‹ Les Polypes du Bassinet Évolution et TraitementChapitre 16 sur 18 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

l. — Polypes du bassinet non récidivés.

OBservATION [ (/nédite). — Me Hoy..., quarante et un ans.

Entre le 3 novembre 1919, salle Lallier, pour des hématuries qui durent depuis trois ans, se reproduisant tous les mois environ, sont abondantes, l’une d'elles ayant persisté pendant trois semaines.

Aucun phénomène vésical. Bon état général.

Un peu de sensibilité rénale droite à la palpation.

La division des urines révèle une déficience fonctionnelle du rein droit.

Intervention (M. Marion) le 19 novembre 1919.

Après lombotomie, on découvre un bassinet volumineux, distendu, rénitent, presque aussi gros que le rein extériorisé. On enlève l'uretère partiellement le plus bas possible. i

Pièce : Le rein est petit, allongé. Le bassinet, violacé, distendu, est rempli de masses végétantes très finement frangées.

Histologiquement : papillome typique bénin.

La malade à été revue le 27 avril 1929, c'est-à-dire dix ans environ après sa néphrectomie; il n'y a jamais eu récidive de l’hématurie. La vessie, à la cystoscopie, se montre indemne, l'orifice urétéral droit est invisible. La malade est donc restée complètement guérie depuis son opération.

O8s. II (/nédite). — Bar... (Pierre), cinquante-six ans (Civiale).

Entre le 23 juin 1927 pour hématurie durant depuis plusieurs mois, hématurie abondante, intermittente, avec caillots, s’accompagnant de quelques douleurs de la région lombaire gauche.

A la cystoscopie, vessie d'apparence normale. Le cathétérisme bilatéral démontre une déficience fonctionnelle nette du rein gauche. On porte le diagnostic de tumeur rénale gauche.

Intervention le 9 juillet 1927 (M. Marion).

Lombotomie gauche, avec résection de la 11° côte. Rein de volume normal, pôle supérieur légèrement bosselé, ecchymotique. On pratique la néphrectomie en enlevant la partie supérieure de l'uretère.

A l'examen de la pièce, on découvre un papillome du bassinet avec de petites greffes à la partie toute supérieure du conduit urétéral. Le pôle supérieur du rein, normal à la coupe, paraît simplement infiltré de sang.

Examen histologique (Kogan) : Papillome bénin, à franges typiques, à

cellules régulièrement disposées autour des axes conjonctivo-vasculaires, sans aucun élément en voie de transformation maligne.

Le malade a été revu le 10 avril 1929, c’est-à-dire vingt mois après la néphrectomie, il n’y a pas eu de nouvelle hématurie, les urines sont limpides, la cystoscopie ne révèle aucune greffe vésicale secondaire.

O8s. IIT. — Scholl, 1929.

Néphrectomie avec urétérectomie partielle pour papillome malin provoquant des hématuries depuis deux ans.

Pas de récidive deux ans et demi après.

O8s. IV. — Dozsa, 1921.

Homme, trente-six ans. Hématurie abondante.

Cystoscopie : Vessie normale.

Division : Hématurie vient du rein gauche ; nombreuses cellules épithéliales dans l'urine du rein gauche.

Radio : Ombre nette à gauche, au niveau du bassinet, à limites imprécises, mais qui ne semble pas être l’image d’un calcul.

Diagnostic : Tumeur du bassinet.

Intervention : 20 septembre 1920. Pôle supérieur du rein dilaté.

Dans le bassinet on sent une masse molle donnant l'impression d'un eaïllot ; l'uretère semble normal. Néphrectomie .

Pièce : Le calice supérieur est rempli d’une masse rouge villeuse à base d'implantation large, formant une grosse tumeur avec points nécrosés.

Histologiquement : Tumeur papillaire à villosités ramifiées. Pas de désordre cellulaire ni d’atypie. Papillome pur.

* Revu trois et quatre ans après. Vessie normale, urine claire, pas de récidives.

OBs.V—"Brütt, 1921.

Femme, soixante-quinze ans. Hématurie. Tumeur rénale gauche. On porte le diagnostic de tumeur du rein gauche. | . Néphrectomie et urétérectomie partielle (hématonéphrose. Papillome malin du bassinet ; uretère sain).

Pas de récidive deux ans et demi après.

OBs..NMT "Dozsa, 1993:

Homme, quarante-sept ans. Hématurie. Tumeur rénale gauche.

Cystoscopie : Masse papillomateuse à l’orifice urétéral gauche, du volume d'une noix, en partie incrustée et nécrosée. Examen fonctionnel : rein gauche détruit.

Diagnostic : Hydronéphrose infectée secondaire à un papillome urétéral inférieur.

Intervention : Grosse tumeur rénale, poche amincie, uüuretère épaissi. Néphrectomie et urétérectomie presque totale d'emblée.

Pièce : Calices et bassinet très dilatés remplis de villosités. Uretère épaissi, couvert de plaques de papillomes ; lumière bouchée.

Histologiquement : Pas d’atypie cellulaire visible, ni d'infiltration profonde.

Electro-coagulation du papillome vésical.

Revu deux ans après : pas de récidive vésicale.

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Os. VII. — Thomas Régnier, 1924.

Jeune homme avec hématuries.

Cystoscopie : Papillomes vésicaux multiples, papillome de l'orifice urétéral gauche.

Néphro-urétérectomie totale primitive avec résection de la corne vésicale.

Il s'agissait de papillomes bénins.

Pas de récidive deux ans après.

O8s. VIIT. — Reschke, 1924.

Une néphrotomie gauche pratiquée à la suite d'une hématurie et coliques néphrétiques ne montre rien d’anormal.

La néphrectomie gauche, quelques jours après, nécessitée par la reprise des hémorragies, prouve qu'il s’agit d’un papillome en voie de nécrose très avancée.

Un an après, pas de récidive.

Il. — Polypes du bassinet non suivis.

Os. IX. — M. Marion {In /. d'Urologie, 1926).

M. N.., d'Athènes.

Présente des hématuries récidivantes depuis six mois environ qui ont fait penser à une tuberculose rénale en raison d'une pyurie nette.

Ces hématuries semblent pourtant à M. Marion bien abondantes pour une tuberculose, malgré la division des urines qui montre une légère déficience du rein gauche, qui saigne, et une pyurie sans microbes.

La pyélographie ne semble pas très concluante (pourtant, on pouvait y lire une déformation du calice supérieur, sorte d'image lacunaire marginale, difficilement visible il est vrai). :

L'intervention est décidée avec le diagnostic de tuberculose ou néoplasme, et pratiquée à la clinique le 24 juin 1926.

Il s’agit d’une tumeur végétante de la partie supérieure du bassinet, du volume d’une petite pêche, sans envahissement du parenehyme rénal ni de l’uretère ; les calices supérieurs sont respectés, ce qui explique que la pyélographie n'ait pas donné d'indications nettes.

L'examen histologique a démontré qu'il s'agissait d’un papillome banal de constitution bénigne.

Le malade n’a pas été revu.

Il est probable qu’il est resté guéri.

Os. X. — Godard et Gautier (Société Française d'Urologie), 18 juin 1928.

MreS..., quarante ans : hématuries à répétition depuis deux ans, avec parfois élimination de petits débris papillaires, en réalité les premières hématuries semblent remonter à quinze ans environ. Déficience rénale droite considérable.

Débifuréiqde ent RE pe. 2,96 16,53

Néphrectomie le 18 mai 1927. ,

Pièce. — Très gros rein hydro-néphrotique, dont la substance corticale semble presque entièrement détruite. Volumineux papillome implanté dans le bassinet, semblant boucher l'uretère. La tumeur paraît avoir essaimé à l'intérieur de certains calices et à la partie toute supérieure de l'uretère.

Histologiquement. — I1 s'agit d’un papillome typique, sans trace de transformation maligne. La malade, revue quatre mois après son opération, semble en parfait état.

Os. XI. — Aschoer, 1921.

Homme, soixante-deux ans. Hématurie continuant malgré la décapsulation et fixation d’un rein gauche. Papillome à l’orifice urétéral gauche.

Néphrectomie et urétérectomie totale.

Histologiquement. — Epithélioma papillaire du bassinet et de l’uretère.

O8s. XII. — Dozsa, 1926.

Homme, cinquante-six ans. Hématurie. Cystoscopie, rien. Grosse tumeur lombaire gauche mobile. Cathétérisme : bassinet gauche bouché, la sonde ne passe pas, aucune sécrétion.

Néphrectomie le 4 octobre 1926 avec urétérectomie partielle.

Pièce. — Hémato-néphrose. La partie inférieure du bassinet est remplie d’une tumeur papillaire avec des polypes à l’origine supérieure de l’uretère. Histologiquement bénins, sans atypie cellulaire.

Non suivi.

IIT. — Polypes du bassinet récidivés.

O8s. XIIT (Znédite) [Civiale]. — Due à l’obligeance du D' Nora.

M. D..., cinquante ans, mécanicien, entre salle Civiale, le 2 mai 1928, pour une hématurie totale, abondante, avec caillots, durant depuis six semaines environ, sauf pendant trois à quatre courtes périodes de deux à trois jours. Pendant ces périodes d'arrêt, les urines auraient été parfaitement limpides.

Depuis le début de l’hématurie, douleur lombaire gauche, sans paroxysmes, mais continue.

Pas de phénomènes vésicaux.

Pas de fièvre.

Bon état général, léger amaigrissement.

À l'examen, — Les urines sont franchement hémorragiques.

Palpation rénale douloureuse à gauche. Les reins ne sont pas perçus.

À la cystoscopie, éjaculation nettement sanglante à gauche. -

L'exploration fonctionnelle montre une grosse déficience du rein gauche. En soixante-dix minutes :

RD RG Molume entc cn? »

Urée concentration . . . . = 11,89 quelques gouttes. Urée débit. Ar PA 1709 »

Epreuve phtaléine p. 100. . . . . 52 ;

Radiographie. — Rien de particulier, les ombres rénales sont difficilement visibles. On porte le diagnostic de cancer du rein gauche.

Opération le 12 mai 1928 (MM. Bouillié et Nora).

Lombotomie gauche, résection de la 12° côte; le rein est haut situé, facilement libéré et extériorisé. Il est de volume normal, de consistance ferme et homogène, le diagnostic de néoplasme ne semble pas évident.

On explore le bassinet : il est très dilaté, d'aspect violacé, épaissi, il semble contenir une tumeur mollasse ; cette dilatation se poursuit sur les deux premiers centimètres de l’uretère. On porte alors le diagnostic de polype du bassinet, et, après ligature du pédicule rénal, on pratique une néphrectomie avec urétérectomie subtotale.

L’uretère est suivi Jusqu'au petit bassin, les trois ou quatre derniers centimètres sont abandonnés.

Fermeture en 3 plans. Drainage.

Pièce. — L'ouverture du rein montre deux polypes frangés du volume d’une petite noix, implantés à la partie inférieure du bassinet dilaté (planche 1).

Deux petites greffes occupent la partie supérieure de l’uretère.

L'examen microscopique (M''° Kogan) montre qu'il s’agit d'un polype en voie de transformation maligne très nette, véritable épithélioma papillaire du bassinet.

Suites opératoires normales, apyrétiques.

Sortie du malade au vingtième jour. |

Le malade revient le 10 septembre 1928 {quatre mois après l'opération) parce qu’il a uriné un peu de sang dans les jours qui ont précédé. Aucune réaction vésicale. |

Depuis son opération, il a repris du poids; son état est très satisfaisant.

La cystoscopie montre un polype de l'extrémité inférieure de l’uretère gauche, accouché par l'orifice. Il est du volume d’une grosse noisette, mamelonné, non frangé, d'aspect lisse (fig. 2).

Destruction de ce polype par électro-coagulation. La sonde est poussée à l'intérieur du segment d'uretère restant, dont on fulgure toute la longueur.

Le malade sort quelques jours après. Il revient en décembre pour de nouvelles hématuries. La cystoscopie décèle une autre greffe implantée sur une des lèvres de l'orifice urétéral gauche, et le malade est hospitalisé de nouveau en janvier 1929.

Nouvelle intervention le 30 janvier 1929 (M. Marion).

Premier temps. — Taille vésicale large. Incision circulaire de la vessie autour de l'orifice urétéral gauche. Libération de l’uretère qui est lié et repoussé dans le petit bassin. Tamponnement de la plaie vésicale et drainage par tube de Marion, après fermeture partielle de la vessie.

Deuxième temps. — Incision iliaque. Recherche de l’uretère, qui est disséqué et libéré jusqu’à son extrémité supérieure. Drainage de la plaie. Examen de la pièee. — Plusieurs petits polypes sont implantés à la partie

inférieure du moignon urétéral enlevé, leur structure histologique est celle du polype primitif, papillome en voie de transformation maligne.

Le malade est sorti le 8 mars, guéri, avec un état général très satisfaisant.

Revu le 30 octobre 1929, c'est-à-dire neuf mois après l'urétérectomie secondaire.

Très bon état général.

Urines claires. |

Cystoscopie. — Vessie normale; aspect cicatriciel au niveau de la partie latérale gauche, où a porté la résection.

O8s. XIV (/nédite). — Communiquée par M. le D' Marion.

M. L... vient consulter pour des hématuries existant depuis trois ou quatre mois environ. Le sang vient du rein gauche.

Une division d'urines et le résultat de l'examen montrent de la façon la plus évidente qu’il s’agit d’une tumeur du rein gauche.

Le malade est opéré dans la clinique des Frères Saint-Jean-de-Dieu le 2 avril 1928. M. Marion enlève un rein assez régulier, un peu augmenté de volume et trouve dans ce rein un papillome du volume d’un abricot implanté à la partie moyenne du bassinet, n’envahissant pas les calices (polype peu frangé, à pédicule assez mince, situé au-dessus de l’abouchement de l’uretère).

Examen histologique (Kogan). — Papillome en voie de transformation maligne.

En effet, le malade reste guéri pendant un an, puis est repris d'hématurie en 1929. M. Marion constate à la cystoscopie un polype vésical au voisinage de l’orifice urétéral gauche.

Urétérectomie le 12 mars 1929.

1° Taille vésicale large : deux polypes, dont un qui sort par l’orifice de l'uretère ganche, section et fulguration.

Section circulaire de la paroi vésicale permettant le dégagement del’uretère qui est repoussé vers la fosse iliaque. Fermeture partielle de la brèche vésicale ; tamponnement.

Fermeture de la vessie, qui reste drainée par un tube de Marion.

2° Par incision iliaque et lombaire. — Découverte de l'uretère, qui est du calibre du pouce; gros cordon élastique et mou par endroits, sans périurétérite, sauf au niveau de son extrémité supérieure, qui est très adhérente au tissu de cicatrice de la néphrectomie primitive.

Drainage de la plaie.

Pièce. — Uretère très dilaté, laissant écouler à la coupe un liquide rougeâtre épais, contenant de multiples débris papillomateux. Papillomatose diffuse, mais discrète, peu saillante.

Quelques polypes du volume d'un petit pois dans le bout inférieur seulement.

Histologiquement. — Papillomatose sans transformation néoplasique. Le malade reste guéri et actuellement se porte aussi bien que possible.

O8s. XV (/nédite). — Communiquée par M. le D' Marion.

Me V..., amenée par le D' Stini {de Nice) présente des hématuries provenant du rein droit. À Nice tous les examens ont été pratiqués et une pyélographie en particulier montre une suppression totale des calices inférieurs. Devant cette constatation le diagnostic de tumeur s’imposait et on pratique la néphrectomie le 6 juin 1928 (M. Marion).

Dans le rein se trouve un polype envahissant tout le bassinet et remplissant plusieurs calices.

Histologiquement : Polype en voie de transformation maligne. Guérison de la malade.

CPP 0e

Huit mois après la malade est reprise d'hématuries. Elle revient de Chypre et M. Marion constate à la cystoscopie un polype vésical. Il conseille la suppression de ce polype et de l’uretère.

Deuxième intervention le 11 février 1929.

Ablation de l’uretère par la voie iliaque et, dans la même séance, destruction du polype vésical par fulguration, celui-ci étant d’un volume permettant facilement cette fulguration.

Pièce : L'uretère ue présente aucune trace de polype.

La malade guérit sans incident.

O8s. XVI (Znédite). — Communiquée par M. le D' Marion.

M. S... (de Marseille) a été pris de douleurs extrêmement violentes dans la région lombaire, et on a constaté à la palpation une volumineuse tumeur présentant tous les caractères d’une tumeur rénale gauche.

Les examens pratiqués ont montré qu'il s'agissait d’une volumineuse hydronéphrose et la radiographie permettait même de déceler quelques petits calculs existant dans cette poche.

A Marseille, intervention (M. Marion), en novembre 1925.

Extraction d’une très grosse poche d’hydronéphrose.

Pièce : A l'ouverture de la poche rénale, on y trouve quelques calculs et surtout trois ou quatre petits papillomes développés sur la paroi de l'hydronéphrose.:Ïl n'existe en aucun point de substance rénale reconnaissable, la poche est uniquement constituée d'une paroi très mince.

Suites opératoires normales, mais le malade conserve une petite fistulette à l'endroit du rein, qui ne guérit complètement qu'en cinq ou six mois.

Un antet demi après, alorsque le malade semble en parfaite santé, survient une hématurie. La cystoscopie montre qu'il existe un petit polype au niveau de l’orifice urétéral du côté opéré, et M. Marion conseille la suppression de l’uretère.

Seconde intervention le 11 mai 4927 (M. Marion) à la clinique de la rue de la Chaise. Taille vésicale, résection du polype situé sur l'orifice urétéral, dégagement de l’uretère.

Fermeture de la vessie.

Extirpation de l’uretère par incision lombo-iliaque.

Pièce : Dans le 1/3 inférieur du cordon urétéral, papillomatose diffuse, mais surtout une masse frangée du volume d’une noisette semble obturer complètement l'orifice urétéral.

Dans le 1/3 supérieur et moyen, de nombreuses petites masses papillomateuses, du volume d’une épingle à une petite noisette.

Examen histologique (Kogan) : Certaines franges du polype ont strictement les caractères du papillome pur.

D'autres indiquent nettement la transformation épithéliomateuse au début.

Le malade reste parfaitement guéri pendant deux ans, puis à ce moment surviennent des douleurs violentes dans la région thoracique inférieure gauche, dont l’origine semble au début assez douteuse.

L'existence d’un épanchement pleural séro-sanglant, reconnu par la suite, ne laisse aucun doute sur une généralisation maligne probablement pulmo-

naire

Oss. XVII (/nédite). — Communiquée par M. le D' Marion.

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Mme A..., soixante-six ans, présente des hématuries depuis janvier 1923. Celles-ci n’ont pas attiré immédiatement l'attention et la malade, n'ayant aucune douleur, ne les a pas signalées à son médecin.

En juin, ces hématuries étant revenues un peu plus abondantes, elle s’en inquiète.

Une cystoscopie pratiquée à ce moment ne montre aucune lésion vésicale pouvant expliquer l'hématurie.

En octobre, nouvelle hématurie, et, quand la malade arrive pour une cystoscopie, arrêt de l'hématurie.

Ce n’est qu’à la quatrième cystoscopie que l’on put voir sourdre le sang de l’uretère gauche. A ce moment, la division d'urine fut pratiquée, constatant une très légère diminution fonctionnelle du rein gauche. Malgré cela, étant donné l’âge de la malade, l'intervention conseillée est acceptée. Le 24 octobre, néphrectomie facile, malgré l'obésité de la malade qui supporte l'opération.

Pièce : Le rein, à la coupe, présente trois polypes localisés au bassinet, envahissant sa partie moyenne, ainsi que le calice moyen, respectant les calices inférieur et supérieur.

Examen microscopique (Kogan) : La structure papillomateuse est conservée. Il existe de nombreuses monstruosités cellulaires avec bouleversement architectural des couches épithéliales formant la villosité, Pas d’envahissement du pédicule d'implantation. Il s’agit donc d’un polype du bassinet, en voie de transformation maligne.

La malade guérit et reprend sa vie normale. En février 1924, c’est-à-dire trois mois après son opération, la malade est reprise d'hématuries, et à la cystoscopie M. Marion constate un volumineux polype situé au niveau de l’orifice urétéral gauche, il est détruit complètement par fulguration quelques jours plus tard. |

Mais, un mois après, nouvelle hématurie et la cystoscopie révèle cette fois un envahissement de la vessie par une multitude de polypes.

Devant cette éclosion de polypes, M. Marion n'ose conseiller une opération radicale, étant donné l’âge et l'obésité de la malade, et fait pratiquer une application de radium pour arrêter l’hémorragie. Il conseille en même temps un traitement radiothérapique.

Malgré tout les hémorragies se renouvellent, des douleurs apparaissent bientôt et la malade meurt dans le courant de juillet. Il est bien évident que ces polypes, tout d’abord papillomes, ont dégénéré rapidement et qu'il s’agit de cancer.

O8s. XVIII (/nédite). — Civiale.

M. Gu..., soixante-cinq ans, entre à Civiale le 15 mars 1993 pour une hématurie qui dure depuis six semaines, sans douleurs, sans phénomènes vésicaux.

La cystoscopie montre que le sang vient du rein gauche.

À la radiographie, ombre rénale gauche nettement augmentée de volume.

Cathétérisme bilatéral, le 17 mars,

Examen histo-bactériologique :

RD. Be Sang. Hématies.

Cellules. Quelques globules de pus.

Urate de soude. Cellules épithéliales.

Examen fonctionnel (er soixante-dix minutes).

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