces, ilyaun cercle qui indique son âge. On ne le rencontre que dans les forêts épaisses.

Les plantes qui y ressemblent le plus, les asphodélées, ont plusieurs espèces, et donnent un cachet à la plaine. Le Ti ( Cordylina australis)ouDracœna australis existe dans toute File en grande abondance, excepté dans les plaines intérieures, où il est rare, si même on en a jamais vu. Quoiqu’il soit si commun, il aune apparence étrangère, et jusqu’à ce qu’il fleurisse, ce qui n’a lieu qu’ après environ huit ans, il n’a pas de branches : chaque année lui en ajoute; parfois il devient un très grand arbre de plusieurs pieds de diamètre, mais sans usage, parce que le tronc est formé par une masse de fibres lâches ; la feuille est celle d’un glaïeul ; la fleur forme une grande droop et est très fragrante. On mange la racine des jeunes arbres ; quand elle est grillée elle contient beaucoup de matière sucrée : on l’appelle alors mauku. Le tendre rejeton est également mangeable, quoiqu’il soit un peu amer. Les missionnaires ont fait de bonne bière avec les racines cuites au four.

Le Turuki ( cordylina stricto) est Un arbre qui ne diffère du Ti qu’en ce qu'il a une feuille plus étroite. Il pousse dans les forêts, et est aussi appelé Ti-ngohere. Il a une fibre solide.

Toï ( dracœna indivisa. La fibre de cet arbre est remarquablement forte et durable. Les indigènes en forment dans leurs manufactures des nattes grossières. On l’emploie particulièrement pour faire des cordes, elles ne se resserrent pas dans l’eau comme le phormium tenax. On mange la racine ; quand elle est préparée, on l’appelle kauru. Elle contient beaucoup de matière sucrée. La feuille est remarquablement longue et large, et la fleur est extrêmement odorante.

Harakeke ( phormium tenax). Cette plante est bien un peu connue, mais non pas encore autant qu’elle le mérite ; car, quoiqu’elle ait une grande célébrité par les nattes qu’en font les indigènes, et pour la grande force de sa fibre quand elle est transformée en corde, elle sera, j’en suis persuadé, bien

tôt mieux connue pour remplacer les chiffons dans la confection du papier. Elle est parfaitement faite pour cela. Le chanvre, quand il est plongé dans une solution d’alun, est promptement converti en pulpe : dans ce but les simples feuilles coupées et séchées dans leur état de verdeur seront tout ce qu’il faudra, et la matière pourra être obtenue à assez bas prix ; car il croît spontanément dans toute la contrée.

La tige à heur est appelée Korari ; les fleurs sont pleines de miel et en telle quantité, que les naturels le ramassent dans des calebasses. Il y a entre les feuilles une substance gélatineuse qui, lorsqu’elle est sèche, est insoluble dans l’eau, et pourrait peut-être être employée pour souder la porcelaine, et rendre les vêtements imperméables ; les naturels s’en servent en guise de cire à cacheter. Le suc de la racine est aussi employé comme médecine. Il y a plusieurs variétés de cette plante utile.

Le Rengarenga,Marowarakihi ( arthropodium cirrhatum ), ordinairement appelé Lys est une jolie plante à fleur : on en mangeait autrefois la racine.

Renga-iti ( arthropodium candidum ) est une petite variété du précédent.

Fam. Similaceœ. — Le Karero ( ripogonum parviftorum)1 est une liane flexible qui grimpe jusqu’au sommet des plus hauts arbres et y forme des haies qui rendent les forêts impénétrables, ailleurs que là où on y a tracé un sentier. La plante est employée pour relier les haies et dans la construction des maisons ; elle a une odeur forte, et porte des grappes de baies rouges, dont se nourrissent les pigeons.

Fam. Bideœ. — Le genre iïbertia a trois espèces : grandi - /fora, ixioides et micrantha.

Le Rurutu est une plante à feuilles de glaïeul croissant dans les plaines herbeuses et portant une fleur blanche à 3 pétales.

Fam. Orchideœ. ~~ On compte parmi les orchidées terrestres : Thelymitra Forsteri , Orthoceras strictum , Microtis hanksii , Gastrodia selamoides. Maikaika est le nom commuai de toutes. Une espèce blanche et verte abonde dans les

bois et les plaines marécageuses. Une petite espèce rouge se trouve aussi dans les lieux marécageux de l’intérieur. Le Perei, grande espèce, se trouve dans les bois. Il produit des tubercules d’un volume considérable, que les indigènes mangent. Une très belle espèce, à feuille en forme de cœur se rencontre dans les autres marécages et les lieux humides; elle porte une fleur cramoisi foncé ou pourpre.

CommeEpiphytæ croissant sur les arbres: (Earina mucronata.) Le Dendrobium cunninghamii est une remarquable plante pendante. Le bolbophyllum pygmeum a le même caractère. Elles sont odorantes et un grand ornement pour les forêts.

Parmi les plantes grimpantes qui se collent aux arbres pour s’appuyer, la plus remarquable est la Freycinetia ban ksii, plante monocotylédone, appartenant à la famille des pandanaceœ.Elle s’attache surtout au Kahikatea. Elle porte une fleur blanche ; les bractées de ses fleurs sont épaisses et charnues, et, quand elles sont cuites, elles sonttrès douces avec une saveur de poire douce. Elle fleurit dans le printemps en septembre et le fruit est mûr en automne, c’està-dire en mars et avril.

Piperaceœ. — Il y en a 2 espèces : peperonia urvüliani et le Kawakawa {piper excelsum ), représentant du Piper methysticum des Sandwich et des îles Tunga. Les naturels ne l’emploient à la Nouvelle-Zélande que comme médicament, c’est-à-dire qu’ils en mâchent la racine contre les maux de dents. Les colons font du thé avec la feuille et même une excellente bière. Le fruit vert ressemble beaucoup au poivre long’ de la Jamaïque, et quand il est mûr, il a une odeur douce. C’est une plante délicate et qu’on voit rarement dans les forêts, loin de la demeure des hommes ; les naturels disent qu’ils l’ont apportée avec eux. Si une branche de Kawakawa était laissée dans le marae ou place publique c’était regardé comme un aitua ou présage de mort.

Fam. Winteraceœ. — Horopito ( Drimis axillaris ). C’est aussi un arbre à poivre beaucoup plus piquant queleprécé-

dent. Il abonde dans l’intérieur, mais il ne se trouve pas dans la partie nord de l'île.

Fam. Coniferaceœ . — Kauri ( Dammara-australis A. C.) . Ce beau pin ne se trouve pas plus sud que Kawhia sur la côte Ouest, et que la baie d’Abondance sur la côte Est. Comme le cèdre de l’Australie, il semble confiné dans le voisinage de la mer. Il aime les localités basses, abritées, et un sol argileux, humide. Les forêts de Kauri forment un amas profond de sol tourbeux, qui mêlé à quelques matières résineuses, brûle avec une grande facilité quand il est sec. Cet arbre produit une grande quantité de résine qu’on recherche maintenant comme un objet de trafic, son usage étant, surtout en Angleterre, de remplacer la colle dans le Ternissement du calicot ; mais aux Etats-Unis, on l’emploie à la place de la gomme copal pour faire les vernis, et dans ce but, il a été activement recherché 'par ce peuple entreprenant. Cette résine se trouvant dans presque tous les amas de charbon , indique une grande antiquité, de même que ses restes qu’on voit dans le Sud jusqu’à l’île Stewart. Ainsi les forêts survivantes de ce noble pin, le même qui croît sur l’île des Pins (1), maintenant confinées dans une région insignifiante, indiquent qu’elles ont été beaucoup plus étendues à une période reculée. Le cône de cet arbre est presque rond, et tombe en morceaux quand il est sec. Quelques Kauri atteignent une hauteur de près de 200 pieds, et leur cime en a 40 avec un tronc net, s’élevant comme une tour à presque cent pieds sans branche. La résine du Kauri, quand elle commence à suinter de l’arbre, est couleur de lait, ou transparente comme du verre ; mais avec le temps, elle prend une couleur jaune et celle qu’on trouve sur les dunes de sable se distingue à peine de l’ambre par sa couleur, son brillant et sa dureté. Les plus grosses masses sont trouvées dans les marais ; souvent on en tire, de pareilles localités, des blocs de cent livres. Si l’on met, dans de l’éther rectifié la résine du Kauri, elle devient aussitôt soluble. On obtient avec l’essence de térébenthine à 270° une solution jaune

(1) On 1g trouve également à l’extrémité sud de la Nouvelle-Calédonie.

claire ; elle se dissout très bien en la faisant bouillir avec de l’huile de lin. La résine Kauri a été vendue de 80 à 100 liv. le tonneau. L’aubier de cet arbre est plus épais du côté abrité, qui fait face au Sud ; il a souvent de ce côté sept pouces d’épaisseur. Le bois est très serré et durable ; on le recherche pour faire des espares. L’écorce est nette des plantes qui abondent généralement sur la plupart des arbres des forêts. Les racines forment une espèce de réseau sur la surface du sol.

Fam. Taxaceœ. — Toatoa (Podocarpus asp Leni folius). Cet arbre croît surtout dans les lieux unis, et dans l’intérieur de la partie sud de l’île, où on le trouve en gros blocs ; il n’atteint pas un grand volume. On emploie l’écorce pour faire une teinture brune.

Tanekaha, Tawaiwai ( Phyllociadus trichomanoïdes , A.C. Ce bel arbre se trouve sur les bords des collines ; i1 a rarement plus de 50 pieds de haut. L’écorce est lisse, légèrement colorée et annelée tous les pouces en formant des couches distinctes jusqu’aux branches de l’arbre. Les feuilles ont la forme du persil, ce qui les distingue surtout du Toatoa, qui les a plates et de forme ovale. Le bois ressemble beaucoup à celui du cyprès. Il est plus léger, et à grain plus serré que le Kauri. 11 est très odorant. Il est aussi plus durable quand il est exposé à l’eau. L’écorce est très employée pour obtenir une teinture noire et brune. On trouve rarement l’arbre dans le Sud, mais il abonde dans le Nord.

Miro ( podocarpus ferruginea , Hook). Cet arbre produit un gros fruit plat, d’une couleur rouge brillant, et d’une saveur très aromatique, qui donne un goût très agréable au pigeon quand il s’en nourrit. Il ressemble beaucoup à l’if par la feuille; son bois est à grain serré et de longue durée ; il n’atteint pas une grande élévation ou volume, mais il n’est pas moins un bois de grande valeur.

Totara (podocarpus totara , Hooker (1). Celui-ci est un bel arbre, très prisé en raison de sa durée. Il s’élève à la hauteur d’environ cent cinquante pieds. L’écorce semble avoir été coupée par intervalles. Il est dur et fibreux, et très employé

(1) Taxus australis , Polack ; podocarpus totara , Hooker.

pour couvrir Iss maisons. Comme l’if, cet arbre semble funeste aux taillis, et on en trouve généralement peu croissant sous lui. Le Totara est si abondant qu’il forme des forêts sur le Manawatu et dans quelques parties de l’intérieur. Généralement c’est le contraire qui existe, et on le trouve disséminé et mêlé à d’autres arbres.

Le bois de ce noble pin est rouge, dur et durable, mais fragile ; on le préfère pour les canots, et il n’est pas rare d’en voir qui ont plus de 70 pieds de long, avec une largeur de 5 à 6 pieds, formés d’un seul tronc. Les racines sortent généralement du sol et s’élèvent assez haut au-dessus en couvrant une surface considérable ; dans le Sud, il est certainement l’arbre qui ale plus de valeur.

Kahikatea, Kahika, Koroi ( podocarpus excelsus , A.C.) (1). Cet arbre est généralement appelé le pin blanc, de la couleur de son bois, quoiqu’il y en ait une variété qui est jaune, plus dure, et plus durable et à cause de cela plus cultivée. Le Kahikatea peut être considéré comme l’arbre presque le plus grand des forêts de la Nouvelle-Zélande ; il atteint souvent une hauteur d’un peu moins que 200 pieds, et, sous ce rapport, il est le rival duKauri; mais son aspect général n’est pas très agréable : il a une petite cime, qui n’est pas très couverte de feuilles, excepté dans sa jeunesse ; car alors il a un feuillage plus beau et une cime pointue comme le sapin. Il préfère les terrains marécageux, et on le trouve souvent croissant dans l’eau.

Il y a, dans beaucoup d’endroits, des forêts peuplées de ce seul arbre, et particulièrement dans le Sud. Dans le Nord, son bois est plus tendre et beaucoup moins durable que dans le Sud, où il est surtout employé pour les constructions. Quoique aussi tendre, il est extrêmement lent à croître. J’ai vu des arbres jeunes qui n’ont pas augmenté de plus d’un pouce en hauteur pendant l’année. Cet arbre porte une petite baie ovale, rouge avec la semence fixée au sommet. Chaque année, la moisson est très abondante. C’est un fruit

(1) Arbre déjà rapporté par nous et nommé Podocarpus dacrydioides par A. Richard et A. Lesson. Allan Guningham l’a appelé Dacrydium excelsum.

très recherché par les indigènes ; il est doux, mais sans saveur. Le bois ne dure pas généralement plus de vingt ans ; alors il tombe en poussière, quand on le touche ; mais, s’il est exposé à l’air, il paraît être aussi durable que le Riinu ou le Kauri. Le Kahikatea contient de la résine dans son cœur; lorsqu’elle brûle,cette résine produit une odeur désagréable. Il contient beaucoup de matière sucrée, qui est trouvée en tas et qui est d’une saveur très douce. Il en sort aussi une gomme. L’infusion du bois est très tonique et sera trou» vée, je n’en doute pas, comme très- importante en médecine quand elle sera mieux connue.

Mataï, Maï (« dacrydium mai , Hook). Arbre à belle cime touffue très ressemblante à celle de l’if. Il produit une baie pourpre, comme une petite prune d’un goût doux, agréable quoique gluant. Le bois a une couleur légèrement rouge à grain serré, mais cassant; il répand une odeur forte quand ori le brûle. Il est très estimé comme bois de chauffage, et très employé pour faire des meubles, parce qu’il est facilement travaillé ; il vient après le Totara pour la durée. On le trouve abondant surtout dans l’intérieur ; il y atteint une hauteur d’environ cent pieds et un diamètre de quatre.

Kawaka, Koaka (dacrydium pumosum. A. G.) Cet arbre croît en grande quantité dans les plaines centrales ; le bois a un grain rouge foncé et on le dit aussi durable que le Totara; le feuillage en est remarquable, ce qui le fait distinguer facilement dans les forêts ; mais on le trouve généralement sur les bords faisant face aux plaines. Il a rarement plus de soixante pieds de haut.

Rimu ( dacrydium cupressinum A, C.). Cet arbre est l’un des plus grands ornements des forêts de la Nouvelle-Zélande. Son beau feuillage vert clair pend en festons gracieux. Le fruit ressemble beaucoup à celui du Kahikatea. Le bois est rouge, rayé de lignes noires ; il est très estimé pour meubles et la construction des maisons. Il est comme le pin rouge ; il est dur et lourd, mais cassant. 11 fournit une résine qui est aussi douceâtre et âpre, et, quand on le frappe, il en sort une gomme noire, grossière. Quand le bois brûle, il laisse échapper une odeur extrêmement agréable. Il atteint

une grande hauteur, c’est l’un des plus grands arbres des forêts. On rencontre rarement de jeunes plants avec lui ; et il est remarquable que si on le plante en plein air, il a besoin d’être protégé, parce qu’il ne peut pas supporter le froid de l’hiver, à moins d’être abrité par une épaisse forêt ; cette remarque s’applique au palmier et à plusieurs autres arbres des forêts.

En outre de ces pins, il y en a un autre dans le Nord près de Kaïtaia, appelé Hutu ( phyllocladus hutu T.) qui a un bois à grain roug'e : c’est celui qui ressemble le plus au cèdre de l’Australie. Sur les côtés de la montagme Tongariro, il y a deux dacrydiums nains tout à fait ressemblants au Rimu et au Kahikatea : ils forment des broussailles hautes de six pouces à deux pieds, qui produisent des fruits plus beaux et plus gros que leurs congénères des forêts plus élevés. On trouve aussi sur le Tongariro et les montagnes de Taranaki,un podocarpus nain, très ressemblant au Totara. Quand on aura davantage exploré ces régions alpestres, il est probable qu’on découvrira quelques autres membres de cette famille.

Fam. Urticeoe. — Elle contient le Onga-onga ( urtica ferox ), arbrisseau d’environ douze pieds de haut ayant une grande, ou mieux longue feuille pointue d’un vert foncé, fortement garnie de formidables épines jaunes, qui font que ceux qui les touchent ne recommencent pas. Les rameaux sont armés de la même manière. Ce n’est qu’un arbrisseau curieux et d’ornement; son bois est à grain serré et dur. Il y a dans le Nord un arbre appelé Ong’a-onga (urtica de bilis) qui a l'apparence d’un tilleul. Les naturels affirment que dans les anciens temps, c’était l’arbrisseau ortie.

Fam. Labiaceœ , renferme le micromeria cuning hamii , qu’on trouve à Hokiauga près de l’établissement wesleyen.

Fam. Boraginaceœ. Anchusa spatulata et myosotis Forsterii .

Fam. Convolvulceœ. — Powiwi Paraha ( calystegia sepium. Le convolvulus commun ; il a une longue racine charnue, qu’on mangeait anciennement ; la fleur est blanche. Le

Panahi ( calystegia soldanella ), le liseron connu, et Yipomea pendula.

Fam. Loganaceœ . — Hangehange (geniostoma ligustrifo lium) .

Fam. Gentianaceœ. — Gentiana saxosa, trouvée à la baie Dusky et sur les chaînes du Tongariro ; elle a une fleur couleur peau de buffle pâle et une feuille noire. La gentiana montana se trouve aussi dans la même localité, et la sebœa gracilis à Hokianga.

Fam. Apocynaceœ. — Parsonsia heterophylla.

Fam. Olaceœ. — Olea apetala) arbre semblable au bois de fer de l’île Norfolk.

Fam. Sapotaceœ. — Achras costata.

Fam. Myrsinaceœ. — Tipau, Mapau ( myrsine divaricata ), se trouve à Hokianga.

Karaka ( corynocarpus lœvigata). Cet arbre ressemble au laurier anglais, mais acquiert la dimension d’un arbre. La feuille est grande, lustrée et d’un vert foncé ; le pétiole pourpre ; la fleur est d’un blanc verdâtre, petite et en grappes ; le fruit ressemble à une datte ; il est long de 2 à 3 pouces ; il a quelque chose de la saveur de l'abricot, mais trop forte pour être agréable ; on l’appelle Kopi et Koroï. Le noyau, après avoir bouilli et. trempé dans l’eau pendant quelques jours, est mangé par les indigènes; autrement il rend furieux et relâche les articulations, de telle sorte qu’elles se plient considérablement en marchant. Le bois, quand il est brûlé, est surtout malfaisant. Les naturels disent qu’ils ont apporté cet arbre avec eux.

On trouve, parmi la nombreuse famille américaine, Epacrideœ : Mingi, Monoa, ( cyathodes acerosd), arbrisseau ; Patotara ( Leucopogon fasciculatus) , petite bruyère en arbre, produisant une fleur blanche très odorante, et une petite cerise mangeable, de couleur orange. Elle abonde sur les plaines sablonneuses. Leucopogon fraseri, pentachondra pumila , épacris pauci-flora ; mais le Nene ( dracophyllum latifolium ), est le plus beau de cette famille, et il atteint le volume d'un arbre.

Le Dracophyllum longifolium appartient à l’Ile-du-

Milieu, de même que le Dracophyllum rosmarini folium; mais le Dracophyllum urvillianum et lessonianum appartiennent à rile-Nord. Plusieurs membres de cette famille étant des plantes de grand ornement, et appartenant aux régions alpestres, pourraient être introduits en Angieterre.

Fam. Ericeœ. — Nous citerons les Gaultheria antipoda , gaultheria rupestris , et fluvialis.

Fam. Campanulaceœ. — Rimuroa, ou Wahlenbergia gracilis, la campanule de la Nouvelle-Zélande.

Fam. Lobeliaceœ. — Ora ( Lobelia plnysaloïdes , Lobelia alata , angulata , littoralis , submera). Le Kowitiwiti et le Puaureroa appartiennent à cette famille,

Fam. Styllideœ. — Stylidium spathalatum et forstera sedifolia.

Fam. Goodeniaceœ. «— Goodenia repens.

Fam. Compositœ. — Voici les tribus et les genres de cette famille :

Parerarera ( Scorzonera scapigera ). Elle croît dans les plaines de l’intérieur en grandes quantités, Toïtako, Kueo (pieris hieracioïdes , attenuata , Sonchus oleraceus) . Puwha, {Vernoniacea shawia ).

Fam. Asteroïdeœ. — Pekapeka ( Solidago arborescens) . Papa Taniwaniwa ( Lagenophora forsteri ) ; la marguerite indigène ( Lagenophora lanata , Aster holocerices , Aster coriaceus). Ake-piro ( hoxtonia furfuracea),, arbrisseau avec une jolie fleur pareille à la marguerite ( Vittadenia australis ). Peke-peke (Celmisia holocericeus) , à grandes feuilles à côtes, olive vert noir sur un côté, et blanchies sur l’autre par un duvet ; croît dans les plaines de l’intérieur, Parerarera, Peka-peka ( Celmesia coriacea ), petite espèce trouvée dans les mêmes lieux que la précédente.

Fam. Senecionidaceœ. — Kohiriki ( Bidens pilosa ), Myriogyne minuta , Soliva tenella , Craspedia uniflora. Cas sinia leptopliylia, Ozothamnus pinifolia , Pukatea, Heli chrysum bellidioïdes , Gnaphalium luteoalbum , Gn. simplex Gn. lanatum , Gn. involucratum , Gn. keriense , Gn. tri uerua, Arnice operina. Senecio lautus, S. australis , S9 neglectus , 5. argutus , S. quadridentatus , 5. hispidulus .

Fàm .Rubiaceœ ou Cinchonàcœ. — 11 y a les genres opercu~ laria, diphylla, aspera ; Karamu ( coproma lucida). Hupiro (Caprosma fœtidissima) , petit arbrisseau à petites feuilles, poussant dans les bois des plaines centrales, émettant une odeur fétide, qu’on perçoit en passant et qui s’échappe surtout quand on frotte les feuilles .

Coprosma propinqua , C. rotundifolia , C. rhamnoïdeSj C. gracilis, C. divaricata , C. accrosa , C. cepens , C. spathu lata , C. ronabea australis. Nertera depressa , Geophylla dichondrœ folia.

Fam. Loranthaceœ ou Viscum; on trouve le gui sur plusieurs arbres ; il est parasite sur le Kahikatea, le Puriri, le Tawaï, le Tataka et plusieurs autres.

Le Puka (viscum antarcticum ), se trouve sur le Kahikatea et le Pukatea ; il produit une baie bleue. Tirauriki ( viscum pubi g erum). Pirita (viscum salicornioïdes) ; il croît sur le Ngaio, le Tataka, et le Manuka ; il donne une baie transparente qui est bonne à manger. Le plus beau de tous est le Rorerore (Loranthus tetrapetcdus ) qui porte une très belle fleur brillante ; on le trouve sur le Tawaï ( Betula nigra), le bouleau noir ou l’arbre bouleau.

Fam. Coneœ. Gen.. alsenosmia. — Les ombellifères comprennent : Hydrocotyle élongata, H. microphylla , H. novœ zélandiœ, H. dichondrœ folia, H. heteromcria , B. compacta , H. moschata,H. asiatica , P etroselinum prostratum, P.fili formi. Tarameâ, Papaki, Kueo (Ligusticum aciphylla) , jolie plante à feuille piquante, qui abonde dans les plaines centrales; elle a une racine pivotante bonne à manger, ressemblant un peu à la carotte. L'Eryngium vesiculatum est une petite plante piquante très ressemblante à un petit chardon. J’en ai seulement vu au cap Wanganui et sur la côte près de Taranaki .

Ligusticum gingidium, Peucedanum geniculatum,Apium graveolens. Il y a plusieurs variétés d’ombellifères croissant dans les plaines de l’intérieur, qui pourraient être cultivées, et spécialement une carotte blanche appelée Pinaihere. On trouve une variété de Taramea sur les montagnes de Rualiine et sur les Kaikoura, qui produit une substance résineuse

balsamique très aromatique. Le Tanïwaniwa, ou anis, croît aüssi abondamment clans les plaines herbeuses.

Fam. Araliaceœ. — On trouve à la Nouvelle-Zélande plusieurs représentants remarquables des araliacées si générales dans FAmérique du Sud : Pahax simplex. Waupaku, Wauwaupaku (. Panax arboreum, Cussôüia lessonii , Polyscias pinnata) . Pâte ( aralia schlefjïera ) Horoeka, Hohoeka (aralia crassi folia) , arbre qui a de longues feuilles étroites, de près de deux pieds de long et larges de pas plus d’un pouce ou à peu près. Elles sont d’abord très allongées, mais à mesure qu’il vieillit elles deviennent lisses et beaucoup plus courtes. C’est un arbre d’ornement; le bois est à grains serrés, lourd et dur.

Fam. Oxalideœ. — Tutaikaka ( Oxalis tlrvillei catclractœ . C’est une oseille blanche qu’on trouve près de la Cascade de Kerikeri, et c’est de là que dérive son nom. Dans quelques régions elle acquiert un plus grand développement. O. propinqua, O. exilis , O. divergeas , O. tenuicaulis , O. la cicola, O. ciliifera , O. crassifolia. L’oxalis qui fleurit sur les dunes de sable a les plus grandes fleurs jaunes, et celle des plaines froides, plus petites.

Fam. Geranicaceœ. — Huika ( Géranium pilosum ), G. re~ torsum, Pélargonium clandestinum. Kaputawiti, Kurakura, Porewarewa.

Fam. Hypericaceœ . — Hypericum pusillum.

Fam. Meliaceæ. — Kohekohe (Hartighsea spectabilis A. C.j. Cet arbre atteint un volume considérable ; les feuilles sont remarquablement amères et on emploie leur infusion comme tonique. Les femmes qui ont perdu leurs enfants en boivent une décoction faible pour arrêter la sécrétion du lait. Les fleurs sortent de la tige et sont très odorantes. L’aubier est tout à fait blanc, mais le cœur est d’un rouge foncé, très ressemblant par le grain et la couleur à l’acajou ; il atteint une hauteur d’environ soixante pieds.

Fam. Sapindaceœ. — Topitopi, Titaki, Titongi (. Alectryon excelsum) ; arbre d'ornement, avec une feuille d’un léger vert lustré. Le fruit est aussi très beau ; il sort de sa gaîne comme une fraise d’un rouge éclatant, avec une graine noire

au centre. Le fruit est acide, quoique bon à manger, et on tire de la graine une belle huile. Le fruit est appelé Titoki dans le Sud, et l’arbre Topitopi ; on le regarde comme un bois de durée et très propre à la construction des navires.

Ake, Ake-rautangi ( Dodonœa spatulata ) . Cet arbre ne devient pas gros, mais son bois est regardé comme le plus dur et le plus tenace des bois de la Nouvelle-Zélande; il était employé pour les armes de guerre.

Fam. Bombaceœ. — Hohere (Hoheria populnea) . Arbre avec un beau réseau fibreux sous l’écorce. Les feuilles, l’écorce et les fleurs, qui sont blanches, ont une saveur glutineuse comme la mauve. Il n’atteint jamais beaucoup de volume ; c’est un arbre d’ornement, mais seulement employé en médecine. Les feuilles du jeune arbrisseau diffèrent de celles de l’arbre quand il a toute sa croissance. L'Aute, ou 1 ancien vêtement, était fait autrefois avec l’écorce intérieure de cet arbre; il sert encore de ruban.

Fam. Tiliaceœ. — Wau (Entelea arborescens). Le bois de cet arbre est remarquablement léger, et les naturels remploient en guise de liège pour faire flotter leurs filets.

Fam. Eleocarpaceœ. — Hinau (Eleocarpus hinau). Bel arbre, avec une feuille en spirale d’un vert luisant ; l’écorce est grossière et désagréable à la vue ; il acquiert un volume et une hauteur considérables. Le bois est d’une belle couleur jaune, l’écorce est très astringente ; elle est employée pour faire une teinture brune ; en plongeant les objets ainsi colorés dans un marais ferrugineux, ils acquièrent une couleur noire brillante et durable.

Mako, Makomako (Friesia racemosa). C’est un bel arbre, portant des bouquets de fleurs en cloche très odorantes et des fruits en forme de groseilles, que l’on mange ; il ressemble beaucoup au groseillier. Les feuilles sont rougeâtres et diaphanes.

Fam. Sturculiaceœ. — Plagianthus.

Fam. Malvaceœ. — Hibiscus vesicarius. Belle plante de cette famille, portant une grand fleur mouchetée, et qui se trouve au cap Nord. Elle atteint une hauteur de près de trois pieds ; une autre ressemble à la mauve de nos jardins.

La fleur est couleur de primevère claire, avec un centre très noir.

Fam. Lineœ. — Le Ririwa ( Linum monogynum ), atteint deux pieds de haut ; il a une fleur blanche, quelquefois bordée de bleu, et parfois toute bleue.

Fam. Caryophylleœ ou Alsinaceœ. Arenaria meclia , Stellaria media.

Fam. Elatinaceœ. — Elatine gratioloïdes.

Fam. Pittosporaceœ. — Tarata {Pittosporum crassifolium ). Arbre d’ornement, produisant de la térébenthine ; ses feuilles sont odorantes.

Tataka ( P. undulatum vel umbellatum) . C’est aussi un arbre résineux.

Tawiri, Kohukohu (P. tenuifolium) , P. eugenioïdes , P. cornifolium , P. reflexum, P. penielioïdes, P. radicaus.

Fam. Droseraceœ. — Wahu [Dr osera propinqua). Joli petit attrape-mouche, feuille en forme de bouclier ; fleur d’œillet; racine bulbeuse rouge ; fourreau noir. Dr osera intermedia , espèce plus grande, poussant dans le sol humide, avec une feuille en forme de branche et une fleur blanche.

Fam. Violaraceœ. — Haka (. Erpetion spathulata ) ; petite violette blanche, une autre avec des raies pourpres, et une pourpre, sont rencontrées, mais toutes sont inodores.

Fam. Flacourtiaceœ. — Mahoe ( Melicytus ramiflorus ) ; il atteint la hauteur d’environ cinquante pieds; le bois est plus pesant que celui du Rimu, et il a une feuille mince en spirale ( Melicytus macrophyllus) .

Fam. Crucifereœ. — Panapana [Nasturtium sylvestre ) petit cresson à feuilles, avec une fleur blanche, poussant dans les bois ; Cardamine debilis , Alystum maritimum , Lepidium oleraceum . Le Hanea est un cresson plus grand, avec une feuille chevelue brunâtre, et de petites fleurs jaunes ; il croît près des rivières, et atteint une hauteur d’à peu près seize pouces.

Le Naunau a une feuille noire vitrée, épaisse et de forme ovale ; il a une très petite fleur blanche ; par le volume et l’aspect, il ressemble à la giroflée jaune. Le Tawera est un cresson d’eau .

Fam. Ranunculaceœ . Kaikaiarure ( Ranunculus rivularis , R. acaulis, R. acris, R. plebeius , R. hirtiis ) . Le bouton d’or commun est remarquable par l’irrégularité de ses pétales ; on le trouve avec- un, deux ou trois et même plus jusqu’à neuf. Le Kopata-ura-ura, est une belle et grande espèce, avec des feuilles lustrées, qu’on trouve dans les étangs élevés de l’intérieur. On dit qu’elle est un poison très violent, les racines sont épaisses, longues, presque comme des tubercules.

Le Kowaï-kura est aussi une grande espèce, avec des feuilles cotonneuses ; la Heur est petite proportionnellement à la plante. Il y en a encore une jolie espèce croissant dans les sols marécageux.

Fam. Clematis. — Piki-arero, Pua Wanang'a, clématite ayant une grande fleur blanche sans odeur. Puatautaua, petite clématite, blanc verdâtre, très odorante; on la trouve surtout sur les collines de sable près de la mer.

Fam. Griselineœ. — Griselinea.

Fam. Saxifrageœ ou Cunionaceœ . — Quintina serrata , Weinmanniabetulina , W. fuchsioïdes , W. sylvicola.

Towai, Tawera ( Leiospermum racemosum ). Grand arbre ; le bois est rouge et rayé de noir. Il est très estimé pour l’ameublement. Makamaka (. Ackama rosœfolia).

Fam. Crassulaceœ . — Tillœa.

Fam. Ficodeœ . — Eruerueka (Misembryanthemum australe). Il y en a deux espèces, l’une portant une fleur couleur d’œillet, l’autre blanche ; Rengarenga (Tetragona expansa). Le Panamata, Paraihia est une petite espèce d’épinards, avec une feuille très noire.

Fam. Cucurbitaceœ . — Mawaï ( Sicyos australis ), plante rampante ressemblant au concombre.

Fam. Passifloraceœ . — Kohia, Powiwi (Passiflora te-* trandra), petite fleur verte et orange, odorante; elle finit par être de couleur orange brillant; on extrait de l’huile de ses graines.

Fam. Halorageœ. — - Toatoa ( Cercodia erecta ), mauvaise herbe raide d’environ un pied et demi de haut, avec une tige quadrangulaire employée seulement comme médecine

par les indigènes. Cercodia ait er ni folia, C. nieana , Gonio » carpus depressus, G, tetragyus , Piripiri, ( Citriodorus,My riophyllum propinquum.

F am. Onagraceœ. — Kohutuhutu , Kotu kut uku , Kohutukutuku [Fuchsia excorticata) . Grand arbre qui a souvent près de trois pieds de diamètre. Il tire son nom de ce qu’il change d’écorce; il est le seul arbre qui mue ainsi dans les forêts de la Nouvelle-Zélande. Les fleurs se montrent avant les feuilles et généralement sur les branches ; elle sont d’abord d’un bleu verdâtre avec une teinte pourpre à l’intérieur, mais plus tard elle se changent en carmin éclatant; on mange le fruit. Totera (. Fuchsia procumbens ) Kokota ( Epilobium peduncula re. E. nummulari folium, E. microphyllum , E. rotundifolinm, E , tlnymifolium, E. alsinoïdes , E. nerterioïdes , E. atriplici folium, E. iubens , E. cinereum , E. pncanum , E . mirtigerum, E. virgatum, E. glabellum, E . confertum , E. pallidiftorum , E. junceum , E . h alor agi folium.

Fam. Myrtaceœ .— Cette famille, quoique moins nombreuse en genres, en possède cependant qui sont très répandus et d’autres qui forment quelques-uns des plus beaux arbres et des plus utiles.

Kahikatoa, Manuka ( Leptospermum scopiarum ). C’est un bel arbre, à feuille petite, mais aromatique ; les fleurs sont blanches et très nombreuses, il donne à la fois des fleurs et des fruits quand il n’a que quelques pouces de haut, et cependant il acquiert le volume d’un gros arbre, quand il cesse de fleurir et de fructifier si librement (L. cri coïdes) .

Aka( Metrosideros buxifolia ), plante grimpante, portant une belle fleur rouge ; la tige est forte et durable. On l’emploie pour lier les palissades etles bois des maisons; il a une feuille comme celle du myrte. Une variété porte des fleurs blanches (M. perforata) .

Rata ( M . robusta). Celui-ci aussi porte une brillante fleur rouge, et en telle quantité que l’arbre, vu de quelque distance, paraît tout rouge. Le Rata est aussi une plante grimpante ; il pousse ses tentacules vers l’arbre auquel il veut se coller ; puis il devient un gros arbre, qui tue son ami des

premiers jours ; on le voit souvent embrassant le tronc mort de son premier soutien après qu’il est pourri, et rester séparé du sol, ce qui lui donne une apparence singulière. Le Rata devient un bel arbre ; les racines aériennes disparaissent alors et il surpasse en hauteur les plus grands arbres de la forêt. Sa tête est très épaisse ; sa feuille est comme celle du myrte, mais non aussi pointue ; son bois est très dur, coriace et d’un rouge brun ; il a beaucoup de valeur pour la construction des navires et des cliarriots.

Pohutukaua ( M. tomentosa ). C’est un arbre du plus grand ornement ; il ne vient qu’à l’extrémité nord de l’île, parmi les rochers escarpés des bords de la mer ; ses feuilles sont grandes, épaisses, bleu verdâtre extérieurement, et blanches en dessous. On ne le trouve pas dans l’intérieur, excepté sur les petites îles dans les lacs du centre ; le tronc est noueux et tordu, le bois est extrêmement dur et d’un rouge brun ; on l’emploie surtout pour les navires et les courbes des canots ; c’est un excellent bois de chauffage, et si généralement employé à cet usage, que ce principal ornement des côtes nord de la Nouvelle-Zélande, sera bientôt rencontré difficilement ; on ne le trouve pas plus loin dans le Sud qu’à quelques milles de Mokau.

Rakapika, ( M. florida , M. diffusa , M. lucida, M. hypericifolia , M. salici folia) , Mairetawaka, Maïre ( Eugenia maire). Beau et grand arbre, dont le bois est à grains serrés et lourds, on l’estime beaucoup pour la confection des machines, et on peut l’employer au même usage que le buis.

Ramarama, Rohutu ( Myrtus bullata, H.) Le myrte ; il a une feuille odorante, et une très jolie fleur blanche; il atteint la grosseur d'un petit arbre et a environ trente pieds de haut; l’on dit qu’il est commun dans les forêts du Chili.

F am. Rosaceœ. — Pirikahu,Kaikaiaruri, Hutiwaï ( Acœna sanguisorbœ ), petite plante rampante, qui adhère aux vêtement comme l’indique son nom. Elle est appelée la chevelure de Hine-nui-te-po.

Le Tutaï-whioï est un beau glouteron à fleur écarlate, qu’on trouve dans les plaines centrales.

Tataramoa ( Rubrus australis). La ronce ou framboise de la

Nouvelle-Zélande; produit un fruit couleur orangée, de bon goût, et très abondant, que les pigeons recherchent. Cette plante guimpe jusqu’aux sommets des plus grands arbres, et elle a souvent une tige qui a six pouces de diamètre. Elle se montre comme une immense corde fixée au sommet des arbres, et lovée en nombreux plis sur le sol ; son bois est employé pour tout ce qui a besoin d’être flexible. Rubrus schinidelioïdes , R. cissioïdes. Le dernier est un remarquable buisson ; ses feuilles sont très petites, placées aux extrémités d'une longue tige en forme de croix, couvertes de petites épines jaunes brillantes. Je n’ai jamais remarqué ni fleur ni fruit. Le buisson semble à première vue n’avoir pas la moindre feuille.

Fam. Leguminosœ. — Kowaï ( Edwarsia microphylla A.C.) Cet arbre, dans l’intérieur, atteint une forte grosseur. Je l’ai noté dans la chaîne de Ruahine, comme aussi grand et haut qu’aucun des arbres de la forêt; il porte une fleur papilionacée d’un jaune brillant, épaisse et courte dans son commencement, qui pend gracieusement des branches déliées (< gran diflora, clianthus puniceus).

Kowaingutukaka, l’acacia bec de perroquet, ainsi nommé de la similitude de ses brillantes fleurs rouges. Cet arbrisseau admirable ne se rencontre que dans le voisinage des vieux pa, et il est probable qu’il a été importé. J’ai appris qu’un bâtiment français, celui qui fut capturé il y a beaucoup d’années dans la Baie des Iles, contenait beaucoup de boîtes que les naturels vidèrent sur une petite île dans la rivière Kerikeri, et qu’ils trouvèrent, à leur grand regret, ne contenir que des graines ; on avait remarqué, quelques années après, que toute l’île était couverte de cet arbrisseau ; sa beauté attira l’attention, sesfleurs furent fixées dans l’oreille comme ornement. La semence fut recherchée et transportée ensuite partout.il y a quelque probabilité pour que tel ait été le cas, car il diffère beaucoup des autres plantes de la Nouvelle-Zélande.

Guilandina bonduc ; Makaka-mau-roro ( Carmichœiis australis , Griselinia lucida ), genêt, portant une très jolie fleur blanche rayée de pourpre et qui ne se trouve que dans

l’intérieur. Le Taunoka est le g*enêt commun. Il y a un dicton à son sujet : c’est qu’il n’a pas de cœur et qu’on lui compare l’homme méchant. Il y a plusieurs variétés de genêts ; mais excepté une, leurs fleurs sont insignifiantes.

Fam. Rhamneœ. — Piripiri-wata ( Carpodetus serratus ) ; il porte une petite fleur blanche, et se trouve près du lac Omapere.

Pennantia corymbosa , Kumarahou ( Pomaderris humarahou), joli arbrisseau portant des touffes de fleurs couleur peau de buffle, qui n’est trouvé que dans l’extrémité nord de l’Ile Nord. Tauhinu (P. ericifolia ), arbrisseau aussi particulier au Nord, portant une fleur blanche insignifiante. A cette famille appartiennent encore Korokia et Ixerba.

Fam. Coriariaceœ — Tupakihi, Tutu-Pukou (Coriaria sarmentosa). Celui-ci est un arbrisseau remarquable qui abondait autrefois dans toutes les parties de l’île, mais qui disparaît chaque jour rapidement p ir suite de l’accroissement du bétail et des moutons. Il produit une grande grappe d’un fruit pareil à la groseille, de couleur pourpre foncé; les indigènes en expriment le suc en grande quantité, et le boivent sans inconvénient, après l’avoir filtré soigneusement pour le débarrasser des graines et des pedicelles qui sont un poison. Ils le font bouillir aussi avec du varech, et le mangent sous la forme de gelée. Les moutons et le bétail aiment extrêmement ses feuilles; les jeunes rejetons montent rapidement et sont fort tendres et succulents. S’il est la première chose mangée le matin par un estomac vide, il occasionne fréquemment la mort; mais autrement, pris avec de l’herbe, il paraît être, comme nourriture, aussi nourrissant que le trèfle qui, lui aussi, produit des effets analogues. On a remarqué que cette plante enrichit le sol végétal ; elle ne fleurit jamais sur une mauvaise terre. Elle atteint la hauteur de 15 à 20 pieds. Il y en a une petite espèce, dont la feuille est plus petite, beaucoup plus longue, plus étroite et plus pointue proportionnellement, avec un plus gros fruit, moins fortement coloré ; mais les naturels ne le mangent pas ; ils le regardent comme plus dangereux que le précédent. Il y a aussi une très petite espèce, avec une fleur

areille à celle de la mignonnette, qu’elle dépasse peu en voulue. On 11e la trouve que dans l’intérieur ; son fruit ne se mange pas.

F am. Rutaceœ. — Warangi, Rangiora ( Melicope ternata ), petit arbre avec une grande feuille vert foncé, dont le dessous est cotonneux ; il porte une grappe de petites fleurs qui ont l’odeur de la violette.

Le Pukerangiora est une variété du même, plus grande ; la feuille a souvent près d’un pied de long et presque autant de large ; il donne de la résine. C’est un arbrisseau singulier de grand ornement, acquérant jusqu’à vingt pieds de haut ( Melicope simplex) .

Fam. Euphorbiaceœ. — Tauwau, Ueueke ( Euphorbia glauca ), croissant surtout près des bords de la mer, et dans les lieux découverts près de l’embouchure des rivières. Naunau ( plagiantkus , devaricatus , betulinus , urticinus ).

Fam. Santalaceœ.— Maire, Maire-tawaki, Maire-taki (Mida salicifolia) . Le représentant de la famille du bois de santal. M. eucalyptoïdes , M. myrtifolia.

Fam. Thymelaceœ. — Kaïkaiatua ( Pimelia virgata) , petit arbrisseau, portant une petite fleur blanche et ayant quatre euilles aux angles de la tige en bas. Il ressemble beaucoup au Daphné Qutatorang'a. P. arenaria , P. jpilosa , P. pros tata,P. gnidici , P. urmlliana.

Fam. Proteaceœ. — Toru ( Persoonia toru). Arbre qu’on trouve dans la Baie des Iles. Rewa, Rewarewa ( Kinghtia excelsa). Ce bel arbre ressemble beaucoup au Banksia de l’Australie; jeune, c’est un arbre de grand ornement, et il croît en forme de pyramide; il a une curieuse fleur de chèvrefeuille rouge foncé. Le bois ressemble grandement à celui du Casuarina, et a de la durée. On s’en sert surtout pour faire des pieux, des bardeaux et des barrières. Il acquiert un grand volume et une hauteur considérable.

Fam. Laurineœ. — Taraïri ( Laurus taraïri ), bel arbre à grandes feuilles, qui atteint un volume considérable ; mais n’est trouvé qu’au nord des Waïkato. Il produit un long noyau ovale, légèrement couvert de pulpe, laquelle a une

forte saveur de térébenthine. Le fruit a une belle fleur pourpre et est pareil à une grosse prune. On ne se sert du bois que pour le chauffage.

Tana ( L. tana ), un des beaux arbres de la Nouvelle- Zélande, formant des forêts dans plusieurs parties du sud. La particularité des forêts de la Nouvelle-Zélande, c’est qu’à part quelques exceptions pareilles, elles sont composées de toutes les espèces d’arbres entremêlés.

Le Tana a une petite feuille étroite, et porte un fruit pourpre en forme de prune, qui n’est pas mauvais à manger; on mange aussi le noyau quand il a été grillé. L’arbre atteint un gros volume ; mais on ne se sert du bois que pour faire du feu, car il se pique vite des vers. Il est très blanc et léger. L’écorce intérieure est douce, et quand on la fait infuser, elle fournit une boisson délicate aux travailleurs qui n’ont plus de thé ; elle n’a pas besoin d’être sucrée. — Tangeo ( L . calicdris ).

Fam. Atherospermaceœ . — Pukatea (Laurelia Novœ-Zélandiœ ), grand arbre à bois de charpente, mais de très peu de durée, puisqu’il se gâte dans une seule année ; ses racines font beaucoup de saillie, comme celles du figuier de l’Australie.

Fam. Polygonaceœ. — Puka (Polygonum australe). La plante saule. Heruna (P. adpressum. ); Pohuehue (P. complexum ); Tutunahua ( P. prostratum: Rumex crispus, R. brunionianus) .

Fam. Chenopodiaceœ. — Poipapa ( Chenopodium triandrum , Ch. totrys, Ch. glaucum , Ch. maritimum , Ch. fructicosum, Salicornia indica ).

Fam. Amaranthaceœ. — Perony chicæ, Nahui, ( alternai! thera denticulata) ,Kohukohu [Mniarum biflorum ).

Fam. Plantagineœ. — Kopakopa ( Plantago major ) ; ce plantain ressemble beaucoup à celui d’Europe, mais il est indigène. C’est une herbe médicinale importante, bien connue des indigènes. Plantago varia, plante à feuilles étroites cotonneuses ; la feuille est longue et de couleur brunâtre.

Fam. Salviacrœ. — Salvia Koru. Cette belle fleur 11e se

trouve que dans le voisinag*e du cap Nord ; elle porte une grande fleur bleue et blanche.

F am. Primulaceœ . —Anagallis arvensis,Samolus littoralis.

Fam. Fagus. — Tawaï ( Betula nigra ), a peut-être deux représentants, qui atteignent une grande hauteur et un fort diamètre ; ces arbres forment des forêts alpestres dans l’extrémité sud de rilè-Nord, et ils abondent partout dans rile-du-Milieu. Anciennement le rat se nourrissait de ses faînes* On dit qu’ils ne donnent des fruits qu’une fois en dix ans.

Fam. Scrophularinaceœ. — Koromiko, Kokomiko ( Vero nica salicifolia, Forster). La plante qui est le plus généralement répandue dans la Nouvelle-Zélande. C’est une plante de grand ornement, mais qui disparaît devant les chevaux. Autrefois on en voyait de grands bosquets de tous côtés. Elle porte une fleur pyramidale, d’un blanc pourpre. Napuka, Korokio (V. speciosa ), variété qu’on trouve aux sources d’Hokiang*a portant une jolie fleur écarlate ; les feuilles sont plus grandes, plus arrondies et plus minces que Jes précédentes.

Tarang*a ( V . angustifolia R. et Less (1), variété à petites feuilles. V. macrocarpa,V. iigustrifolia , V. parviflora , V. elliptica , V. cataractœ ; Piriti, V. diosmifolia, V. calycina, Gratiola sexcentata , Euphrasia cuneata. Les côtes du Tong-ariro sont couvertes par plusieurs variétés curieuses de cette famille, dont quelques-unes seront nouvelles.

Fam. Cyrtandraceœ. — Wainatua. ( Bhabdothamnus So landri.) Bel arbrisseau délicat, avec de petites feuilles rondes et des fleurs en forme de cloche, de couleur orangée rayée de pourpre, ressemblant beaucoup au Penstemon.

Fam. Solaneœ.— Poroporo, Kohoho, Koheuheu. [Solanum lacinatum.) Buisson trouvé parfois assez grand pour qu’on puisse le placer parmi les arbres *, on le trouve parfois portant des fleurs blanches et des feuilles vertes plus claires ; mais en général les fleurs sont très ressemblantes par la

(1) Je l’ai decouverte et récoltée en 1827 près de la Passe des Français. Voy. Bot. de d’Urville, Voyage de V Astrolabe, p. 187„

couleur à celles des pommes de terre, et les feuilles sont d’une couleur brun foncé. Les fruits sont aussi gros que des groseilles, de couleur orange, et sont généralement mangés.

Il y a un solanum plus petit, ressemblant de près à la morelle d’Angleterre par sa taille et sa fleur, qui est blanche. Il porte une baie pourpre, qui se mange comme les feuilles. Son nom indigène est Raupeti et Remuroa.

Fam. Myoperineœ. — Manawa (. Aricennici tomentosa) : la Mangrove ou Palétuvier. Cette plante abonde dans le nord de l’îie vers son extrémité, où elle forme des espèces de bosquets marins, ayant de nombreuses huîtres attachées à ses racines et à ses branches, mais on ne la trouve pas plus sud que Kawhia.

Ngaio ( Myoporum lœtum). Arbre à feuilles luisantes, abondant près de la mer.

Dans le sud il atteint un volume considérable. Le bois est dur et dure beaucoup. Quand il est jeune, c’est un arbre de grand ornement et important comme abri contre l’air de la mer ; il a quelquefois trois pieds de diamètre. M. pu bescens , variété propre à l’Ile-du-Milieu.

Fam. Yerbenaceœ . — Puriri ( Vitex littoralis A.C.) Cet arbre n’est pas trouvé plus sud que Kawhia.il appartient au même ordre que le Tech, et semble avoir besoin de l’air delà mer. La feuille est lustrée. La fleur ressemble beaucoup à l’anterinum ; le bois est d’une couleur brun foncé, à grains très serrés et lourd ; il dure très longtemps et ne peut être travaillé que quand il est vert. Des poteaux plantés depuis quarante ans dans le sol ont été trouvés aussi frais que si on les y eût mis depuis peu de temps. Ce bois important est généralement percé par le ver d’un grand cerambix.

Fam. Nolanaceœ. — Dicoudra repens.

Fam. Moreaceœ.Broussonetici papyrifera.

Fam. Eupatoriceœ.— Fukapvika{Brachyglotis repanda.) Bel arbrisseau; les feuilles sont très grandes et blanches en dessous.La première fois que les naturels virent du papier, ils le comparèrent à ces feuilles : c'est de là que la feuille et les

livres en général sont appelés puka-puka-rani. B. rani, B. rotundifolia.

Fam. Juncaceœ .— Kowarawara (Astelia Banksii). Il croît comme une épiphyse et aussi dans les lieux marécageux. Luzula picta , Astelia solandri , Juncus maritimus. J. effusus , J edi for mis.

F am. Aracœe. — Taro (Caladium esculentum). Cette plante fut introduite par les naturels lors de leur première venue; elle est cultivée comme un article d’alimentation.

Fam. Thyphaceœ . — Raupo ( Typha angustifolia ); on mange la racine; les feuilles sont employées pour doubler les maisons et faire leur toiture.

Fam . Naiadaceœ. — Potamogeton natans.

Fam. Juncaginaceœ. — Triglochiis flaccidum.

h am. Graminaceœ. — Agrostis crinica , A. ooata, A.rigi da, A. procera, A. conspicua, A. œmula, A. Billiardieri , A. Forsteri, A. pilosa. Patiti, Phalaris canariensis, Danthonia diallpa, Bromus australis, Schenodorus littoralis , Triticum scabrum. T. Repens^Poa australis, P. imbecilla, P. caspitosa , Paspatum orbiculare , Rottboellia unifiora. Moa Spinifex sériceus avec une boule piq'iante de fleurs ( Avena dntarctica , Arundo australis) Celle-ci est une élégante plante, elle atteint une hauteur d’environ six pieds ; la tige à fleur a presque deux fois cette hauteur et se termine par un panache ondoyant ; elle est employée pour doubler les maisons et elle les rend très propres. La tige est appelée Kakaho et la feuille Toetoe.

Karetu ( Torresia redolens), herbe à odeur douce.

Parmi les nombreuses familles des joncs de marais* des fougères, etc., il suffira de citer :

Fam. Cyperaceœ . — Toetoe, [Lepidosperma elatior ), herbe grossière et coupante. Il y a vingt autres variétés de la famille. C’est un nom générique pour tous les joncs de marais.

Fam. Resiiaceœ. — Wiwi ( Leptocarpus simplex ), nom générique pour les joncs.

Fam. Polypodiaceœ. — Huru-huru-whenua (Asplénium lucidum , A. falcatum , A. polyodon , A, obliquum , A. ob-

tusatum , A . flabelli folium, A. bulbiferum)\ Ota ( Niphobolus bicolor); Raorao, Aruhe (Pteris esculenta); Tuakura ( Bickso nia squarrosa ) ; Ponga (Cyathea dealbata). Korau,Mamaku (■ Cyathea medularis). On mange la tige de cette fougère.

Mouku, Paratawiti ( Marattia elegans), belle fougère avec une racine édible pareille aux écailles du lis blanc.

Fam. Gleicheniaceœ . — Waewaekaka ( Gleichenia hecysto phylla). Kopakopa ( Trichomenes reniforme) . Belle fougère à feuilles circulaires, avec la fructification sur ses bords.

Fam. Osmundaceœ.— Mangemange ( Lygodium articula ù*m) :Belle fougère grimpante, dont on se sert pour la construction.

Fam. Ophroglossaceœ. — Ti-Taranaki (Bofa/c/iium australe). Plante remarquable, abondante dans les plaines herbeuses. Autrefois on la mangeait.

Fam. Lycopodiaceœ. — Ly copodium lessonianum, L. deusum , L. cernuum, L. flagellaria, L. latérale , L. phlegmana , L.volubile,L.d'Urvillœit Tmesipteris forsterii. Toutes les plantes qui appartiennent à cette famille sont très belles. Les Jungermania forment une très grande famille; les Hépatiques aussi. Les Musci, Oalyptrati, Mousses et Hépatiques, parmi lesquelles il y en a de très belles, sont extrêmement nombreuses. Plusieurs des Fungi sont doubles. Les chevaux et les vaches ont introduit le champignon anglais.

On trouve aussi des variétés de truffes et de morilles.

La Nouvelle-Zélande est riche en algues, dont plusieurs sont bonnes à manger ; une espèce, Rimu, semblable au Chondrus crispus , se fait bouillir avec le suc du Tupakihi ; le Rimuroa, grande variété subulée, est d’abord rôti.

Telle est la courte ébauche de la flore de la Nouvelle-Zélande qui se trouve dans les îles nommées, et forme son centre botanique ; combien de parties de cette flore peuvent être rencontrées dans les îles qui sont au Nord ? on ne le sait pas encore avec certitude. En admettant que les îles de la^ Nouvelle-Zélande sont des chaînons brisés d’une ancienne

ig*ne de continent, nous pouvons raisonnablement espérer rencontrer quelques-unes des plantes dans plusieurs des îles qui sont au Nord, partout où il y a une élévation suffisante pour donner un climat pareil au sien.

A l’appui de cette idée, trois plantes de la Nouvelle-Zélande ont été découvertes sur la haute montagne de Kinibalu, dans l’île de Bornéo, sous l'Equateur, et ces trois plantes, cependant, sont des plus particulièrement antarctiques des g-enresde la Nouvelle-Zélande et de la Tasmanie, ce sont : Drapètes , Phyllocladus et Drimys. Il reste également à prouver que le Kauri lui-même, ou une variété, ne peut pas être rencontré lui-même aussi loin au Sud que sur la côte Sud-Ouest de la Nouvelle-Zélande.

Ainsi l’étonnante manière par laquelle les différentes flores de notre terre se mêlent les unes aux autres, établit clairement l’unité harmonique de l’ensemble. Chaque chose dans l’Australie, fleurit pendant l’hiver. Par le fait les saisons sont renversées. Les arbres qui conservent leur feuillage en hiver, les laissent tomber en été, et les vents d’hiver, dont l’affreux hurlement nous annonce que l'été est passé, sont représentés ici par les vents chauds de l’été, qui font le même triste bruit, et ont le même effet brûlant et desséchant sur la végétation que nos propres hivers. Ce n’est pas le cas dans la Nouvelle-Zélande. Là, véritablement, les arbres perdent leurs vieilles feuilles en été; mais les forêts sont toujours vertes, et la différence entre le rôle des deux saisons est assez peu grande. Un climat uniforme produit une végétation uniforme.

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