‹ Les Polynevrîtes Apioliques: Leurs rapports avec les autres variétés de polynévrites par le tri-ortho phosphate crésyle "ginger beer paralysis" (polynévrites phospho-créosotées)Chapitre 13 sur 42 · FO: MS · texte numérisé non relu

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B... Marie, 29 ans, sans profession, de nationalité italienne, est hospitalisée le‘23 juillet 1936 dans le service de clinique chirurgicale de l’hôpital Saint-Antoine. |

Le début de ses troubles remonte, aux dires de la ma- 7 lade, au 6 juillet, soit une quinzaine de jours auparavant. Elle commence, à partir de cette période, à ressentir des douleurs hypograstriques, s’accompagnant de pertes sanglantes, noirâtres, «et de malaise général sans fièvre.

Toute tentative d’avortemenmt étant à ce moment formellement niée, l'hypothèse d’une grossesse extra-utérine apparaît vraisemblable. Elle est cependant, le 1° août, infirmée par une laparatomie qui ne décèle aucune anomalie de l’utérus et des annexes.

C’est alors que le lendemain de l'intervention, et surtout le 3 août, la malade s’agite, pousse des gémissements et, de «ce fait, est, le 4 août, hospitalisée au Pavillon Dupre, dans le service de M. le D' Pagniez, à l’obligeance . duquel nous devons l’étude de cette observation.

La malade apparaît agitée, anxieuse, sans cesse gémissante, mais livide, répondant mettement aux questions posées, «en, dépit d’une ‘asthénie considérable. Elle. se plaint de sensations douloureuses diffuses, de douleurs musculaires vagues, de fourmillements pénibles dans les membres inférieurs.

Mais il n’existe à ce moment aucun trouble moteur, et le 4 août, la marche est mormale, comme est normale la réflectivité de deux membres inférieurs. Pressée de questions, la malade finit par avouer une tentative d’avortement qui a été provoqué. à la suite d’un retard de règles de huit jours, le 30 juin, soit cinq semaines auparavant. La malade absorba successivement plusieurs cachets de quinine, puis, quelques jours après, quatorze capsules d’apiol, et enfin, une quantité non précisée d’extraït de saturne.

Dès lors, l’évolution se précipite. Le 5 août, en voulant

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se lever pour faire quelques pas dans sa chambre, la ma- Jade titube, ressent une impression de lourdeur dans les membres inférieurs, et pour ne pas tomber, doit être soutenue.

L'examen révèle :

Une diminution considérable de la force musculaire ;

Une abolition des reflexes achilléens et rotuliens.

Par contre, les mouvements des membres supérieurs sont indemnes, de même que l’état de leurs réflexes.

Mais, le 8 août, soit en trois jours, la paralysie est totale aux membres inférieurs et gagne les membres supérieurs dont la réflexité est abolie et la force musculaire très diminuée. Le pouls est à 120. La respiration à 36. La température à 37°5. :

La quadriplégie est complète le 10 août où la malade ne peut ébaucher que quleques mouvements de flexion des doigts et des orteils. Les réflexes tendineux sont totalement abolis. De plus, la malade ne peut se maintenir dans la position assise, et retombe lourdement sur le lit. Les réflexes cutanés abdominaux sont abolis. En outre, une légère paralysie faciale, bilatérale, plus nette. à droite, un léger ptosis de ce même côté, sans autre trouble oculaire, sont notés. L’hypoesthésie cutanée est discrète, prédominant toutefois nettement aux membres inférieurs. Quant au reflexe cutané plantaire, il est indifférent. Enfin, le pouls est à 140, la respiration à 40, la température reste subnormale.

Une ponction lombaire, pratiquée le 11 août, retire un liquide clair, ne laissant pas déposer de culot après centrifugation, contenant par mmc. 1 élément 5, stérile après culture sur gélose au sang et tout le taux d’albumine est normal.

Le taux de l’azotémie est de 1 gr. 50. Il n’existe pas de subictère, pas d’albumine dans les urines, pas de modifications de la courbe thermique.

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