‹ Les Polynevrîtes Apioliques: Leurs rapports avec les autres variétés de polynévrites par le tri-ortho phosphate crésyle "ginger beer paralysis" (polynévrites phospho-créosotées)Chapitre 18 sur 42 · PES · texte numérisé non relu

PES

mes, de teinte blanc ivoire ; ils se décortiquent facilement.

Les surrénales sont altérées par putréfaction.

L’utérus contient dans son fond quelques débris de placenta adhérents ; aucune trace de traumatisme.

Pas de lésions macroscopiques du cerveau, ni de la moelle épinière.

Le corps thyroïde et les parathyroïdes sont macroscopiquement sains.

La moelle osseuse fémorale est très rouge.

Examens histologiques. — Pratiqués par MM. Huguenin et Foulon, que nous remercions ici, ils ont été malheureusement gênés par l’altération cadavérique.

Le foie montre des clarifications et des atrophies cellulaires avec picnoses nucléaires, témoins d’une hépatite aiguë dégénérative ; quelques infiltrats lymphoïdes.

Les reins montrent des altérations cadavériques trop avancées pour qu’on puisse préciser les caractères de la néphrite aiguë qui les a indiscutablement frappés.

La moelle osseuse est en activité érythro-granulopoiétique ; très rares mégacaryacites.

Le corps thyroïde, dissocié par des travées scléreuses, contient des aréni de taille très diverses.

Une parathyroïde offre un aspect encore assez compact pour un adulte, avec des îlots de cellules éosinophiles très abondants et des cellules claires en quantité à peu près égale. Une autre parathyroïde est beaucoup plus riche en cellules claires ; sans être nettement en état d’hyperplasie, elle correspond au type dit « compact de l'adulte ».

Observation de MM. Ch. FLANDIN, S. NACHT et Jean BER- NARD (Soc. Méd. des Hôpitaux, 14 uin 1934).

Intoxication par l’apiol pur à forme comateuse, hkypertonique et amnésique. Etude clinique et expérimentale.

Mme X., trente ans, enceinte de trois mois, absorbe Je 13 février 1932, entre 10 heures et 13 heures, 40 capsules contenant chacune 20 centigrammes d’apiol Hquide, c'est-à-dire 8 grammes d’apiol. A peine lPingestion du toxique est-elle terminée, que la malade se sent vertigineuse, incertaine. Pendant toute l’après-midi, elle se sent < comme ivre ». Cet état ébrieux n’est cependant pas assez prononcé pour l'empêcher de vaquer à ses occupations. Elle dîne à 19 h. 30 ; le malaise semble s'être atténué. Den à 21 REURES, elle s’écroule dans le coma. |

Elle est amenée à 23 heures à Fhôpitat Bichat. M. Dany, interne de garde, constate un coma complet ; la conscience, la sensibilité sont absolues, les reflexes ten dineux et cutanés sont conservés. Il n’y a pas de paralysie. La température est à 38° 5 ; Le pouls à 100, bien frappé ; la tension artérielle à 12-7. La respiration est normale. Les urines contiennent une petite quantité d’albumine. Peu après l’admission surviennent des crises convulsives assez particulières. Les convulsions toniques, puis cloniques débutent à Ia face où elles sont bilatérales, s’étendent aux deux bras, puis au membre inférieur droit, laissant absolument immobile le membre inférieur gauche. Les mains, pendant la période elonique, ont une attitude ‘spéciale, -en pronation forcée, le pouee est pincé entre le médius et l’annulaire fortement fléchis ; ces erises, dont ‘Ja prédominance faciale est nette, se répètent à plusieurs reprises pendant les deux premières heures, puis cessent. L'examen neurologique ne révèle alors aucun symptôme nouveau. La résolution musculaire est devenue complète.

SD

* Le 14 février au matin, l’état ne s’est guère modifié. La température est à 39°2 ; le coma est toujours profond. At n'y a toujours pas de signes de localisation, pas de troubles des reflexes, pas de contracture. On note un ictère des téguments et des muqueuses, discret maïs net. Les urines, peu abondantes et foncées, contiennent sels et pigments biliaires. On y décèle en outre de l’albumine (0 gr. 20).

La ponction lombaire retire un liquide céphalo-rachidien clair contenant :

Albumine : 0 gr. 25 pour mille.

Un élément par millimètre cube à la cellule de Nageotte.

L’urée sanguine est à 0 gr. 25 par litre.

Le 15 février, le coma s’est partiellement dissipé. Il a fait place à une agitation considérable. La malade se dresse sur son lit, puis se roule à terre, crie. On est contraint de la transférer au pavillon d’agités. Cet état se prolonge pendant plusieurs heures, puis s’atténue.

Le symptôme dominant est alors une confusion mentale, une désorientation complète. Parfaitement éveillée, parlant aisément, Mme X... ignore son adresse, ne sait

-où elle est, puis croit être à l’hôpital depuis un mois. Elle se plaint de douleurs vives des épaules et des jambes.

Les reflexes tendineux, cutanés et pupillaires sont normaux. Il n’y a pas de paralysie, pas de contracture.

L’ictère est net, tant aux conjonctives que sur la peau; les urines contiennent des pigments biliaires ; on n’y décèle ni sels biliaires, ni atbumine.

La température est à 37°5. le pouls à 75, la tension artérielle à 11-7.

Le toucher vaginal vérifie lPexistence d’une grossesse au troisième mois ; le col est mou, non ouvert.

. On ignore alors la nature du toxique ingéré ; le diagnostie est hésitant ; on songe un moment à un empoi-

sonnement barbiturique qui expliquerait le coma, l’agitation et l’obnubilation consécutives, la fièvre éphémère, mais la recherche des dérivés barbituriques dans les urines est négative. Au surplus, on apprend, peu après, l’absorption de l’apiol et bien que les troubles constatés. diffèrent notablement de ceux habituellement décrits dans l’intoxication apiolique, on se résout à ce diagnostic.

Le 16 février, soit au troisième jour de l’intoxication, apparaît un symptôme nouveau : la contracture. Elle prédomine aux membres supérieurs que l’on trouve raidis en demi-flexion. Les muscles sont tendus, durs, saillants Sous [a peau. Toute tentative d’extension du coude se heurte à une résistance qui finit par se laisser vaincre régulièrement et sans à-coups. Les muscles de l’épaule, de la main sont moins rigides, mais l’extension des doigts est cependant difficile. La raideur des membres inférieurs est manifeste : l’attitude de la malade marchant rappelle la classique démarche de gallinacé.

La face apparaît normale ; il n’y a pas de trismus : on met en évidence un signe de Chvostek bilatéral. Il n’y a pas de raideur de la nuque, pas de raideur du tronc, pas de signe de Kernig.

Les reflexes tendineux sont normaux. Il n’y a pas de signe de Babinski : pas de reflexes de posture, on ne décèle pas de paralysie, pas de signes cérebelleux, pas de troubles objectifs de la sensibilité superficielle ou profonde si l’on excepte une certaine douleur à la pression des masses musculaires du mollet.

Les troubles psychiques restent très marqués. La ma-lade est tout à fait confuse, incohérente dans ses réponses, incapable d'expliquer le début des accidents, calme: cependant sans être hébétée. -

Aux raideurs, à la confusion qui dominent le tableaw clinique se bornent les troubles constatés. La tempéra-ture à baissé, l’ictère a Presque entièrement disparu.

et.

Le cœur, les poumons, le foie, la rate semblent normaux à l’examen.

La diurèse est satisfaisante (1 litre).

L'examen chimique des urines ne montre ni albumine ni éléments biliaires.

On trouve :

23 gr. 5 d’urée par litre ;

8 gr. 5 de Na CI. par litre.

Les divers examens hématologiques pratiqués montrent :

Cytologie :

Globules rouges : 4.545.000.

Globules blancs : 9.000.

Hémoglobine : 85 %.

Polynucléaires neucophiles : 75.

Polynucléaires éosinophiles : 0.

Lymphocytes : 6.

Moyens mononucléaires : 14.

Grands mononucléaires : 7.

Chimie :

Urée : 0 gr. 30.

Chlore globulaire : 2 gr. 02.

Chlore plasnotique : 3 gr. 05.

Calcium : 0 gr. 098.

Réserve alcaline : 48 volumes.

Le 17 février, la malade se plaint de troubles de la vue. Elle ne peut lire ; tous les objets lui apparaissent brouillés. Cette amblyopie serait survenue brusquement la veille. L’examen ophtalmoscopique montre un spasme bilatéral de l’artère centrale de la rétine sans décoloration

des papilles.

Les jours suivants, Fe qu’on pensait voir la confu-

ANR EME

sion et la raideur s’atténuer, elles se montrent au contraire remarquablement persistantes.

L'état de la malade paraît satisfaisant. Elle reste apyrétique, ne présente aueun trouble viseéral. L’on décèle cependant des traces d’albumine dans les urines le 23.

Mais la contracture persiste intense aux membres supérieurs ; les avant-bras restent fixés en demi-flexion et la malade ne peut s’alimenter seule. Les membres inférieurs se sont assouplis ; la marche est plus aisée ; elle est toutefois assez particulière ; les avant-bras fléchis à 90 % sur le bras et les coudes restant fixés au tronc. Le signe de Chvosteck a disparu dès le 18, mais les reflexes du membre supérieur sont nettement exagérées ; le reflexe stylo-radiol en particulier. Aux membres inférieurs, les reflexes sont normaux, il n’y a pas de signe de Babinski.

L’examen électrique pratiqué le. 18 sur les divers muscles des membres et de la face ne révèle aucune modification qualitative ni quantitative des réactions classiques.

Les troubles oculaires ne s’amendent que lentement, et surtout les troubles psychiques persistent intenses : le phénomène dominant est une amnésie de fixation portant surtout sur les faits récents : la malade se souvient de son âge, de celui des divers membres de sa famille ce elle ne se rappelle ni son adresse, ni les circonstances de son intoxication ; d’une heure à l’autre, elle oublie les précisions chronologiques qu’on vient de lui fournir et, inconsciente, affirme cependant qu’elle va les préciser.

Ajoutons que de nouveaux dosages faits le 20 février ont montré :

Urée sanguine : 0 gr. 25.

Réserve alcaline : 60 volumes.

Chlore globulaire : 2 gr. 01.

Chlore plasmatique : 3 gr. 60.

À partir du 1* mars environ, s'ouvre une nouvelle pé-

(0 es

riode caractérisée par l’amélioration des troubles moteurs et la persistance de l’amnésie.

. Les troubles de la vue s’amendent rapidement. Un examen ophtalmoseopique montre la disparition du spasme bilatéral de l’artère centrale.

Aux membres, on ne rencontre plus cette résistance à la flexion, cette raideur antérieurement notées et les mouvements, courants des membres supérieurs redeviennent aisés. Mais la démarche est toujours particulière ; alors que le bras gauche maintenant oscille normalement, ou presque, le long, du tronc, le bras droit reste fléchi à angle droit, immobile, collé au corps, et lorsque la malade se lève ou se couche, on est frappé de la maladresse, de l’inhabileté avec : laquelle elle se meut. Cependant, lexamen objectif ne met en évidence aucun trouble moteur, on ne note aucun signe de fa série cérebelleuse ni ataxie, ni asynergie, ni adiadococinésie ; les reflexes cutanés sont normaux ; les reflexes tendineux restent un peu vifs ; il n’y à pas de reflexes de posture.

L’amnésie persiste à peine atténuée. Les caleuls Les plus simples sont impossibles ; la malade se souvient d’une phrase qu’elle a lue dans l’instant qui suit ; une demi-heure après, elle a tout oublié ; elle ne se souvient pas du visage d’un médeein nouveau, venu l’examiner la veille. Cette amnésie est alors rigoureusement le seul trouble psychique ; il n’y a plus de confusion mentale, pas d’affabulation.

Cet état persiste jusqu’au 15 mars. On note alors une ‘amélioration remarquablement soudaine des troubles de la mémoire. Le souvenir très précis d'événements anciens revient. Les faits récents sont aisément fixés et, remémorés. PR,

-Les troubles moteurs et oculaires continuent parallèlement à s’atténuer.

Le 20 mars, toute trace de Pintoxication He à peu

Page 1