‹ Les Polynevrîtes Apioliques: Leurs rapports avec les autres variétés de polynévrites par le tri-ortho phosphate crésyle "ginger beer paralysis" (polynévrites phospho-créosotées)Chapitre 38 sur 42 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1° L’apiol, qui autrefois était reconnu comme inoffensif, est indiscutablement un corps toxique ;

2° Cette toxicité est cependant relativement faible, aussi les troubles ne s’observent-ils généralement qu'après l’ingestion de doses élevées, dans l’utilisation de l’apiol comme abortif ;

3° Les lésions essentielles déterminées par l’apiol sont les lésions hépato-rénales ;

4° Au cours de l’intoxication apiolique, une série de troubles nerveux ont été observés. Leur examen nous incline à les classer en deux groupes :

À. — Le premier groupe comprenant des polynévrites bien caractérisées, à prédominance motrice touchant les extrémités des quatre membres, le pied et les petits muscles de la main, avec abolition des reflexes achilléens, sans troubles sensitifs et survenant après une période d’incubation de durée presque constante (10 à 15 jours).

L'évolution se fait vers la guérison après un temps très long.

La mort peut être observée par diffusion des paralysies,. en tenant compte également de la possibilité de lésions hépato-rénales associées.

L'examen histologique montre une atteinte du nerf périphérique, lésion dégénérative type « névrite segmentaire périaxile » avec prédominance dans la région du nerf de Nageotte.

La première observation anatomeo-clinique de polynévrite apiohique de notre maître Alajouanine, en montrant des lésions bien caractéristiques analogues à celles des polynévrites au « ginger beer » et à:eelles. dés travaux expérimentaux met en valeur un élément de contrôle dans le classement de ces polynévrites apioliques.

L’aspect de ces paralysies est le même que celui des paralysies au « ginger beer » et au phosphate de créosote. Le rapprochement clinique, les résultats anatomiques et expérimentaux ont permis de préciser que les polynévrites rentrent dans le cadre étiologique des polynévrites au tri-ortho-phosphate crésyle introduit frauduleusement dans l’apiol. Il faut noter cependant qu’elles surviennent sur un terrain spécial, troubles génitaux, et souvent atteinte du foie et du rein par lapiol dont on doit tenir compte dans l’évolution de la maladie.

B. — Le deuxième groupe comprend les troubles polynévritiques observés au cours des hépato-néphrites apioliques.

Ils sont plus rares, variables, inconstants.

LASS rs

Ils consistent en abolition des reflexes rotuliens et achilléens avec atrophies musculaires ou myoclonies.

On s’est demandé si là encore le tri-ortho-phosphate crésyle n’était pas en cause.

Il nous paraît plus exact de les rapporter à l'intoxication apiolique pur, sans toutefois pouvoir expliquer s’il s’agit d’une action directe de lapiol pur sur le système nerveux ou s’il s’agit d’une atteinte secondaire par l'intermédiaire de phénomènes plus complexes en rapport particulièrement avec des lésions hépalo-

rénales.

Vu : le Doyen de la Faculté, Vu : le Président de thèse, TIFFENEAU RATHERY

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l’Académie de Paris, G. ROUSSY.

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