‹ Les pontifes de l'ancienne RomeChapitre 53 sur 117 · FASTES PROPREMENT DITS · texte numérisé non relu

FASTES PROPREMENT DITS

L'obligation du repos les jours fériés était, comme nous l'avons vu, un des devoirs les plus impérieusement imposés par la théologie pontificale. Nous n'avons plus à nous occuper ici de ce devoir relalivemenl à la conscience individuelle, mais du nombre des jours revendiqués par la religion, des caractères particuliers qui les partagent en différentes catégories, et surtout de l'immense influence exercée sur la société politique par ce calendrier^ qui dut, à cause de cette influence même, adopter la forme d'un guide à l'usage des magistratâu

Les jours de l'année se partagent en deux catégories, les jours de fêtes {dies festi) ou jours fériés et les jours ordinaires {dies profesli) (p. 144). Un petit nombre de jours auxquels des cérémonies religieuses donnent momentanément un caractère férié, peuvent servir de transition entre ces deux grandes catégories. Tels sont les jours entrecoupés {endotercisi)^ au nombre de 8, qui suspendent le matin et le soir la vie publique, parce que le matin un sacrifice est offert et que le soir les entrailles de la victime, convenablement préparées, sont publiquement offertes (fasti inter hostiam êaesam et exta porrecta): tels sont également les deux jours (24 mars, 24 mai) dont le matin était sanctifié par un sacrifice du Reo) sur

CLASSIFICATION D£S J0UR4 De l'aNNÉE. S39

le Comitium, désignés par rabréviation Q. R, C. F. (quando Rex comitiavit fas)^ et le jour (15 juin) dont la première partie était consacrée à la purification du temple de Vesta et du logis des Vestales, comme l'indiquent les sigles Q. ST/ D. F. {quando stercus delatum /as).

Cette division des jours au point de vue exclusivement religieux, destinée à régler le travail et le chômage, est aussi ancienne que la religion romaine elle-même. Mais à mesure que la vie publique se développa, que les assemblées, les tribunaux préoccupèrent davantage les esprits, Tautorité religieuse dut, sous peine de laisser échapper le contrôle universel quelle s'arrogeait, adapter son calendrier aux besoins de l'époque et préciser comment la religion entendait régler les institutions sociales. On lui demandait de délimiter la part qu'elle se réservait, et ce qu'elle laissait à la liberté. Alors s'établit la classification en jours fastes et néfastes. *

Les jours sur lesquels la religion n'élevait aucune pré** tention, et qu'elle laissait aux affaires publiques, s'appelèrent jours fasteSy parce qu'il était permis (fas) aux magistrats de rendre la justice en prononçant la formule sacramentelle (t rfo, dico, addico ^, exigée par les legis ac-tiones. Mais, dans le but d'apporter au jeu trop libre du suffrage universel quelques entraves salutaires, les ordonnateurs du calendrier jugèrent à propos de subdiviser ces jours en jours fastes proprement dits, désignés dans les calendriers par la lettre F, et jours comitiaux^ marqués de la lettre C (ou peut-être primitivement FC). Aux joinrs comitiaux, on pouvait convoquer les comices et ouvrir les tribunaux ; aux jours simplement fastes, il était permis de rendre la justice, mais non d'assembler le peuple.

Les jours néfastes (N) suspendaient complètement la vie publique. La reUgion se les réservait tout entiers. Ils n'avaient donc pas, comme le sens vulgaire de leur nom pourrait le faire croire, un caractère sinistre. Un

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certain nombre de fêtes et des plus essentiellement nationales, appartiennent aux jours néfastes.

Les caractères différents des fériés introduisirent cependant dans les jours néfastes une subdivision qui justifie en partie le sens qu'avait pris dans la langue vulgaire le mot néfaste. Les fêtes d'un caractère triste, par exemple, celles des dieux chthoniens, furent marquées N : pour les autres, on adopta une modification de ce signe (N^), qui a été diversement interprétée (nefastusprior — nefastm principio — nefastus parte — nefastus fastus) et que Mommsen explique parne/as^us hilaris^.

Les jours EN [endotercisi) dont nous avons parlé plus haut appartiennent à la fois aux jours fastes et néfastes, ainsi que les jours Q. R. C. F. — Q. ST. D. F., qui n'en diffèrent que par la répartition des moments fastes et néfastes.

La proportion des jours G. F. N\ N, avant César parait avoir été la suivante :

EN

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