RÉFORME JULIENNE
Le rôle des Pontifes était désormais de conserver, sans Tallérer, le calendrier julien ; mais leur ignorance et leurs idées superstitieuses faillirent en déranger Téconomie. César n'eut pas le temps de vulgariser les notions mathématiques sur lesquelles étaient fondées ses corrections : les Pontifes comprirent si mal ses instructions qu'ils intercalèrent un jour tous les trois ans ^ . Au bout de 36 ans, ils avaient mis le calendrier de 3- jours en retard. De plus, la superstition ne pouvait consentir à s'exiler du calendrier, dans lequel la science lui avait pourtant fait toutes les concessions qui n'étaient pas incompatibles avec l'exactitude. On prétendit que la rencontre d'un jour de Nundines avec le premier jour de Tan était un fâcheux augure qu'il fallait éviter a tout prix^ môme en déplaçant artificiellement le jour de l'an î. 11 est probable que, pour parer à ce danger, les Pontifes modifièrent la succession régulière des années bissextiles de manière à disposer à leur gré du jour intercalaire, ou qu'ils faisaient pagser un jour d'une année dans l'autre toutes les fois qu'il était nécessaire. Enfin, 36 ans [après la réforme julienne, Auguste fit disparaître le retard occasionné par les intercalations intempestives en supprimant l'intercalation |)endant 12 ans, et, afin de prévenir le retour de semblables erreurs, il fit graver sur des tables de bronze un calendrier perpétuel (9 av. J-C). La supputation du temps était soustraite pour toujours à l'arbitraire des Pontifes, et l'œuvre de Jules César passa à la postérité sans que l'adulation, la superstition de l'époque impériale, lui fissent subir d'autres modifications que quelques changements dans le nom des mois. Les dénominations de QuiniiiiSy Sextilis, qui n'avaient plus de sens, furent remplacées par les noms de Jidhis et Augustus ; September, tour à tour nommé Germanicus^ Antoninus,
(I) Macr, 1, U, 43. - (1) Dio Cass. XLVUI, 33.
Commodus^ Tacitus, S^nil par garder son ancien nom ; les noms de Domitianm^ FaustinuSj furent également impuissants à effacer celui d'October consacré par l'usage. Il est temps maintenant de revenir, après celte étude accessoire qui est plutôt une autre face de notre sujet qu'une digression, aux Fastes proprement dits.