‹ Les Polynevrîtes Apioliques: Leurs rapports avec les autres variétés de polynévrites par le tri-ortho phosphate crésyle "ginger beer paralysis" (polynévrites phospho-créosotées)Chapitre 19 sur 42 · PES · texte numérisé non relu

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près disparue. Brusquement, la grossesse qui jusque-là s'était normalement poursuivie, est interrompue. Un avortement se produit. Nous avons pu apprendre que ses suites avaient été simples et que l’état de santé de Mme X.. est actuellement excellent.

L'analyse chimique que M. David, pharmacien de l’hôpital Bichat, et notre interne en pharmacie, M. Moreau, ont bien voulu pratiquer, a permis d’exclure avec certitude le rôle des dérivés crésylés.

Les capsules ingérées par la malade contenaient un apiol liquide parfaitement pur.

Observation de MM. A. PATOIR, G. PATOIR, BEDRINE (Paris méd., 12 décembre 1936).

Une femme de 27 ans, déjà mère de famille, vient d’avorter au milieu de phénomènes alarmants qui ont décidé son transfert à l’hôpital. En dehors de l'attitude. suspecte et réticente de l’entourage, on ne recueille aucun renseignement. À son entrée, elle est dans la confusion mentale absolue, avec bouffées délirantes et carphologie. Le faciès est terreux, les yeux excavés, la langue desséchée. Il existe un subictère, une oligurie marquée avec hématurie et albuminurie. La déshydratation est intense.

A l’examen, la sphère génitale n’offre plus rien à considérer, tout y est rentré dans l’ordre. Ictères et annexes normaux, pas de pertes sanglantes ni puriformes. Le foie est gros, mou apparemment, douloureux. La rate n’est pas percutable. Le pouls est dépressible, irrégulier, les bruits du cœur lointains et voilés. Les reflexes sont d’abord vifs puis abolis.

Il existe enfin un plateau thermique constant à 39°, 39°5 et un érythème rouge vif, à tracé polyciclique siégeant électivement à la paume des mains et à la plante des pieds.

L'état s'aggrave rapidement et malgré une rehydratation active et les tonicardiaques, la malade meurt en 48 heures.

A l’autopsie, on découvre des lésions extrêmement nettes d’hépato-néphrites. La zone génitale paraît intacte. Le cœur est flasque, les poumons congestifs, l'examen du système nerveux n’y révèle aucune anomalie.

La recherche chimique de l’apiol, entreprise par M. Payen, est nettement positive dans les viscères. Entre temps, une hémoculture n’a pas poussée.

Ces observations nous montrent des troubles tout à fait différents du premier groupe d’observations.

Il s’agit avant tout d’hépato-néphrite.

Les doses d’apiol ingérées sont fortes : 6 gr., 9 gr., 8 gr.

Les signes polynévrétiques présentés sont uniquement une abolition des reflexes avec des atrophies musculaires dans le cas Trillat et Thiers ; dès myoclonies dans le cas Lœderich.

Ces troubles ne nous prouvent pas pouvoir rentrer dans le cadre de l’intoxication au tri-ortho-phosphate æcrésSyl.

Nous avons cité l’observation de Flandin encore que l’on ne relève pas de phénomènes polynévrétiques proprement dit, mais ce cas est intéressant par les troubles nerveux observés, état ébrieux, vertiges, convulsions, amnésie, contractures qui, nous le verrons, correspondent parfaitement aux troubles présentés par les animaux dans l’expérimentation par l’apiol pur.

Il est intéressant d’examiner et de comparer ces troubles avec les autres observations de ce groupe.

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