‹ Les Polynésiens (volume 2)Chapitre 13 sur 70 · MYTHOLOGIE · texte numérisé non relu

MYTHOLOGIE

Les connaissances acquises jusqu’à présent sur la mythologie de ce peuple singulier sont très imparfaites; et comme les vieillards qui en conservaient le souvenir vont disparaître rapidement, il est à croire que beaucoup de traditions ont disparu de même. La génération actuelle est indifférente aux traditions du passé. L’esprit est aujourd’hui trop occupé de sujets qui sont le résultat du contact européen, pour qu’il conserve ces longues kyrielles de noms et de rites autrement que dans le langage ; cela est la cause de beaucoup de difficulté dans la recherche des mots qui depuis longtemps sont tombés en désuétude.

A proprement dire, les indigènes n’ont aucune connaissance d’un être suprême. Ils ont une multitude de dieux, et ceux-ci passent pour avoir été les pères de tout ce qui existe ; ces dieux sont tellement unis aux esprits de leurs ancêtres dont l’adoration fait largement partie de leur religion qu’il est fort difficile de distinguer les uns des autres. De fait, leurs traditions sur la création remontent bien loin avant les dieux eux-mêmes. Ils commencent au néant qui produisit quelque chose, puis davantage, et créa la puissance de croître. L’esprit étant plus subtil que la matière, fut créé le premier, et la pensée étant regardée comme supérieure à l’esprit, le commencement date de sa naissance.

On aperçoit dans leurs traditions une idée qui indique un état beaucoup plus avancé que l’état actuel. Leurs idées, sous beaucoup de rapports, ne sont pas si puériles que celles mêmes des plus anciennes nations païennes, et sans la lumière de l’inspiration, nous ne pourrions pas supposer qu’ils ont été plus avancés qu’ils ne le sont.

(1) Trad. de Taylor, p. 13.

Première période.

La première époque peut être appelée l’époque de la pensée :

« De la conception, l’accroissement ;

« De l’accroissement, la pensée ;

« De la pensée, le souvenir ;

* Du souvenir, le sentiment intérieur ;

« Dit sentiment intérieur, le désir. »

Seconde période.

La seconde période est celle de la nuit :

« La parole devint utile ;

« Elle s’unit à la faible lueur ;

« Elle produisit la nuit ;

« La grande nuit, la longme nuit ;

« La nuit la plus basse, la nuit la plus haute ;

« La nuit épaisse, pour être sentie ;

« La nuit pour être touchée ;

« La nuit pour ne pas être vue ;

« La nuit de la mort.

« Pendant ces périodes il n’y avait pas de lumière ;

* Le monde n’avait pas d’yeux. »

Troisième période.

La troisième période est celle du jour :

« Du néant, le commencement ;

«c Du néant, l’accroissement ;

« Du néant, l’abondance ;

« Le pouvoir de croître ;

« Le souffle vivant.

a Celui-ci s’unit au vide, et produisit :

« L’atmosphère qui est au-dessus de nous ; a L’atmosphère qui flotte au-dessus de la terre ;

« Le grand firmament au-dessus de nous s’unit à la première aube ;

« Et produisit la lune ;

« L’atmosphère au-dessus de nous, s’ufiit à la chaleur;

« Et de là naquit le soleil ;

« Ils furent lancés en haut comme les yeux du ciel ,

« Alors les deux devinrent clairs ;

« La première aube, le premier jour,

« Le milieu du jour,

« La flamme du jour du ciel.

Quatrième 'période.

« Le ciel au-dessus de nous s’unit à Hawahiki ;

« Et produisit la terre: Taporapora,Tauwarenikau, Kukuparu, Wawau-atea, WiwhLte-rangiora. »

Ce sont les noms des terres où îles qu’on suppose avoir été les premières créées ; Hawahiki est Pile d’où ils vinrent dans le principe, et elle est regardée comme le berceau d leur race.

Cinquième période.

« La terre étant formée, alors les dieux furent créés :

Ru-ou-hoko, Ruatupu, Ruatawiti, Ruakaipo, etc. » Sixième période.

« Les hommes furent produits :

Ngae, Ngaenui, Ngaeroa, Ngaetuturi, Ngapepeke.

Tatiti, Ruatapu, Toe, Raura-tama-rakei-ora. »

Il y avait deux grands ordres de dieux. Les premiers et les plus anciens étaient les dieux de la nuit, parce que la nuit avait précédé le jour ; venaient ensuite les dieux du jour.

Le dieu supérieur des premiers était Hine-nui-te-po, la grand’mère de la nuit, la grand’mère de tout le reste. Les père et mère des derniers étaient Rangi et Papa ou le ciel et la terre. On croyait généralement que le ciel était un corps opaque et solide tendu sur la terre qui était plate comme planche. Papa , la terre, signifie plat comme une planche.

Il y avait dix ou onze deux ; le plus bas était séparé de la terre par une substance transparente, solide comme de la glace ou du cristal, il était dessous ou près de la terre, qu’on croyait le soleil et la lune passer. Le grand réservoir de la pluie était au-dessus, et c’est au-delà que se trouvait la demeure des vents.

Chaque ciel était distinct : le plus bas était la demeure de la pluie ; le suivant, des esprits ; le troisième, des vents; le

quatrième, de la lumière. Le plus haut de tous était le plus glorieux, et c’est pourquoi il était la demeure des dieux.

Le ciel avec son pavé solide reposant sur la terre, la rendait stérile: quelques arbrisseaux insignifiants et seulement des plantes rampantes pouvaient croître à sa suface.

« La peau de la terre, ou la couverture, était le tutu ;

« Sa couverture était le wehe-wehe ;

« Sa couverture était la ronce ;

« Sa couverture était l’ortie ;

« Il ne faut pas s’affliger de ce que la terre est couverte d’eau ;

« Il ne faut pas se lamenter de la longueur du temps ;

a Le règne de l’océan finira ;

« La surface de l’océan deviendre raboteuse, par les terres qui s’yi élèveront ;

« Par les montagnes qui naîtront ;

« En entourant la mer comme une ceinture.

« Oui, comme une ceinture autour de la mer.

« Tu seras brisée, ô Terre.

« Ne te lamente pas.

« Oui toi, même toi;

« Car ce serait te plaindre de ton amour ;

« Ce serait te plaindre d’avoir couvert la surface d’eau.

« Ce serait te plaindre de la durée du temps. »

Les descendants de Rangi et de Papa furent d’abord les Kumara, qui vinrent de la face des cieux, car ce sont des plantes exigeant la chaleur.

Après vint la racine de fougère qui sortit du dos de Rangi, vu sa robuste nature, ce qui fait qu’on la rencontre sur les collines froides, sans qu’elle ait besoin de soleil pour croître.

Le premier être vivant créé fut Tane, d’où proviennent les arbres et les oiseaux : on ne paraît pas savoir s’il était un dieu, un homme, ou un arbre; on l’appelle également Tane- Mahuta.

Le second fut Tiki, d’où vient l’homme ; Marikoriko ou le crépuscule (1) était le nom de sa femme, la première femme n’était pas née, mais avait été faite -avec de la terre, par

/1) M:i, blanc, net, propre ; rikoriko, sombre, crépuscule.

Arohi-rohi, (1) ou la chaleur frissonnante du soleil et de l’écho.

La fille de Tiki et de Marikoiiko était appelée Kauatata.

Le troisième fils de Rangi et de Papa fut Tutenganahau, e grand auteur du mal.

Le quatrième fut Tahu, l’auteur de tout le bien, de tout ce qui est bon. Tahu est le nom donné au mari, et doit avoir quelque rapport figuré au mariage.

Le cinquième fut Tawiri-matea, le père des vents ;

Le dernier fut Tangaroa, le père de tous les poissons, et le grand dieu de l’Océan. A Tonga ce dieu est regardé comme le créateur de toutes choses ; là il est appelé Tangaloa. Il est considéré de même à Tahiti, où il est connu sous le nom de Taaroa; à Hawaii, il est appelé Tanaroa.

Orongo, une des plus anciennes divinités d’Hawaii était adoré sous le nom d'Orono ; Cook, à son arrivée au Sandwich, fut pris pour ce dieu, et il se laissa traiter comme tel parles insulaires, et même faire des sacrifices, qui causèrent fortuitement sa mort.

Tane et Tiki (2) étaient aussi connus à Tahiti, le dernier sous le nom de Tii ; de même que Ru et Hine-nui-te-po, ou la grand’mère de la nuit, le sein de la nature. On y avait la même opinion sur le caractère méchant des Atua-potiki, ou fils de Dieu, qui étaient appelés Hotua-pou, et supposés se plaire à faire du mal.

On rapporte que les descendants de Papa et de Rangi se réunirent bientôt en conseil, pour décider ce qu’il convenait de faire à leurs parents pour que la terre devînt fertile ; car, ainsi que la tradition le rapporte, pendant une fort longue période, depuis la première nuit jusqu’à la dixième nuit, à la centième nuit, à lamillième nuit, tout était dans les ténèbres: le ciel épais et opaque couvrant la terre et larendant stérile. En vain tâchait-elle d’obtenir des descendants dans la ressemblance de la nuit ou du jour. Alors ils examinèrent ce

U) Arohi-rohi , tourner en rond, être étourdi.

(2) Une petite image d’homme, taillée dans le jade vert et portée au cou, est appelée Tiki»

qu’il fallait faire pour Rangi et Papa : « Les tuerons-nous, ou les séparerons-nous. » Tumata-Uenga qui doit être le même que Tutenganahaü dit : « Oui, tuons-les. » Tane-Mahuta: « Non, nullement séparons-les plutôt. Faisons que l’un soit placé en haut et que l’autre reste dessous ; faisons que l’un reste loin de nous comme un étranger ; faisons que l’autre soit près comme un père ou une mère pour nous. » Tous acceptèrent ce conseil ; un seul était fortement opposé à leur séparation ; cinq décidèrent qu’ils seraient séparés ; un seul les aimait (1).

Tutenganahau eut la cruauté de couper les liens qui les unissaient. Alors le premier saisit Papa mais ne réussit pas; le second se saisit d’elle à son tour, mais sans plus de succès ; le troisième fit de même ; le quatrième, le cinquième, et lui seul réus-it. Hélas pour Rangi et Papa ! hélas pour la puissance de Tane-Mahuta ! ce fut à lui que fut réservé le soulèvement : il plaça sa tête en bas, et éleva ses genoux en haut. 11 éleva complètement Rangi; il abaissa complètement Papa ; aussi il les écarta; la nuit devint distincte ; le jour aussi devint distinct.

Tawhiri-Matea eut une bonne pensée pour sa mère, et il voulait combattre son plus jeune frère ; véritablement c’était le désir de Ranginui; mais Tawhiri-Matea apprit son élévation.

11 fit alors souffler les vents entre la terre et le ciel. La brise fraîche fouetta sa surface. Il mit sa bouche sur celle de Tane-Mahuta et les vents agitèrent ses branches et le déracinèrent (2). Il fit la guerre à Tangaroa et souleva de grosses vagues à sa surface. Mais Tane acheva son ouvrage en prenant de hauts arbres pour tenir le ciel élevé.

JL’élévation et le maintien élevé des cieux fut le premier et grand ouvrage de Tarie. Ensuite vint la production de ses

(1) La même tradition de l’union du ciel et de la terre existait aussi à Tahiti ; mais ils furent seulement séparés par une plante, le Tcve (Dracontium polyphjrllum ), jusqu a ce que le dieu Ru élevât le ciel.

(2) Tane-M^ahuta est représenté comme un arbre dont la tête est en bas et les racines en l’air ; on croyait que ces arbres anciennement poussaient de la sorte.

enfants, les arbres dont il était le père, et celle des oiseaux, dont il est ég-alement le père.

Tane avait six noms ; chacun d’eux était l’emblème de sa puissance:

tane-tuturi, « le courbé » (de ce qu’il fit en haussant le ciel.)

tane-papeki, « l’arc plié » (quand ses pieds soulevaient le ciel. )

tane-uetika, « droit comme un arbre. ♦»

tane-ueka, « fort comme un arbre. »

tane-te-waiora, « celui qui ouvre la fontaine de vie. » tane-nui-a-rangi, « le grand Tane qui soulève les cieux. »

En outre, il est appelé tane-mahuta.

Le dernier grand ouvrag-e qu’on lui attribue est la création de la fontaine de vie, dans le but de perpétuer l’existence du soleil et de la lune ; on pense que celle-ci, quand elle décline, s’y rend et qu’après s’y être baignée en sort avec une existence nouvelle : d’où le dicton : « l’homme meurt, et on ne le voit plus ; mais la lune meurt, et en se plongeant dans la fontaine de vie, elle revient à la vie . »

Tane est aussi le père des oiseauxqui volent de nuit, comme de ceux qui volent lejour : d’où le proverbe : Ko te manu Inunaà Tane . « L’oiseau caché de Tane, l’oiseau de Tane qui se cache. » 11 s’applique aune personne qui arrive quand il fait noir ou qui se trouve quelque part sans qu’on le sache.

Généalogie de l'homme (1).

Au commencement du temps existait Te-po, « la nuit ou les ténèbres. »

Dans les générations suivantes, Te-po devint Te-ao, « la clarté. »

Te-ao-tu-roa, « la lumière s’étendant au loin ; »

(1) Shortland, p. 55.

Te ao-marama, « la lumière claire du jour ; »

Te-kore, « le néant ; »

Te-kore-te-whiwhia, « le néant, le possédé ; » Te-kore-te-rawea, « le néant, le rendu excellent \ » Te-kore-te-tamana, « le néant, la limite solide ;» Te-kore-matua, « le néant le premier ; »

Maku, « l’humidité. »

Maku dormit avec Mahoranu-atea « le grand, le vaste, le clair : » leur postérité fut Rangi, « le ciel ».

Rangi dormit avec Papatuanuku « la grande surface étendue, la terre. »

Leurs enfants furent : Rehu « le brouillard ; » Tane « le mâle, » et Paia a qui est fait, qui est terminé. »

De Tane et de Paia naquit Te-Tangata « l’homme. »

Je me suis procuré cette tradition à Moeraki, dans l’Iledu-Milieu, endroit de la Nouvelle-Zélande, où les naturels aiment passionnément les traditions généalogiques. De pareils sujets sont fréquemment l’objet de leurs causeries, quand ils sont réunis en petits groupes, comme ils le sont dans les terres sacrées, sur quelq ue terrain élevé près de leurs villages. Dans plusieurs parties de l’Ile-Nord, Tikiahua est le nom sous lequel est connu le grand créateur de l’homme : de là l’expression Aïtanga-a-Tiki, « postérité de Tiki », pouvant s’employer pour désigner les personnes de bonne naissance.

Les différentes familles du règne animal, au lieu d’être regardées comme des êtres distincts de la création, descendaient aussi, d’après la mythologie des Nouveaux-Zélandais, de quelques-uns de ces affranchis primitifs de la terre qui feignent d’avoir possédé des pouvoirs surhumains. Ainsi la Tuna, « l’anguille », et le Koiro, «le congre », passent pour être la postérité de l’un de ces anciens hommes de mérite, nommé Maru-te-whareaitu. Le Ngarara, « le lézard », et le Mango, « le requin », passent pour avoir été frères. La mer était leur élément naturel, mais désirant se séparer après une querelle, le premier, qui était le plus âgé, alla vivre sur la terre, pendant que le dernier restait dans la mer. Le lézard, en partant, maudit ainsi son frère : « Reste dans la

grande mer pour servir à faire un plat de nourriture à l’homme, » (1) « et toi de même, repartit le requin, va à terre et sois chassé de ton trou par la fumée des feuilles de fougères en feu (2). »

Ces paroles de séparation du lézard et du requin sont conservées comme proverbes. Les premières font allusion à la coutume de servir un morceau de requin séché sur le dessus d’un plat de patates ou Kumara pour lui donner du goût. Les secondes à la manière de traquer le Ngarara, en faisant briller un feu à l’entrée de son trou (3).

Un volume (dit M. Phostt, dans sa 2e Edit.) a été publié récemment par M. G. Grey, ancien gouverneur en chef de la Nouvelle-Zélande ( Polynesian Mythology ), avec des détails circonstanciés, qui doivent le faire accepter comme la tradition polynésienne touchant l’origine de toutes choses vivant sur la terre. Ce qui vient d’être rapporté provient évidemment d’une source voisine ; mais comme c’est seulement un fragment de la tradition conservée par sir George Grey qui renferme une matière si intéressante et si importante, je prendrai la liberté d'en placer ici un résumé.

Cette tradition regarde Raagi « le ciel «et Papa-tu-a-Nuku comme les premiers parents d’oii sont issues toutes choses.

Dans le commencement, Rangi et Papa étaient si unis que la lumière ne pouvait pénétrer entre eux ; les enfants engendrés par eux vivaient dans l’obscurité. Ces enfants pensaient sans cesse à ce que pouvait être la différence entre les ténèbres et la lumière, et comment ils feraient pour séparer leur parents, de manière à permettre que la lumière brillât sur eux.

Tu-Mata-Uenga, le plus féroce d’entre eux, proposa de tuer leur père et leur mère ; tandis qu’un autre, nommé

(1) E nolio kiwhaho ki te moana , kia wakapuharutia kia kite toanga kai maoa.

(2) Haere ki uta kia wakapongia kia kite ahi rarauhe .

(3) Ngarara est le terme employé pour désigner le lézard et tout reptile. C’est le nom de l’Iguane qui a quelquefois trois pieds de long. (Shortland.)

Tane-Mahuta, dit qu’il valait mieux les séparer ; tous acceptèrent ce plan, excepté TawhirRma-Tea, le plus jeune. Sans ég-ard à son opposition, les autres se mirent à l’œuvre l’un après l’autre, pour séparer leurs parents. Tous, cependant, essayèrent en vain jusqu’au tour de Tane-Mahuta. D’abord Tane s’efforça de séparer Rangi et Papa à l’aide de ses bras seulement ; mais cela fut insuffisant. . Alors, appuyant sa tête sur sa mère Papa, il éleva ses pieds contre son père Rangi, et mettant en œuvre toute la force de son dos et de ses jambes, il finit par les séparer, en poussant en bas la première et en élevant l’autre à sa position actuelle.

Les noms et les attributs de ces enfants de Rangi et de Papa étaient les suivants :

Tu-Mata-Ueng-a était le dieu et le père de l’homme.

Rong’o-ma-Tane était le dieu et le père de la nourriture cultivée de l’homme.

Haumia-Tikitiki était le dieu et le père de la nourriture de l’homme venant sans culture.

Tang’aroa était le dieu et le père des poissons et des reptiles.

Tane-Mahuta était le dieu et le père des forêts, des oiseaux et des insectes habitant les forêts.

Tawhiri-ma-Tea, était le dieu et le père des vents et des tempêtes.

Quand Rangi et Papa furent séparés, tous restèrent avec cette dernière, excepté Tawhiri-ma-Tea, qui, fâché avec ses frères, suivit son père Rangi et s’entendit avec lui pour savoir comment ils se veng-eraient.

Aussitôt que leurs plans furent mûrs,Tawhiri se précipitant des cieux, attaqua Tane-Mahuta et tourbillonna au-dessus de ses forêts avec l’ourag’an. Ayant produit là de grands ravagées, il s’abattit aussitôt sur les mers avec les coups de vents et les tempêtes pour faire sentir sa fureur à Tang*aroa.

Ce fut dans cette occasion que les poissons et les reptiles se séparèrent après s’être disputés, les premiers restant dans la mer, tandis que les derniers allaient chercher un abri à

terre. On raconte encore qu’un dialogue semblable à celui du requin et du lézard eut lieu entre le-Ika-Tere,le père des poissons, et Tu-te-Wehi-Wehi, le père des reptiles.

Après cela Tawhiri-ma-Tea attaqua ses frères Bongoma-Tane et Haumia-Tiki-Tiki ; mais il ne put pas arriver à leurs enfants, la nourriture cultivée ou sans culture ; car Papa les cachait dans son sein. Enfin, il attaqua Tu -Mat a- Uenga: mais il ne put ni l’ébranler ni le renverser.

Tu-Mata-Uenga ayant seul résisté avec succès à Tawhirima-Tea, fit la remarque que ses frères s’étaient conduits lâchement en l’aban'Jonnant, et il résolut de les punir ; il dressa donc des pièges dans les forêts pour attaquer les enfants de Tane, et fit des filets pour hâler a terre les enfants de Tangaroa. Il découvrit aussi les enfants de Rongo-ma- Tane et de Haumia-Tila-Tiki par leurs feuilles, elles arracha de la terre ; il se servit de tous comme nourriture et les rendit usuels, mais il ne put vaincre Tawhiri-ma-Tea, ni s’en servir en le mangeant comme aliment. Si bien que ce dernier né des enfants de Rangi et de Papa fut laissé pour être l’ennemi de l’homme ; il ne cessa de l’attaquer par les tempêtes et les ouragans, en s’efforçant de le détruire sur terre et sur mer.

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